I. INTRODUCTION
mença à en embrasser, par la science, l'ensemble oa le stfstème mythologique. C'est un phénomène qu'on remarque y généralement, dans l'histoire des religions, qu'aussi longtemps qu'elles sont encore à se former, quant à leurs parties essentielles, elles ne sont point un sujet de science ou d'érudition. Les mythes se formant par l'intuition, et non par la spéculation, la science n'a pas encore de raison d'être. Mais lorsque les religions ont atteint leur apogée, la mythologie scientifique et la théologie commencent à naître. Après l'intuition créatrice du culte et des mythes, viennent la connaissance réfléchie et les systèmes dogmatiques. C'est ainsi, par exemple, que, dans l'Inde, les différentes parties de la religion populaire s'étant formées, l'esprit théologîque, philosophique et scientifique s'est emparé de ces matériaux religieux, et les a ordonnés, pour en faire une théologie systématique. De là ces ouvrages si nombreux appelés les PourâncUy qui ne sont autre chose que les traditions mythologiques, ramenées à des systèmes théologiques, philosophiques, et scientifiques. En Grèce, aussi longtemps que la religion populaire se formait et se développait, elle était seulement exposée, théoriquement, sous forme épique et lyrique, comme dans Homère et dans les hymnes; la science et l'érudition mythologiques n'existaient pas encore. Mais lorsque, du temps d'Hésiode, cette religion fut achevée dans toutes ses parties, les poètes épidues et lyriques furent remplacés, pour l'exposition des tradi-
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tions religieuses, par les mythographes, qui avaient un but d'érudition, ou travaillaient dans un but plus ou moins scientifique.
Dans le Nord, après que la religion des Scandinaves eut atteint son apogée, les poëtes commencèrent à la traiter, non plus, seulement, comme un sujet traditimnel épique (norr. frasogn)^ mais comme un sujet d'érudition, ou de connaissance archéologique (norr. fom-froedi). Antérieurement, le poëte, se proposant de chanter les dieux, et de célébrer leurs actions, exposait, dans son poëme, une seule action, un seul mythe; maintenant Texposé d'un seul sujet ne fut maintenu que dans la poésie épicO'hérctiquej comme, par exemple, dans le Volundar-kvida qui raconte les principaux traits de la vie d'un seul personnage épique , Volùnd. Dans les sujets mythologiques, au contraire, les poëtes poursuivaient, généralement, un but de science religieuse encyclopédique; ils résumaient souvent, en peu de mots, un grand nombre de mythes, et quelquefois se bornaient même à énumérer, afin de les faire connaître ou pour les rappeler, les noms propres des personnages et des objets mythologiques.
Le nom àe fom-froedi (connaissances antiques), qu'on donnait aux matières mythologiques , indique suffisamment combien on estimait cette espèce de connaissance; et il nous prouve que les p<fëtes adaptaient jusqu'à la forme de l'ancienne poésie lyrico-épique, à leur but essentiellement scientifique. C'est, en effet,