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nisiu.'. \I;iis |>.'iit-()ii juiicr daprès rÉvaniiile do lu conduite pratique de< chrétiens? La (lueslion serait mieux posée si Ton disait siniplcnient (pie les ai;adistes sont demeurés fidèles à Tancicn idéal de IKciiture. La législation et les réllexions qui l'accompagnent nous di>iciil ini(Mi\ (0 cpic les docteurs pensaient, non plus du prosélytisme «'t do SOS espérances, mais des prosélytes en chair et en os. Ils n'en attendaient pas iirand'ohoso do hon. Le moment vint donc oîi le judaïsme se replia sur lui-môiuo ot se décida à n'attendre son salut (pie do la race i^l ; et do la Tliora. En quoi il était guidé par un instinct tr('s sûr : la Thora avait été donnée pour la race, ou plut(H elle .tait, avec (piolquos principes religieux venus d'en haut, la fidèle o\pro<si«tn de ses mœurs et de son histoire.
.M. Lovi dit encore : « Entre les aspirations nouvelles et les exigences do la législation ancienne, les docteurs, sous la pression des événements, ont oj)ti'- pour celles-ci, Paul a choisi l'autre alternative; ce fut son cou[) do génie -2) ». Lo coup de génie de saint Paul ne pouvait se produire qu'à la suite dun fait nouveau : la mission du Messie. Aucun génie, quel (pi'il fût, no pouvait imposer au judaïsme de rompre avec la Thora révélée par Dieu, dans le but de donner satisfaction à des aspirations humaines, si auparavant l'intervention de Dieu n'avait été constatée. La tactique des rabbins était logique, dans la voie qui les conduisait à l'isolement. Ils y étaient conduits aussi par la loi romaine 3) qui ne permettait la circoncision qu'à eux et qui imposait ainsi à leur propagande une limite quelle n'était plus tentée de franchir.
M. Théodore Reinach nous dit aussi que le judaïsme aurait rencontré plus de sympathies « s'il avait su lui-môme se dégager plus complètement de l'esprit étroitement ethnique, sacrifier au principal (l'enseignement religieux et moral) l'accessoire (les pratiques multiples et gênantes), achever en temps utile cette transformation d'une nation en une religion qui est à la fois lo programme de son histoire et le problème de ses destinées (4) ».
Mais si le judaïsme cesse d'être une nation, s'il rejette de son autorité privée des [)ratiques que ses pères ont cru imposées par Dieu, lui
1) D'aillfurs le proselNlf, uii'mc .1(111118, n'i'ul jamais lt> droil de dire : « le Dieu di* nos pi.Tes !• ' Itilihouriin, i, 4 ; la disliiiclion Mihsisla donc toujours entre un Israélite de race cl un |>rosélylc.
3, Interdiction de circoncire les non-juils, 1. Il \tv. I)i<j. xi-viii, 8; 1. 3, § 5 et 1. i, § 2, i'iiil. P.\iL. Seul. V, 22, fi. Scplime SL'vèrc, Vita, c. xvii; Oricéne, Contre Celse, ii. 13. '4, Article Judaci, dans le Dictionnaires des anfiquitês.
ATTITLDE DU JLDAIS.ME K.NVEl'.S I.RS CE.NTII.S. •27:{
restera-t-il encore la foi à la Révélation dont il répudierait les ordonnances? Et s'il ne garde que la croyance en Dieu, comment se distinguera-t-il d'un vague spiritualisme?
Il n'y avait qu'une transformation possible : adopter la foi chrétienne. Les rabbins ne l'ont pas voulu. Dès lors, quand il fut devenu évident qu'ils ne convertiraient pas le monde au judaïsme, le plus sage était de se concentrer, de ne rien abandonner des pratiques, œuvres de la foi, mais aussi appui de la foi, et de faire appel au sentiment national, entretenu par les promesses messianiques.