I. INTRODUCTION
Les éléments de seconde formation^ dans la religion des Scandinaves , sont ceux qui ne remontent pas à la période primitive des Scytho-Skolotes, mais datent des descendants immédiats de ceux-ci, savoir des peuplades gauto-gétiques, lesquelles, environ au sixième siècle avant notre ère, se sont séparées de leurs pères les Scythes de la branche skolote, et dont, ensuite, quelquesunes, dès le quatrième siècle avant Jésus-Christ, se sont portées plus au Nord, et ont fini par s'établir en Scandinavie. Ces éléments, de seconde formation y sont plus nombreux, dans la religion des Scandinaves, que ceux de premûre formation ^ parce qu'ils sont venus s'ajouter à ceux-ci, et ont subi, dans le culte et dans les mythes, un plus grand développement, en raison de la civilisation plus avancée des peuples gauto-gétiques sur celle des peuplades scjtho-skolotes.
Aux éléments religieux, qui leur avaient été trans* mis par leurs ancêtres, les Scandinaves en ont ajouté d'autres , de leur propre fonds. Ces nouveaux éléments se sont formés en Scandinavie; ils sont beaucoup plus nombreux que les précédents; et vu leur formation postérieure, l'on peut les désigner comme éléments de troisihne formation.
La religion des Scandinaves, composée de ces trois séries ou couches d'éléments, qui se sont successivement formées et superposées, a atteint son apogée au septième siècle de notre ère. A cette époque, la Théogoniey la Cosmogonie, V Eschatologie furent complètement achevées.
Dès lors, ayant atteint son apogée, le développement de cette religion se faisait, généralement, dans une direction opposée aux données de sa nature première : c'est dire qu'elle marcha vers sa décadence, sa chute, et sa dissolution. C'est, en général, au septième siècle , que commencent les transformations successives, qui s'opèrent dans l'état social, moral, intellectuel, et religieux des Scandinaves. La transformation sociale s'annonce par les tendances qu'on remarque, chez ces peuples , de substituer à l'ancien système, d'abord patriarchal, et ensuite oligarchique y le système de plus en plus monarchique. Les Suèdes , les Norrains, et les Danes tendent, également, à élargir leurs idées, en se mettant en contact avec les peuples de l'Europe méridionale et orientale, soit par la guerre, soit par des incursions, soit par des voyages, et des courses aventureuses. Ils rapportent dans leurs pays des idées, qui ne cadrent plus avec les idées traditionnelles de leurs pères; et ces idées finiront par amener successivement des révolutions dans l'état social, moral, intellectuel, et religieux des contrées Scandinaves^