‹ Le Mexique au début du 20e siècleChapitre 11 sur 39 · BUREAUX · texte numérisé non relu

BUREAUX

Télégraphiques 363

Téléphoniques 10

Total 373

Le personnel se compose de 1 772 employés de diverses catégories.

Le mouvement des dépêches a été de 2603865 messages, eh 1900-1901, avec 40828 865 mots.

Les recettes des Télégraphes, en 1900-1901, ont été de 1146533 fr. 74.

En 1897, les lignes téléphoniques atteignaient environ 25496 kilomètres, savoir :

Téléphones urbains des Étals 1107 kil. 158

Téléphones exu-a-muros des États 6454 kil. 992

Téléphones urbains aux particuliers 1953 kil. 675

Téléphones extra-muros aux particuliers ... 5335 kil. 584

Compagnie mexicaine des Téléphones 3 260 kil. 454

Téléphones des chemins de fer 1 604 kil. 079

Téléphones extra-muros aux particuliers et

d'usage privé 5 780 kil. 222

Total 25 496 kil. 164

l'OSTES ET TELEGRAPHES 81

Outre le réseau de la Fédération, il y a les lignes acquises, les lignes que certains Etats ont mises en service public et les lignes télégraphiques, propriété des chemins de fer, et dont le développement a suivi celui des voies ferrées.

Il y a lieu d'ajouter enfin que, pour faciliter les communications télégraphiques avec l'extérieur, les lignes mexicaines ont été reliées à celles des Etats-Unis, et que les points de contact avec le pays voisin, sur la frontière du nord, s'élèvent maintenant à quatre.

La découverte de la télégraphie sans fil devait naturellement appeler l'attention du Gouvernement, puisque ce nouveau système contribue à résoudre divers problèmes très intéressants de communications permanentes et régulières.

Aussi, dès que l'invention fut entrée dans le domaine de la pratique, la Direction générale des Télégraphes acquit des appareils qu'elle installa à Mexico, dans les premiers jours de 1901, et une commission fut immédiatement nommée en vue de les expérimenter.

Des expériences laborieuses ont abouti à un résultat favorable. En effet, depuis le l" mai 1903, un télégraphe sans fil, livré au public, fait communiquer, à travers le golfe de Californie, le port de Santa Rosalia, près des célèbres mines de cuivre du Boleo, avec le port de Guaymas, situé en Sonora. Parce moyen, on a économisé les frais d'immersion d'un câble sous-marin dont l'établissement avait été décidé en principe.

D'autres installations de télégraphie sans fil vont être tentées sur le golfe .Mexicain et sur les côtes de la péninsule du Yucatan. Il n'est pas douteux que des communications puissent avoir lieu facilement avec l'île de Cuba.

A l'intérieur, on a poussé et développé l'usage du téléphone à longue distance; à cet effet, on a continué de passer des contrats pour exploiter ce service par des combinaisons avec des entreprises particulières.

Actuellement, il n'y a pas au Mexique de centre de population d'une importance moyenne qui ne soit pourvu du télégraphe. Il y a même lieu d'indiquer que le grand nombre des bureaux et leur dissémination assurent les communications télégraphiques à beau-

coup de villages et même à des établissements industriels éloignés des villes.

Dans ces conditions, les négociants, les directeurs de mines et les fabricants sont certains de toujours être renseignés, presque instantanément, sur les fluctuations des cours des marchandises. De même, ils sont toujours tenus au courant des événements se produisant sur tous les points du globe, et pouvant avoir une répercussion sur les affaires commerciales et les intérêts nationaux.

On a pu le remarquer, les chiffres des recettes postales et télégraphiques, que nous avons reproduits, appartiennent à des exercices déjà éloignés. Mais, nous le savons de bonne source, ces recettes s'accroissent considérablement et d'une façon continue(l).

Ah Mexique, les administrations des Postes et des Télégraphes sont réunies, avec celle des Chemins de fer et des Travaux Publics, au Ministère des Communications publiques.

Le groupement est rationnel; il permet des efforts coordonnés, et donne des résultats féconds. Effectivement, chaque administration collabore à une œuvre commune et reçoit l'impulsion première du ministre, tout en conservant malgré cela une certaine autonomie, sous. un directeur particulier.

Dans les premières années du xx' siècle, les directeurs des Postes ont été successivement M. Manuel de Zamacona é Inclan et M. Noberto Dominguez; le directeur des Télégraphes a été M. Camilo A. Gonzalez. Ces trois fonctionnaires d'élite se sont montrés novateurs intelligents et ont acquis des droits à la reconnaissance de tous leurs concitoyens.

Le président Porfirio Diaz a compris, et il faut l'en féliciter, que les Postes et les Télégraj)hes devaient être considérés, non pas comme une source de revenus financiers, mais bien comme des services nationaux. Le Gouvernement mexicain a donc consenti des sacrifices énormes pour faire bénéficier ces services des inventions et des perfectionnements les plus modernes.

(1) Ainsi, en particulier, dans le premier semestre de 1903, l'augmentation progressive des recettes télégraphiques s'est non seulement maintenue, mais elle a dépassé, dans des proportions considérables, les prévisions établies.

Cette augmentation de trafic a incité le Gouvernement à prendre quelques mesures spéciales. Il y a lieu de citer notamment la construction de 600 kilomètres de nouvelles lignes télégr.-iphiques ; une de celles-ci a pour but de mettre en communication rapide, avec le reste du pays, l'importante région minière de la Cananea.

En dernier lieu, le Gouvernement a fait construire, pour l'administration des Postes, des édifices spéciaux dans les villes de Mexico, de Veracruz et de Puebla. Ces installations ont coûté environ 1 million de piastres. L'édifice élevé à Mexico, et qui porte le nom un peu archaïque de « Casa de Correos », est d'aspect gracieux, bien distribué et digne, en tous points, d'une métropole.

La direction des Télégraphes va être installée dans un palais nouveau, bâti spécialement dans la capitale pour le Ministère des Communications et Travaux publics.

Avant de terminer, nous devons répéter la remarque que les dépenses consacrées aux Postes et aux Télégraphes ne sont pas improductives, car elles procurent des rendements rémunérateurs pour le Trésor fédéral et ont surtout une grande influence sur l'accroissement de la richesse publique. La démonstration n'en est plus à faire.

En somme, toutes les localités du Mexique sont à présent, non seulement en contact entre elles, mais encore avec tout le monde civilisé. Et l'augmentation considérable du mouvement postal et télégraphique témoigne indéniablement de la prospérité économique du pays.

Michel Lagrwe.

A. DE FOVILLE

Membre de l'Institut, Ancien Directeur des Monnaies de France.

II n'est pas de monnaie plus intéressante, parmi celles des temps modernes, que la belle pièce d'argent qui s'appelait jadis la piastre espagnole et qui s'appelle maintenant la piastre mexicaine. Elle se recommande à l'attention par la variété de ses effigies, tour à tour monarchiques et républicaines, par l'incomparable abondance de ses émissions et par la simplicité de son principe.

Remettons en lumière, sans nous y attarder, ces trois faces de son histoire.

L'Hôtel des Monnaies de Mexico compte aujourd'hui plus de trois .siècles et demi d'existence. Créé par une ordonnance de l'empereur Charles-Quint et de sa mère Jeanne, en date du 11 mai 1535, on y frappait dès 1537 des pesos de huit réaux qui, tout usés qu'ils soient maintenant, ont encore grand air (planche I, fig. 1 et 2) : à l'avers, autour de l'écusson royal, la légende : carolvs et joiiana REGEs, et sur le côté, comme certificat d'origine, la lettre moné-

taire M ; au revers, les colonnes d'Hercule, couronnées et « issant de la mer », avec la suite de la légende : hcspaniarvm et indiarvm, et la fière devise : plvs vltra.

Pendant les règnes suivants, le décor changera souvent et nous n'entreprendrons pas d'en noter ici les multiples variations. Sous le roi Philip|)e V, il était purement héraldique (planche I, fig. 3 et 4). Mais bientôt les colonnes symboliques reparaissent, encadrant deux hémisphères que surmonte encore une couronne :

VTRAQVE VNVM (planchc 1, fig. 5 et 6). La Monnaie de Mexico venait d'être pourvue d'un outillage mécanique, et le type nouveau, le columnario des numismates, présente déjà moins de variantes que les pièces antérieures.

Sous Charles III, sous Charles IV, c'est le profil bourbonien du roi que la piastre va porter, par millions d'exemplaires, jusque dans l'Extrême-Orient : carolus iv dei gratia hispan. et ind. rex. On retrouve encore ces pièces en Afrique et en Asie, contremarquées parfois comme celle de 1792 qui est ici reproduite (planche II, fig. i et 2) et alors doublement curieuses. Les piastres à l'efiBgie de Ferdinand VII sont également nombreuses (planche II, fig. 3 et 4).

Mais voici venir, pour le Mexique, l'heure du réveil et bientôt l'heure de l'indépendance. Dans ce petit cadre d'argent d'où s'effacent pour jamais les emblèmes d'une longue servitude, l'image d'Iturbide apparaît un instant (planche II, fig. 5 et 6), comme y apparaîtra plus tard celle de Maximilien; puis la liberté l'emporte et fixe définitivement son empreinte sur ce qui sera désormais la piastre mexicaine : d'un côté, l'aigle (1) posé sur un cactus et mordant un serpent : repvblica mexicana (planche III, fig. 1); de l'autre, le bonnet phrygien, libertad, projetant tout autour de lui des rayons.

Dans une première émission, ce symbole était accompagné de plusieurs autres : balance, épée, etc. (planche III, fig. 2). Plus tard, on les a supprimés, et le bonnet phrygien, agrandi, est resté seul, avec son auréole (planche III, fig. 3 et 4). Au point de vue de l'esthétique, on pourrait souhaiter mieux.

La loi du 31 mai 1897 n'a fait que préciser le dessin, un peu flottant peut-être, des coins antérieurs : « A partir du 1" janvier 1898, dit l'article 1", les pesos d'argent frappés dans les hôtels des monnaies porteront au revers, comme légende : un peso, l'initiale ou les initiales de l'hôtel qui les aura fabriqués, le millésime, l'initiale de l'essayeur et le titre en millièmes, soit : 902,7. Le cordon qui court sur la tranche sera remplacé par une cannelure, et

(I) L'aigle est vu de profil sur les piastres d'Iturbide, et il en est de même sur les piastres frappées à Durango en 1824, la loi de 1823 ayant déclaré que les armes nationales du Mexique seraient celles de son premier Gouvernement indépendant.

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on perfectionnera la gravure sans altérer substantiellement les formes actuelles. »

Le peso mesure 39 millimètres de diamètre et son poids droit est de 27 grammes 073 milligrammes. Sa valeur au pair, comparativement à l'écu de l'Union latine, serait de 5 fr. 43.

L'ensemble du système monétaire des Etats-Unis du Mexique se présente actuellement comme suit :

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