‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 75 sur 149 · IV« Scène. Skirnir et le G-ardien des Enclos de G-ymir · texte numérisé non relu

IV« Scène. Skirnir et le G-ardien des Enclos de G-ymir

Notre poëte, par cela même qu'il ne rapporte que des dialogues (voy. p. 67), ne raconte pas, dans son poëme, comment Skirnir a exécuté son voyage périlleux; il passe tout de suite au dialogue , que Skirnir a eu avec la première personne, qu'il rencontra dans le Séjour deslotnes, savoir le gardien du bétail du géant Oymir. Seulement , pour faire comprendre ce brusque changement de scène, le poëte fait précéder le dialogue de Skirnir avec le gardien, de quelques mots en prose, énonçant que le messager de Freyr est effectivement arrivé près des enclos de Gymir, qui sont entourés d'une clôture en palis, à l'entrée de laquelle sont attachés des chiens gardiens féroces. Ces chiens de Oymir étaient ce qu'on appelait àe^ grisons (grey), c'est-à-dire des chiens-loups ou issus de loups, chiens de garde dont on se servait aussi à la chasse (cf. angl. greyhmnds; ail. greyen). Devant la clôture, sur une butte,

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était assis le gardien des troupeaux de bœufs de Gymir. Il surveillait non-seulement les troupeaux, mais aussi les chemins qui conduisaient à la demeure de riotne , afin d'avertir son maître à temps de rapproche de quelque danger. De semblables gardiens de troupeau et de chemin se rencontrent souvent dans la poésie épique et mythologique Scandinave. Tel était, par exemple, selon le mythe, Egdivj le gardien de la géante Oygv/r^ lequel était assis sur une butte, et, pour se tenir éveillé, faisait vibrer sa harpe (voy. Poèmes islandais^ p. 171). Skirnir, ayant aperçu les chiens féroces, qui gardent l'entrée de la clôture, demande au gardien comment il pourra arriver à franchir ce passage dangereux, et à s'entretenir avec la fille de Grymir. Le gardien, qui est principalement chargé de veiller à la sûreté de Gerdur^ s'étonne que quelqu'un ose entreprendre de s'approcher de la fille de la maison. Il dit à Skirnir qu'à moins qu'il ne soit une ombre qui passe partout , ou que, dévoué à la mort par le destin, il n'ait plus rien à craindre, il ne pourra jamais arriver à parler à Gerdur. Skirnir cependant, sachant qu'il dispose de moyens magiques ^ capables de vaincre tous les obstacles, répond, avec une fierté héroïque, tout en se taisant sur ces moyens tout-puissants, qu'il est prêt à tout oser. Il dit que , quand on veut sacrifier jusqu'à la vie, on a mieux à faire que de se lamenter à la première difficulté qui se présente; que, le sort des héros étant prédestiné et fixé irrévocablement, il mourra

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