I. INTRODUCTION
concrète, étant antérieme à la conception par la raison analytique et abstraite, les plus anciennes divinités, dans les mythologies, ne doivent pas leur origine à certains objets de la nature qui auraient été, d'abord, considérés comme objets ou choses, et, ensuite, divinisés, personnifiés, et apothéoses; mais elles ont été, dis Vari" gine, considérées comme des êtres vivants et divins, jusqu'à ce que, dans la suite, par l'analyse de la rai* son, elles ont été dépouillées de leur caractère divin, et considérées comme de aimples objietB de la nature.
De même que certains objets de la nature, que la raison a plus tard considérés comme tels, ont été conçus, dans l'origine, comme des êtres vivants, volon* taires, et divins, de même, encore plus tard, lorsque la raison se faisait déjà valoir à côté de l'imagination, ce que nous appelons les rapports que des objets ont entre eux, ou les influences que les forces naturelles exercent les unes stir les autres, furent également considérées, non pas comme des phénomènes, mais comme des actions vol&ntaires d'êtres divins.
Ainsi, par exemple, voyant qu'à l'approche de l'hiver, la chaleur est détruite par la froidure, les hommes , ches lesquels prédominait encore la conception par l'intuition des sens, concevaient ce phénomène naturel, ou ce rapport réciproque entre le chaud et le froid, comme ujae action volontaire, une lutte entre deux divinités suivie de la victoire remportée par l'an* teur du froid ou le dieu de Thiver, sur l'auteur de
la chaleur ou le dieu de Tété. Voyant, ensuite, qu'à rapproche du printemps, l'impétuosité des vents de l'hiver est assoupie par l'approche de la chaleur ou par la saison d'été, on conçut également ce phénomène naturel comme la mise à mort de l'iotne Beli (voy. p. 37), le dieu des vents de l'hiver, par Freyr le dieu des vents d'été. Voyant, de plus, qu'au printemps, la mer hivernale devenait accessible^ par suite de la chaleur croissante de la saison d'été qui s'approchait, on considéra ce phénomène comme un rapprochement voulu, une alliance projetée, ou un mariage, contracté entre Oerdur la mer hivernale devenue accessible, et Freyr le dieu qui préside, en été, à la navigation favorable sur mer.
C'est ainsi que se sont formées naturellement, dans l'imagination des hommes, ces nombreuses conceptions appelées mythes^ par lesquelles les forces et phénomènes physiques furent consid^s comme les actions volontaires d'êtres mythologiques, qui étaient censés présider à ces forces et phénomènes de la nature. Ces premières conceptions mythologiques étant données, une foule d'autres conceptions se rattachèrent à ces personnages divins ou surhumains, imaginés, chaque fois, d'après l'idéal de l'époque, et par analogie avec la vie sociale et les mœurs du temps.
Dans l'origine, les hommes ne concevaient que les phénomènes les plus généraux, les plus frappants, les plus simples ou les moins complexes de la Nature. Aussi les mythes primitifs, qui renfermaient ces oon-
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ceptions, énoncèrent-ils, d'abord, uniquement des faits ou des actions d'une grande simplicité, que la tradition transmettait également, d'une génération à l'autre, BOUS la forme la plus sommaire, la plus simple, la moins développée, la moins ornée, la moins explicite, en un mot, la moinB épiqtie possible. Ainsi, par exemple, pour dire que le printemps prend le dessus sur ThiTer en déclin, le mythe énonça simplement que Frejfr a tué Bell. Mais peu à peu le récit, d'abord simple, de ces actions mythologiques, devint, en se développant , plus explicite, plus circonstancié, mieux motivé, en un mot, plus narratif ou plus épique.