B4 LI
fli
MCT^r TUtf Dr la paunQVL gjEkéeau: Dr la FRAJ>;cr
EK FATEDl! DE Z^Ori'BiJiaSL.
La franoe d'^si pomi mcaflérenie reàatîTemenX à f eBdaraçt!. E3k y est fort opposée. Cependant eBe ■'apporte pu à l'abcditSaD de cette mftitiitîOD des •ociétés ^rimitUes ia ménae ardeur, la menai! . - WMJ relifieiafe gne riofleterre- Nais die a pa :l:fmmtkAasicat trouver dans Ses prîndpes de sa po- Jitique f:éDénAe on motif d'allé* aa Mexique, r qwj Jni est propre et qni n'eiisle pas pour k :...- >/»»«( de Londres. Parmi ]es rajneaai qui compo- •eot ta enrîliflatî0ii ocddeotak oa dirétiame il y a ■ae hnadat bien dîMiDOe^ €pfmï définit par la dénoomiaf»» des raioes latines. Elle a son siège ee fraoee, en Italie, dans la péninsule hispanop9rtii(gaHe et dans les contrées que les nations française, ftaliemie, espagnole, portugaise, ont pensées de leurs rejetons. Elle est caractérisée par la prépondérance nurr: -- : - ' e par la do-
mination exclusive 0 ;je. Elle n est
AXCa£M m MÙDWSKR. 435
pas toat le catholicisme, mais elle lui fomnit plus paiticnlièremeut sa sève et son édaL Sans rabaisser personne, on peut dire que la France &ï est Fâme, non-seulement l'âme, mais ao^ le bras. Sans elle, sans son énei^que initiative, et sans le respect que conmiandent ses Imnières, ses sentiments éleTés et sa puissance militaire, le groupe des nations latines serait réduit à ne pins £ûre qu'une humble figure dans le monde, et même depuis longtemps il serait complètement édipsé. £Ue est pour ces nations, une sœor aînée dont Tautoritê £dt leur sauvegarde. Elle ne forme pas seolement la sonunité du groupe latin, elle en est la protectrice nnique, depcis que FË^pagne s'est tant laissé déchoir.
Parmi les intérêts divers de la politique firançatse, comme aussi parmi ses devoirs, il n'en est aucun qui soit plus direct et plus grand que de maintenir le groupe latim , boulevard du faisceau d^ nalûms catholiques. H est tout aussi indispeisable à la France de soutenir autant que possible dans k»ir existence et leur force les divoses unités qui le composent, qu'A peut l'être aux nations dont il est formé que la France soit fierté et inve^e d'une grande iofluence. Dans la conmiunanté d'idées et de sentiments qui se ait de plus en plus ranarquer chez les nations de l'Eure^, il est anjourdlDii exact de dire ce que jNiapoléon I^ avançait un peu prématurément peut-être, il j a soixante ans, dans un de ces beaux documents on il plaidait en tsmes admirables la cause de la paix, tout en livrant des ba-
tailles, que toute guerre européenne est une guerre civile ; mais la pensée de concorde et d'union , qui devrait régler les rapports des difTérents États de l'Europe les uns avec les autres , est bien plus nécessaire et plus praticable quand il s'agit des nations latines entre elles et de chacune d'elles envers la France. C'est par les soins de la France surtout que le faisceau des nations latines peut demeurer solidement lié, dans leur intérêt commun. Aussi bien , en vertu de la loi de réciprocité, qui s'observe presque toujours dans les affaires humaines, la consolidation et le développement du groupe des nations latines est la condition même de l'autorité de la France.
Notre patrie possède de grandes ressources. Elle a un génie puissant. De généreux principes sont inscrits sur son drapeau. Elle a de nobles traditions auxquelles elle aime à rester fidèle, et qui sont pour elle une force en même temps qu'une obligation. Elle excelle dans les lettres, dans les sciences et dans les arts. Son industrie est de plus en plus féconde, et son agriculture est appelée au plus riche avenir. Ses armes sont formidables et redoutées au loin. Mais si jamais les nations latines disparaissaient de la scène du monde, la France se trouverait dans l'irrémédiable faiblesse que détermine l'isolement. Elle serait comme un général sans armée , presque comme une tête sans corps.
Ainsi il importe à la France, il est de son intérêt étroit que l'Espagne soit une nation vivace , solide-
ment constituée, abondamment pourvue de ressources, douée d'initiative, et en un mot en état de peser dans la balance du monde ; qu'il en soit de même de l'Italie; que le Portugal renaisse, autant que le lui permet l'exiguité de son territoire , à d'importantes destinées ; que la Belgique , si industrieuse, si libérale et si sage, excepté quand elle dépense son argent à fortifier Anvers , demeure florissante, et que les États fondés avec des matériaux espagnols ou portugais dans le nouveau monde grandissent en culture intellectuelle et morale, en richesse et en population, au lieu d'être dévorés par l'anarchie qui les consume presque tous depuis qu'ils ont atteint l'indépendance. A ce point de vue, l'empereur Napoléon III a fait de l'excellente politique lorsque, venant en aide à l'Espagne, il a demandé qu'elle fût classée parmi les grandes puissances de l'Europe. Et la demande était opportune et juste, car ce n'est pas seulement le souvenir de sa splendeur passée qui autorise l'Espagne à aspirer à ce rang : elle s'est rendue digne de l'occuper par les progrès qu'elle a su accomplir, depuis qu'elle s'est soustraite à la malfaisante étreinte du pouvoir absolu. Henri IV et Richelieu ont été de grands politiques quand ils ont ébranlé et diminué la puissance espagnole, qui était trop redoutable; c'était la pensée qui convenait à leur siècle. S'ils revenaient au monde aujourd'hui , leur génie procéderait différemment, et s'appliquerait à relever l'Espagne. Du même point de vue, il est impossible de ne pas reconnaître que l'assistance donnée à l'Italie avec
tant de résolution et d'à-propos en 1859, pour qu'elle s'affranchît du joug de l'Autriche , et l'impulsion à la faveur de laquelle cette belle contrée a déjà presque accompli son unité, émanent d'une politique pleine de grandeur , et d'une haute prévoyance. La France , appuyée sur les deux péninsules ainsi fortifiées et unie à elles par les liens d'une sympathie réciproque et par mille tendances communes, parles rapprochements du langage, des habitudes , des idées, et avant tout par la communauté de religion, conservera pour leur bien comme pour le sien, et pour celui du monde entier, une influence de premier ordre.
En signalant ainsi la nécessité, pour la politique française , de relever les États peuplés par les races latines, je suis bien loin d'exclure l'alliance anglaise : celle-ci doit être considérée au contraire comme désormais essentielle pour la France. Le bon accord des deux nations les plus puissantes du globe est aujourd'hui la condition même de la paix du monde et du progrès de la civilisation. Pour chacune des deux, c'est le gage d'une sécurité parfaite , la solide garantie du maintien de sa propre autorité. La concorde effective des deux cabinets de Paris et de Londres , la communauté de leurs vues sur les événements principaux et sur la marche générale des affaires, leur détermination, plus manifeste qu'il n'a plu à lord Palmerston qu'elle fût depuis quelques années, d'exercer une action commune dans les circonstances les plus importantes , seraient d'inappréciables bien-
faits pour le genre humain. Il peut cependant exister quelque chose de plus intime dans les relations politiques de la France avec les deux péninsules, et l'alliance ici devrait avoir le caractère d'un pacte de famille. C'est que l'une et l'autre, l'Angleterre et la France ont une personnalité à la fois trop énergique et trop distincte pour qu'il leur soit possible de s'engager et de se lier au même degré qui convient entre l'Espagne et la France ou entre la France et l'Italie. Enfin nous nous présentons avec plus d'avantage pour l'alliance anglaise elle-même, si nous sommes étroitement unis à l'Espagne et l'Italie fortement constituées l'une et l'autre, si nous sommes fondés à nous dire les organes des races latines de l'Europe et du monde entier , et si les États de cette origine sont euxmêmes bien organisés et marchent d'un pas ferme dans la voie du progrès.
Or , lorsqu'on regarde la mappemonde, et qu'on y compare, à deux siècles environ d'intervalle, l'espace occupé par les nations catholiques et surtout par les latines, à celui sur lequel se sont assises et fortement retranchées, avec les grands attributs de la puissance et de la civilisation, les nations chrétiennes dissidentes , protestants des diverses communions et grecs , on est frappé de tout ce que les premières ont perdu, et de ce que les autres ont gagné et gagnent chaque jour. On a lieu d'être consterné lorsqu'on se place au point de vue des intérêts des races latines et de leur part relative (Jans la possession de la planète , domaine commun
du genre humain. On est confirmé dans ce pénible sentiment lorsqu'on interroge la statistique sur les progrès de la population et de la richesse dans les différents États. Les nations catholiques , les latines encore plus que les autres, semblent menacées d'être submergées par une mer qui monte toujours.
Il y a deux cents ans, la Russie était une contrée barbare, qui ne comptait pas dans les calculs sur la balance politique du monde. Aujourd'hui , c'est un empire de soixante-quatorze millions d'hommes, redouté pour ses forces militaires, puissant par les sciences et les arts de la civilisation occidentale qu'il s'est appropriés avec une remarquable persévérance. Le souverain qui y règne aujourd'hui, abjura aussitôt qu'il fut monté sur le trône, le despotisme de fer dont son père , abusé , s'était fait un piédestal , qu'il prenait pour la base d'une solide grandeur et dont il devait , avant de mourir, éprouver cruellement la fragilité. A ce système de rigueurs, l'empereur Alexandre II substitua, dès son avènement , une politique bienveillante , éclairée, libérale, qui, après avoir émancipé les serfs, suivait majestueusement son cours et devait rapidement métamorphoser la Russie, lorsque l'insurrection de la Pologne a imprimé aux événements intérieurs de l'empire une impulsion différente. Les instincts de la barbarie s'y sont réveillés. Le génie asiatique, qui se rit de la liberté humaine, qui foule aux pieds les droits de la propriété et ne compte pas avec la vie des individus , semble avoir repris le
dessus. Un système implacable de spoliation et de cruauté à froid a pesé sur une importante partie de l'empire , celle que peuple la nation polonaise. La marche du progrès a été suspendue partout.
Mais , quelque déplorables que soient les événements dont les provinces polonaises de la Russie sont le théâtre, on ne court pas le risque de se tromper en affirmant que ce n'est pas la décadence de la Russie qui se manifeste. L'empereur Alexandre Il avait compris mieux encore que les plus illustres de ses prédécesseurs à quelles conditions les États acquièrent la véritable puissance. Il est bien dificile de croire qu'il ait renoncé à justifier les espérances qu'il avait fait naître. Les scènes affreuses auxquelles l'Europe assiste, avec une émotion extrême , n'auront été qu'un effroyable épisode. Un grand nombre de victimes auront été immolées ; quelques noms se seront ajoutés à la hideuse liste de ces monstres qui, après avoir attiré sur eux l'exécration et le mépris de leurs contemporains, sont poursuivis même après leur mort par l'histoire vengeresse qui les voue à l'horreur des générations jusqu'à la postérité la plus reculée. Mais on n'en saurait douter, après tant d'efforts heureux de la part des czars qui se sont succédé depuis Pierre le Grand, l'esprit de la civilisation occidentale, qui est essentiellement humain et libéral, doit prévaloir définitivement sur cette immense superficie qui s'étend des bords du Niémen à l'embouchure du fleuve Amour. Il y aura là assez prochainement un État presque aussi puis^
sant qu'il est vaste, et qui sera étranger au catholicisme.
Il y a deux cents ans, l'Espagne, quoique sur le déclin, était encore une des grandes puissances de l'Europe, tandis que la Prusse, non encore érigée en royaume , était au rang des subalternes. Aujourd'hui l'Espagne en est à briguer sa.réadmission parmi l'aristocratie des États et la Prusse est universellement reconnue comme un des membres de la pentarchie européenne. Elle surpasse l'Espagne en population ^ ; elle la surpasse bien davantage en industrie, en connaissances de tout genre. Les Principautés ecclésiastiques, et par conséquent catholiques, des bords du Rhin , ont été renversées, et c'est le drapeau de la Prusse protestante qui flotte à la place de celui des anciens princesévêques.
L'Empire turc est au moment de crouler. Il dé • joue les efforts de la diplomatie qui voudrait le perpétuer. C'est comme la lampe où il n'y a plus d'huile ; la population ottomane s'éteint. Plusieurs États chrétiens problablement remplaceront l'empire du Croissant ; mais les catholiques ne sont qu'en minorité dans ces contrées ; les États chrétiens qui s'y constitueront sont voués d'avance à la religion grecque.
Mais c'est en dehors de l'Europe que le progrès des puissances non-catholiques et l'abaissement re-
1. La population de la Prusse s'accroît rapidement. Elle est aujourd'hui de près de 19 millions; celle de l'Espagne n'est que de 16.
latif des États appartenant à la catholicité sont le plus manifestes. Et d'abord en Amérique est apparue, dirigée par le génie du protestantisme , une grande nation qui, il y a deux cents ans , partagée en plusieurs colonies , n'était qu'une modeste dépendance de l'Angleterre. Sa population alors n'atteignait pas un million. Cette nation est celle des États-Unis, pour laquelle la crise qu'elle traverse actuellement, quelque douloureuse qu'elle soit, ne doit être pourtant que le point de départ de progrès nouveaux. Sa population se développe sans relâche depuis trois quarts de siècle, avec une force extraordinaire. La superficie sur laquelle elle étend la civilisation en formant des États nouveaux, s'accroît dans une proportion non moins remarquable, et ainsi se forme une agglomération d'hommes civilisés qui par son nombre, ses qualités viriles et ses immenses ressources , ne peut manquer de peser d'un poids très-grand dans la balance du monde. Le total de la population des États-Unis était, en 1790, d'un peu moins de quatre millions, dont sept cent mille esclaves; en 1860, il était monté à trente et un millions et demi , dont environ quatre millions d'esclaves'. L'immigration a contribué pour une part à cette augmentation énorme, mais la cause dominante , c'est la propagation naturelle de l'espèce, au milieu des circonstances favorables où elle est placée, et dont, pour une grande partie , elle n'est redevable qu'à