‹ Le meurtrier d'Albertine Renouf [microforme]Chapitre 9 sur 11 · D TR PRE · texte numérisé non relu

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frayé de l'altératibri dé son visage, se plofigea Ia tête dans une cuvette lité d'eau. Aloïs il sé regarda dé nouveau,

s'étudid, se prit à maïchet d'un pas ne suré, et poussa coinmeuh soupir d'allé:

gétent. nt sa appartenait donc encore, et DétsONE ne l'avait apércu dans son récent désordre.

RUES il fallait sis doute qu'on ne coutat Ps ses agilations secrètés.

AU, quoiqu'il fût impossible à M. Dar.

rôtit dé dormir, il se couicha et reprit dès le léndéniain sa vie. ordinaire. Cétte vlé était fort simple. M. Gestral la fit épiér pär l’habile agent qu'il avait déjà émployé et fut très vite rériSeigné. M. Darronc na SO dé chez lui due D uns l'après-midi pour aller à là Bourse, et révenait en f14nant sur lé$ quais. Généralement lé‘soir il Ye rendait à un petit café, y lisait lés jouraux où causait avéc quelques Lo sontiës de sa connaissance. Il n'avait pue oint de maîtresse et ne:récevait que ds mé d'affaires. Dans lé quartier où n° de :

sait de lui rién que d'insiguifant, plutôt du bien du mal, caf gs exactement “2. ar at éstral se félictiait oÏt point int fait arrêter.

afésant À'sOn se nt le soïn dé LÉ anétieure e M. Därrôné, rvé" hé tâche béaucou Fe *épier HV be: Peûür

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äl s'embusquait chaque. soir, vers cinq heures, dans un café dé la rue Montesquieu, devant lequel M. Darronc, dont l'itiméraire était invariable, passait toujours. M. Gestral, qui écartait doucement É rideau, n'avait que, le temps de jeter un coup d'œil sur son adversaire ; mais à un physionomiste aussi exercé que lui ce coup d'œil suffisait. M. Darronc lüi parut d’abord sous l'empire d’une démoralisation extrême. Les traits étaient relâchés etpendans. le regard atone, les coins de re be douloureusémeni: crispés. Au bout de quelques jours, ilse fit en lui et par degré un changement très réel. Les ‘chairs se raffermirent, la bouche se relevä, Fœïl, en apparence distrait, se voila sous les paupières, et le front se sillonna de:rides.--Ah! se dit M: Gestral, la période d’abattement est passée, et 1l commence à former des projets. Eh bien! je hui épargnerai une partie du chemin.

Dès:le lendemain de son âcquittement, Isidore était retourné dañs:sa petite ville, où on l’âävait parfaitement accueïlli. Sous la surveillance de son prédécesseur et dirigée par le maître clerc, son étude était en pleine :prospér'té ; il repritaussitôt la conduite de ses affaires, et; bien que pleurant toujours sa famme,:il se remettait

jour-en jour de‘la terrible secousse qu'il

avait éprouvée: C'ést que ces entiefaites

qu'il reçut de M. Gestral une lettre qui l’appelait immédiatement à Paris. Le commissaire, qui avait besoin d’Isidore et qui redoutait quelque hésitation de sa part, ajoutait, pour le déterminer, qu’un danger le menaçait. Le jeune homme partit et alla trouver M. Gestral, qui lui dit sans préambule :—Mon cher monsieur, voulézvous vénger votre femme ?

Ces simples mots rejetaient violemment Isidore dans le courant d'idées sinistres d’où il était presque sorti. Il ne put s’em-

cher de tressaillir ; maïs c'était un honnête et courageux garçon:--Certes, oui, répondit-il. ;

D'ailleurs, reprit M. Gestral, il. s’agit de vous pour le moins autant que d’elle.

Comment cela ? iQ L. 2

—Vous le verrez, dit le commissaire avec sa tranquillité un peu raïlleuse.

mur à faire ?

—Pour le moment, peu de chose. Allez à la Bourse tous les jours et jouez-y.

—Avec quoi ?

—Avec rien. Achetez aujourd'hui des valeurs sûres, vendez-les demain, rachetez-les après-demain. Cependant, si vous

ouviez gagner de l'argent, cela n’en vau-

rait que mieux. Chassez toute préoccupation et toute tristesse. IL importe que vous ayez l'air d'un homme enchanté de vivre.

Ce jour-là mêngé;: Isidore se rendit à

la Bourse, et M. Gestral s’en fut à son poste d’observatiwn. Quand M. Darronc passa, j.

il y avait sur ses traits une stupéfaction l profonde. Le lendemain, cette stupéfac- fi | tion avait fait place à une joie farouche, mais indécise. L'agent de “ Gestral lui apr en même temps que ces deux jours . Darronc, à la sortie de la Bourse, avait accompagné Isidore des yeux jusqu'à ce |) qu’il l’eût perdu de vue.—Mon cher ami, : dit M. Gestral à Isidore, qu'il avait logé chez lui et quine se doutait encore de rien, demain, après la Bourse, mon agent vous proposera, à haute voix,d’aller le soir au Vaudeville avec lui; vous accepterez.

Le lendemain, l'agent et Isidore allèrent | au théâtre ; le spectacle terminé, ils se 4 mirent en route pour rentrer chez M. Ges- + tral. Lorsqu'ils furent arrivés au Pont- A Neuf, Isidore remarqua qu’un homme les

: suivait à une 2 ez grande distance. L’a- fi gent lui reconsnanda de ne point pa- Le raître s’en apercevoii la hauteur de la j

rue de Seine, où ils entrèrent, l’homme hésita, fit quelques pas derrière eux puis rebroussa chemin par les quais. M. (xestral trouva Isidore un peu pâle : —Ah ! lui dit-il, vous commencez à comprendre.

—Oui, l’assassin de ma femme s'occupe de moi. | ..—Mais nous aussi, répondit M. Gestral, nous nous occupons de lui.—Et de fait, le

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commissaire ne songeait qu'à M. Darronc.

Dans lés courts instants où 4] lui était donné de l’entrevoir, il interprétait le tnoindre mouvernent de ses traits, et s’efforçait de saisir dans l’expression changeañte et complexe du visage le travail intérieur de la pensée. Ce mélange d’indécision et de SA dE qu'il avait remarqué la veille chez M. Darronc l'avait frappé. Il n’était point difficile d'attribuer à cet homme des projets de viclencé contre Isidore ; maïs jusqu'où ses habitudes timides et son caractère cauteleux lui pertriéttraient-ils de les pousser? M. Geéstral

.crut démêler à de légers indices dans ce

visage altéré que le désir du meurtre, tout physique et grandissant, émporterait un homme du tempéramment dé M. Darronc au-delà des limites de la prudence.

La fièvre et ses sanglants délires pouvaient parler plus haut que la raison, et l’intel-

igence, s’obscurcissant par degrès, en viendrait à obéir tout entière, avec une brutale ivresse, aux suggestions des sens.

Ainsi commierice la monomanie du crirñe.

M. Gestral avait l’ardente curiosité de savoir s’il ne se trompait pas. Déjà il voyait agir M. Darrornc selon qu'il fallait compléter härdimient l'expérience, et, pra geant l’état d'esprit du meurtrier, il ima-

ina d'exploiter l'attraction morbide que les souvenirs et les liéux mêmes exerceraient sur lui.

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