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moins que 250 250-500
Les eoiirbes tracées en pouUiUé sont liypothétiques.
Vents côtiers o e c Régions des calmes Vents câtiers
dominants d'été. o <. o éçuatoriaux dété dominants d'hiver
Dressé par .J.Bertrand ti'aprè.s les rlonnées de /'Observatoire de Mexico et t/'autnes.
900 i20oKrl.
Les villes du bas Chiapas et du Yucatan sont signalées par les météorologistes comme ayant la température moyenne la plus haute du Mexique. San Juan Bautista, dans le Tabasco, se trouve sous l'isotherme de 26", 2. A Merida le thermomètre s'élève à 25". 6. Il y pleut pendant 115 jours de l'année, et la pluie totale y est de 875 millimètres, dont près du tiers dans le mois d'août (267 milli-
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mètres). A cet égard, cette ville se trouve donc dans la même aire de climat que le reste du Mexique.
Kn peu de contrées le vent souffle avec [)Ius de violence que dans les montagnes tir C.liiapas, battues par le « norte » qui vient du golfe du Mexique et ciierclie une issue vers le Pacifique. (î'est à cause de la force extrême <le ce vent, que les voyageurs ont dû abandonner la route directe ([ui se dirige du port de Tonalâ vers Tuxtia Gulierre/., la capitale, et prendre un nouveau chemin (pii passe à l'ouest, par un seuil assez bas de la montagne, dit Cuesla île San Fernando. Néanmoins, cette voie relativement facile est encore dangereuse, et Ion doit attendre parfois ])endant des journées entières avant de tenter le passage contre le vent; même ceux que le norte |)ousse dans la direction du sud et j)orte, pour ainsi dire, avec lui, sont obligés de descendre de leurs montures pour se blottir dans les fossés ou s'accrocher aux rochers (pii liominent la route. (Cœcilie Seler).
Un service spécial pour 1 étude des grandes tempêtes et des ouragans, si dangereux dans les Antilles, le golfe du Mexique et les régions continentales voisines, rattache les observatoires mexicains au bureau Central {Wealher Bureau) de Washington.
Le climat se révèle par la faune et par la dore, ou, du moins, par certaines races et espèces caractéristiques j)lus sensibles aux ililVérences de la température, de l'insolation, de l'humidité et du vent que les formes les plus communes et les plus résistantes. Au point de vue de la faune générale, les naturalistes ont été amenés à partager le Mexique en deux régions dont les limites coïncident d'une manière générale avec celles des tierras calientes. Toute la partie méridionale du Mexique, à j)artir du versant des plateaux, et les deux 7.t)nes du littoral, du côté de l'Atlantique jusqu'à Tampico, du côté du l*a(ifi<[ue jusqu'à Mazatlan, appartiennent à l'aire « néotropicale », qui comprend aussi l'Amérifpic centrale et le continent du sud. La région des hauts |)lateaux et, surtout, resjjace presque sans eau de l'entre-sierra font partie de la zone de transition appelée « sonoriennc » par les naturalistes américains. D'ailleurs, pour les diflérentes espèces, la frontière respective se déplace et
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les deux aires se pénètrent diversement. Dans cette zone de transition, on trouve encore le jaguar, le tapir, le pécari, une espèce d'armadillo, mais on n'y voit pas de singes : ceux-ci ne dépassent point les limites de la forêt tropicale. La région sonorienne continue l'Amérique du Nord par diverses espèces de musaraignes, des sarigues, ui! lièvri", un écureuil, un renard. Elle possède plus de cinquante espèces île lézarils, dont ])rès des trois quarts, appartenant au genre des iguanes, et l'on y trouve aussi onze des treize esj)èces de serj)ents à sonnettes de la faune nordaméricaine.
Les animaux se cacheiil, tandis (|ue la végétation se montre et donne précisément à la nature les caractères essentiels de sa pliysionomie. Grâce à la présence et à la variété des plantes, le botaniste sait lire le climat avec clarté dans l'aspect que lui présentent les forêts, les bois ou les broussailles, les herbages épais ou rares, les tléserts parsemés de touffes ou complètement nus. La chaleur, riiumidité, l'exposition du sol expliquent par leurs phénomènes la tliversité des plantes ([ui se succèdent des âpres plateaux du nord, voisins des Etats-Unis, aux splendides montagnes boisées du sud, limitrophes du Guatemala.
La famille des cactus, re[)résentée même par des espèces de valeur industrielle, est une de celles qui caractérise le mieux certaines parties du territoire mexicain. Dans les régions septen- ■ trionales, y compris la ])éninsule de Californie, la végétation des |)laines et des monts, à distance îles ouadi, ne consiste qu'en « cierges » ou pitahayas, colonnes cannelées, épineuses, dont les rameaux se détachent à angle droit pour se redresser à quelques décimètres de distance du tronc et reprendre le port vertical : nombre de candélabres s'élèvent ainsi jusqu'à plus de 10 mètres. La plupart des autres plantes qui croissent à côté des cierges se défendent comme eux par des é])ines et conservent leur suc de la même manière, dans leur épaisse chair. Seulement au bord des ravins où coulent parfois les eaux, où séjourne un peu d'humidité suintante, naissent quelques arbres à feuillage grêle, des peupliers et des saules. Phénomène démographique qui peut nous sembler extraordinaire et qui témoigne de la merveilleuse ingéniosité des
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peuples dans l'ait de s'adapter à leur milieu : les Indiens du Coahuila, d'après lesquels un des Etats du Mexique est eneore désigné, trouvaient dans les plantes de leurs vallées presque désertes toutes les ressources tpà leur étaient nécessaires : fruits, racin<'s et tubercules pour la iu)urriture et la boisson, libres pour les vêtements et les objets de vannerie, bois pour les cabanes, sèves et gommes pour les remèdes et les drogues.
Les espèces d'agaves, si nombreuses au Mexique, sont en maintes régions du nord représentées [)ar une sorte de gazon de plantes naines qui recouvrent entièrement le sol, tandis que dans l'intérieur, sur les hautes terres du plateau, dominent les grandes espèces, si caractéristiques du paysage, qui sont utilisées dans l'économie rurale de la contrée, soit par leurs fibres, avec lesquelles on laçonne des cordes, soit par leurs sèves, qui fournissent des liqueurs enivrantes; en quelques endroits les grands cactus se pressent eu organos ou «jeux d'orgue », tant les hampes sont rapprochées les unes des autres. Des cactées de toutes dimensions croissent en si grande abondance sur les montagnes des Etats tie Cliihuahua et d»' Durango, j)ourtant si faiblement arrosées par les pluies, que les pentes apparaissent d'un beau vert, avec les reflets d'orque donnent les fleurs jaunes. Dans la péninsule du Yucatan, c'est encore une espèce d'agave, le henequen, qui livre au commerce de si grandes quantités de « chanvre » de Sisal, ainsi nommé d'après la rade de la cote nord-ouest où l'on endjarquait la plus grande quantité de ce textile.
Les terres fertiles des trois zones superposées, torride, tempérée, froide, correspondent naturellement à une succession de climats dont les flores se succèdent à travers 40 degrés de latitude, des forêts de l'Inde à celles de la Scandinavie et de la haute Ecosse. En bas, ce sont en effet les « Indes occidentales » dans toute leur magnificence d'arbres et de plantes, que lient ensemble les réseaux «le lianes; la vanille y développe ses longues ramures, et les fleurs que l'on admire dans les serres chaudes s'y épanouissent en liberté. i'Ius Ii;iiii vient la zone intermédiaire où s'entremêlent les climats torridcs cl leuq)érés, où croissent les bananiers cl les calicrs, à
côté des orangers et des pamplemousses; c'est une contrée qui correspond à l'Andalousie du littoral méditerranéen. Puis on monte aux régions qui ressemblent à l'Espagne, au Portugal, à la France, et qui produisent les aliments principaux du Mexicain : le maïs, le haricot, le piment; on est là dans la région du chêne, et on entre ensuite dans celle du pin, dans la Norvège mexicaine, qui finit vers 4000 mètres et par-dessus laquelle s'étend le climat boréal avec ses herbes basses, ses mousses et ses lichens. Les formes arborescentes présentent une très grande variété, évidemment par suite de la pénétration mutuelle des climats auxquels ont à s'accommoder les diverses espèces. Quelques-uns de ces arbres atteignent des ])roportions étonnantes, tels les frênes et les ahuehuetes qui forment les admirables avenues de Chapultepec et les massifs de San Mateo, entre Atzcapotzalco et Guadalupe (Albert Hans). Quoique l'inventaire des arbres gigantesques du monde n'ait pas encore été dressé avec certitude, il est très probable que le plus grand de tous est le sabino (taxodium mucronaturn) de Santa Catarina Tule, près d'Oaxaca : son pourtour est de 52 mètres, en suivant toutes les verrues et protubérances du tronc. C'est l'arbre saint des Zapotèques; ils veillent avec soin à ce que les touristes stupides n'en cassent point de branches. Puisse-l-il, si l'on voit en lui le symbole de l'indépendance politique du Mexique et de ses progrès sociaux, puisse-t-il grandir à jamais!
Elisée Reclus.