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jy. J. Guiilrey, les Caffieri

maître ébéniste chargé d’exécuter les panneaux de bois sur lesquels il appliquait ses compositions de métal doré. On connaît quelques bustes de bronze dans lesquels Jean-Jacques Caffieri a manifesté son talent de sculpteur. Ce sont deux portraits des barons de Resenval, dont l’un représentant Jean-Victor, baron de Besenval, porte l’inscription : Fait par Caffiery, à Paris, 173 5; l’autre donnant les traits du fils de Besenval, est daté de 1737. Ces deux ouvrages avaient été confiés à l’exposition des Alsaciens-Lorrains par la famille de Besenval. Dans l’étude complète qu’il a consacrée aux Caffieri, M. J. Guiffrey a relevé toutes les sommes payées à Jacques pour différents travaux exécutés dans les châteaux royaux, de 1735 à iy55. Il fut également employé à Bellevue par Mme de Pompadour. Ces payements, ne concernant que des ouvrages de ciselure sans désignation spéciale, nous semblent inutiles à reproduire ici; nous préférons signaler les œuvres qui portent la signature de Caffieri, en espérant que cette liste sera prochainement augmentée par des découvertes ultérieures. L’œuvre qui touche le plus directement le sujet que nous traitons est une commode en bois de rapport, à deux tiroirs, ornée de superbes encadrements de bronze de style rocaille, qui fait partie des collections de Sir Richard Wallace. Placée dans la galerie en regard de la commode de Cressent, ce meuble y devient pour le visiteur l’objet d’une comparaison très instructive. Si l’on aperçoit dans l’œuvre de Cressent plus de grandeur et de sève, on constate dans celle de Caffieri un sentiment supérieur de la grâce et de l’élégance. Une autre commode de laque de moindre dimension, appartenant à

M. le baron Gustave de Rothschild, est également signée par l’artiste. En dehors de ces meubles, nous ne connaissons plus de Caffieri que des pièces de bronze ciselé. Sir Richard Wallace a acquis, dans ces dernières années, deux lustres et des bras de lumière provenant du palais ducal de Parme, où l’on croit qu’ils avaient été envoyés par Louis XV, lors du mariage de l’infant d’Espagne, don Philippe, avec Louise-Elisabeth de France. Ce riche ensemble a été partiellement détruit dans l’incendie du Pantechnicon de Londres ; il n’en subsiste plus actuellement que les lustres, dont le plus important porte l’inscription gravée en capitales : Caffieri, à Paris, 1751. C’est une pièce d’une grandeur exceptionnelle et d’une admirable fonte, dont les quatre bras à trois lumières se détachent horizontalement d’une tige ajourée à renflement. Le second lustre de forme moins monumentale rappelle les deux charmants ouvrages de Caffieri que possède la Bibliothèque Mazarine; mais il est d’une dimension plus grande. Les autres bronzes qui portent le nom de notre fondeur sont le plus souvent signés : Caffiery, en souvenir sans doute de l’origine italienne de la famille. Nous pouvons citer une paire de flambeaux ayant appartenu à M. Alibert, portant le nom de Caffiery; une horloge avec son socle d’applique appartenant à M. Miallet, dont les deux parties sont marquées : Fait par Caffiery, et * Caffiery ; un grand cartel que l’on nous signale comme appartenant à une famille des environs de Chartres, signé : Caffiery; — deux pendules dont le cadran est supporté par une figure d’éléphant, Tune faisant partie de la collection Jones, au South Kensington Muséum, avec la légende : Fait par

Caffieri; la seconde, chez M. le baron de Leusse, revê-

tue de l’inscription : Fait par Caffiery; — un petit car-

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tel chez Mme Helft: Fait par Caffiery; — un cartel chez M. Aquarone, marqué : Caffieri fecit ; — une autre horloge du même genre, qui appartenait, en 1867, à M. le vicomte Clerc et qui porte la même inscription; — une pendule-cartel de la galerie Poldi-Pezzoli à Milan, signée : Caffiery fecit. On pourrait prolonger ces citations, si quelques-unes des pièces qui portent le nom de Caffieri n’étaient pas d’un médiocre intérêt.

En 1742, Caffieri reçut la commande d’un travail artistique très important : il s’agissait des présents envoyés par le roi Louis XV au Grand Seigneur. Caffieri fut chargé d’exécuter les bordures de deux grands miroirs de bronze doré, de i5 pieds de haut sur 8 de large. Chacun d’eux comprenait une glace de la manufacture royale, de 95 pouces de haut sur 56 de large, et deux pilastres latéraux sur fond de glace, de même hauteur. Les bordures et les couronnements de ces miroirs représentaient les attributs de l’empire ottoman avec des trophées d’armes et les richesses de la mer. Ils avaient été exécutés et fondus par Caffieri, sur les dessins et sous la direction de Gabriel, premier architecte du Roi, et avaient coûté la somme de 24,982 livres. A ce cadeau étaient joints un buffet d’orgues avec des ornements de bronze doré et une grande armoire de bois des Indes, travaillée en fleurs de bois de rapport et à trois portes, garnie de bronzes ciselés qui étaient probablement l’œuvre de J. Caffieri. Nos recherches, pour savoir si ces ouvrages existaient encore dans une des résidences impériales de Constantinople, n’ont pu aboutir.

Le palais de Versailles a conservé une grande caisse d’horloge de bronze doré, renfermant un mouvement

inventé par Passemantet exécuté par Dauthiau. On sait, par les Mémoires du duc de Luynes et parles Etrennes astronomiques de 1748, que cette horloge fut présentée à l’Académie des sciences. Le roi Louis XV, auquel elle avait été offerte, chargea Jacques Caffieri de ciseler une boîte monumentale pour ce chef-d’œuvre de mécanique. Jacques, déjà avancé en âge, s’associa pour ce travail avec son fils Philippe, qui devait le remplacer comme fondeur et ciseleur du Roi. L’horloge de Passemant est placée dans une caisse à parois vitrées, supportée par quatre pieds de forme contournée et surmontée d’une sphère en cristal contenant le système planétaire. Ce monument est composé dans le style bizarre et surchargé d’ornements de M. A. Slodtz, mais la fonte et la ciselure des cuivres en sont admirables. Sur les côtés on lit ces deux inscriptions : « Les bronzes exécutés par Caffieri » et « Les bronzes sont composés et exécuté (sic) par Caffieri. » La pendule de Versailles ne fut terminée qu’en 1753.

Il est impossible de déterminer exactement la part respective qui revient dans ce monument à Jacques Caffieri et à son fils. C’est le fruit d’une collaboration commune à laquelle on doit probablement une partie des pièces que l’on rencontre portant le nom de Caffieri n’étant suivi d’aucun prénom. Philippe Caffieri porta plus haut encore la renommée de la maison et avait même absorbé la gloire de son père, jusqu’à ces derniers temps où elle a été tirée de l’oubli. Il était né en 1714, et M. Guiffrey a publié des renseignements curieux sur un épisode galant de sa jeunesse, dans lequel son père dut intervenir. On sait par la biogra-

phie de l’abbé de Fontenay que cette aventure n’avait pas laissé trace de division dans la famille et qu’il participa aux travaux de Jacques dans les dernières années de la vie de ce dernier. A partir de 1/55, il apparaît dans les comptes royaux comme succédant à son père, et il exécuta, pour les châteaux de Versailles, du pavillon de Saint-Hubert près Rambouillet, de Ghoisy, de Compïègne, de Fontainebleau et enfin pour le Garde-Meuble de Paris, des travaux qui s’étendent jusqu’à l’année 1769. Philippe reçut des commandes importantes pour diverses églises. En 1759, il fit marché avec le chapitre de Notre-Dame de Paris, pour la fourniture d’une grande croix, de six chandeliers d’autel et de deux torchères, en remplacement de la garniture d’autel de l’orfèvre Claude Ballin, portée à la Monnaie. 11 fournit ensuite les flambeaux et la croix de la chapelle de la Vierge, et termina les ornements de bronze de la nouvellesacristie construite par l’architecte Soufflot. En 1 763, le chanoine Jean-Louis Chevalier lui commanda une grande châsse pour les reliques de saint Germain et de saint Babolin, et trois années après on lui demanda le modèle d’un grand lustre, qui ne paraît pas avoir été exécuté. Ces divers ouvrages ont disparu dans- le creuset révolutionnaire. La cathédrale de Bayeux, plus heureuse, conserve encore une garniture d’autel, qui est dans le même goût que celle de Notre-Dame. Elle porte les légendes : Inventé et exécuté par Philippe Caflfiery, l’année 1771. — Doré par moi, Pierre-François Carpentier, à Paris, en 1771. Cet ornement avait été offert à l’église par l’évêque de Rochechouart ; il est composé dans le style des dernières années du règne

de Louis XV, après qu’on eut renoncé aux bizarreries capricieuses du rococo. La sacristie de la cathédrale de Clermont renferme un superbe candélabre pour le cierge pascal, dont la description se trouve dans une lettre publiée par M. Guiffrey, oü sont mentionnés plusieurs ouvrages exécutés par Caffieri. Ce chandelier porte l’inscription : Inventé , exécuté par Philippe Caffieri Laisné à Paris, en l’année 1771. Un dessin pour cette pièce appartient à M. Beurdeley. Il a égale-

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