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E\SEI(;\KMENT PIII.MAIIIE, KNSKUJNEMENT SËCONDAIHE OU PIlEi'AIIATOIHE,
KNSEKJNEMENT PBOFRSSIONXKL OU SUPÉRIEUIl.
DÉPENSES DU <;OUVEIINEMENT FÉDÉRAL, DU COUVEnNEMENT DES ÉTATS
ET DKS MUMCIPALIIÉS
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TOTAI-
On eût souhaité qu'au tableau du budget le chiffre des recettes, avec indication des sources, fît pendant à celui des dépenses et que les trois ordres d'enseignement eussent leur budget distinct.
Il est regrettable également que les documents ne contiennent pas de renseignements sur la valeur des examens.
D'autre part, il y a lieu de remarquer que dans les trois catégories d'établissements, — primaires, préparatoires et professionnels, — le chiffre des élèves qui sont donnés comme ayant subi les examens annuels, ou qui ont accompli le cycle des études, semble dépasser, dans une proportion assez sensible, le chiffre des élèves inscrits dans ces mêmes établissements pendant l'année. La différence n'est sans doute qu'apparente, les élèves étant comptés deux fois, d'abord comme élèves qui ont subi l'examen (1" colonne), puis comme élèves qui ont été admis à passer dans une division supérieure (2° colonne). C'est ainsi, du moins, que nous nous expliquons le relevé fourni. Ces examens sont, d'ailleurs, incontestablement l'objet d'une attention particulière. Des récompenses sont attribuées aux élèves qui s'y distinguent, et la distribution des récompenses donne lieu à des fêtes scolaires, dont des instructions récentes ont rehaussé l'éclat.
Telle qu'elle est, cette statistique permet de constater pour le XX® siècle un point de départ satisfaisant (i).
(1) h Anuaiio estadislico, pour l'année 1902, donne seulement (l'État de Mexico non compris) 5 847 écoles primaires entretenues par le Gouvernement fédéral et les Gouvernements des États (2 906 écoles de garçons, 1685 écoles de filles, 1 256 écoles mixtes), 2398 entretenues par les municipalités, 1511 par les particuliers, 702 par le clergé, 168 par des associations. Il donne, pour l'enseignement secondaire et préparatoire, 44 établissements (29 pour garçons, 10 pour filles, 5 mixtes); pour l'enseignement professionnel, 51 établissements (29 pour jeunes gens, 16 pour jeunes filles, 12 mixtes).
[NSTRUCTION PUBLIQUE 197
Un Conseil supérieur vient d'être institué pour assurer plus efficacement la marche de l'éducation nationale. Sans renoncer à son droit d'initiative ni se dérober à ses responsabilités, l'Exécutif a voulu s'entourer de tous les appuis, s'éclairer de toutes les lumières. Des directeurs et des professeurs, élus par leurs collègues, siègent dans celte Assemblée. Le Conseil comprend, en outre, un certain nombre de membres désignés par le Gouvernement, conseillers-nés choisis parmi les compétences les plus autorisées. Il doit connaître des règlements de l'éducation sous ses différentes formes et à ses divers degrés.
Le Conseil entre en fonctions au moment où les améliorations entreprises dans les écoles primaires et les écoles préparatoires, à l'Kcole préparatoire nationale, dans les écoles professionnelles, sortent ou vont sortir de la période transitoire qu'avaient ménagée les règlements.
Il a été inauguré par le président Porfirio Diaz, au mois de septembre 1902, en présence des membres du Gouvernement et au milieu d'un grand concours de professeurs et de savants. Le soussecrétaire d'Etat, M. Justo Sierra, dans un magistral exposé, a caractérisé l'institution nouvelle et défini son objet.
« Ce n'est pas sans raison qu'à la junte directrice, — plus ou moins ])ériodiquement réunie, — qui traitait des questions d'instruction publique, a été substitué un Conseil permanent : le Gouvernement a entendu créer un organe qui fonctionne régulièrement et l'assiste dans tous les actes concernant l'éducation nationale. C'est également de propos délibéré qu'à la dénomination de Conseil d'Instruction publique a été préférée celle de Conseil d'Education nationale, laquelle embrasse tous les intérêts du développement normal de la jeunesse et de la culture humaine, c'est-à-dire la préparation de toutes les énergies physiques, intellectuelles et morales. »
Après cette large définition, le discours inaugural passe en revue les institutions qui sont à la base de l'éducation, écoles maternelles ou jardins d'enfants, écoles primaires élémentaires, écoles primaires supérieures, écoles normales, — marque d'un mot rapide, mais précis, l'esprit de chacune d'elles, — insiste particulièrement sur l'importance de l'éducation normale, l'éducation des maîtres, « cette légion d'honneur scolaire », — relève avec force et délicatesse le rôle de la femme, qui a été, dans les jours difficiles, « le salut de la société mexicaine », et trace le programme des écoles normales féminines, où, plus que partout ailleurs, la qualité des connaissances doit primer la quantité du savoir. Puis il aborde les écoles préparatoires, l'école dite École normale supérieure et l'École des Hautes Études, — provoque judicieusement la fusion de ces deux établissements qui font double emploi, — montre comment trois années d'études générales peuvent servir de fondement aux études spéciales qui ont pour sanction le doctorat, et lie étroitement la pratique des applications à l'étude des théories. Vient ensuite le tableau des grandes écoles professionnelles — Ecole des Ingénieurs, École des Beaux-Arts, École d'Architecture, École d'Agriculture, École du Commerce, Conservatoire, Musée, — qui sont comme le rayonnement de l'instruction supérieure, et auxquelles se rattachent les études d'archéologie, les bourses d'études à l'étranger, les missions savantes destinées à recueillir dans les divers pays les documents relatifs à l'histoire mexicaine. Enfin, dans une conclusion nourrie et élevée, l'orateur explique comment le groupement de tous ces organes de haute culture et de science pratique doit aboutir à la constitution d'une Université nationale et d'un Institut national, auxquels le Gouvernement est prêt à accorder son patronage. Ce qui a contribué à former, dès aujourd'hui, ce groupement, ce qui en fortifiera le lien, c'est, d'une part, l'esprit libéral et franchement moderne qui anime toutes les institutions d'enseignement, d'autre part, la méthode scientifique sur laquelle, de la base au sommet, elles s'appuient et s'appuieront chaque jour davantage. « Il ne s'agit pas ici de donner carrière à un vain désir d'innovations, encore moins de préparer le triomphe d'idées personnelles... Préjugés, tradi-
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tions, préférences, nous devons tout sacrifier au bien de la jeunesse, h l'intérêt, à la grandeur, à la gloire de la patrie. «
Cette déclaration de principes est mieux qu'un programme. Par la portée des vues, c'est un acte. Mais cet acte ne peut être vraiment fécond, seml)lo-t-il, qu'autant qu'il aura pour première conséquence d'établir, dans l'administration générale de l'Instruction publique, une organisation indépendante et forte.
C'est, aujourd'hui, le vœu commun que la direction de tous les établissemenls d'enseignement soit centralisée. Maintes fois exprimé, ce vœu a trouvé sa formule solennelle dans un récent congrès tenu à Mexico. Le calcul a été fait, que les ressources nécessaires à un budget unitaire se trouveraient dans les contributions versées aujourd'hui par chaque État, sans qu'il fût besoin de créer d'autres impôts.
Si, à l'origine, il a été utile, indispensable même, que chaque Etat conservât ses libertés locales, aujourd'hui que la vie nationale a rapproché les esprits, que les intérêts se sont fondus, que le sentiment patriotique a pris corps, resserrer l'union ne peut que tourner au profit de la République.
Ce ([u'une centralisation intelligente doit produire, les progrès accomplis dans l'instruction primaire du District fédéral, depuis qu'une direction générale y a été établie, en apportent la preuve.
L'idée a été ime de celles que les premiers réformateurs avaient, dès l'abord, mise en lumière (1). Elle n'a été appliquée qu'en 1896, et dans le District fédéral exclusivement. Or, en moins de quatre ans, de 1896 à 1900. - les derniers chiffres qui nous ont été communiqués se rapportent à cette période, — le nombre des écoles du District fédéral s'est accru ^de 12; celui des élèves a passé de 29400 à 48856. Mêmes effets pour la moyenne des présences annuelles. Mêmes constatations heureuses dans les résultats des examens de passage, devenus cependant plus sévères; ce résultat est particulièrement sensible pour le nombre des élèves qui ont accompli le cycle complet des études.
(1) Voir ci-dessus, pa^c 170.
Tout ce détail vaut la peine d'être relevé avec précision. Il donne une idée de ce qu'on peut attendre de la même organisation étendue à l'ensemble de la République.
ANNÉES