SCENE I
Guillaume, sur le théâtre ; Graindorge, jetant des sacs vides par le vasistas, à droite, que Guillaume, à son tour, jette par la porte du corridor. On entend, a droite, le tic-tac du moulin.
Graindorge, jetant les sacs et les comptant. Vingt-sept.
Guillaume, les rejetant à mesure par le fond. Vingt-sept.
Graindorge. Vingt-huit.
Guillaume. Vingt-huit.
Graindorge. Et vingt-neuf.
Guillaume. Et vingt-neuf. (A Graindorge, qui disparaît.) C'est tout, Graindorge ? Bien ! arrête le babillard ! Le vent a changé, et le moulin n'bat plus qu d'une aile. (Le tic-tac cesse.) Ferme le blutoir. (S'approchant du registre qui est à droite.) J'vas relever les comptes... (En écoutant de côté.) Qui qui vient là? Encore quelques charrettes de moutures ? (Il regarde par la porte au fond. ) Oh ! jarnicoton ! des laquais galonnés ! un carossc doré sur toutes les coutures ! C'est marne la marquise de la Gaillardière, la femme à not' seigneur. . . Estce qu'elle viendrait elle-même apporter son blé au moulin ?
(Il va au-devant d'elle.)