‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 28 sur 149 · Origine du mythe des fiançailles de Freyr · texte numérisé non relu

Origine du mythe des fiançailles de Freyr

et de Gerdur.

Dans l'origine les mythes n'étaient pas des Jictions^ imaginées comme telles, mais l'expression sérieuse du jugement, que, d'après la conception dont on était capable, on portait sur les choses et phénomènes du monde physique ou moral ; ils exprimaient, par oonsé^ quent, d'abord, non la poésie, mais le degré plus ou moins élevé de ce qu'on peut appeler la science, la philosophie, la croyance de ces temps primitifs. A toutes les époques de l'humanité, la science, ou la croyance (ce qu'on croit savoir) est déterminée par le mode de conception, qui domine dans l'esprit des hommes. Ches les peuples primitifs, le mode de conception, par rimagination synthétique et concrète, a prédominé sur le mode de conception, par la raison analytique et abstraite, comme le prouve , entre autres, la formation des termes dans les langues primitives. En effet, ces termes prouvent tons que Ton a conçu,

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par rimagination et non par la raison, les objets qu'ils désignaient. Car ces termes n'exprimaient pas des pbjets séparés ou abstraits de leurs attributions, ni des attributions séparées ou abstraites de leur objet, mais ils désignaient d'une manière concrète, ou l'un par l'autre, à la fois, V objet tombant sous le sens, et Vattribution de l'objet tombant également sous le sens; de sorte que l'objet était conçu comme identique avec son attribution, et l'attribution, comme identique avec son objet. Ainsi, par exemple, le terme de svar (voy. p. 8) par lequel, dans certaines langues primitives, on désignait le soleil, prouve, par sa signification concrète de le rond, qu'en concevant le soleil, on ne séparait pas cet objet de sa qualité d'être rond, ni la qualité d'être rond de son objet principal ou du soleil, dont la nature, par excellence, à ce qu'on croyait, était d'être rond. Étant d'abord conçu, par l'imagination, comme un être identique avec sa qualité, avant d'être envisagé, ainsi que cela s'est fait plus tard, par la raison analytique, comme un objet ayant telle ou telle qualité abstraite, le soleil dut passer, dans l'origine, pour un être vivant^ ou un animal (voy. p. 9), considéré comme ayant une volonté, et comme doué d'une puissance svjrkumaiTief et ayant, par consé* quent, la nature essentielle d'un dieu, selon l'idée de ees temps. C'est ainsi que, par l'imagination concrète des hommes de cette époque primitive, plusieurs objets delà nature ont été conçus ou considérés comme des divinités. La conception, par l'imagination synthétique et

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