Voy. J. -J. Guiff'rey, Inventaires et scellés d’artistes
marquise de Pompadour et de la plupart des curieux du temps, choisissait les meubles et les bordures de miroirs et de tableaux destinés à ses clients. Le journal de ce négociant, publié par les soins de M. Courajod 4, renferme la suite des acquisitions faites par la iavorite pendant les années 1748 à 1759 ; quelques-unes sont accompagnées du nom d’Oëben, auquel on peut attribuer une partie du mobilier qu’elle entassait dans ses hôtels de Paris, de Fontainebleau, de Compiègne, de Versailles et dans ses châteaux de Bellevue, de Crécy, de Champs, de la Celle Saint-Cloud et de Saint- Ouen. Elle ne paraît pas être entrée en relations directes avec Oëben, auquel les commandes étaient transmises par Duvaux. Cette longue suite de fournitures, qui lui attirèrent la protection de Mnie de Pompadour, ne fut sans doute pas étrangère à son brevet royal. Il avait épousé Françoise-Marguerite van der Cruse, fille de Roger van der Cruse, demeurant faubourg Saint- Antoine, dont la vie se prolongea assez pour qu’il devînt syndic de la communauté des ébénistes en 1782. Lorsqu’Oëben mourut (vers 1765 ?) sa veuve continua à gérer son établissement, et bientôt elle épousa son premier garçon (contremaître), Henri Riesener. L’une des filles d’Oëben et de Marguerite van der Cruse devint, par son mariage avec Charles Delacroix, la mère du peintre Eugène Delacroix.
Une complication vient obscurcir la biographie d’Oëben. Les Tablettes royales de Renommée (1772) citent parmi les ébénistes les plus connus : « Ho-
1. Voy. L. Gourajod. Le journal de Lazare Duvaux, publication de la Société des bibliophiles français. Paris, 1773,