I. INTROOfJCTiON
La partie théorique et la partie j7ra%i^ des religions se déyeloppent d'après certaines lois, qui sont déterminées par la logique, la psychologie, et les conditions historiques des différentes époques de Thumanité. Le déyeloppement des idées religieuses influe sur celui du culte et de l'adoration, lesquels réagissent, à leur tour, sur celles-là.
Comme, dans Tâme humaine, la conception est, généralement, antérieure à Yacte volontaire. Vidée théorique religieuse précède aussi Forganisation pratique du culte. La partie théoriqtie se développe incessamment , et ne s'arrête que lorsque toutes les questions , que Thomme religieux est capable de se poser, sont résolues, d'après le degré de développement de son imagination, de son sentiment, et de sa raison, ou de sa science et de sa conscience. Cette théorie religieuse atteint son point culminant, lorsqive les conséquences, renfermées dans le principe et la nature de chaque religion, sont toutes tirées, d'après le degré de la science et de la conscience de chaque époque. Dès que cet apogée est atteint, la spéculation religieuse, continuant néanmoins toujours, introduit dans la religion des principes nonveaux j lesquels ne sont pas ceux qui jusque-là ont présidé à sa formation, et à son développement, mais en diffèrent plus ou moins, et même leur sont opposés et contradictoires. L'ancienne foi religieuse devient alors sceptique, indifférente; elle se meurt, et tend à se modifier de plus en plus.
Le culte j de sa nature moins mobile, et plus stationnaire que la théorie religieuse , s'il la suit , la suit de loin. Ne pouvant pas se modifier continuellement, comme la pensée, ou les sentiments dans leurs évolutions et développements progressifs, il se sépare de plus en plus d'elle, se laisse distancer par elle, et finit, malgré la marche de celle-ci, par s'immobiliser complètement. Le culte , n'étant plus animé par la pensée de l'époque, ne vit plus que comme habitude, comme mœurs traditionnelles, comme pratiqiie consacrée par r usage. Comme habitude, le culte, bien qu'il soit alors en arrière de la science, de la morale, et de l'idéal de l'époque, prolonge cependant encore son existence et celle de la religion traditionnelle, alors même que l'ancienne théorie religieuse s^est modifiée profondément, et ne subsiste plus que par fragments, ou comme superstitions^ c'est-àrdire, d'après l'énmoé de ce terme, commerçâtes de l'ancien système religieux, maintenant abandonné, ou tombé en ruines.
Dans tous les temps, la partie théorique de ki religion, ou ce qui en constitue la théologie^ n^intéresse que les hommes qui pensent; elle n'intéresse pas beaucoup le peuple; elle reste même, en grande partie, en dehors de la foi vulgaire ou de la religion du peuple. Le cultef au contraire, est généralement beaucoup ^lus populaire ; il est suivi, plus où moins , par tout le monde, et, pour la majorité des hommes, il constitue quelquefois, à lui tout seul, toute leur religion.