ET CANNE
Basse-Californie . . ,
Campêche
Chiapas
Chihuahua
Coahuila
Colima
District fédéral
Durango
Guanajuato
Giierrero
Hidalgo
Jalisco
Mexico
Michoacan
Morelos
Nuevo Léon
Oaxaca
Puebla
Queretaro
San Luis Potosi. . . .
Sinaloa
Sonora
Tabasco
Tamaulipas
Tepic
Tlaxcala
Vera Crtiz
Yucatan
Zacatecas
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Jadis extrêmement restreinte au Mexique, la fabrication de la bière y prend aujourd'hui de l'importance. Depuis quinze ans, il a été fondé, notamment par des Français et des Allemands, de grandes brasseries munies d'appareils perfectionnés; ces appareils sont, en général, d'origine américaine. Les principaux établissements se trouvent à Mexico, Orizaba, Monterey, Toluca, Guadalajara, Puebla, San Luis Potosi, etc.
Les brasseurs ont à leur disposition de l'eau très pure, circonstance éminemment favorable à leur industrie. Ils peuvent tirer en abondance du pays même l'orge nécessaire à la fabrication, et cette orge est d'excellente qualité; cependant certains d'entre eux, au lieu de préparer leur malt, s'adressent à des malteries de l'Amérique du Nord. Le houblon ne croît pas sur la terre mexicaine et doit être importé, à moins qu'un succédané fourni par la chimie ne vienne prendre sa place.
Dans les établissements à forte production, les méthodes suivies sont celles des meilleures fabriques européennes. La bière qui en sort supporte la comparaison avec les bonnes bières étrangères. Celles-ci étant frappées d'un droit d'importation de 8 à 20 centavos le kilogramme, selon qu'elles entrent en fût ou en bouteille, les produits me.xicains jouissent d'un avantage marqué.
Diverses régions du Mexique sont propices à la vigne et donnent du raisin superbe; quelques crus ont une légitime réputation. Néanmoins la culture ne s'étend pas. Il semble même que la production du l'in tende à décroître : la récolte, qui était de 10785 hectolitres en 1896 et de 209â2 hectolitres en 1897, a fléchi à 8845 hectolitres en 1898, 9G52 hectolitres en 1899 et 7 281 hectolitres en 1900. Sur ce dernier chiffre, 5683 hectolitres appartenaient à l'Etat de Gohaluiila, et 1 102 hectolitres à l'État de la Basse-Californie.
En revanche, les Mexicains fabriquent, avec le suc de certaines plantes se rangeant dans la famille des agaves, différentes sortes de boissons fermentées, dont la plus célèbre est le pulque. Le pays consomme une énorme quantité de cette boisson nationale, sur laquelle le chapitre de l'Agriculture contient toutes les indications utiles.
Par suite de la disproportion entre le prix élevé de la farine (12 centavos 7 le kilogramme) et le bas prix du blé (7 centavos 4), les propriétaires des grandes exploitations ont intérêt à moudre leur récolte. Aussi le Mexique posscde-t-il d'assez nombreux moulins dans les régions à froment. Le seul Etat de Guanajuato en comjite vingt (quinze mus par la vapeur et cinq par l'eau), qui transforment environ 150000 quintaux de blé par an. Dans l'État de Sonora, particulièrement dans les vallées du Rio Mayor et du Rio Orcacetas, les principales haciendas ont chacune leur moulin : l'un des établissements de ce genre, à Hermosillo, fournit par jour plus de vingt tonnes de farine. Plusieurs minoteries importantes ont, d'ailleurs, été créées près des grands centres de Toluca,Guadalajara,Monterey, Puebla, Celaya, Torrcon, Chihuahua, Morelia et Orizaba; elles sont le plus souvent pourvues d'un outillage moderne. A proximité de Mexico, un Français vient d'en fonder une qui se place au premier rang par la perfection de son outillage et sa puissance de production; le criblage, le nettoyage, le broyage et le blutage y sont effectués au moyen d'appareils mus par l'électricité.
Quelque active que soit cette industrie, elle est encore loin de répondre aux besoins de la consommation locale.
Le chocolat est, pour ainsi dire, un produit autochtone. C'est le Mexique qui le fit connaître à l'Europe; en retour, l'Europe a enseigné au Mexique l'art de le fabriquer mécaniquement suivant des méthodes nouvelles.
Il existe environ vingt chocolateries, dont plusieurs à Mexico. Bien que le sol soit favorable à la production du cacao, les fabricants ne peuvent se procurer sur place assez de matière première et doivent compléter leurs approvisionnements à l'étranger.
Sur une terre si prodigue en fruits et légumes de toute nature, l'industrie des conserves alimentaires est appelée à un bel avenir, puisqu'elle permet d'envoyer au loin des produits fort appréciés qui, dans le pays même, n'ont pas grande valeur marchande. Cette industrie étend, d'ailleurs, ses opérations à la viande et au poisson. Les premières fabriques sont de création récente, et quelques-unes ont bénéficié des franchises que le Gouvernement peut accorder aux
entreprises nouvelles; on en rencontre aux environs de Vera-Cruz, (le Toluca et de Guadalajara ; elles préparent des conserves, en vase clos, de fruits, de légumes, de pickles, de poisson, de viande. Généralement, la matière première est fournie aux fabricants en vertu de marchés qu'ils concluent par avance et dont la stricte exécution constitue un élément essentiel, mais quelque peu aléatoire, de ce genre d'entreprise.
Dans la région de Mazatlan, sur les côtes du Pacifique où le poisson pullule, le mode de procéder garde une forme primitive : les pêcheurs se bornent notamment à faire sécher au soleil le « camaron », espèce de grosse crevette, que les intermédiaires expédient ensuite vers San Francisco pour la plus grande satisfaction des Chinois, très friands de ce crustacé.
Aux industries alimentaires se rattachent le captage et l'embouteillage des eaux minérales qui sourdent en bien des points du territoire et sont loin d'être complètement mises en valeur. Les plus importantes exploitations ont pour siège Topo Chico dans l'État du Nuevo Léon, Tehuacan dans l'État de Puebla, Aguascalientes dans l'Etat de Zacatecas.
Il y a aussi des fabriques d'eau gazeuse, spécialement à Mexico, Guadalajara, Puebla, Durango, et des fabriques de glace artificielle dans les principales agglomérations.
3. Industries textiles. — Dès l'époque la plus lointaine, l'industrie de la filature et du tissage du coton était exercée au Mexique, pour l'habillement des Aztèques. Parmi les présents que Moctezuma remit à Cortez, figuraient « cinq à six mille pièces de coton, merveilleusement tissées ».
Cette industrie a, depuis lors, subi de singulières transformations. Si, en quelques parties du territoire éloignées de toute voie de communication, comme le district d'Huejutla, des Indiennes filent et tissent encore le coton nécessaire à la famille, c'est presque exclusivement dans de vastes fabriques actionnées par de puissants moteurs et munies d'un outillage perfectionné qu'a lieu aujourd'hui la mise en œuvre.
La matière première, récoltée sur le littoral du Pacifique et dans l'État de Vera-Cruz, est d'excellente qualité; elle a une fibre longue et résistante. A cet avantage naturel se joint, pour les fabricants, la protection du tarif douanier qui frappe les tissus étrangers d'une taxe de 7 à 15 centavos le kilogramme, selon la qualité. Ces circonstances favorables ont plus que doublé l'importance de l'industrie cotonnière pendant les vingt dernières années du siècle.
En 1880, les statistiques accusaient 99 manufactures, 9214 métiers à tisser, 258458 broches, 1633(> ouvriers, et enregistraient une production annuelle de 4800000 pièces; en 1900, elles donnent 134 manufactures (abstraction faite de celles qui sont en chômage), 18009 métiers, 588478 broches, 27 767 ouvriers et 11552952 pièces.
Au point de vue du nombre des manufactures, le premier rang est occupé par l'Etat de Puebla (24), le District fédéral (15), les Etats de Coahuila, de Durango, de Vera-Cruz (chacun 10). Mais, au point de vue de la production, ce dernier Etat tient la tète avec une consommation de 5750708 kilogrammes de coton et un personnel de 5000 ouvriers environ.
Soutenue par des capitaux considérables, la grande industrie se substitue de plus en plus aux petits ateliers. Sur les 588474 broches et les 18069 métiers à tisser, les relevés du Ministère de Fomento comptent 315255 broches et 9642 métiers d'un système moderne.
Les Français ont contribué pour une large part au progrès. Deux puissantes sociétés françaises exploitent dans la vallée d'Orizaba quatre grandes fabriques, qui ensemble fournissent plus du sixième de la production mexicaine. Un groupe de Français, dirigeant à Guadalajara des maisons de commerce où ils vendent leurs produits, est également propriétaire de deux importantes manufactures dans l'Etat de Jalisco.
Pour de nombreuses fabriques, la force motrice est empruntée aux chutes d'eau, soit directement, soit Y>ar une transformation en énergie électrique. Habituellement, les métiers sont confiés à des femmes qui gagnent de 4 à 5 piastres dans leur semaine; le salaire
journalier des enfants occupés à la surveillance des bobines ne dépasse guère 3 réaux.
Des manufactures mexicaines sortent toutes les variétés usuelles de tissus. Les qualités répondant le mieux aux besoins de la majorité des consommateurs sont celles des tissus de coton écru et de coton imprimé, « nianta et estampados », dont se vêtent les indigènes.
L'essor de l'industrie cotonnière a été si vif et si rapide que les plantations ne suffisent plus à alimenter les manufactures et que les fabricants doivent acheter à l'étranger, en piastres d'or, la moitié de leur matière première. D'autre part, il y a eu surproduction et accumidation de stocks; j'ai dit comment les pouvoirs ])ublics avaient conjuré les effets redoutables de la crise par des mesures favorisant l'exportation.
D'après le Ministère de Fomento, la situation de l'industrie était la suivante, pendant l'année fiscale 1899-1900 :
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