‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 73 sur 149 · V. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POËME

histoires traditionnelles sur les bêtes se sont formées et conservées aussi chez les peuples germaniques. Celles qui ne se sont pas changées en fables , ont formé des espèces de cycUa épiques ou de poëmes épiques zoologiques (ail. Tkier-epos). Tels ont été, dans Torigine, les récits épiques zoologiques, qui se sont conservés et développés chez les Francs de la France septentrionale, lesquels, ensuite, par le génie satirique des Français du moyen âge , furent convertis en un poëme épi« que, le Roman de Benard, qui s'est divisé en un grand nombre de branches, ou cycles, et dans lequel Thistoire des animaux présente encore, à côté de la satire didactique, Tintérêt épique et dramatique qui s'attache à l'histoire et à la représentation des choses de la vie humaine.

b) Skimir parle au cheval SaboIrSanglant. — D'après ce que nous venons de dire de l'intelligence qu'on attribuait aux bêtes, on comprend pourquoi, dans notre poëme, Skirnir est représenté parlant au cheval de Freyr comme à un compagnon intelligent.

Lorsque Freyr eut donné son épée, et prêté son cheval à Skimir, la nuit était arrivée. Ce jeune serviteur aurait pu remettre son voyage au lendemain; mais plein de zèle, il veut partir, tout de suite, malgré la nuit. C*est pourquoi il dit au cheval Sabot-Sanglant: «Il est temps pour nous deux, je pense, de courir par- « dessus les monts humides, de voler par-desëus les po- «pulations.» L'humidité de Taîr étant plus grande la

nuit que le jour, Tépithète de hv/mide est employée, dans le style épique, toutes les fois qu'il s'agit d'un voyage nocturne, ou d'un objet ou d'une contrée couverts des ténèbres de la nuit. Comme le cheval merveilleux de Freyr, semblable au Pégase, ne court pas sur la terre, mais vole à travers les airs, Skirnir, monté sur ce cheval, est dit passer à^ahord par-dessus les populations de Y Enclos-mitoyen j et ensuite par-dessus VOcéarirextérieurj pour entrer dans le Séjour des laines.

Au moment de se mettre en route pour cette expédition périlleuse, Skirnir, comme pour encourager le cheval, lui dit que, quoi qu'il arrive, il ne se séparera pas de lui , jusqu'à ce qu'il ait achevé sa commission. Ensuite, pour faire savoir à Sahot- Sanglant que le principal danger qui les menace viendra du puissant lotne Cfymiry père de Gerdur, il lui dit qu'ils partageront, l'un et l'autre, le même sort; ou bien qu'ils reviendront, tous deux, sains et saufs, dans la demeure de Freyr, ou bien, tous deux, ils seront retenus, malgré eux, par le puissant Géant.

Ces paroles de Skirnir rappellent celles de Mézence, rapportées dans le 10® livre de V Enéide (v. 861 seqq.):

« Sans être abattu, il fait amener son cheval, qui est son honneur, «Qui est sa consolation, qui remportait vainqueur hors de

tous les e Combats. Il s'adresse à Tanimal affligé , et lui parle ainsi : « « RhœbuB I longtemps (si rien est long pour les mortels), nous

avons

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