‹ Le métal-argent à la fin du 19e siècle. TraduitChapitre 21 sur 115 · RÉFORME MONÉTAIRE EN AUTRICUE · texte numérisé non relu

RÉFORME MONÉTAIRE EN AUTRICUE

deçà et au delà de la Leitha n'aient pas encore dit leur dernier mot, l'altitude de l'opinion publique par tout le pays et la ferme volonté des deux gouvernements nous garantissent qu'on aboutira à une résolution décisive, qui sera aussi hautement approuvée par l'étranger.

L'ensemble de la réforme, déjà fort importante et intéressante par elle-même au point de vue de l'histoire de la civilisation, emprunte encore pour les Allemands une signification particulière, non seulement à leurs rapports politiques et économiques avec leurs voisins du Sud, mais à la lumière qu'elle jette sur leur propre expérience et leur régime analogue.

(^clui qui a suivi les expectorations verbales et écrites de nos amis du double étalon durant les dernières années a dû finir par s'imaginer que c'est un grand bonheur pour un peuple que d'avoir un mauvais étalon, si possible même du papier-monnaie. On ne cessait de se plaindre des dommages qui résultent ^ pour la mal heureuse Allemagne de ce que les pays qui lui fournissent en partie ses moyens de subsistance ont une monnaie dépréciée, de l'argent comme l'Inde, ou du papier comme la Russie ou l'Autriche. Ce ([ui était un malheur pour l'Allemagne devait, par une conséquence logique et nécessaire, être un bonheur pour ces autres pays ; et on en tirait immédiatement la conclusion que l'Allemagne aussi devait se hâter de se munir de mauvaise monnaie, d'argent à bon marché. On n'osait point parler de papier, parce qu'il faut garder l'apparence d'une honnêteté parfaite et d'une pieuse moralité; il n'en est pas moins vrai que le même raisonnement amène infailliblement à chanter les louanges

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de l'excellent régime du papier. Mais voici qu'un pay& voisin de 40 millions d'habitants, qui depuis plus d'un siècle a eu chaque jour occasion de se familiariser avec ce bonheur, soupire depuis bien des années après le moment où il pourra s'arracher à cette félicité et s'envoler vers d'autres cieux, dans une sphère tout opposée. Pas une voix n'ose s'élever là-bas contre le principe de ce désir. Quelques groupes intéressés, qui s'entendaient fort bien à pêcher jusqu'ici en eau trouble, eussent vu sans déplaisir la continuation de cet état mal défini , mais personne n'ose l'avouer à haute voix. H faut une audace particulière pour préférer ouvertement au bien public son avantage particulier, et encore un avantage mal compris. Par- dessus le marché, l'Autriche est un pays agricole, beaucoup plus que l'Allemagne, et par conséquent, si les misères de Fagriculture dont il est partout question ne pouvaient se guérir qu'en dépréciant les monnaies, TAutriche aurait encore bien plus de raisons que l'Allemagne d'éloigner d'elle un étalon sain.

Quels sont les véritables motifs qui se cachent derrière les faux prétextes des théoriciens de la dépréciation de la monnaie? Quels sont les véritables maux qui résultent pour un pays d'une mauvaise monnaie? ce n'est pas ici le lieu de les développer. Celui qui veut en connaître le résumé, clairement démontré par l'expérience particulière de l'Autriche, consultera avec fruit un exposé qui peut être recommandé comme un modèle de clarté et de concision; c'est la communication faite par le professeur Charles Mengcr à Vienne à la Société Juridique au mois de janvier 1892. Rarement

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