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BUREAU ORNÉ DE BRONZES CISELES ET ATTRIBUES A CAFFIERI

(Collection de S. A. le prince de Metternich.)

ment gravé sur un pied de vase conservé au Garde- Meuble : « Fait par P. Caffiery en 1761. » Carpentier semble avoir été le collaborateur habituel de Caffieri, qui lui confiait le soin de dorer les bronzes modelés et ciselés par lui. Notre fondeur était en même temps habile

ISO LE MEUBLE.

dessinateur; M. Vaillant a retrouvé au British Muséum, un cahier de six planches gravées, représentant des panneaux et frises propres aux sculpteurs et aux peintres, inventez et dessignés par Cafffery, sculpteur. Il composa en 1765, la toilette de vermeil de la princesse des Asturies, commandée aux orfèvres Chancellier et Th. Germain. M. Beurdeley possède une suite de dessins où Bon trouve des lustres portant son nom, et des ornements de genres divers.

Il ne nous est parvenu aucun meuble authentiquement travaillé par Philippe Caffieri seul, bien que les catalogues des collections du xvme siècle en mentionnent qui devaient être très importants. Chez M. Lalive de J ully se trouvait un grand coquillier en forme d’armoire à quatre portes de face, accompagné d’une table de bureau, d’un secrétaire et d’un écritoire décorés dans le style de Boulle. La collection du peintre Boucher renfermait des girandoles, des bras et des flambeaux ciselés par Caffieri, mais la pièce la plus intéressante pour l’histoire de l’art de l’ameublement était un coquillier plaqué en bois de violette par Oëben, et monté en bronze doré par Philippe Caffieri. Il est vivement désirable que l’on puisse retrouver ce spécimen de la collaboration de deux des*'principaux artistes ornemanistes de l’époque de Louis XV.

Nous croyons devoir parler à la suite des œuvres des deux Caffieri, d’un grand bureau plat surmonté d’un cartonnier, qui appartient à S. A. le prince Richard de Metternich. La face principale de cet admirable meuble est soutenue par deux pieds, disposés en forme de console, dont le centre est occupé par une figure de

'femme à mi-corps, sortant d’un médaillon à rocaille. Des figures d’enfant décorent les angles, d’où s’échappe un large bandeau orné de guirlandes de fleurs servant de ceinture circulaire; à l’extrémité opposée s’élève le cartonnier simulant un rocher, qui supporte des tiges

PIED DE BUREAU DECORE DE BRONZES ATTRIBUÉS A CAFFIERI, (Collection de S. A. le prince de Metternicli. )

d’arbres et divers personnages mythologiques. L’analogie des bronzes de ce bureau avec ceux de la pendule de Versailles, dont les pieds notamment présentent la même courbe et les mêmes détails, est si frappante, qu’il paraît difficile de faire honneur de cette œuvre à un autre artiste que Caffieri. On ne possède

malheureusement pas de renseignement certain sur l’origine de ce meuble, dont on attribue la commande au duc de Choiseul. Il nous semble possible qu’il ait été exécuté sur l’ordre de ce ministre pour l’hôtel du dépôt des Affaires étrangères, construit à Versailles, de 1759 à 1761, par l’ingénieur Berthier, d’où il serait passé dans les mains du prince de Talleyrand, son dernier possesseur, avant le prince de Metternich. Nous nous hâterons d’c.jouter que nous ne présentons cette opinion qu’à titre de simple conjecture. Nous avons, au reste, la conviction qu’on ne saurait rester longtemps dans l’ignorance sur les antécédents historiques de l’une des plus belles œuvres de bronze qui soient sorties des ateliers de nos ciseleurs français.

On trouve fréquemment des bronzes marqués d’un poinçon composé de la lettre G, surmontée d’une fleur de lis, que l’on a commencé par attribuer à Caffieri, sans établir de distinction entre le père et le fils. Cette opinion est aujourd’hui abandonnée, bien que plusieurs rédacteurs de catalogues de vente la maintiennent, afin de rehausser la valeur des pièces ainsi frappées. Après bien des hypothèses, dont aucune n’a été absolument concluante, on s’accorde généralement à y voir l’empreinte d’un poinçon de contrôle. Il serait absolument impossible de placer dans le bagage artistique des Caffieri tous les bronzes portant cette lettre, qui présentent des inégalités très saillantes dans le fini de l’exécution et dans le goût de la composition. Nous ajouterons que l’on trouve cette marque sur des bronzes antérieurs aux Caffieri et sur d’autres qui ne sont même pas d’origine française. Nous avons eu l’occa-

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