VENTES
Chiapas
Kiloê
KHoa
Plant rui 107 .556 337 783
Chihuahoa
District fédéral..
tiuanajiiato
Guerrero
Hidalgo
Jalisco . .
Michoacan
Nuevo LéoD
Pucbla
Queretaro
San Luis Potosi..
SoDora
Tlaxcala
Vera-Crui
TOTAIX
Très arriérée jusqu'à une époque récente, l'industrie de la laine est franchement entrée dans la voie du progrès. L'un des obstacles à son développement était la rareté et la qualité inférieure de la matière première : en effet, les laines du Mexique sont courtes, manquent de souplesse, et leur préparation laisse fort à désirer. A la suite d'essais dont les résultats furent satisfaisants, les manufacturiers se décidèrent à importer d'Angleterre et d'Espagne des laines étrangères, pour les mélanger à celles du pays. Ce mélange a permis d'améliorer très sensiblement les tissus. Maintenant, si les fabriques continuent à produire des étoffes épaisses, rugueuses, aux couleurs voyantes, pour les « sarapes » dont se couvrent les indigènes, elles fournissent aussi des draps fins et souples, susceptibles de lutter contre l'importation européenne.
Les cocons de vers à soie indigènes donnent une soie que les femmes indigènes emploient encore au tissage d'étoffes rudes et résistantes, mais qui est impropre à la fabrication des soieries fines. Des tentatives d'amélioration s'étaient poursuivies sans résultats bien satisfaisants sous le régime colonial et depuis l'Indépendance. La sériciculture n'a réellement progressé que de nos jours, après l'introduction de graines des Cévennes ou du Var et l'acclimatation du mûrier blanc de Chine : grâce à cette double mesure, le Mexique obtient aujourd'hui des cocons valant ceux des meilleures magnaneries de France et d'Italie. C'est à un Français que revient l'honneur d'avoir doté Mexico, il y a peu d'années, de la première grande manufacture du pays, comprenant à la fois la magnanerie, le moulinage, la filature et le tissage. D'autres établissements, en petit nombre, ont été créés dans les Etats de Michoacan, de Jalisco et de Nuevo Léon. Les manufactures mexicaines produisent toutes les variétés de soieries : rubans aux teintes variées; beaux tissus unis, brochés, écossais; « rebozos », sortes de voiles dont la population aime à se parer. Ces articles sont destinés à supplanter les produits similaires étrangers, que grève un droit d'importation de 16 à 34 piastres par kilogramme suivant le nombre des fils dans un carré de surface déterminée.
A peine la filature et le tissage du lin sont-ils nés au Mexique; car la première fabrique paraît être celle qu'un industriel, originaire
du pays, a fondée en 1901 dans l'État de Tlaxcala, et l'exemple de cet homme d'initiative n'a pu encore susciter beaucoup d'imitateurs. ]ja culture linicre prend de l'extension; elle donne des fibres lon<ifues et propres au tissage d'une excellente toile pour grosse ou fine lingerie. Rien n'interdit en conséquence de compter sur l'avenir.
L'industrie des vêtements confectionnés va de pair avec celles des 111s et tissus de coton, de laine, de soie et de lin. Elle a pris un certain essor et s'exerce aujourd'hui, non seulement dans de petits ateliers, mais dans de grandes manufactures actionnées par des moteurs électriques, comme celle qui vient d'être établie à Guadalajara.
Dans les terres les plus arides poussent des agaves dont les épaisses et hautes feuilles sont riches en fibres de valeur. Il y a lieu de citer avant tout le henequen, qui est particulièrement connu et dont l'utilisation a changé la physionomie du Yucatan. La région constitue un vaste champ de cactus, semé d'haciendas pour en recueillir le produit et desservi par des voies ferrées spéciales. Autrefois, la méthode de préparation, très primitive, consistait à disposer les feuilles sur une table et à les râper au moyen d'un outil grossier; le travail d'un ouvrier n'allait pas au delà de .350 feuilles en un jour. Cette méthode ne subsiste que dans des villages indiens; elle a fait place au ràpage à l'aide de machines américaines traitant de 125000 à l.'SOOOO feuilles. La fibre ainsi obtenue est blanche, souple, et, eu égard à son bas prix, susceptible de remplacer souvent le chanvre, malgré sa moindre résistance. Seule ou mélangée, elle sert à la fabrication de cordages, de toiles grossières, de sacs, de hamacs, de stores, de tapis, de harnais, etc., qui se vendent avantageusement dans l'Améritpie du Nord.
Un autre agave, le maguey, auquel conviennent surtout les terres froides, fournit Xixtle, fibre appropriée à la confection des cordes et des toiles grossières. Cette plante, dont les anciens Aztèques usaient comme de papyrus, se transforme avec succès en pâte à papier.
Il est encore une sorte différente d'agave, donnant une fibre plus fine et plus rare, dont on tresse des chapeaux et de menus objets. Le pays offre du reste une infinie variété de végétaux, parmi lesquels beaucoup se prêteraient sans doute, à d'utiles emplois.
Une jeune industrie, celle du julc^ atteste les heureux efTets des encouragements accordés par les pouvoirs publics à l'initiative privée. C'est, d'ailleurs, à propos de sa naissance que le Ministère de Fomento conçut le système des privilèges spéciaux, qui devait plus tard être consacré et généralisé par le législateur. La première manufacture est l'œuvre d'une société anglaise au capital de 2625000 francs; fondée près d'Orizaba, elle fonctionne à l'électricité, reçoit son énergie d'une cascade voisine, possède 120 métiers, occupe de 600 à 1000 ouvriers, produit 10 tonnes environ par jour et fabrique surtout des tapis, des carpettes, des sacs à grain, des toiles d'emballage, etc. En 1901, des Espagnols et des Mexicains ont consacré 2 millions de francs à la création, près de Mexico, d'une manufacture analogue, actionnée ])ar la force hydraulique, comportant 110 métiers de tissage et pourvue de machines qui confectionnent automatiquement les sacs ou autres objets. Jusqu'ici, les fabricants importent leur matière première de l'Inde anglaise; mais les expériences en cours autorisent à espérer l'acclimatation de la plante au Mexique.
4. Industrie du tabac. — J^'industrie du tabac se développe comme la culture et suit une marche parallèle. 740 manufactures sont dispersées sur l'ensemble du territoire; les plus importantes se groupent dans le District fédéral, qui fournit environ les deux cinquièmes de la production totale.
Après une longue période de fabrication défectueuse, les ])rocédés ont reçu de telles améliorations qu'aujourd'hui les cigares et les cigarettes du Mexique peuvent rivaliser avec les bons produits de la Havane, sont de ])lus en plus appréciés et conquièrent chaque jour de nouveaux marchés.
Pendant l'année fiscale 1900-1901, le poids du tabac mis en œuvre a été de 6681833 kilogrammes. La production correspondante se décompose ainsi :
Cigarettes 5 974 334 kilog. (364 699 301 paquets)
Cigares fins 405 798 » (60348278)
Cigares ordinaires. . 283 472 >> (55014618)
Tabac à priser 17 756 » (23 744 paquets)
Divers 475 »
5. Industries du bois. — Il ne semble pas que le Mexique tire tout le parti possible de son domaine forestier qui, selon l'altitude, olîre les essences du Nord ou celles des régions tropicales, depuis le sapin et le chêne jusqu'aux bois d'ébénisterie les plus rares.
Près des agglomérations, beaucoup de forêts ont été saccagées, exploitées sans réserve ni méthode. En dehors des petites industries locales, peu d'entreprises se sont constituées pour la mise en œuvre du bois abattu. Récemment, une compagnie anglaise au capital de 900000 francs a établi, sur la ligne du chemin de fer national mexicain, une scierie pourvue de machines américaines et capable de débiter 450000 pieds cubes par jour; elle livre aux diverses villes de la République des pièces de charpente, des solives, des planches de sapin ou de- chêne.
La menuiserie est souvent annexée à d'autres industries dont elle forme une branche accessoire. Ainsi, dans l'Etat de Vera- Cruz, de nombreux ouvriers fabriquent des boîtes à cigares pour les manufactures de tabac, qui mettent à leur disposition les planches, les pointes et quelquefois les établis. Dans l'État de Sinaloa, une sucrerie possède des ateliers de menuiserie d'où sortent ses caisses à sucre.
C'est surtout la colonie allemande qui se livre à l'ébénisterie. La plus grande fabrique a été installée à San Luis Potosi, avec des moteurs mécani<[ues et un outillage très complet; elle occupe plusieurs centaines d'ouvriers et produit des meubles variés, d'un style parfois tourmenté. D'autres ateliers importants existent à Mexico et à Guadalajara. Par une anomalie de prime abord inexjjlicable, les propriétaires de ces usines n'utilisent pas les abondantes ressources du pays et s'approvisionnent aux Etats-Unis du Nord, malgré les charges qui en résultent pour eux : le motif doit en être cherché, d'une part, dans les difficultés et le coût des transports intérieurs, d'autre part, dans l'obligation où ils seraient de conserver les bois indigènes pendant la longue période du séchage et d'immobiliser à cet elfet un capital considérable.
Parmi les établissements affectés aux industries du bois, on peut encore citer les ateliers de charronnage et de carrosserie,
créés notamment à Mexico, Mazatlan et Puebla, ainsi que les fabriques de bouchons, dont l'une, à Vera-Cruz, travaille les planches de liège importées de l'Algérie, de la Catalogne et du Portugal.
6. Industrie des cuirs et peaux. — L'ancienne terre de Nahuas, où, lors de la conquête, les animaux domestiques étaient presque inconnus, est maintenant un pays d'élevage. Sur ses marchés figurent, non plus seulement les dépouilles de chevreuils, mais par centaines de mille les cuirs et les peaux de bœuf, de chèvre, de mouton, etc.
A considérer le nombre des têtes abattues et la proportion des peaux exportées à l'état vert, il apparaît que l'industrie du tannage, si développée soit-elle, aurait encore du terrain à gagner. Presque toutes les régions ont des tanneries; cependant l'Etat de Guanajuato a notablement devancé les autres. Les Mexicains traitent les peaux de bœuf, de veau, de génisse, de chèvre, de mouton, de chevreuil, de chien, de crocodile. Une grande partie des produits sert à la consommation locale : ce sont de gros cuirs jaunes et grenus pour chaussures communes, des cuirs minces pour chaussures fines, des cuirs épais pour « guaraches » (sandales que les Indiens s'attachent aux pieds à l'aide de lanières prises dans le même cuir aminci), des cuirs résistants pour sellerie et bourrellerie, des cuirs fins pour articles de fantaisie.
L'industrie de la cordonnerie est exercée dans les principales villes, spécialement à Léon et à Guadalajara. De puissantes sociétés viennent de se constituer pour l'édification de grandes fabriques à Mexico et à Monterey. Certaines manufactures confectionnent jusqu'à 300 paires de chaussures par jour; les bottines se vendent habituellement de 5 à 7 pesos. Grâce à la qualité supérieure de ses produits, l'Amérique du Nord jette encore annuellement 140000 paires de chaussures environ sur le marché mexicain, en dépit d'un droit de douane atteignant 90 centavos pour les pointures normales.
De tout temps, les ouvriers du pays ont excellé dans les travaux de sellerie. Les selles mexicaines ne présentent pas la sim-
plicité des selles françaises ou anglaises; elles sont ornementées de broderies et rehaussées d'or : l'élégant cavalier mexicain déploie une véritable coquetterie à revêtir sa monture d'un riche harnachement. Nombre de villes, principalement Léon et Guadalajara, possèdent des ateliers de sellerie.
Les Mexicains font aussi, en cuir brodé ou estampé, de menus (d)jets souvent remarquables par la finesse d'exécution.
7. Industrie du métsd. — Un chapitre de cet ouvrage ayant été réservé à l'exploitation des mines, je n'ai à envisager ici que le travail du métal.
Si l'industrie minière est séculaire au Mexique, la métallurgie et la construction métallique y sont encore à leur début, i^es Mexicains envoient à l'étranger leurs minerais et leurs lingots; ils en reçoivent les machines, appareils, outils et produits divers de la métallurgie, dont ils ont besoin. Quelques grandes usines seulement se sont fondées depuis peu ; mais les ressources en fer, cuivre, plomb, étain, promettent un brillant avenir.
Monterey, Chihuahua, Mazatlan peuvent maintenant construire des moteurs à vapeur, des machines pour les mines, des moulins pour la canne à sucre, et [)rocéder aux réparations de tous les engins mécaniques. La fonderie de Monterey commence à livrer des rails d'acier. Des Français ont établi une usine en vue de la fabrication des soupapes, robinets, clefs, injecteurs, lubrificateurs et pièces accessoires diverses, nécessaires aux générateurs ou aux moteurs. La Compagnie du Chemin de fer Central a installé à Aguascalientes d'importants ateliers pour la construction et la réparation du matériel roulant. Enfin, le Gouvernement mexicain accordait récemment le bénéfice de la loi du 30 mai 1893 à une Société au capital de 5 millions de francs, qui peut fournir 20 wagons par jour et qui, dès lors, sera vraisemblablement en mesure de livrer annuellement les 7000 véhicules achetés aujourd'hui aux Etats-Unis.
Il convient de mentionner encore : les clouteries de Mexico, Monterey, Chihuahua; diverses fabriques d'articles de ménage; deux grandes manufactures de quincaillerie fondées par des Allemands et en voie d'édification.
8. Industrie électrique. — L'électricité a reçu, au Mexique, de nombreuses applications, dont la principale et la plus importante est celle qui permet d'utiliser les forces naturelles. Mettant à profit les progrès de la science, s'inspirant en particulier des belles expériences de savants et d'ingénieurs français, les industriels mexicains se sont servis de l'électricité pour transporter dans les usines et ateliers l'énergie engendrée par des chutes d'eau souvent très lointaines.
En 1899, on comptait 19 entreprises de transport d'énergie électrique et, depuis, ce nombre s'est notablement accru. Sur ces 19 entreprises, 14 employaient la force hydraulique et 5 la vapeur; 9 étaient destinées à des exploitations industrielles ou agricoles, 5 à des exploitations minières, 5 à des distributions d'énergie. La distance entre les usines génératrices et les usines réceptrices varie de 2 à 40 kilomètres, et le courant est généralement transmis sous un potentiel de 3000 à 10000 volts. Dans la plupart des cas, les moteurs hydrauliques sont des turbines Pelton, Piccard et Pictet ou Girard; le matériel électrique appartient aux systèmes Westinghouse ou Siemens.
Un Français est l'auteur de l'installation la plus considérable, pour le transport à Mexico (25 kilomètres) de la force engendrée par les chutes du Rio de Monte Alto et du Rio de Tlalnepantla, qui développent 3600 chevaux sur l'arbre des turbines. Deux lignes aériennes, à 3 fds de cuivre d'un diamètre de 6"""3, portent le courant, sous un potentiel de 20000 volts, à l'usine réceptrice, qui le transforme en un courant triphasé de distribution, sous une tension primaire de 2600 volts.
Le Mexique est en avance par rapport à beaucoup de pays européens pour l'éclairage électrique. Une statistique publiée lors de l'Exposition universelle de 1900 dénombrait, à la fin du siècle, 235 entreprises, dont 58 affectées à l'éclairage public ou privé et 177 au seul éclairage privé. De ces 177 dernières entreprises, 52 avaient été organisées par des propriétaires de tissages, 29 par des ex])loitants de mines, 19 par des propriétaires fonciers et 77 par diverses personnes. La combinaison de la fourniture du courant d'éclairage avec le fonctionnement d'une industrie.se prête à l'uti-
lisation des moteurs, de nuit comme de jour, et tire de ces moteurs le maximum d'effet utile.
9. Industries diverses. — Dès une époque très reculée, les Indiens étaient céramistes. Ils continuent, de même qu'au temps de la conquête, à façonner des amphores, des figurines, différents objets décoratifs. Beaucoup de localités produisent des briques, des tuiles, des carrelages, des tuyaux. A côté de cette petite industrie locale, ont été établies quelques fabriques importantes, et des Italiens sont récemment arrivés au Mexique pour en installer de nouvelles.
Avant 1901, les Mexicains ne parvenaient pas à obtenir un verre blanc, bien transparent. Une grande verrerie, munie de fours modernes et d'un excellent outillage, vient d'être montée près de Puebla; elle produit des verres fins, clairs, imitant le cristal.
Cent cinquante savonneries se répartissent dans les diverses régions, en particulier dans les Etats d'Hidalgo, de Michoacan, de Jalisco, et dans le District fédéral. Elles ne fournissent guère que du savon commun. Précédemment, la matière grasse utilisée était l'huile de coton; mais la production de cette huile au Mexique ne dépasse pas 1 500 tonnes par an et la consommation s'élève à 14000 tonnes. Aussi l'industrie a-t-elle dirigé ses recherches vers l'emploi des graines de « ricimo » et de a coyol », qui, convenablement broyées, donnent une huile ayant les qualités voulues; le coyol, notamment, tentait les savonniers, car il croît abondamment, sans culture, dans les régions tropicales et porte des baies contenant 80 pour 100 d'huile; faits avec des machines américaines, les essais ont conduit à des résultats favorables. Mexico fabrique des savons fins et des articles de parfumerie analogues aux produits similaires étrangers.
Le Département de Fomento a fait bénéficier des franchises attribuées aux industries nouvelles une fabrique de création récente, établie à Durango pour l'élaboration et la distillation de la glycérine.
Semblables franchises avaient été antérieurement concédées à une puissante fabrique, installée en 1892 près de Mexico et pro-
duisant de la dynamite, d'une teneur de 50 pour 100 de nitroglycérine, qui rivalise avec les produits importés. Le succès de cette fabrique a déterminé la formation d'autres établissements de même nature.
L'industrie du caoutchouc devait naître au Mexique. Une manufacture a été créée pour extraire par des procédés chimiques le latex d'un arbrisseau, le « guayule », qui pousse à l'état sauvage dans les Etats de Coahuila, de Durango, de San Luis Potosi, et qui fournit économiquement du caoutchouc de bonne qualité.
Il existe à Guadalajara, à Orizaba, etc., des papeteries. Celle qui tient la tête a été établie à San Rafaël, dans le District fédéral, par une Société au capital de 5000000 de piastres, dont les principaux actionnaires sont des Français. Tirant à bas prix sa matière première des fibres végétales, l'industrie de la papeterie est appelée à prospérer; néanmoins, elle ne suffit pas encore aux besoins de la consommation locale. Ses produits consistent surtout en papiers d'emballage bleus ou gris pour les sucres; une partie des papiers de luxe et des papiers à imprimer continue à provenir de l'étranger.
Mexico revendique l'honneur d'avoir été la première ville du Nouveau Monde où fut appliquée la découverte de Gutenberg : en 1535, Juan Pablos y inaugura V imprimerie. Depuis, le Mexique ne s'est pas laissé distancer. Sur ses presses sont tirés de nombreux ouvrages et 543 publications périodiques. L'administration donne, du reste, l'exemple : au Ministère des Finances, par l'imprimerie du timbre, pourvue de machines françaises perfectionnées, d'où sortent des certificats de crédit, titres, timbres et documents fiscaux; au Ministère de Fomento, par un atelier de typographie lui permettant d'éditer les publications officielles et les ouvrages privés dont la diffusion peut contribuer au progrès économique et social du pays.
INDUSTKIE, COMMEKCE ET NAVIGATION 369
APKHÇU SUK LE COMME 11 CE
l. Généralités. Progression du commerce extérieur. — Pendant longtemps, le commerce du Mexique est resté slationnaire : le défaut de communications praticables entre les divers étages de son massif montagneux, l'isolement des agglomérations séparées les unes des autres par d'immenses étendues que l'escarpement des sierras rendait presque infranchissables, les troubles politiques, l'insécurité dans les finances, les barrières douanières élevées à la limite des Etats, tout concourait à entraver les relations commerciales.
Au début de cette étude, j'ai dit comment, grâce à des efforts incessants, les pouvoirs publics avaient doté le pays d'un outillage économique, pris toute une série de dispositions propres à rassurer les capitaux, à stimuler les initiatives, à faciliter les échanges. Ensuite, j'ai montré les heureuses conséquences de cette sage politique pour le progrès industriel.
D'année en année, la production mexicaine poursuit sa marche ascendante. Tandis qu'au commencement du xix" siècle, le Mexique devait acheter au dehors la plus forte part des produits manufacturés nécessaires à la consommation locale, on le voit, vers la fin du même siècle, marcher d'un pas alerte vers l'alfranchissement de l'étranger, dans la mesure où cette libération est possible et désirable. En même temps qu'augmente l'ensemble du commerce extérieur, l'exportation croît suivant une progression beaucoup plus ra|)ide que l'importation, comme en témoignent les chiffres sui- \ jmIs :
Ll- MEXIQUE AU DÉBUT DU X\« SIÈCLE
.\NNÉl-;s IISCALKS
IMPOKTATION
(Valeur on piastres d'or]
EXPOKTATION
(Valeur en piastres d'argent)
Piastres 15 450 565
Piastres 7 648 129
Ce tableau appelle une observation. La valeur des entrées y est établie en piastres d'or, tandis que la piastre d'argent sert d'unité ])Our l'évaluation des sorties. Il faudrait, afin de icndre les deux évaluations comparables, tenir compte du change, c'est-à-dire de la dépréciation subie par la piastre d'argent, et multiplier la première ou diviser la seconde par un coefficient variable, actuellement supérieur à 2.
L'examen d'ensemble des subdivisions de la statistique jette une clarté lumineuse sur la profonde transformation économique du pays au cours du siècle, et suggère des réflexions générales qu'il importe de formuler immédiatement.
En 1826, dans l'importation totale de 15450565 piastres d'or, les marchandises de coton figuraient pour 5017 700 piastres, soit près du tiers; les marchandises de lin, pour 2384 715 piastres; les vins, liqueurs, épiceries, pour 2888066 piastres. Les produits manufacturés constituaient, sinon la totalité, du moins la part de beaucoup la plus forte des entrées. Durant l'année fiscale 1898-1899, choisie comme terme de comjiaraison, non seulement parce que sa statistique est plus détaillée, mais aussi parce qu'elle n'a été affectée ni par une crise industrielle ou agricole, ni par des circonstances économiques exceptionnelles, les textiles et leurs produits manufacturés représentent moins du cinquième de
INDUSTHII-, COMMFRCR KT NAVKJATION 371
l'iinportation totale, 9605894 piastres sur 50869194; eu revanche, près du quart correspond au développement de l'outillage du pays (machines et appareils, 7988362 piastres; matériaux de fer ou d'acier pour la construction, 4301243 p.; etc.).
L'exportation de 1826 se répartissait ainsi : or et argent, 5847 795 piastres; cochenille, 1356730 p.; indigo, vanille, jalap, salsepareille, 76440 p.; autres produits indigènes, 367164 p. Celle de 1898-1899 (138478137 p.) présente la décomposition suivante : métaux précieux, 76195657 p.; autres métaux et produits minéraux, 10062194 p.; produits végétaux, 40371661 p.; produits animaux, 9205128 p.; produits manufacturés, 2615768 p.; produits divers, 27 729 p. La quote-part des métaux précieux est donc descendue des 3/4 à 55 pour 100, et les produits de l'agriculture fournissent un contingent proportionnel de 30 pour 100 environ.
Sous le bénéfice de ces indications essentielles, il est indispensable de pénétrer davantage dans le détail et de passer en revue les principaux articles faisant l'objet du commerce extérieur.
2. Principaux éléments du commerce extérieur. — a. Produits alimentaires. — Grâce à la fertilité de son sol, le Mexique pourrait suffire par lui-même aux besoins alimentaires de ses habitants, tout en déversant à l'étranger un e.xcès de production. Déjà, les progrès de l'agriculture lui permettent d'exporter plus de produits alimentainîs ([uil n eu importe. Mais le territoire est si étendu, les mailles du réseau de voies ferrées laissent des vides si larges ([ue certaines régions ont intérêt, soit à envoyer leur trop-plein audehors, soit à y combler leur déficit, au lieu de réaliser des ventes ou des achats à l'intérieur.
Tandis qu'en 1898-1899, 7042 tonnes de maïs et 3255 tonnes de blé étaient importées, venant presque exclusivement des Etats- L'nis, et spécialement du Texas, les sorties comprenaient 3659 tonnes de maïs, dont deux tiers à destination de Cuba et un cinquième à destination de la France, ainsi que 3375 tonnes de blé vendues pour la plus large part à l'Angleterre. Malgré ses minoteries, le .Mexique devait acheter aux Etats-Unis 3662 tonnes de farine. LAméri(pic du .Nord lui fournis.sait à peu près inlégralenicnt
les 452 tonnes de gâteaux et galettes, valant 67 752 piastres, qu'il introduisait pour sa consommation.
Fort apprécié, le café mexicain donne lieu à une exportation qui a plus que doublé depuis dix ans et qui, en i898-1899, s'élevait à 17700 tonnes, d'une valeur de 7936908 piastres: 12000 tonnes étaient vendues aux Etats-Unis, 2610 tonnes à l'Allemagne, 1 502 tonnes à l'Angleterre et 1 075 tonnes à la France.
Bien que le cacaotier réussisse admirablement dans le pays, dont il semble d'ailleurs être originaire, la culture n'en est pas assez étendue pour les besoins de l'industrie locale, qui doit se pourvoir d'un appoint et le demander à l'Equateur, au Venezuela, aux Etats-Unis, à la Colombie. Cet appoint, en 1898-1899, a été de 684 tonnes ou 260877 piastres. Le Mexique importe, en outre, mais dans des limites restreintes, du chocolat manufacturé : pendant la même année, moins de 10 tonnes, fournies pour les deux tiers par les Etats-Unis et pour un tiers par la France.
La vanille du Mexique a toujours été estimée sur le marché extérieur. Malgré la concurrence de Java et de l'île Maurice, les sorties de 1898-1899, presque entièrement dirigées vers les Etats- Unis, ont encore atteint 44 tonnes et 1283057 piastres.
Ce sont, au contraire, des entrées qu'enregistrent les relevés du fisc : pour la cannelle, qui arrive surtout des Indes (97361 piastres); pour les graines alimentaires diverses, venant des Etats-Unis-, des Indes, de l'Allemagne (80760 piastres); pour le thé, expédié de Chine (31 316 piastres).
En dépit du nombre de ses sucreries, la République mexicaine a dû importer 426 tonnes de sucre, évaluées à 30203 piastres : 358 tonnes provenaient des États-Unis, 56 de l'Allemagne et 8 de l'Angleterre.
Dans son merveilleux jardin, qui s'étage du littoral brûlé par le soleil des tropiques au froid plateau de l'Anahuac, le Mexique récolte des fruits d'une extrême diversité, ananas, bananes, goyaves, zapotes, oranges, fraises, etc., que des trains rapides emportent vers le nord de l'Amérique. L'exportation de fruits frais, en 1898-1899, n'a pas été inférieure à 6706 tonnes ou 329409 piastres.
Les haricots et les pois, qui poussent à profusion sur la terre
INDUSTRIR . COMMFRCK ET NAVIGATION 373
mexicaine, font également l'objet de ventes importantes. C'est ninsi qu'au cours de l'année prise comme terme d'appréciation, la République a exporté 8505 tonnes de haricots noirs ou frijols (821 136 piastres), dont 5410 tonnes pour Cuba, 2633 pour les Etats-Unis, 238 pour l'Espagne, 112 pour la France, et 8042 tonnes (le pois chiches ou garbanzos (1317623 piastres), dont 5211 tonnes pour l'Espagne, 2020 pour Cuba et 586 pour la France.
Peut-être le Mexique pourrait-il profiter davantage de ses richesses naturelles; car la surabondance de sa production ne l'empêche pas d'être tributaire de l'étranger, d'en recevoir des conserves et môme des fruits ou légumes frais. Au tableau des entrées de 1898-1899, les fruits secs représentent une somme de 154572 piastres et un poids de 944 tonnes (392 des États-Unis, 271 de l'Espagne, 2'i3 de la France, etc.); les fruits, légumes et tubercules frais, 116 120 piastres; les mêmes produits en conserve, 90 .M 7 piastres; les fruits en saumure et surtout les olives d'Es- ])agne, 60 186 piastres. Aces articles s'ajoutent des fruits dans leur jus, (les fruits en sirop ou à l'eau-de-vie, des confitures, etc.
Les entrées de boissons spiritueuses, fermentées ou naturelles, se sont chif['r('>es par 2662356 piastres, dont 1178384 piastres pour les provenances espagnoles, 988589 piastres pour celles de la France et 272246 piastres pour celles des États-Unis. Ce sont les vins qui forment de beaucoup le plus fort contingent : vins rouges ou blancs en fûts, 125(5823 piastres ou 12647 tonnes (9115 tonnes d'Espagne, 2059 de France, 1291 des États-Unis); vins en bouteilles, 3''«9958 piastres ou 935 tonnes (469 tonnes de France, 218 d'Espagne, 107 d'Italie); vins mousseux, 107272 piastres ou 109 tonnes, venant à peu près exclusivement de la France. Quoique pourvu (le nombreuses distilleries, le Mexique a importé 14394 hectolitres d alcool, d'une valeur de 707619 piastres, dont la moitié arrivait de France. Enfin 531 tonnes de bières nord-américaines, espagnoles, anglaises et allemandes, estimées à 112 599 piastres, ont franchi ses lignes de douanes.
Grâce à l'activité de l'élevage et de l'engraissement dans les potreros, l'exportation des animaux vivants a rapidement progressé. L'île de Cuba, dévastée par la guerre, est devenue, pour le Mexique,
un client accidentel, mais excellent, dont les achats de bœuts, notamment, ont atteint les trois quarts du total des sorties. Sur 160028 têtes, d'une valeur de 4723 500 piastres, expédiées en 1898-1899, 72426 (3416869 piastres) sont allées à Cuba, 77133 (1100896 piastres) aux États-Unis, 10469 (205 735 piastres) au Guatemala. Au chapitre de l'importation des animaux vivants, la race porcine est l'élément prédominant, avec 1 292 tonnes d'une valeur de 106781 piastres, entièrement fournies par les Etats-Unis. Parmi les entrées de produits animaux, on remarque notamment : les conserves de viande et de poisson, 2023 tonnes valant 466890 piastres, dont 231 234 piastres pour les envois de l'Espagne, 131098 pour ceux des Etats-Unis, 60548 pour ceux de la France, 13385 pour ceux de la Norvège; les viandes fumées, 133 tonnes valant 27 710 piastres et envoyées par les Etats-Unis; les poissons fumés, 225 tonnes valant 34318 piastres et jjrovenant surtout de la Norvège; le saindoux, 2230 tonnes valant 210807 piastres et achetées aux États-Unis ; les fromages, 424 tonnes valant 125 122 piastres et vendues par la Hollande (209 tonnes), les États-Unis (108 tonnes), la Suisse (44 tonnes), la France (30 tonnes). De son côté, le Mexique exportait 215 tonnes de poissons salés, constituant une valeur de 26802 piastres et presque totalement expédiées aux États-Unis.
b. Métaux précieux. — Autrefois, les métaux précieux formaient l'élément essentiel et la base même du commerce d'exportation de la République mexicaine. Maintenant encore, ils constituent plus de la moitié des sorties : 76195657 j^iastres sur 138478137, pendant l'année fiscale 1898-1899. L'auteur de la statistique d'où sont extraits ces chiffres a assigné au kilogramme d'or une valeur de 675 piastres, 417, sensiblement inférieure à la réalité eu égard à la dépréciation effective subie par la piastre d'argent. Pour tenir un juste compte de cette dépréciation, il y aurait lieu d'ajouter 9975697 piastres à l'estimation des sorties de métaux précieux et, dès lors, au total des exportations, ce qui les porterait respectivement à 86171354 et 148 453834 piastres.
La première place appartient à l'argent. Jusqu'en 1874,1a seule
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forme sous laquelle ce métal pût être exporté était celle de piastres monnayées : ces pièces, que recommande la probité de leur frappe, sont recherchées par les Japonais, les Chinois et les Annamites; si la dépréciation de l'argent a diminué la valeur de leur exportation, l'accroissement en quantité s'est, du moins, maintenu. Actuellement, les minerais d'argent et les lingots de métal hlanc peuvent sortir concurremment avec les piastres. En 1898-1899, les expéditions vers l'étranger ont compris: 40429954 piastres d'argent en barres, presque complètement à destination des États-Unis; 9854850 piastres de minerais; 1860101 piastres de sulfure; 14116935 piastres de monnaie mexicaine, dirigée princi])alement vers les Etats-Unis et l'Angleterre, où se concentre le commerce de l'Extrême-Orient.
Généralement exporté en barres et vendu surtout aux Etats- Unis, l'or représentait, en 1899-1900, 7347 760 piastres. On doit y ajouter 992929 piastres pour les minerais d'or.
c. Matières premières nécessaires à l'industrie. — Dans la catégorie des matières minérales nécessaires à l'industrie, le Mexique a importé, en 1898-1899 : des Etats-Unis, d'Angleterre et d'Australie, 610557 tonnes de houille; des Etats-Unis, d'Allemagne et d'Angleterre, 174885 tonnes de coke; des Etats-Unis, 25 750 tonnes de pétrole; des Etats-Unis et d'Espagne, 660 tonnes de mercure, valant 446230 jiiastres et employées au traitement des minerais d'or. Il envoyait, d'autre part, 126.250 tonnes de houille à l'Amérique du Nord, ainsi qu'un tonnage assez élevé de minerais industriels à divers pays, particulièrement des minerais de cuivre (5298 tonnes ou 1465521 piastres) entièrement acquis par la France, et des minerais d'antimoine (6559 tonnes ou 101348 piastres) vendus aux États-Unis et à l'Angleterre.
Après les métaux précieux, le henequen constitue le j)rincipal article d'exportation : c'est la fibre d'une sorte d'aloès qui abonde dans le Yucatan; ses usages sont multi|)les. Pendant l'année 1898- 1899, il en est sorti 70953 tonnes d'une valeur de 18 711315 piastres, expédiées aux États-Unis. Le Mexique a aussi exporté 8725 tonnes d'ixtie, évaluées à 865996 piastres et destinées sur-
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tout à l'Allemagne ou aux Etats-Unis, ainsi que 3 754 tonnes de chiendent ou zacaton, estimées à 1055669 piastres et employées tant par l'Allemagne que ]iar la France, pour la fabrication de brosses et de balais. En regard de ces sorties, se placent des entrées assez considérables d'autres fibres textiles végétales, représentant une somme de 1210418 piastres : à lui seul, le coton, venant, sauf une légère fraction, des Etats-Unis, a donné 8486 tonnes ou 1005939 piastres; le surplus était fait de jute, de chanvre, de lin, de ramie.
L'Amérique du Nord monopolise à peu près les envois de bois au Mexique. En 1898-1899, ces envois ont atteint une valeur totale de 1076000 piastres, dont 945042 (116561 tonnes) pour des bois communs de construction, exempts des droits de douane. A l'exportation figuraient : d'abord, les bois fins d'acajou, de cèdre, d'ébène, etc., dirigés surtout vers les Etats-Unis (75663 mètres cubes ou 1896973 piastres); puis les bois tinctoriaux à destination de l'Angleterre, de l'Allemagne, du Honduras, de la France, des Etats-Unis, de la Russie (37 350 tonnes ou 1 156902 jiiastres).
Une partie du tabac récolté au Mexique est dirigée à l'état brut vers les manufactures étrangères. Les sorties de 1898-1899 se sont élevées à 2275 tonnes ou 2 515006 piastres : dans leur valeur totale, le contingent de la Belgique était de 765400 piastres; celui de l'Allemagne, de 645466; celui des Etats-Unis, de 584416; celui de la Hollande, de 354924.
Dans les mouvements de l'exportation, le caoutchouc s'inscrit pour 191 tonnes et 316335 piastres. L'Amérique du Nord est, en ce qui concerne cet article, le meilleur client de la Répid)lif|ue mexicaine.
En tête des matières animales nécessaires à l'industrie et exj)ortées par le Mexique se rangent les peaux non tannées qui, au cours de l'année 1898-1899, ont fait l'objet de ventes extérieures montant à 3 599508 piastres; les sorties, dont la destination presque unique était l'Amérique du Nord, comprenaient 2019 tonnes de peaux de chevreau (2069 549 piastres), 3 722 tonnes de peaux de bœuf ou de mouton (1289528 p.), 372 tonnes de peaux de crocodile (118414p.), 175 tonnes de peaux de chevreuil (106297 p.), 13 tonnes de peaux
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de sanglier (5495 p.), 22 tonnes de peaux diverses (10285 p.). Le Mexique fait aussi un certain commerce de coquillages et de plumes. A l'importation, il convient de citer : 1200 tonnes de laine en suint, valant 403364 piastres et achetées en France (387 tonnes), aux États-Unis (256), dans l'Inde Anglaise (199), en Espagne (195), en Angleterre (63); 16178 kilogrammes de soie écrue ou brute, estimés à 76554 piastres et venant de Chine ou d'Angleterre.
d. Machines et appareils. — En 1898-1899, les machines et appareils importés représentaient une valeur de 7988362 piastres, soit 16 pour 100 de l'ensemble des entrées. La part dos Etats-Unis était de 4826291 piastres; celle de l'Angleterre, de 1951131 piastres; celle de rAUemagne, de 669097 piastres; celle de la France, de 348342 piastres; celle de la Suisse, de 60906 piastres; celle de l'Espagne, de 59531 piastres.
Figurent notamment dans ces chiffres : les machines à vapeur et leurs pièces de rechange (2399851 piastres); les machines et appareils pour l'industrie, pour les mines, pour les arts (4094276 piastres); les pompes et les turbines (247 485 piastres); les batteries électriques (48358 piastres); les lampes à incandescence (794''i5 piastres); les instruments pour les sciences (117345 piastres).
e. Produits rnanufactiirés. — Les |)roduits manufacturés ne contribuent que fort peu à l'exportation mexicaine. Malgré son développement continu, l'industrie est encore loin de suffire aux besoins de la consommation locale, comme en témoignent les entrées de marchandises qui cependant, pour arriver sur le marché intérieur, ont à supporter des frais considérables de transport et d'énormes taxes douanières.
En ce qui concerne les produits manufacturés avec des matières animales, l'importation de 1898-1899 a été de 1063243 piastres. Le quart environ (258373 piastres) correspondait à des cuirs et peaux préparées, venant surtout de l'Allemagne (135814 piastres) et de la France (88977 piastres). Ces articles étaient suivis de très près par les chaussures : environ 150000 paires de bottines et 30000 paires de souliers, presque exclusivement envoyées par les
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États-Unis, représentaient une valeur de 230906 piastres. Les entrées de gants de peau, provenant pour les quatre cinquièmes de la France, ne s'élevaient pas à moins de 43395 piastres. Une large part revenait aussi aux ouvrages en corne, en os, en ivoire ou en nacre, expédiés de France, d'Allemagne, d'Angleterre, etc. (168000 piastres).
Les ouvrages en bois, à l'exclusion des meubles, donnaieni un mouvement d'entrée de 956584 piastres, dont 343 778 pour les traverses de chemins de fer; ils étaient en majeure ])artie d'origine nord-américaine. Quant aux meubles, où le bois commun dominait et qui avaient été principalement achetés aux Etats-Unis, leur valeur à l'importation atteignait 364073 piastres.
Des divers produits végétaux manufacturés que le Mexique envoie à l'étranger, le plus important est le tabac sous forme de cigarettes et de cigares. Les sorties en 1898-1899 ont été de 927067 piastres, dont plus des 3/4 (702983 p.) pour l'Angleterre.
Quel que soit l'essor de ses industries textiles, la République mexicaine doit encore se procurer au dehors des fds, des tissus, des vêtements de coton, de lin, de laine ou de soie. Pendant l'année 1898-1899, ces articles ont donné environ 19 pour 100 de l'importation totale (9605894 piastres). Le coton a une prédominance marquée dans ce total, comme le montre le tableau ci-après :