MEUBLE D’APPUI DECORE DE PLA Q U ES EN PORCELAINE PAR E. AVRIL
( Valais de Fontainebleau.)
nette, sans que l’on sache sur quelle base repose cette assertion, est revêtue d’une superbe marqueterie, dont les tons doux et discrètement encadrés rappellent le style des travaux de tarsia dus à Saunier. Les ornements de
bronze que porte ce gracieux spécimen d’ameublement féminin sont appliqués avec beaucoup de goût. M. le comte de la Guiche conserve deux buffets à gradins arrondis, commandés à Saunier par sa famille. Les volets de laque en sont accompagnés de bronzes ciselés dans le style le plus efflorescent de l’époque de Louis XVI.
On connaît aussi un Louis-Jacques Saunier, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois (22 juillet 1782), qui a marqué quelques pièces de fabrication ordinaire.
Étienne Avril, ébéniste de la rue de Charenton, reçu maître en 1774, a laissé plusieurs meubles d’acajou à panneaux rectangulaires encadrés de bronzes à perles. Le palais de Fontainebleau possède de lui une armoire basse dont les vantaux sont ornés de plaques de porcelaine représentant des personnages sur fond bleu. On attribue à cet ébéniste des estampes décoratives qui portent le nom d’Avril.
Le plus connu des fabricants de cette époque est Martin Carlin, dont les nombreuses productions rivalisent parfois avec les œuvres artistiques de Riesener. Nous avons peu de renseignements sur cet ébéniste, qui habitait la rue du Faubourg-Saint-Antoine et qui fut reçu maître le 3o juillet 1766. Malgré la date à laquelle s’ouvre sa carrière industrielle, tous les meubles que Ton connaît de Carlin sont du style Louis XVI le plus pur. Sa vie dut se prolonger longtemps, car il exécuta des travaux pour l’ameublement du château de Saint- Cloud lorsqu’il fut acquis par Marie-Antoinette, et le Conservatoire des arts et métiers conserve une boîte d'horloge à pied, ornée de marqueterie et de bronzes ciselés, que Carlin a datée de l’année 1779. Le plus sou-
LE MEUBLE SOUS LdiUIS XVI.
vent il mettait en œuvre des panneaux de laque d’origine orientale, qu’il encadrait de bronzes ciselés de la plus grande richesse. Les ébénistes avaient renoncé, à cette époque, à se servir des imitations de laque si em-