‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 72 sur 118 · LU · texte numérisé non relu

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l.E MESSIE SOUFFRANT ET I.E MESSIE FILS DE JOSEPH. 2W

du moins avant son triomphe. Aussi ce sont les impies, probablement les apostats du judaïsme, qui sont livrés par lui à la géhenne, et les riches à la mort (1).

Le peuple avait été substitué au Messie dans les phases douloureuses du rôle; il était juste que Jonathan lui fit sa part de la récompense promise au Serviteur; c'est donc le reste du peuple, dûment purifié, (|ui verra le règne de son Messie ; ils auront beaucoup d'enfants et vivront heureux et prospères dans la pratique de la Loi (-2).

Pourtant le Targum, pressé par le texte, dit que le Messie a livré son Ame à la mort. C'est à notre tour de bien l'entendre. D'après tout le contexte, cela ne peut marquer que la généreuse audace du Messie qui s'est exposé à la mort pour sauver son peuple. Cette vaillance a dû entraîner la victoire, car on voit aussitôt le Messie partager les richesses des villes fortes et asservir les rebelles à la Loi (3).

.Jonathan a donc résolument interprété à rebours tous les endroits qui marquaient la souffrance dans un passage dont il n'avait pu méconnaître le caractère messianique. Il était beaucoup plus facile de laisser de côté le Messie souffrant quand on n'avait pas à lutter contre un texte clair. Aussi, d'après M. Dalman ('*), aucun Targum, aucun des anciens Midrachim sur le Pentateuque, ni le Talmud de Jérusalem n'y font allusion.

Ceux mêmes qui se trouvaient eu présence du texte d'IsaHe avaient un moyen plus simple que celui de Jonathan d'échapper à son évidence; au lieu des contresens de détail, un contresens g-énéral qui ne leur laissât voir dans le Serviteur qu'un groupe de justes ou le peuple d'Israël tout entier. Les anciens rabbins semblent avoir préféré la première manière ; depuis Raschi, ce fut la seconde qui prévalut, et elle a été recueillie par un certain nombre de critiques modernes.

La tradition des tannas est-elle donc tout à fait muette sur les souffrances et les humiliations du Messie? La réponse à cette question dépend du parti qu'on prend au sujet du texte célèbre cité par Raymond Martini. Si le texte du Pugio fidei est authentique, il faut admettre au sein du pharisaïsme une vue de l'expiation par le Messie qui ne le cède guère à celle de saint Paul.

Voici ce texte :

R. José le Galiléen a dit : Va et apprends le mérite du roi Messie et les récompenses des justes [à juger] d'après Adam le premier (liomme\ auquel il n'avait été coni-

(2) V. 10 et 11.

(4) Op. laud., p. 80, note.

•244 l.i: MKSSIA.MSME DAl'HKS I.K l'Il AIÎIS.MSMK l'.AlîlîlNlnUE.

mandé qu'un précepte consistant à ne pas faire et qui l'a transgressé. Vois corabieD (d'arr^'ts) de mort ont été prononcés contre ses descendants et les descendants de ses descendants, jusqu'à la fin de toutes les générations. iJis que l'attribut du biea ! remporte et que l'attribut de la justice est moindre. Et (donc) le roi Messie qui s'est luimilié et s'est fait petit pour les pécheurs, car il est dit : il a tté blessé ù cause 1 de nos iniquih's {Is. Lin. 5) etc., combien plus acquerra-t-il de mérite pour toutes] les générations? C'est cela même qui est dit : et lahvé a fait retomber sur lui la\ maliei' de nous fous h. lui. 6 (1\

Kaviuoiul .Martini attribuait cette tradition au livre Si/'re. Les modernes n'y ont lien trouvé de semblable. Au contraire le Sif?'à con-j tient un p.issage tout (à fait analogue pour le mouvement de la pensée,! mais où il n'est pas question du Messie. C'est bien celui qu'avait enj vue le savant dominicain, et son érudition est tellement sûre qu'il faut] simplement attribuer le mot Sifrê à une faute de copiste ou d'im-' pression pour S/fn/.

Vovons donc comment s'e.vprime cet ouvrage, qui est, comme onj sait, une sorte de commentaire ou midrach du Lévitique (2) :

II. José [leGaliléen] dit (3) : Si tu veux savoir quelle sera la récompense des justes, au temps à venir, va et apprends auprès d'Adam le premier (homme), auquel iin'avaitj été conimandé qu'un précepte consistant à ne pas faire, et qui l'a transgressé. Vois! combien )d'arrèts] de mort ont été prononcés contre lui et ses descendants et les descendants de ses descendants jusqu'à la lin de leurs générations. Or quel est celui qui! l'emporte? est-ce l'attribut de la bonté, ou celui de la justice? Disque c'est l'attribut de la bonté. L'attribut de la justice a donc moins de vertu, et cependant combien [d'arrêts] de mort ont été prononcés contre lui et ses descendants et les descendants] de ses descendants jusqu'à la fin des générations! Celui donc qui s'abstient de [la chair]

(1) Pugio Fidei, fol. 675: Valdè autem praedictis consonum estid, quod in libre Siphre i laliter scriplura est : ]ip1-j; Su? p:**!*"! n'^'Z')2n ""'^?2 n",37 1:2^1 Ni' "^SiSin •'DV l"{<j

riTTiG r]T2:i n»sn niSy izyi nur^Ti xSa nnx .tï^z nSn -iinïj nSc7 iziGTpn cind T\i'!2 nziia n-tQ 17\n t:"! miTin ^2 ^id -" iTim- m-mSi rmmS iD:pjj "ScT --crji^ m;"n£n mm nzTia 2rc~ ma 'aix "tin n-iy-n^n ma \x 2*^2:1 nnx Sy '^À^ iry-i'Ea SSina Nim '2Xj D'y-wisn rjz iVTSi'cm niynan -''ranl m'^z P" rx "2 y;!,-; n*-ii -"-- i^z mn-n S-'-» n;7iu* .tz:", .tzd!

Raymoml Martini ajoute : Nota, quod islo modo argumentalus est B. Pauhis Rom. 5. v. 15. Si de itnius delicto muUi mortui sunt muUo mugis gratia Dei, et donum in gratin unius hominis Jesu Chrisii in plures abundavit.

(2) Tandis que le Sifrê est un midrach des Nombres et du Deutéronomc.

(3) Sifrà, p. 27\ éd. Schlossberg : nlpnï Sr p:^* ]7)^2 'jvh "ÇCLl CX TZlN iD*."' 'l

12VT nryn nSz nnx mïa n'^n nrcï: nSc iiTZTpn c-xa Ta'"*! nï n-izS iinyS \s IjI .TiniT- =]iD rj iimm mmSi rmn-'iT r ^o:p mn*-2 -a: -n^ rrh .rcrrn min T2"ix iin m:ynij m^a in nir^r^ mvz nz-ia -zna --^2 i- =]'i2 -': iim-i"- 'im^i iimmS 'h ic:p: mn^a na^ iin n'::>*V2 niiviiE mi^ dn -*2;' --22 n-x '^y 2-^'z:- 2V2 nzynan*. t*;- pi W^^zn yz 2rn .mii-n Sd

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LE MESSIE SOUFFRANT ET LE MESSIE FILS DE JOSEIML 2i:;

de son sacrifice devenue] une abomination, et de ce qui reste fl), et qui se mortifie au jour de l'expiation, combien plus acquerra-t-il de mérite pour lui et pour les descendants de ses descendants jusqu'à la fin de toutes les générations!

On le voit, il n'est plus du tout question du Messie. Quel texte faut- il préférer?

Comme on ne peut soupçonner Raymond Martini d'avoir lui-même fabriqué un texte pour convaincre plus facilement les Juifs, il ne reste plus que deux hypothèses. Ou bien il a eu sous les yeux une rcconsion où l'on avait ajouté l'allusion messianique, ou bien c'est lui qui possédait la recension primitive, arrangée depuis autrement par les Juifs. La seconde hypothèse est peu vraisemblable, parce que tous les manuscrits connus soutiennent le texte actuel, parce que le Sifrù s'occupe très peu du Messie ou même d'agada, parce que les préoccupations messianiques ont été plutôt en se développant au sein du judaïsme. On ne peut faire valoir en faveur du texte du Pugio qu'un argument de critique interne. Le raisonnement y est beaucoup mieux déduit. Le Messie s'oppose à Adam comme une personnalité supérieure; il refait ce qu'Adam a défait. Dans le texte courant il est inouï qu'une action aussi banale que celle d'éviter une nourriture impure ou d'observer le jour d'expiation soit une source de mérites pour tous les descendants du premier venu, telle qu'on puisse la mettre en parallèle avec la transgression du premier homme. Si le texte le plus rationnel devait être regardé comme seul authentique, il n'y aurait pas à hésiter. Mais ce serait faire trop d'honneur à la casuistique rabbinique que de lui refuser les raisonnements bizarres et fantaisistes. En somme la critique interne ne peut trancher la question, ni surtout prévaloir contre les arguments indiqués. Nous concluons donc que le texte de Martini a été altéré par un copiste, peut-être par un copiste devenu chrétien, dans le sens de saint Paul.

Dès lors, pour qui apprécie les aveux de Tryphon dans son dialogue avec saint Justin comme de simples concessions obtenues sur l'heure par l'argumentation de l'adversaire, il ne reste aucun indice assuré, pour les deux premiers siècles, des souffrances du Messie.

C'est seulement au temps des amoras que nous trouvons la trace de ces souffrances, encore les indications sont-elles assez légères, et il ne faut pas conclure trop vite à des soulfrances expiatoires et méritoires pour les autres. Les trois textes qu'on peut alléguer du Talmud de Babylone ne peuvent être bien compris que dans leur contexte.

Nous en connaissons déjà un. Le Messie doit être orné de six dons du

(1) Ce qui est demeuré ju-;([u'au troisième jour; cf. Lev. vu, 18 et xix, 0.

24(5 I.E MESSIANlSMli: DAPIŒS I.i: l'IlAIIISAlSMl-: UAI5BIMQUE.

Saint-Esprit. De plus « il respirera la crainte de lalivé » (1). A ce propos R. Alexandre (2) fait un étrange Jeu de mots qui lui permet de déddire : « Cela nous enseigne que (Dieu) le chargera do préceptes et d'épreuves commo de meules » yi). Assurément le texte d'Isaie ne suggère rien de semblable. L'idée y est introduite de force par un calembour; elle était donc courante. La fidélité du Messie devait être mise ;\ l'épreuve i\ force de préceptes et de tâches pénibles. Mais ce ne sont pas là des soull'rancos expiatoires.

Tn autre endroit est plus caractéristique. Nous le donnons dans son entier, car il n'est pas sans intérêt, même pour la partie qui semble étrangère à notre thème i) et qui pourra compléter ce qui a été déjà dit des noms du Messie.

R. lokhanan dit : Quel est le nom du iMessie? Ceux de l'école de R. Chêla disent : Son nom est Cliilo, car il est dit (Gcn. xlix, 10) : jusqu'à ce que vienne Cliilo. Ceux de l'école de R. lannaï disent : Son nom est lenoun, car il est dit {Ps. lxxii, 17) : que son )wm demeure à jamais^ que son nom se propage (icnoun) tant que durera le soleil. Ceux de l'école deR. Khanina disent : Son nom est Khanina, car il est dit (Jér. X.VI, 13) : car je ne vous ferai pas grâce [khanina). Et il y en a qui disent que son nom est Menakhera, fils d'Ézéehias, car il est dit [Lam. i, 16) : car il est éloign<'lie moi, le coiuolnteur -jnenakliem), celui qui me rend la vie. Et nos maîtres ont dit : Le blanc. [Ceux] de l'école de Rabbi [disent : Le malade] est son nom, car il est dit

(1) Is. XI, 2-3.

(2) Amora palestinien du iir s. commençant : cf. Bvchek, Die Afjada der Palustinensischen Amoriler, 1, p. 195-204.

(3) b. saah. 93'': ^niDiT mïQ izircnu,* "îi2'"'^2 iiiir^^x "tii T2N '" nxi^n 'innm

D"'''n''"13. Le jeu de mots est entre inlIH et □'''Ti"'!- (4)6. Sanh. 98'': iQ-^ir nS^j; 1i:2X nS^Ï? '^ 12" T2"w n'2 -'r'zS -|!2N' '[ZrW 'iT

^:sS d^rj^ ".cr \-o ncxir tzc* "r i"i^x in:i '-i ^it n'-^'r X2i -îd -y t2n:"w ^,'11 n:>;n c-S "jriN n"? t:.*n 'xir T2r .-;:i;n "!'2x N;":n '^ "'i- T2u,' p:i r*2w i-inx i:2"n Ts^ ni^^n □n:Q •':ca pm 13 icxj;:; iG*>r n"'p'în p onze Qiiaix dii^ i;''2ixvr2- N-:,*: x*.-; r^'h- px •^*2x;r rzx: [xi^in ^^nx] ^21 -2- xmrn x;x ^1:3 xin xi''n p \x ]"2n; ■i''x -z^T2^ dmSx -zM2 yi;: ini;2-w*n "ùnzxT 'ir2T ii;3 xi- x^in \2 "îx z^ 'T2x xi-i i2"ipa iSxnci 1:72:2 iinx .-i\-n -irsxju

.n'Ti'"'2- r''x Sxt;- ]-:- xin x'n'2 \2 ix -wifpn

Lt'> mots entre crochets ne se Irouvent <iiie dans Raymoml Martini, et dans Abarbanel (Jechu'otli MnrhikIiQ, p. M'\ Dalman) et sont regardés par M. Daiinan {Der leidcnde.., p. 3G, notcl comme une glose. Cepeiidaiit ils constituent un parallélisme bien meilleur; ce sont les écoles successives qui donnent leur avis, celle de Uabbi comme les autres, et X"iSin joue bien avec 1Ji>Sn, dans l'es|)rit du morceau. Ce qui peut-être n'appartient pas au passage primitif, ce serait plutôt Menakhem et Khiwwara dont les autorités ne sont pas indiquées. D'ailleurs NTlTl, isolé du texte d'Isaïe, pourrait signifier « le blanc m, sans

allusion à la lèpre; R. Rakhmon (dans Purjio, p. G72) le rapprochait de Esth. 1, 6 ou de Is. XI, 8, rc qui n'est pas plus intolérable que les autres rapprochements de ce passage.

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(75. un, 4 : et copendant il a porte nos souffrances, et il s'est fJun-ijr de nos douleurs; et nous l'avons regardé comme un lépreux, frappé par Dieu et humilié.

R. Nakliman dit : S'il est parmi les vivants, il est donc semblable à moi, car il est dit {Jér. XXX, 21) : son prince sei'a un des siens, et son dominateur sorliriude son sein. Rab dit : S'il est parmi les vivants, il ressemblera à notre maître, le saint; s'il est parmi les morts, il ressemblera à Daniel, riionime des désirs.

Le texte de Raymond Martini offre, précisément à l'endroit qui nous intéresse le plus, une variante qui nous semble préféraldc au texte imprimé. Il en résulte que le Messie serait nommé en termes exprès le malade ou le soullrant.

A supposer même que ce soit une addition ou une glose, il resterait qu'il est nommé le blanc ou le lépreux, avec application précise du texte d'Isaïe qui exprime bien le caractère expiatoire de ces soull'ranccs. Mais on voit au premier coup d'œil que cette opinion est restreinte à un certain cercle. Les disciples de chaque école ont eu l'idée, pour le moins bizarre, de donner au Messie un nom qui ressemblât à celui de leur maître ; on le trouvait facilement en cherchant dans l'Écriture, pourvu qu'on se contentât à l'occasion, comme pour leiioun., d'un jeu de mots puéril. Les disciples de Rabbi Juda le Saint, selon le te.xte de Martini, ont nommé le Messie « le malade » (1) ; dans l'autre texte, des maîtres inconnus l'ont nommé le lépreux de l'école de II. Juda. Dans les deux cas le sens général est le même. On a entendu comparer le Messie à Rabbi, dont la sainteté et les souffrances étaient bien connues. D'ailleurs le nom donné ici au Messie n'eut pas plus de succès que les autres et ne se répandit pas. On peut donc seulement conclure que dans certains milieux, et peut-être seulement dans l'école de Rabbi Juda, on appliquait le texte d'Isaïe au Messie, afin de trouver un lien entre le Messie et le maître. Il n'y a pas là de tradition ferme sur les douleurs du Messie.

Et surtout on pouvait se demander quand il fallait placer ces douleurs. Si le Messie avait souffert, était-ce comme Messie et parce que l'expiation faisait partie de sa mission, ou était-ce une épreuve préparatoire à sa mission elle-même?

Le troisième texte talmudique allégué dans cette question donne une réponse très claire : le Messie souffre avant d'être appelé comme Messie.

On racontait que Josué ben Lévi avait rencontré le prophète Elie, d'après les uns devant la porte du Paradis, d'après les autres devant la grotte de Simon ben lokhaï (2), obligé de se cacher pendant la persécution d'Hadrien.

(1) D'après le ni6me texte, des maîlros l'ont nommé « le blanc ».

(2) C'est le texte courant du Talmud; la porte du Paradis est indiquée par Diqd. Sofe-

•248 I.E MKSSIAMSMi: DAI'HKS l.E IMIAIUSAISMI' RAlUîIMQUE.

Il dit à l'^lie : (Jiumd vieiulrn le xMessie? Il lui dit : Vii, demande-le à hii-même.

— Et où se trouve-t-il? — A la porte de IRonicj. — Et quel est son si;inalenient?

— 11 se tient parmi les miséreux, ehaigés d'iulirmités, et tous ceux-là défont et rattachent [leiu's plaies] en une seule lois; mais lui en défait une et en rattache une seule à la fois; car si on vient me chercher, se dit-il, je ne serai pas empêché et je suivrai aussitôt celui qui m'appellera (!}.

Aucune citation ne confère à ces plaies un caractère expialoire. Le Messie assis aux portes de la grande cité, parmi les loqueteux qui bandent leurs plaies, c'est un tableau à la Callot en contraste saisissant avec sa mission future, lorsqu'une fois il sera appelé à de glorieux exploits.

Que si l'on veut combiner les trois textes talmudiques, ils ne donnent pas beaucoup plus ensemble que séparément. On voit seulement (jue les paroles d'isaïe s'imposaient malgré tout à l'attention de cert;iins maîtres. Il fallait que le Messie ait souffert : on concluait que ce devait être avant d'être vraiment le Messie, car l'investiture que Dieu devait lui donner serait comme une création de son caractère messianique, rs'ous ne rencontrons cette idée que plus tard, mais comme elle s'appuie sur le psaume ii que saint Paul a utilisé dans un sens analogue, elle doit être très ancienne. Si nous la signalons ici, c'est qu'elle est rattachée par le contexte à l'idée des souffrances du Messie.

On lit en effet dans le midrach des Psaumes (2) :

lahvé m'a dit : Tu es mon Fils. De ces termes, on peut tirer une réponse aux Minim (jui disent (jne Dieu a un fils. Pour toi réponds : Il ne dit pas : Tu es un fils à moi, mais : Tu es mon Qls. comme un serviteur auquel son maître dit une parole aimable, en disant : Je t'aime comme mon fils. R. llouna a dit au nom de R. Idi : Trois parts d'épreuves ont été déterminées : l'une a été supportée par les pères anciens et toutes

rim, et préférée par Dalman; Bâcher {Die Agada der Pal. Amordcr, I, p. 190) la juge |irobable; on disait que Josué ben Lévi, un des amoras les plus remarquables du début du m' siècle, était allé au Paradis.

(1) b. sanh. 98' : Nnn*£N iTi'' N->m nimb nV'i^^r bi7 S"k n^ï^n 'inx nnix S"n n:"2^7 -ni ii^DXT iTu; i'^^z^ aw^n iSno i^;y i:i2 zin^ ri^:*2^D ''n?2*i [^ain] n-iiS S-N' a:yix »xS- hi'^'jz'z xtzSi- -iqx -rn iidnt in "'ic in^s*. Litt. : j'irai sur

son dos, c'est-à-dire sur ses talons. Au Heu de 'IDIIT qui est le texte ancien, les éditions modernes ont xnip-, « de la ville ».

(2) pugio fidei, r. ATS : "jii'ziN pu? 'j'';"'a'"' HiT^iH "jx^^D nrx ''::: '"^N i>2x m-1 iS rrcrj'C 't:z -rx *;2 n'-n laix i:in nnx iS ]i z'tit^ nrxi n"2nS ]2 r"» c^i^'-^n n-cnu,^ i-\x ^"^c2. N:in "i"n i-aD -S xjn z^hîz iS 'cixt nn mip in nnxT -'Zï; Stj mm n-xi mii-n ^z'i divr, mix M'C2 nnxn ]M^D>r^ ip'^^na XI- pT ,-ic*-n n"i"i2 imx^z''^ l'-^v n"z:\ "six ninr:: ^nTi idt n^ra ^Vj mm

r\M .~i*i"12 -Ti"*kl* X" ~i"'n-''' Cl*" "tlX '*2'X. Li» sénéralion de l'apostasie se réfère à la persécution dlladrien.

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