‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 86 sur 149 · V. COXXENTAIRE DU POÈME. i · texte numérisé non relu

V. COXXENTAIRE DU POÈME. i

faite de glace et remplie de vieil hydromel , et lui dit \>er heUl (sois heureux) , ce qui équiralait à sois le bienvenu. Elle ajoute, ensuite , qu'elle n'aurait pas cru qu'elle pourrait jamais être favorable k Freyr, le descendant des Vajies. Par ces paroles, elle fait, indirectement, sa déclaration d'amour, et promet, implicitem^it, de se donner à son amant. En buvant, ensuite, dans la coupe après Skimir, elle confirme ainsi, solennellement, la promesse qu'elle vient de faire. Dès lors, Gerdur est ce qu'on appelait une femme promise (norr. ?ieit'kona)\ elle a, en conséquence, à fixer le lieu et le jour de son union avec Freyr. Si elle avait été femme promise pour légitimé mariage, on l'aurait appelée /estor-X:ona (femme liée); et, s'il avait dû y avoir mariage légitime, on aurait, le jour même des fiançailles, fixé le jour de la noce (brud-laup; voy. p. 142). Mais Gerdur ne devant être que Y amante (firilla) de Freyr, elle put se contenter de la déclaration implicite qu'elle venait de faire de se donner à son amant. Skimir ^ qui veut pouvoir rapporter à son nlaître un message définitif et précis, demande à Gerdur oîl et qiiand elle verra Freyr. Pour lieu de rendez-vous , elle lui désigne un îlot (hôlmr, pointe de montagne*,. île). Ces îlots étant des lieux so-

1. Aux yeux du linguiste le norraîn holmr (sommet de montagne entouré de mer), le latin ctiZmtM (pointe, sommet, tige) et le grec Olymgpos (sommet de montagne, domicile des dieux) coïncident en tous points (cf. gr. Korymbos, cokigénère d'O/ympo^).

16i LE MESSAGE DE SKIRNIR.

litaires et isolés, on les choisissait, dans le Nord, exprès pour les rendez-vous amoureux, et, beaucoup plus souvent, pour le terrain oit devaient avoir lieu les duels ou les paesea. (gângur), auxquelles on donnait, pour cette raison, le nom iQpa8909 d'Uot (hôkn-g&ngur). L'îlot, que Gerdur désigne comme lieu de rendes-vous, porte le nom de Ile femlhis (Barr-ey) , parce qu'il est censé situé dans un <îlimat moins septentrional, oii la cL/ileur pirintanière du soleil a d^jt fait pousser les feuilles aux arbres de ses forêts. Au lieu du nom de lie feuillue (Barr^ey) , cet îlot a aussi, sans doute, porté celui de Barri (feuillu, bois sacré). C'est dans cette île, qui probablement n'a existé que dans la tradition mythologique, que Qerdur promet de donner rendezvous k Freyr, après neuf nuits.

Dans le Nord, la nuit e«t généralement plus longue que le jour, et l'hiver plus long que Tété. C'est pou^ quoi on compta les journées d'après le$ nuits^, et les années d'après les hivers. Voilà pourquoi,, eneore aujourd'hui , les Anglais disent fortnigH (p. fourteen nights, quatorze nuits) pour dire qUin^ (quatorze) jou/rs. Dsof» le langage mythologique, les nuits désignent des espaces de temps, soit des journées, soit dea mois (voy. p. 147). Aussi, les neuf nuits, après lesquelles Gerdur promet de se donner à Freyr, pourraient signifier neuf mois. Mais, comme le rendez-vous a lieu au printemps ou au commencement de Tété, si les neuf nuits signifiaient neuf mois, la promesse de Q-erdnr se-

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