‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 71 sur 118 · I. LE MESSIE SOUFFRANT · texte numérisé non relu

I. LE MESSIE SOUFFRANT

Les Juifs avaient-ils la notion de souffrances expiatoires, envoyées par Dieu à ceux qu'il aime, et librement acceptées par eux, offertes à Dieu par eux, pour expier les péchés des autres?

Oui, sans aucun doute.

Le judaïsme savait, par l'histoire d'Abraham et par celle de Moïse, que l'intercession du juste est puissante auprès de Dieu. Il savait aussi par l'histoire de Job que la souffrance n'est pas toujours un châtiment, qu'elle est quelquefois l'épreuve du juste, et l'occasion d'acquérir de nouveaux mérites 1). Il savait enfin que les mérites des justes, comme leur intercession, pouvaient être mis au service des autres. 11 devait

1, Admirable pensée dans b. Sahbalh, 88'' : « Ceux qui sont humiliés, sans liumilicrles autres, qui sont insultés et ne répondent pas, qui agissent par amour et se réjouissent des soulTranccs, c'est à eux que s'applique le verset (Jud. v, 31) : ceux qui aiment Dieu ressemblent au lever du soleil dans son éclat ». II. Aqiba connaissait bien le prix des souffrances: il disait : « aimées sont les é|)reuves » 'JlTic"' 'j''2''Zn 'J>- Snnli. 101')-

LE MESSIE SOLTFri.VNÏ ET LE MESSIE EII.S DE JOSEPH. 237

donc conclure que les soutfrances du juste méritaient pour tout le peuple et expiaient ses fautes, si le juste avait une sainteté extraordinaire, et s'il les acceptait dans cette intention. C'est ce que dit assez clairement le dernier des sept frères immolés par Antiochus en s'adressant au tyran : « Je suis prêt, comme mes frères, à donner mon corps et ma vie (1) pour les lois paternelles, suppliant Dieu de devenir bientôt favorable à la nation, pendant que tu seras réduit par la souffrance et la torture à confesser qu'il est le seul Dieu ; puisse la colère du Tout- Puissant justement déchaînée contre toute notre race, s'arrêter suimes frères et sur moi (2) ».

Cette doctrine ne fut jamais oubliée. Au temps des amoras, on lui donna la forme d'un examen de conscience (3).

Raba a dit (ou peut-être Rab Khisda) : Si un liomme voit des épreuves fondre sur lui, il doit examiner ses œuvres, car il est dit : Examinons nos voies et scnitotisles, et retournons à Lui [Laïa. m. -10); s'il s'est examiné et n'a rien trouvé [de répréhensible, qui caractérisât ces souffrances comme un châtiment], il se demande s'il n'a pas négligé la Thora, car il est dit : heureux l'hoinme que tu corrir/es, lah, et que tu instruis au moyen de ta loi {Ps. xciv. 12). S'il ne trouve rien dans cette enquête, il doit savoir que ce sont des épreuves d'amour, car il est dit : Le Seirjneur repreml ceux qu'il aime {Prov. m, 12:. Raba a dit de Rab Sekhora qui le tenait de Rab Houna : Tous ceux que Dieu aime, il les brise par les épreuves, car il est dit : Et le Seigneur s'est plu à le briser, il l'a affligé (7s. r.iii, 10). Peut-être même s'il ne les accepte pas par amour.? [Non!] et c'est ce qui est enseigné quand on ajoute : si son âme offre le sacrifice d'expiation (Is. lui, 10).

L'acceptation volontaire des souffrances est donc exigée pour qu'elles aient tout leur mérite, et toute cette doctrine s'appuie à la fois sur l'Écriture et sur la tradition. R. lokhanan ayant contesté que la lèpre pût être regardée comme une épreuve d'amour, on lui répondit par une tradition de l'époque antérieure (bam'itha) : « Un homme qui est atteint d'un des quatre signes de la lèpre est un véritable autel de propitiation (4) ».

S'il était accordé au pauvre lépreux de réconcilier les pécheurs à Dieu par ses souffrances, comme l'autel couvrait et effaçait les péchés, que ne pouvait-on dire des grands saints d'Israël? Le midrach du Cantique l'explique à propos de la phrase : « mon bien-aimé est pour moi une grappe de henné (5) dans les vignes d'Engaddi ». L'Eglise

(1) Lire J/jx.r,v avec le manuscrit V au lieu de rj/riv dans A.

(2) II Macch. vu, 37 s.; cf. IV Macch. vi, 28 s.; xvu, 20-23.

(3) 6. Berak. 5".

(4) b.BeraIiOth,b':iihii]:'^ii iSSn C^;;; '1n1^2 .1721X^2 "mN 12 U^U ^^2 "iD N"i:nm

.n-is^ n2"?a

(5) Jeu de mot sur "lE'D, « henné « et «■ expiant ».

238 l.i: MESSIANISMi: DArKKS I.K IMIAlllSAISMi: KABRIMQL'E.

d'Isi'afl est en quête de quelqu'un ([ui pourra satisfaire à la justice de Dieu (1) :

Rabbi Bcrekiali a dit : L'Kglise d'Israël dit à Dieu : Maître du monde, au moment où Uj m'affliges, tu es mon bien-amé, tu es devenu mon bieu-aimé; vois donc quel homme sera assez puissant pour dire à l'attribut de justice : Assez! et tu l'accepteras et le prendras en gage à ma place. C'est pourquoi on dit : la f/rappe de henné; (ju'est-ce que la grappe? c'est l'homme (pii a tout en lui. Et le kopher? c'est celui qui expie pour les inicpiités d'Israël ; dans les vigiies d'En<jaddi, ce sont les pères anciens (jui ont été entraîués à ta suite comme des chevreaux, et ont porté les bénédictions qui sont la source éternelle...

On voit ici que ce grand expiateur ne fera que continuer l'œuvre des Pères. C'est même k l'intercession d'Abraham que Dieu accorde sa vonuc. Non seulement des princes et des justes sortiront de la race dAbraham, mais encore :

Quand tes fils viendront auprès de moi avec des transgressions et des œuvres mauvaises, je pourvoirai à trouver parmi eux un homme assez grand pour dire à l'attribut de justice : Assez! et je l'accepterai et je le prendrai comme gage à leur place (2)

Ce n'était pas pure théorie, et on se demandait si on ne possédait pas au sein d'Israi'l un homme dont les souffrances fussent aussi méritoires auprès de Dieu.

La tradition vénérait comme tel R. Juda le Saint. Il avait souflert des dents pendant treize ans. « Pendant tout ce temps, dit R. Yossé ben R. Aboun, aucun animal utile ne mourut en Palestine, et nulle femme de ce pays ne perdit le fruit de ses entrailles » (3). Il est vrai que ce mal de dents avait été la punition d'une légère imperfection : Rabbi avait rejeté avec indifférence la supplication d'un veau qu'on menait à l'abattoir. Cependant le mérite extraordinaire de ces souffrances tenait à la sainteté éminente du patriarche. C'est ainsi que

(1) RWM. MAitTiM, l'ugio fidei, f. .")23 : H' ZH >Zîh SNir'' FIDJD "lax .T'jIZ H'N

^131^; 12 ïL"i*j7 mx inTiN nxi-n '^-m nc7"j nx 'h i-ii ""S isia nnx^ r^T^D1 v"'^^'\ riN Si^t'N' xin n'2 ^z^z^^ '':"i:cx -"nni '^tji ^'.z^^2)2^ 'h'c^z nxi i- -n"'2'i ^^iS cSt>- mzx i\x 1-; y^v V2-i;2 ^N^r"» ^c cn^mitr '"^'j iej^^c isiDn 12 '^iznu; ...iji &)V \^v "jnu? m3i2n iStsjt ci-jd -i-inx i:rc:û*. — "-"cS = "jnn na'i

1' r\7\ — llnDT X*n N~n. Noter le jeu de mol '^IZ-^TX et '"^IDnt?.

(1) ravm. MxitTiMj. 524 : i:x u^'J^ ai'wV'^i rr''2" "-"^^ 0^2 -|ij2y;3 n"^n t:: nSi uTjz i;:r?2)2T iSt21: '':nt 1- ""ncS yorh SiDi;r □,-i2ï; Siii mx nrK nxii.

Après cela on ne voit pas comment M. Perles (Boussel's Religion des Judenthums im neulestamenUicfien ZcUnller, p. 118) a pu dire que le mérite des Pères est seulement la leçon de leur foi et de leurs exemples, parce que le mérite des saints, d'après le judaïsme, ne peut Cire utile aux autres que jiar imitation. f3);. Kilaïui, 3'J"; trad. Sciiwab, t. Il, p. 3ir,: rLj. h'rlliuliolh, 35».

LE MESSIE SOLTFR.VNT ET F>E MESSIE 1 M.S l»E JOSEl'lI. 230

Rasclii l'entendait encore en rappelant que Rabbi, le saint, le pieux, portait sur lui les infirmités (1).

La sainteté du Messie n'était donc point un obstacle à ce qu'il expiât pour le peuple ; elle était plutôt une condition préalable exigée pour cela. Et cependant, si Ton prend dans leur ensemble les textes anciens, on voit que les écoles rabbiniques ont éprouvé une extrême répugnance à parler des souffrances du Messie.

D'abord il ne peut être question du terme technique : la douleur du Messie ; nous avons vu qu'il signifie les douleurs qui précèdent le temps du Messie. Le Messie devait précisément sauver Israël de ces angoisses extrêmes. Il était l'instrument du salut, le roi glorieux, le dominateur pacifique, renversant tous les obstacles par la force divine qui était en lui. Comment concilier cette haute situation avec celle d'un homme accablé par la soufTrance? Au premier abord l'antithèse est absolue : le Messie viendra pour régner avec éclat, non pour souU'rir.

C'est bien la note qui retentit presque toujours, c'est évidemment celle qui répond le mieux au sentiment général des Rabbins.

Les anciens apologistes — et quelques modernes — ne l'ont pas suffisamment compris. Ils ont pensé que la tradition juive primitive avait servi de point d'appui à l'enseignement de Jésus et des apôtres. En réalité, les souffrances du Christ ont toujours été pour le judaïsme un objet de scandale; saint Paul ne l'ignorait pas. Les apologistes, rencontrant les mêmes répugnances, ont essayé de trouver dans les écrits des rabbins eux-mêmes la preuve que les anciens maîtres avaient admis les souffrances du Messie. Raymond Martini a traité le sujet avec sa maîtrise habituelle ; il prétend démontrer à ses antagonistes qu'ils s'écartent de leur tradition aussi bien que de l'Écriture. Il faut reconnaître aujourd'hui que celte argumentation exagère la portée de plusieurs textes, et ne tient pas compte de certaines distinctions appréciables. Nous la reprendrons à la suite de M. Dalman (2), dont les recherches nous ont été très utiles.

Pris dans son ensemble, le judaïsme rabbinique a fermé les yeux aux textes qui faisaient présager les souffrances du Messie. Très rarement, certains rabbins les ont admises, mais sans s'expliquer sur leur valeur expiatoire. Dans ce cas on les attribuait à l'époque où le Messie n'était pas encore reconnu comme tel, ou bien encore on supposait

(1) Pufjio, fol. 672 : -M -■'cm D^xSn SllD "i;l2Tî N"n.

(2) Der leidende und der sterbende Messias der Synagoge im erslen nac/ic/iristlichen Jahrtausend, von D' G. H. Dalman, Berlin. Reuther, 1888. Cette précieuse brochure est presque introuvable. M. Dalman a bien voulu donner à l'auteur de ces lignes le dernier exemplaire dont il i)ouvail disposer.

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une éclipse de sa fortune. Jamais sa mort n'a été envisagée à un degré quelconque comme ayant une utilité expiatoire pour Israël.

Le caractrre môme des écrits rabbiniquos les obligeait à prendre leur point dappui dans les textes. Ceux qui se prosentent ici sont relatifs au Serviteur de lalivé dans Isaïe.

Le portrait du Serviteur résulte du group(Miient de quatre textes (1), qui n'ont été étroitement rattachés que par une critique récente. Il ne faut donc point s'étonner que la, Synagogue n'ait point perçu leur unité et leur ait donné des interprétations dillérentes. Le premier et le second ne parlaient pas encore des souffrances, et le portrait qu'ils traçaient du Serviteur ne ressemblait pas à l'idée qu'on se faisait du Messie, l'n prédicateur de la doctrine, modeste et doux, n'évoquait pas l'image du Roi victorieux. De plus, le contexte paraissait indiquer que le Serviteur était Israël lui-même. C'est là sans doute la plus ancienne exégèse; les Septante en font foi qui ont même inséré dans le texte Israël et Jacob (2). Cependant l'idée grandissait que le Messie serait aussi un docteur et un prédicateur de la loi. Ces passages pouvaient donc lui convenir, et, comme il n'y était pas question de souffrances, cette assimilation ne faisait pas difficulté.

Le troisième texte parlait des souffrances, mais sans mettre en vedette la personne qm souffrait. Le plus grand nombre des rabbins a cru qu'il s'agissait du prophète Isaïe lui-même; d'autres ont pensé à un juste quelconque.

Toute la difficulté portait sur le dernier endroit, le plus long, et de beaucoup le plus important.

Or il n'y a aucun indice qu'il ait été entendu dans le sens messianique, du moins avant le second siècle de notre ère, en dehors du Nouveau Testament. Ce n'est pas qu'il ait passé inaperçu. Peut-être Daniel y faisait-il allusion en parlant de ceux qui avaient eu à souffrir du fer, du feu, de la captivité, des outrages (3); cependant il n'attribue pas à leurs souffrances une valeur expiatoire. On peut seulement penser que les justes qui, en temps de persécution, et malgré la persécution, continuent à prêcher la Loi, sont, eux aussi, des serviteurs de lahvé, et la plus brillante récompense leur est promise.

Le livre de la Sagesse ('♦) décrit avec beaucoup plus d'ampleur qu'Isaïe les souffrances du juste. C'est en vain que ses ennemis croient l'avoir accablé, c'est lui qui triomphera auprès de Dieu, pendant que

(1) Is. xui, 1-4; XLlx, 1-6; i., 4-9; Ml, 13-i.iii, 12

(2) Is. xLii, 1. Selon nous le texte massoréliquc a lui aussi ajouté Israël, Is. xlix, 3.

(3) Dan. XI, 33-35.

(4) Sap. II, 12-2(1.

LE MESSIE SOUFFRANT ET LE MESSIE FILS DE JOSEPH. :2il

les méchants seront confondus. Plusieurs traits semblent empruntés à Isaïe, mais il manque toujours Tidée principale, la valeur expiatoire des souffrances du juste.

Il n'est donc pas étonnant que le judaïsme, d'ailleurs très porté à exagérer le rôle temporel glorieux du Messie, et à identifier sa cause avec celle de son peuple, ait affecté d'ignorer ce texte irritant du serviteur méconnu par les siens, et succombant sous leurs coups.

Rien n'indique que cette attitude ait changé jusqu'au début du troisième siècle après J.-C. On a cru pouvoir conclure du dialogue de saint Justin avec Tryphon que « l'idée du Messie expiateur du péché par ses souffrances, telle que paraissait l'annoncer le prophète, était une idée reçue chez les lettrés juifs du ii® siècle de notre ère » (1). En réalité saint Justin est obligé de lutter sur ce point contre les répugnances de Tryphon. Lorsqu'il passe à un autre thème, il suppose, selon les procédés reçus du dialogue, que le juif s'avoue vaincu. Tryphon confesse donc le sens, nouveau pour lui, des textes scripturaires, et saint Justin s'étonne, après qu'il a prouvé que le Christ doit être à la fois Dieu et homme, souffrant et victorieux, que son adversaire s'obstine à ne pas le reconnaître en Jésus (2).

Il fallait cependant prendre parti. La controverse chrétienne avait mis inexorablement le doigt sur cette page. Les juifs, de plus en plus anxieux de voir paraître le Messie après l'affaissement momentané qui suivit la catastrophe de Bar-Kokébas, de plus en plus curieux de relever les moindres vestiges qui pouvaient soutenir leur espérance, durent se prononcer sur la passion du Serviteur. Que l'ensemble du texte fût messianique, on ne pouvait le contester sérieusement, tant la passion était encadrée dans la gloire. Mais fallait-il attribuer au Messie la passion aussi bien que la gloire, et quel rapport avait cette passion avec la mission du Messie .' Ces problèmes furent résolus dans des sens différents.

Les uns n'ont jamais admis l'idée du Messie souffrant; les autres ne lui ont fait qu'une place restreinte et sans proportion avec son importance dans le christianisme. Parmi les premiers il faut citer en première ligne le Targum de Jonathan. C'est un exemple caractéristique et même amusant des contresens où peut aboutir le souci de rester fidèle aux mots d'un texte, en se dérobant autant que possible à son esprit.

Nous devons insister, car rien ne met dans une opposition plus crue

(1) Lei'ix, Jésus Messie et Fils de Dieu, 2« éd., p. 36.

(2) Comparer les textes des ch. lxviii, lxxxix et xc avec ceux des cb. xxxvi, xxxi^^ et

le: messianisme. IC

242 I.1-: MESSIAMSMK DAPRKS I.K l'IlMUSAlSME lUIiBlNIQUE.

la simplicité des Apotics cl la subtile casuisti([ue des rabbins.

La lin du chapitre i.ii" disaïe inaugure, dans la glaire, le dernier et le plus important des textes sur le Serviteur. Le Serviteur est donc dabord le Messie d'après le Targum; mais aussitôt qu'ilest endolori au point de perdre l'aspect d'un homme, cela est mis sur le compte d'israd pendant la période douloureuse de l'attente; puis brusquement c'est le Messie (pii reparait pour recevoir les hommages des rois. Trois changements en trois versets (1).

Au chapitre lui, le Serviteur s'élève comme un rejeton; cela rappelle ;\ Jonathan la fécondité des arbres plantés au bord des eaux, et, si la terre est desséchée , c'est que le pays d'Israël avait besoin de secours. 11 n'avait ni beauté, ni charme : entendez-le d'un charme profane et ordinaire; son éclat était un éclat de sainteté que seuls pouvaient admirer ceux qui savaient son secret (2).

Les mépris et les douleurs ne pèsent plus sur le seul Serviteur. Les Gentils le comptaient pour rien... mais il le leur a fait payer cher: c'est eux qui sont maintenant déchus et tristes. D'ailleurs, les Israélites aussi avaient été méprisés, lorsque leurs fautes avaient mérité l'éloignement de la présence sensible de Dieu (3).

Ne pas lire : il a été brisé pour nos iniquités, mais seulement : il prie, et, à cause de lui. Dieu pardonne (V).

Maintenant c'est le Temple — dont le texte ne dit pas un mot! — qui est substitué au Serviteur; il a été profané à cause des fautes d'Israël; mais le Messie le rebâtira, et tout ira bien si l'on se conforme à sa doctrine (5).

Quand le texte dit : « il s'est humilié et n'a pas ouvert la bouche «, Jonathan traduit : « il a été exaucé avant môme d'ouvrir la bouche pour prier » ; ensuite, au lieu d'être traité comme un agneau conduit à la boucherie, c'est lui qui entraîne les peuples au carnage; tous les mots y sont, mais les rôles sont renversés (C).

Que le Serviteur soit enlevé de la terre des vivants, cela veut diri* qu'il purgera le sol d'Israël de ses ennemis, de sorte que les peines encourues par les péchés d'Israël retomberont sur les peuples, tant ce bon Israël était disposé à expier pour les autres [1) !

Il ne pouvait être question de la mort du Messie ni de sa sépulture,

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