Établissements cominerciaux des étrangers au Mexique
— Souvent, les étrangers Jie se bornent pas à envoyer leurs produits au Mexique. Beaucoup y viennent, fondent des maisons de commerce et conquièrent sur place une clientèle durable. Installés au milieu de la population qu'ils approvisionnent, appréciant mieux ses goûts, connaissant davantage ses besoins, ces négociants contribuent avec efficacité au développement des échanges entre leur pays d'origine et leur pays d'élection.
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Il semble que chaque nation se soit spécialisée dans une branche particulière du commerce. Pendant une longue suite d'années, les Espagnols ont eu le monopole à peu près exclusif de l'épicerie. Malgré l'ouverture récente de magasins luxueux par quelques Américains, la plupart des « tiendas de abarrotes », où se vendent les denrées alimentaires, conserves, épices, vins, etc., sont encore entre leurs mains. Grâce à leur ténacité et à leur extrême économie, ils trouvent, après des efforts opiniâtres, le chemin de l'aisance et de la fortune.
Les Français réussissent dans le commerce des tissus. Possé- *lant les plus grandes (ilatures du Mexique, y tenant les principales maisons de vente, ils ont supplanté les Allemands, qui avaient euxmêmes éliminé les Anglais. C'est d'une toute petite et pauvre ville perdue dans les Alpes provençales, de Barcelonnette, que sont partis ceux de nos concitoyens dont l'initiative devait être si féconde. Ils débutèrent bien petitement. Les simples commis des premiers jours devinrent de modestes boutiquiers, puis supprimèrent les intermédiaires, accrurent progressivement leurs transactions, réalisèrent de beaux bénélices. Des compatriotes, enhardis par le succès, suivirent leur exemple. Ainsi se forma une colonie d'hommes âpres au travail, économes et probes, qui conquirent le marché. Maintenant, à Mexico, à Guadaiajara, à Puebla, à San Luis Potosi et dans nombre d'autres villes, les Français, les « Barcelonnettes », tiennent les maisons de « ropa », c'est-à-dire les magasins de tissus, de soieries, de nouveautés, d'articles de blanc, de bonnetterie, de mercerie.
Orientés vers la quincaillerie et la bimbeloterie, les Allemands savent habilement se plier aux goûts et aux convenances de leurs clients. Ils gèrent, en négociants avisés et heureux, les a ferreterias » et les « mercerias », dans lesquels sont vendus les métaux ouvrés, les ustensiles de ménage, les fers émaillés, les articles de quincaillerie et même le ciment.
Si les Américains du Nord exploitent relativement peu de maisons commerciales, en revanche ils ont dans les chemins de fer, dans les mines, dans les entreprises de travaux publics, une action considérable et propice à l'extension des débouchés que recherche la production de leur pays. D'autre part, les grands établissements
commerciaux et industriels des Etats-Unis, spécialement les ateliers de constructions mécaniques, envoient au Mexique des représentants qui y font une propagande continue, à l'aide de prospectus, de volumineux catalogues illustrés et, le cas échéant, d'expériences publiques. Cette propagande porte ses fruits.
Les Anglais ne se livrent guère aux opérations locales de détail et pratiquent surtout l'importation.
Encore imbus d'un reste de prévention contre la carrière commerciale, les Mexicains, qui cependant sont bien doués pour parcourir cette carrière à leur honneur, continuent à délaisser des tâches et des situations qu'ils pourraient utilement retenir.
Tantôt les commerçants étrangers établis au Mexique font directement leurs commandes et donnent naturellement la préférence à leur pays d'origine. Tantôt ils s'adressent à des correspondants européens et ignorent souvent la véritable provenance des marchandises, surtout quand l'expédition a lieu par des voies détournées : c'est ainsi que des « pointes de Paris » sont achetées en Belgique et envoyées par Hambourg. Tantôt encore, les petits négociants de l'intérieur passent par l'intermédiaire de négociants en gros ou de commissionnaires installés dans les grandes villes mexicaines.
5. Répartition et importance du commerce intérieur. — S il était possible de dresser, pour diverses époques, des cartogrammes figurant la position des établissements commerciaux, leur nombre, leur importance relative, l'activité de leurs opérations, on y verrait le progrès, sinon se cantonner, du moins s'accuser plus spécialement aux abords des voies ferrées. C'est un fait économique général, qui s'observe partout, mais qui devait prendre une intensité particulière dans un pays où les communications étaient si difficiles et appellent encore tant d'améliorations. Les pouvoirs publics sauront poursuivre fermement la belle et grande tâche qu'ils ont entreprise pour doter la République d'un réseau de chemins de fer suffisamment complet et assurer aux diverses parties du territoire les bienfaits que la locomotive apporte toujours avec elle. Beaucoup reste à faire. Sans doute, les principales villes sont maintenant reliées par des rails, ont des débouchés commodes sur les
Etats-Unis et sur le littoral de l'Atlantique ; mais les mailles du réseau doivent être resserrées, les moyens de transport vers une partie des côtes du Pacifique font défaut, certaines régions demeurent absolument déshéritées. Pour citer un exemple frappant, l'Etat de Sonora ne peut correspondre avec les États de l'intérieur qu'en empruntant, par un long détour, les voies ferrées nord-américaines. Il serait facile, d'ailleurs, de pointer sur la carte des agglomérations situées à une telle distance, non seulement des chemins de fer, mais aussi des routes carrossables, que leur accès exige de longues et pénibles chevauchées à travers la montagne. Dans de pareilles conditions, les transports pèsent d'un poids infiniment trop lourd pour une partie de la population et grèvent démesurément le prix des marchandises les plus nécessaires. L'essor définitif du commerce intérieur, son épanouissement dans les contrées où il languit, la puissance du Mexique et sa fortune dépendent de l'œuvre virilement commencée par le Gouvernement.
Vouloir chiffrer les transactions du commerce intérieur, serait tenter l'impossible. L'impôt du timbre établi sur les ventes au détail n'atteignant pas 20 pesos permet, du moins, de suivre le développement continu des opérations. D'après les statistiques financières, le montant de ces ventes aurait été de I4i 743 125 piastres pendant l'année fiscale 1896-1897, de 150798735 piastres en 1897- 1898, de 1.59649112 piastres en 1898-1899, de 168693588 piastres en 1899-1900 et de 179114078 piastres en 1900-1901. Pour le dernier exercice, les Etats du Centre accusent à eux seuls un contingent de 97400008 piastres, sur lequel 42447931 piastres sont inscrites au compte du District fédéral et 6723086 à celui de l'Etat de Mexico, dont la capitale comptait 5700 établissements industriels ou commerciaux. Les relevés du fisc ne doivent être pris que pour ce qu'ils valent : au Mexique comme ailleurs, frauder le Trésor est une habileté plus qu'une mauvaise action, et la vigilance de l'administration, si parfaite soit-elle, ne peut ni tout voir ni tout saisir. Cependant, les chiffres qui précèdent, simplement considérés dans leurs rapports entre eux, témoignent d'une augmentation constante des affaires et attestent par suite l'accroissement du bien-être général.
l.E MEXIQUK AU DÉBUT DU XX" SIÈCLE
APKIIÇU SUR LA NAVIGATION M A li 1 T 1 M K
I . Progression du mouvement maritime. Statistique. — Les temps sont bien changés depuis que Ja seule flotte espagnole, composée de 18 vaisseaux, venait, une fois l'an, mouiller en vue de Vera-Cruz. De nos jours, plus de 7000 navires battant pavillon de tous les pays atterrissent annuellement dans les ports maritimes. Les étapes franchies ont été les suivantes :
nnée 1735.
18 navires
Année 1890.
Sur les 7 384 navires entrés au cours de l'année fiscale 1900-1901, 4508 étaient à vapeur et 2876 à voiles. Le tonnage de jauge, pour l'ensemble, atteignait 4703640 tonneaux.
Voici, d'ailleurs, un tableau donnant, à l'entrée et à la sortie, par pays de provenance ou de destination, le nombre et le tonnage des navires à vapeur et des voiliers, ainsi que ceux des navires chargés et des navires sur lest. Sont seuls compris sous une rubrique globale, à ce tableau, les pays pour lesquels le tonnage de jauge est resté au-dessous de 10000 tonneaux, soit à l'entrée, soit à la sortie.