‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 24 sur 149 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

établies sur les bords de la mer, il était, également, dieu de la mety et son. fils Freyr partageait avec lui certaines attributions, se rapportant à la navigation sur mer, et à la pêche maritime. C'est à cause de ces attributions concernant la mer que NiOrdur et, surtout, son fils Freyr furent principalement adorés chez les SnAes et les Gantes, habitant le littoral de la Suède , et que , dans ce pays maritime, le culte de Freyr parvint à prédominer même sur celui du dieu suprême Odinn, et sur celui de ITiâry le fils de ce père des dieux.

La mer, surtout celle qui baigne la Scandinavie, présente dexix caractères opposés Tun à l'autre. En hiver, elle est tempétueuse, glaciale, ennemie de rhomme , qui ne peut s'y aventurer pour y pêcher. En été, au contraire, elle est généralement tranquille, et favorable à la navigation et à la pêche. Or les Scandinaves attribuèrent aux Ases et aux Vanes, qu'ils adoraient comme des divinités généralement bienfaisantes, les phénomènes heureux et favorables de la terre , du ciel, et des eaux. Les forces giganteBqiies pernicieuses et terribles de la nature, et du climat septentrional, au contraire, ils les attribuaient à des êtres gigantesques, nuisibles, et terribles, qu'ils révéraient, mais n'adoraient pas. Ces êtres malfaisants existaient déjà dans la religion de leurs pères les Scythes et les Gètes, sous le nom générique de Mangeurs (scyth. Ithanai)y parce que, dans l'origine, ils passaient pour dévorer, dans les pays chauds et secs des plateaux de l'Asie, les nuages fé-

oondateurs et bienfaisante du diou de la pluie Virgvr nis (voy. p. 21). Les Scandinaves considéraient naturellement ces êtres gigantesques et. nuisibles comme les adversaires ou ennemis dés dieux qu'ils adoraient^ et continuèrent à leur donner^ dans leur langue, le nom traditionnel de lotnes (noir. lôtnar), bien qu'ils n'en connussent plus la signification primitive de MangewTB. L'opposition entre les Ases et les lotnes est tout aussi bien marquée, dans la mythologie Scandinave, que l'est celle entre les Daivas et les Danavas y dans la mythologie hindoue. Aussi, dan» la religion des Scandinaves, principalement dans celle des Svîes et des Gantes de la Suède , on a établi une opposition entre Niôrdur, le dieu de la m^er estivale et favorable, et (Egir^ l'être gigantesqtie ou iotnique, qu'on croyait présider à la mer hivernale et malfaisante.

Œgir était une ancienne divinité traditionnelle, qui, chez les Scythes des bords de la mer Indienne et de la mer Caspienne, portait le nom de Tami-mctsardâe, Ce nom est composé de Tami (Redoutable; épithète désignant l'Océan), suivi de l'épithète Masa-dâs (Beaucoup-Sachant; Génie fascinateur), et désignait le dieu de l'Océan, considéré comme un génie fa^cinateur (voy. Les Gètes, p. 247). Plus tard, chez les Gètes dé la mer Noire, ce dieu eut, à la fois, le nom épi thé tique de ITiami (Trouble) , et celui de Ôgù (Redoutable ; cf. gr. Oghi; Okéanos). C'est le nom traditionnel de Ôgù, changé en Œgir, qui lui est resté dans la mythologie

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