QUELQUES MOTIFS
de la dévotion à la Sainte-Face de Turin
Cette Sainte-Face provient de la relique LA PLUS AUTHENTIQUE que nous ayons de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Le Saint-Suaire, en effet, porte encore, d’nne manière très visible, les empreintes du Corps du Christ, et on peut dire que c’est le seul linge qui ait, de nos jours, ce privilège, sans qu’il ait été besoin, comme au voile de Véronique conservé à Rome, de rafraîchir les empreintes décolorées par le temps. Le voile de Rome ne porterait aucun trait depuis longtemps si on n’avait ranimé ses teintes disparues ; c’est ce qui explique la différence que l’on remarque entre les images qu’on en a tirées.
Le Saint-Suaire, au contraire, offre des empreintes qni n’ont jamais subi aucune retouche et que les photographies de 1898 et de 1931 ont rendues avec une merveilleuse netteté. De lui surtout on peut dire : « Il a été sanctifié par l’attouchement immédiat du Corps sacré de Jésus-Christ ; aussi, paraît-il, en certains endroits, taché et empourpré du sang, de la sueur et des parfums dont il fut comme baigné. Il n’en faut pas dire davantage pour faire entendre le respect qu’il mérite. Si les corporaux de la messe, qui n’en sont qu’une figure et qu’une représentation, sont traités avec le plus grand respect ; si saint Grégoire faisait tant de cas de la chaîne de saint Paul, qu’il la préférait à la puissance de ressusciter les morts ; si d’autres papes estimaient tellement les liens de saint Pierre, qu’ils en envoyaient de petites parcelles aux rois et
aux princes, comme un présent très précieux,
on comprendra le cas qu'il faut faire du Suaire do Jésus-Christ, qui est une des plus grandes reliques que possède V Eglise. »
Cette Sainte-Face du Saint-Suaire de Turin réclame, en outre , des honneurs SPECIAUX, parce qu'elle est la reproduction intégrale et vraie du divin Visage de Jésus-Christ PARTICULIÈREMENT OUTRAGÉ par le baiser de Judas , les crachats de la soldatesque impie , le couronnement d'épines , les coujts et les soufflets, les insultes et les blasphèmes.
« Il est à remarquer, écrit un pieux auteur, que Notre Seigneur, en aucune partie de son Corps adorable, ira souffert autant qu’en son aimable Visage. Aucune circonstance de la Passion n’a été aussi clairement annoncée par les Prophètes, ni aussi minutieusement rapportée par les Evangélistes. Tous ces détails n’ont pas été consignés dans l’Ecriture sans un dessein particulier de Dieu. Ils nous exhortent éloquemment à donner, entre les différents mystères de la douloureuse Passion du Rédempteur, une place à part aux humiliations et aux douleurs de sa Très Sainte Face. »
A ces outrages donc qui ont atteint directement et objectivement la Face adorable du Christ, il faut répondre par des adorations qui réparent et qui expient.
A ce front, jadis si majestueux et si beau, et maintenant couronné d’épines, diadème de dérision ; à ces joues, vierges de toute flétrissure, et que voici gonflées par les coups et souillées de crachats; à ces yeuxclos et tuméfiés qui, après le triomphe des Rameaux, ont vu tant d’horribles scènes au Vendredi-Saint: à cette bouche qui ne s’ouvrit au Golgotha que pour pardonner à ses ennemis et dont l’amertume, à présent, dit la douleur de l’abandon ; à ces oreilles, qui entendirent la fureur d’un peuple déicide, à la suite des « hosanna » de gloire ; à chacun de ces sens, en un mot, qui ont expié les crimes des nôtres, il faut apporter le baume de nos pleurs, de notre reconnaissance et de notre amour.
C’est la Sainte-Face qui a h* plus souffert au Calvaire, nous en avons la preuve dans le portrait que nous en possédons aujourd’hui, rendons donc à la Sainte-Face des hommages dignes du sacrifice et de l’amourdonl elle porte l’empreinte, imitant en cela la Très Sainte Vierge Marie, saint Jean et les saintes Femmes qui, sur h» Calvaire, enveloppèrent de leurs regards d’adoration la divine Victime exposée sur la Croix pour la salut des hommes.
«.< Fais briller sur moi ta Face et aie pitié de moi.
C’est en toi, Seigneur, que j’espère, n (P s .)
Bénédiction de Sa Sainteté Pie X