LA STATISTIQUE
tonnes
A.XXÛ
voyageurs
tonnes
l'crrocarrilus del Dislrito i''cderiil (1873)
Ferrocarril Nacional de Mexico (1873-1874)
Ferrocarril Inleroceauico (1880)
l'crrocarril Central Mexicano (18811.
central et l'unité du pays y trouveront des avantages. Le commerce et l'industrie n'ont plus à redouter d'être rançonnés; le personnel pourra être entièrement nationalisé.
La prospérité des finances, qui a créé des réserves, et l'affermissement du crédit ont permis d'effectuer les achats d'actions sans effort ni accroissement budgétaire.
11 reste à signaler une lacune. La capitale n'est pas reliée pratiquement au Pacifique. La ligne de Méxixo à Acapulco n'arrive qu'au fleuve Mexcala (ou rio de las Balsas), et l'État de Guerrero, très riche au point de vue agricole et minier, reste isolé et végète. Si coûteux que soit l'étahlissement d'une voie ferrée entre Mexico et Acapulco ou Sihuantanejo, la construction n'en doit plus être retardée. Il faut aborder avec décision la difficulté; il y a là un intérêt de premier ordre, non seulement économique, mais politique.
Ln terminant, il nous revient en mémoire une [)rop]iétie de Humholdt. « Un jour viendra, écrivait-il dans son Essai sur la Nouvelle-Espagne, où l'on pourra aller en voiture de Mexico à Pliiladel])hie. » Philadelphie était alois la piemière ville des Etats- Unis, la plus peuplée et la plus riche.
(^ue dirait Humholdt aujourd'hui s'il voyait quotidiennement des trains de luxe transporter, avec un confort parfait et en peu de jours, des voyageurs entre la capitale et New York, plus éloigné encore que Philadelphie. Le progrès qui a été accompli en un siècle dans les moyens de communication, confond l'esprit et ouvre à l'iniaginalion un champ sans limite ])our rêver les progrès de l'avenir.
POSTES, TELKGKAPUKS ET TELEPHONES
La coiTespondance a largement profité du progrès des voies de communication. Le chapitre intéressant rpi'a rédigé M. Michel Lagrave en fournit la ])reuve.
Il est certain que le service des postes était rudinieutaire avant les chemins de fer. Le président Porfirio Diaz s'est appliqué à élever ce service au niveau de celui des Etats européens.
Dès 1878, le Mexi<pie a adliéré à hi convention postale universelle de Paris, et l(> Gouvernement a réglé en conséquence l'administration et le laiif des ])ostes. Un décret du 26 janvier 1899 a fixé les règles de celte administration (I). J^e nondjre des lettres, inq)rimés et colis transportés, qui n'était <jue de 24 millions 1/2 en 1894-1895, s'est élevé à 156 millions 1/2 en 1902; celui des mandats-poste a dépassé un demi-million. Dans le premier semestre de l'exercice I903-19U4, il y a eu, relativement au premier semestre de l'année précédente, une augmentation de 2 millions sur le total ; les mandats postaux à l'intérieur figurent, durant la même période, pour 21 millions 1/2 de piastres et les mandats entre le Mexicfue et les États-Unis se sont accrus de 20 pour 100 (2).
La direction générale des Télégraphes a été créée en 1878. En 1885, les Etats ont cédé au Gouvernement fédéral les lignes d'intérêt général; aujourd'hui, toutes les lignes principales lui appartiennent. En décembre 1902, le réseau entier avait 71812
(1) Voir ces règles dans la partie Postes et Télégraphes, par M. Miciiel Lagrave. Le nombre total des bureaux de poste était de 1 710 en 1898 et de 2 207 en 1902. [Anuario estad. de la liep. mexicana, 1902.)
(2) Message du président Porfirio Diaz au Congrès du 1" avril 1904.
kilomètres de longueur (1); il n'était que de 7136 en 1876 et 60 509 en 1891. Le total des dépêches a passé de ^lOOOO à plus de 2 870 000 en 1902.
Dans le premier semestre de l'année fiscale 1903-1904, le réseau fédéral a gagné 1 905 kilomètres par suite de l'incorporation des lignes militaires du territoire de Quintana Roo et de lignes nouvelles ou de lignes cédées par l'État de Tabasco.
Les lignes téléphoniques (y compris les lignes appartenant aux chemins de fer) avaient, en 1897, un développement de 25 496 kilomètres et, en 1902, de 40 657 kilomètres (2). Elles sont munies des appareils les plus récemment perfectionnés. L'exploitation du service téléphonique à grande distance a été assuré par des contrats jusque dans les Etats du nord.
Les chemins de fer et la marine transportent les personnes et les choses. La poste, le télégraphe et le téléphone transportent la pensée; ils font partie aussi de l'outillage économique d'une nation et ne sont pas moins utiles à la vie sociale et au commerce.
(1) En décembre 1902, le réseau se composait de 50 125 kilomètres appartenant au Gouvernement fédéral, de 5 709 aux Étals, de 3 943 à des particuliers, de 12 036 aux chemins de fer. [Anuario eslad. de la liep. mexicana, 1902.)
(2) Sur les 40 657 kilomètres, 1 739 se trouvaient sur les voies ferrées.
35't LK MEXIQUK AU DRBUT DU XX<= SIECLE
MONNAIES, Cil AN G K ET BANQUES
Les monnaies et autres instruments d'échange, servant à payer le travail et à transférer les biens d'un propriétaire à un autre, font aussi partie de l'outillage de la circulation des richesses.
L'argent ne manque pas au Mexique : les mines sont nombreuses. A la fin du xviii' siècle, on évaluait leur production à 22 millions de piastres. Cette production, qui avait beaucoup augmenté pendant le dernier quart du xviii" siècle, avait ensuite diminué de plus de moitié (1) au cours de la laborieuse période de l'émancipation et des dissensions intestines; elle s'est relevée depuis la pacification du pays, augmentant d'année en année. Malgré la baisse du métal, elle a triplé de 1877 à 1901 : 24 millions de piastres à la première date et 74 à la seconde (2).
La frap]>e de l'argent dans les hôtels des Monnaies est restée à ])eu près stationnaire; plus exactement, elle avait augmenté d'environ 8 millions de piastres de 1877 à 1894 pour redescendre à un chiffre un peu inférieur (3).
C'est l'exportation qui a été toujours croissant : 2 millions
(1) La Monnaie de Mexico a frappé, de 1791 à 1810, un peu plus de 20 millions de piastres, année moyenne. De 1811 à 1845, les divers hôtels des Monnaies ont à peine frappé 10 millions de piastres par an. La frappe remonta peu à peu à une vingtaine de raillions, de 18i5 à 1876. {\oir Edelmetall Production, von Soetheeb.)
(2) La Statistique de l'industrie minérale et des appareils à vapeur en l'rance et en Algérie pour l'année 1902 porte au compte du Mexique 1876 339 kilogrammes valaul 165 118 000 francs. \j'Anuar'io estadîslico. pour l'année 1902, porte 1 506 796 kilogrammes valant 587 882 222 piastres.
Pour l'année 1901-1902, VAnuario esladislicu (p. 213) n'enregistre que 28 millions de piastres pour l'argent destiné au monnayage et 30 millions pour l'argent destiné à l'exportation. Cependant la valeur de toute l'exportation de l'argent en 1902 est, (p. 243), de 48 millions de piastres.
(3) 102 millions 1/2 de piastres pendant la période quinquennale 1897-1902, soit une moyenne d'environ 20 millions par an.
CONCLUSION GKXÉRAr.E 355
752000 piastres en 1877-1878 et 45 852000 en 1900-1901 (1). En effet, la piastre mexicaine, pièce de bon aloi, était très appréciée à l'étranger, surtout en Extrême-Orient, et elle l'est encore.
Mais deux causes, dont l'une était la conséquence de l'autre, ont pesé en baisse constamment sur la cote du métal blanc depuis 1872 : l'abondance de la production, qui, de 2 millions de kilogrammes en 1870, a monté à 5 millions 1/3 en 1900, et la déchéance de ce métal dans le système monétaire des États qui ont adopté l'étalon d'or ou suspendu la frappe de l'argent. On ne fabrique pas moins de pièces d'argent dans les hôtels de Monnaie du monde, mais ces pièces n'ont plus, dans beaucoup de pays, qu'un rôle subalterne; l'once, qui valait 60 pence 1/2, sur le marché de Londres, en 1871, n'en valait plus que 24 1/16, en 1903.
Cette baisse énorme, sans précédent dans l'histoire des temps modernes, a inquiété à juste titre les Mexicains. Les propriétaires de mines, exportateurs, se plaignent de la réduction de leurs profits; il faut croire cependant qu'ils en ont fait, puisque jusqu'ici ils ont maintenu et même développé leur industrie, grâce à un outillage perfectionné et à l'économie des transports par chemin de fer. Les denrées et les salaires sont très loin d'avoir éprouvé au Mexique une hausse égale à celle de la diminution de valeur de l'argent sur les marchés étrangers. De là, ])rofit pour les exportateurs de denrées et de produits manufacturés qui payent en argent au Mexique et sont payés en or à l'étranger; mais, d'autre part, le peuple mexicain subit le contre-coup, payant cher les marchandises d'importation, ([ui lui sont facturées en or, et le Gouvernement, comme nous l'avons dit, est obligé de faire de lourds sacrifices pour solder en or le compte des arrérages de sa dette extérieure. Les caj)itaux étrangers qui se sont engagés dans des entreprises mexi-
(1) Voirie tableau donné p.ir M. A. de Kovii.liî, chapitre Monnaie, Change et Banque. En 1902, le total est de 48 :J80 692 piastres [Anuario esladistico, p. 243).
En 1901-1902, les métaux précieux essayés dans les hôtels des Monnaies et destinés à l'exportation avaient une valeur de 35 058 912 piastres, 10 millions de moins que l'année précédente; mais l'exportation const.itée par la douane avait une valeur d'environ 13 millions de piastres en or et de 50 millions en argent.
356 LE MEXIQUE AU DÉBUT DU XXe SIÈCLE
caines touchent leurs dividendes en argent déprécié; ce qui fait que de nouveaux capitaux hésitent à s'engager.
Quoique la baisse paraisse enrayée depuis quelque temps, la situation actuelle du marché des métaux précieux n'autorise pas à supposer une amélioration future du rapport de l'argent à l'or; tant que la monnaie mexicaine supportera un change aussi onéreux qu'aujourd'hui, le pays ne communiquera pas de plain-pied avec le monde civilisé, et il se trouvera dans une condition désavantageuse pour ses relations extérieures. C'est là un point noir dans un ciel lumineux.
Le Gouvernement mexicain n'a pas créé la difficulté, mais le président Porfirio Diaz a compris qu'il devait chercher à la résoudre. Il a même proposé aux Etats-Unis, de concert avec la Chine, un nouveau système monétaire dans lequel le rapport de la monnaie d'or à la monnaie d'argent pourrait être, pour un temps, fixé à i pour 32 par convention internationale, et la frappe serait limitée; il espérait, par cette fixation, ouvrir un marché plus étendu et plus certain au métal blanc. Le problème était complexe à cause des intérêts divers, présents et futurs, qui y sont engagés et le succès de la négociation était problématique (1). Le représentant du Mexique à Washington, après avoir parlé des progrès accomplis par son pays, ajoutait : « La seule chose qui apporte quelque trouble à ses affaires est la baisse de l'argent, la monnaie mexicaine étant fondée sur ce métal. »
L'accroissement de la production de l'or, qui a plus que décuplé depuis vingt-cinq ans (2), facilitera peut-être la solution.
Partout où il pouvait agir dans l'intérêt de la circulation et du
(1) La Commission monétaire mexicaine a publié, en 1903, plusieurs volumes sur la question : Dalos para el estudio de la cuestion monetaria en Mexico, etc. Le secrétaire de cette Commission, M. Jaime Ckuza, avait publié, l'année précédente, un résumé des problèmes monétaires du Mexique [Apuntes sobre la cuestion de la plata en Mexico). Une Commission mixte du Mexique et des États-Unis s'est mise, pendant l'année de 1903. en rapport avec l'Angleterre, la France et d'autres pays; elle n'a pas obtenu de résultat pratique.
(2) 746 630 pesos en 1877-1878 et 9 327 542 en 1900-1901 (ou même 12 951 000 en 1901, Anuarioestadistico, 1901, p. 408). Voir le chapitre Monnaie, Crédit et Banque.
crédit, le Gouvernement l'a fait. La loi du 19 mars 1897, préparée par une Commission que présidait le professeur Casasus, et retouchée par le ministre des Finances, M. José Yves Limantour, a donné au Mexique un régime de banques analogue, à plusieurs égards, à celui des Etats-Unis. Le principe de la pluralité des banques d'émission a été adopté; le |)ri\ilège de la Banque nationale a été réduit par une convention synallagmatique.
En 1902, le Mexique possédait vingt-quatre banques d'émission ayant un capital social versé de 89 millions de piastres (en décembre 1902) et une circulation de 86 millions (1). Leurs portefeuilles renfermaient plus de 125 millions de piastres. Dix ans auparavant, le capital n'atteignait pas 20 millions et la circulation était de 26 millions 1/2. La Bancpie nationale du Mexique, la plus importante de toutes, a quatorze succursales dans les divers Etats de la République. Oulre les banques d'émission, il y a des banques hypothécaires, des' banques a réfactionnaires » et la Banque de Londres et Mexico.
Avec un tel outillage, le crédit peut prendre un large dévelo])pement et la prospérité du pays ne tardera sans doute pas à en ressentir les effets.
(1) Sur ces 86 millions, 28 oat été émis par la Banque nationale de Mexico et 19 par la Banque de Londres et Mexico.
358 LE MEXlQUli AU DEBUT DU \X" SIECLE
|jii production et la circulation des richesses (nous entendons richesses matérielles, non compris les forces productives et les services personnels) se produisent dans tout pays sous quatre formes : l'agriculture, l'exploitation minière, l'industrie manufacturière, le commerce. Une administration éclairée et vigilante, qui inspire la sécurité et assure la liberté, en facilite le développement.
M. Hippolyte Gomot, sénateur et ancien ministre de l'Agriculture, nous disait, à la fin de l'année 1900, avoir admiré la variété de l'Exposition agricole du Mexique qu'on eût prise « non pour l'exposition d'un unique pays, mais pour celle de plusieurs nations situées aux latitudes les plus opposées ». Il a exprimé ce sentiment dans son exposé du territoire mexicain et de ses productions. Les climats, qui s'étagent depuis les chaleurs tropicales jusqu'aux neiges ])er])étuelles des pitons volcaniques, et la qualité du sol lequel, dans certaines régions, est recouvert d'une épaisse couche d'humus, et dans d'autres est salin et aride, sont les causes principales de cette diversité. Les hommes ont mis à profit les conditions naturelles.
La grande propriété est encore de nos jours, comme à l'époque coloniale, un des traits saillants d<^ l'économie rurale. Les haciendas de vingt lieues carrées ne sont pas rares, dit M. Hippolyte Gomot. Avec leurs bâtiments comprenant les logements, les étables, les granges, les ateliers, leur vaste étendue de terres, partie en culture, partie en pâture, leur nombreux personnel qui rappelle la « familia urbana » et la « familia rustica », on jjeut les comparer aux villas de l'Empire romain. Il en existe plus de huit mille de ce genre, sans compter un bien plus grand nombre d'exploitations
moindres, désignées sous le nom de « ranchos » dont les propriétaires forment, en quelque sorte, la démocratie rurale.
Dans certaines haciendas, le personnel s'élève jusqu'à trois mille âmes; il se compose de péons ou plus exactement d'anciens péons, car le contrat de péonage a été aboli en principe (1). Cependant beaucoup, dans les régions où la main-d'œuvre est rare, restent, comme jadis, attachés à l'exploitation et reçoivent, outre le salaire en argent (2), quelques allocations en nature, sans être légalement asservis par leurs dettes. Le système des avances (3), — (pii ne se lie pas nécessairement au péonage, — est une chaîne pour le salarié, et parfois aussi une charge onéreuse pour le propriétaire. Indépendamment des haciendas et des ranchos, une partie du sol appartient à des « ])ueblos », villages indiens, dont les terres, cultivées naguère en commun, deviennent maintenant, en vertu de la législation nouvelle, des exploitations familiales : germe d'une importante transformation sociale.
Les salaires varient suivant les régions. En général, le taux dans l'agriculture, qui occupe 76 pour 100 des travailleurs, est inférieur à celui des mines. Les salaires des terres chaudes sont très supérieurs à ceux du plateau de l'Anahuac où la population est dense. M. Matias Romero indiquait, il y a une quinzaine d'années, 19 centavos pour le Nuevo Leôn, 75 centavos pour le Michoacan, 1 piastre pour la Sonora, avec une moyenne générale évaluée à 36 centavos. Ces chiffres ne correspondent plus à l'état actuel; le taux s'est élevé, tant à cause de la demande de bras que par suite de la baisse de l'argent : il est vrai que le prix des vivres a augmenté aussi.
Le domaine national est considérable. L'Espagne s'était déclarée maîtresse de toutes les terres; elle en avait donné une partie aux « conquistadores » et aux colons, une autre aux villages indiens,
(1) L'article 5 de la Constitution de 1857 interdit tout contrat impliquant l'aliénatiou de la liberté.
(2) Dan» le Yucatân cependant il y a des « criados », nés sur la plantation, qui y sont retenus par leurs .Ictlcs. Voir The Annah oftlie American Acadeiny of political and social Science, année 1903.
(3) D'après .M. .Matias Romero. ces avances s'élèvent souvent entre 400 et 2 000 francs.
organisés en communautés, mais il lui restait de très grandes étendues de terres vacantes (« terrenos baldios »). Le Gouvernement national en avait hérité, et il s'est appliqué à rentrer en possession des terres usurpées. Il a fait reconnaître et arpenter ce domaine par des sociétés qui ont reçu une partie des terrains à tiln* de rémunération (loi du 26 mars 1894). Il s'est trouvé ainsi en possession de 32 millions d'hectares. Depuis 1867, il a adjugé à des sociétés ou à des particuliers 10 466000 hectares (i); vendu des lois à des prix fixes (2); facilité des échanges et des remembrements (3); concédé gratuitement des lots à des travailleurs pauvres (4); créé, soit directement, soit par l'intermédiaire de sociétés, trente-deux colonies peuplées d'environ 6000 âmes (5).
Malgré les déboisements, qu'une exploitation imjjrévoyante a continués pendant des siècles, on estime qu'il existe encore environ 479 lieues carrées de forêts. Il importe de les aménager mieux en raison du ])roduit qu'elles pourront fournir ])lus avantageusement à mesure que les chemins de fer leur procureront un débouché, et à cause de l'humidité qu'elles emmagasinent au profit de l'agriculture. La retenue des eaux par la végétation arborescente tempère les dégradations des torrents après les orages. Discipliner ces torrents est un des articles de la politique économique du Gouvernement actuel.
Nous ne pouvons revenir sur les détails de l'élevage et des multiples cultures qui existent au Mexique; le tout a été parfaite-
(1) Ea 1896, le prix, variable suivant les États, ne dépassait pas 3,25 piastres l'hectare. De 1900 à 1903, il a varie entre 3,30 piastres (État de Puebla) et 1 piastre (États de Sonera, etc.).
(2) De 1808 à 1898, 7 200 parties prenantes; 10 466 000 hectares adjuges, au prix de 2 400 000 piastres. Anuario estadîstico de la Repûblica Mexicana, 1898. De 1897 à
1901, les adjudications ont porté sur 542 385 hectares et ont produit 354 943 piastres. En
1902, une superficie de 364 202 hectares de terrains nationaux a été adjugée en 73 titres pour la somme de 343 810 piastres (surtout dans les États de Chihuahua, de Chiapas, de Yucatan, de Durango). (Voir \' Anuario estadîstico de la Repûblica mexicana, 1902.)
(3) De 1898 à 1902, 56 titres ont été délivrés pour une contenance de 408 753 hectares.
(4) De 1898 à 1902, 253 titres de ce genre ont été délivrés pour une contenance de 47 041 hectares.
(5) Il a été délivré : en 1898, 98 titres à des colons; en 1899, 29; en 1900, 129; en 1901, 17; en 1902, 4.
CONCLUSION GÉNÉRALE 36i
ment traité par M. Hippolyte Gomot. Il suffit de signaler l'accroissement de la production agricole (I) et de redire un mot qui nous a été transmis par l'éminent auteur de l'étude sur TAgriculture.
Un jour, il demandait à l'un des délégués de la section agricole de l'Exposition de 1*)00 d'énumérer les productions du Mexique.
« Il serait plus simple, répondit le délégué mexicain, de demander ce que le Mexique ne produit pas. »
En effet, ce pays, isolé du monde, pourrait, grâce à la variété de ses climats, se suffire à lui-même.
(1) LAnuario estadislico de la Repdhlica Mexicana de 1902 donne la production agricole du Mexique pendant 1» dernière période quinquennale (1898-1902); nous en lirons les moyennes annuelles siiivanlis ;
Maïs
Froment.
Or.ge . .
Haricot»
Riz .'^'^^^^^^^.^. ...
Pois, pois chicbes, fèves et lentilles
Patate douce
Pomme de terre .
Piment
Sucre (non compris la mélasse et le jus de canne)
Café.. '
Cacao ....
Vanille ...^.'. ..^..W^.
Tabac
Spiritueux (eau-de-vie de canne, de maïs, de pulque), (non compris l'eau-de-vie de vin, environ 2 000 hectolitres) G41 000 hectolitres
Boissons fermentées (niezcnl, tequila, pulque fin et ordinaire) 5 715 000 —
Henequen 820 000 quintaux
Ixlle 94 000 —
Coton 270 000
Bois de campécbe 501000 —
Des expériences, poursuivies avec l'aide du Gouvernement dans l'État de Jalisco, font espérer la réussite d'un arbre qui produit en abondance un coton longue-soie.
KnOn, VAiuiario e.itadi.stico de la llepùhlica mexicana pour 1902 indique le nombre, le poids et la valeur des animaux abattus, chaque année, depuis 1897. Quel que soit le degré d'approximation de relevés de ce genre, cette statistique constate une augmentalion (excepté pour les moutons et les chèvres). En 1902, elle a enregistré comme animaux
abattus :
Valeur en millions Nombre do piastres Race bovine 938 5S3 41 9
— ovine 572 971 2 9
— caprine 1 031 256 2 9
— porcine 778 618 14 2
Relativement à l'élevage, des voyageurs, qui ont visité dernièrement l'État de Chihuahua, relatent que, dans cette contrée, paissent maintenant d'innombrables troupeaux de bœufs. Ils signalent, en particulier, la récente prospérité des domaines du général Terrazas, le plus opulent de» éleveurs mexicains, qu'on pourrait, selon la mode des Etats- Unis, appeler le roi du bétail.
hectolitres
quintaux
hectolitres
quintaux
960 000 hectolitres
quintaux
M I N K s ET I N D U S T H I E S M I N I E It E S
Si la jM'ocliH.tion agricole est c(;lle qui foiiniit la ])lus grande somme de valeurs à la consommation, c'est la production minière qui tient le premier rang dans l'exportation.
M. L. de Launay a scientifiquement montré la disposition générale des gisements métalliques dans la Cordillère Tiiexicaine, leur formation relativement récente et leur multi])licité au milieu des terrains volcaniques. « Ouand on examine la carte géologique de ce pays, dit-il, on est aussitôt frappé ])ar la façon dont « flani- « boient, de tous côtés, les couleurs rouges et orangées par les « quelles on a l'habitude de figurer les roches éruptiv(>s tertiaires » ; c'est là (|ue sont les mines. Il ne nous appartient pns d'en refaire la description. Il suffît de répéter que la production du métal principal, l'argent, ([ui avait beaucouj) diminué pendant la ])ériode révolutionnaire, s'est relevée sous le gouvernement du président Porfirio Diaz, grâce à des mesures administratives sages et radicales.
Durant la période coloniale et la sous-période révolutionnaire, les mines étaient, en général, l'objet de petites concessions partielles et étaient grevées de lourdes redevances : deux obstacles aux grandes entreprises et au perfectionnement de l'outillage.
Le code minier, mis en application en 1885, complété parla loi du () juin 1887 et par celles des 6 juin 1892 et 4 juin 1894, a inauguré un régime nouveau : exemption de j)resque tous les impôts, concessions étendues aux postulants qui se présentaient avec un fort capital, facilités pour les travaux d'exploration, pro- ]>riété perpétuelle et irrévocable sans clause de déchéance, grande liberté d'exploitation, importation de l'outillage en franchise.
Les résultats ne se sont pas fait attendre. L'outillage mécanique a pris une grande importance; des procétlés plus économiques ont été introduits dans l'extraction et le traitement du minerai d'argent, particulièrement dans les procédés de fusion pour lesquels de grandes usines ont été fondées. Durant l'année (|ui a suivi la promulgation de la loi de 1887, il y a eu 2077 déclarations de mines nouvelles et 33 d'usines de réduction, sur lesquelles 682 mines et 3 usines entrèrent en exploitation.
Au 31 décembre 1902, les titres de propriété minière enregistrés étaient au nombre de 16 430, représentant une superficie de 1 96 250 hectares ; 85 000 ouvriers y travaillaient (1).
I^a |)roduction de l'or, qui augmente d'année en année, a été d'environ 14 000 kilogrammes en 1902 (2).
Celle de l'argent avait été de 4 millions 1/2 de kilogrammes pendant la période quinquennale qui avait précédé la loi; elle a été de 6 millions pendant la période quinquennale suivante. La loi de 1892 a été un stimulant. Les demandes de consolidation de propriété minière sextuplèrent alors, et la production de l'argent, «pii était déjà de 1 151 000 kilogrammes en 1891-1892, est montée, malgré la baisse de prix du métal, à plus de 1 500000 en 1902 (3).
Les capitaux étrangers, américains, anglais, allemands, français, se sont portés vers ces entreprises auxquelles on avait donné deux avantages essentiels pour le succès : sécurité et liberté.
Le Gouvernement a, de plus, facilité l'exploration et l'exploita-
(1) Celte statistique ne concerne que les propriétés minières payant I impôt sur les titres et sur les propriétés conformément A la loi du 6 juin 1892. Ces 16 430 mines se composent (le 4 882 mines d'argent, de ;t 892 mines d'or et d'argent, de 2 616 mines de plomb, de 1 195 mines d'or, etc. Dans la seule année 1902 il y a eu 4 017 nouvelles propriétés minières enregistrées; 916 titres ont été déclarés caduques.
(2) La .Statistique de l'industrie minérale en France et en Algérie pour l'année 1902 donne 15 277. L'Anuario estndistico delà Repdblica mexicana, 1902, donne 13 917 kilogrammes, produits surtout dans les États d'Oaxaca, de Sonora, de Sinaloa, de Nuevo I..e6o et Ourango.
(3) La Slatistii/ue de iindustrie minérale en France et en Algérie pour l'année 1902 donne 1876 339; les renseignements ont été fournis à cette statistique par des ingénieurs mexicains. L'Anuario e.itadistico de la Repuhlica mexicana 1902, donne 1 506 796 kilogrammes, produits surtout dans les États de Nuevo Léon, d'Aguascalientes. de Uuraago, de San Luis l'otosi. (Voir la note 2 de la page 27.)
tion, en créant des agences minières (au nombre de 138), en organisant l'Institut géologique (1888 et 1891), en publiant (1899) la carte géologique d'ensemble au 3 000 000°. Deux entrepreneurs ont installé, près de Mexico, une usine d'essai des minerais. En 1900, on comptait 1 170 mines en exploitation (1).
AI. de Launay a comparé la valeur de la production métallique en 1893-189^» et en 1898-1899. Cette production a quadruplé (33 millions de piastres à la première date et 123 à la seconde) (2). Plus de la moitié de la valeur est représentée par l'argent qui a plus que doublé et dont les exploitations les plus productives se trouvent aujourd'hui dans le district de Pachuca, surtout à Real del Monte. Le second rang est à l'or (pii, d'a])rès des statistiques probablement incomplètes, a j^assé de 181(5 000 piastres à 24680000. Au troisième rang, le ])lomb et le cuivre ont augmenté proportionnellement plus encore (3). La princi])ale exploitation de cuivre, celle de Holeo, en Basse-Californie, créée par une compagnie française, date de 1886. Le fer existe; il est encore peu exploité (4).
La houille est rare et l'exploitation en est récente ; cependant la valeur de la ])roduction, qui provient surtout de l'Etat de Coahuila, a atteint 3 700 000 piastres en 1898-1899.
La ])roduction des onyx et opales, ainsi que celle du soufre, du sel, etc., a doublé de 1893-1894 à 1898-1899. Le pays est riche en eaux minérales vX thermales.
On voit que, sous le rapport minier, le Mexique ne démérite pas de son ancienne renommée dans le Vieux Monde.
(1) A. savoir : 5i pour l'or, 293 pour l'or et l'argent, 87 pour l'or et autres métaux, 231 pour l'argent, 223 pour l'argent et le plomb, 137 pour l'argent et autres métaux, 60 pour le cuivre, etc. (non compris l'Etat de Cliiliualiua et quelques autres districts). h'Aniiario esladistico de 1902 donne des renseignements qui diffèrent de ceux de 1900. 11 a relevé 714 exploitations minières en activité (en outre, 174 non actives), à savoir 209 pour l'or, 246 pour l'argent, 55 pour le cuivre, 66 pour le plomb, etc.
(2) Pour 1902, VAnuario eslad. de la Repiib. mexicana donne 106 673 103 piastres : 14.4 millions pour l'or, 58.8 pour l'argent, 24.6 pour le cuivre, 5.6 pour le plomb, etc.
(3) Le plomb, 21800 tonnes en 1889-1890 et 81000 en 1898-1899, 106 804 en 1902; le cuivre, 4 300 en 1889-1890, 15 448 en 1900-1901, (eu 1902, 51 624 y compris le minerai).
(4) Geogiaphical and statistical notes on Mexico, p. 21. M. Matias Ro.mero assure que le minerai est si abondant que, si ou l'utilisait même partiellement, la République deviendrait un des États les plus riches du monde sous ce rapport.
INDUSTKIK, COMMEHCE ET .NAVIGATION
L'industrie manufacturière était tout à fait rudimentaire avant la périotle nationale; la politique coloniale ne favorisait pas l'établissement de manufactures, la métropole se réservant d'approvisionner ses colonies. La situation, à cet égard, changea peu durant la sous-période révolutionnaire. Elle s'est grandement améliorée durant la sous-période pacifique. D'utiles modifications ont été apportées à la législation et à la police industrielles et commerciales : application générale du système métrique à partir de 1896; refonte, en 1890, 1896 et 1902, du régime des brevets d'invention; réglementation des marques de fabrique et de commerce, par la loi du 28 novembre 1889; institution d'une Bourse de Commerce à Mexico, en 1887; création de magasins généraux; concessions de force hydraulique. Par la loi du 150 mai 1893, le Pouvoir exécutif a obtenu le droit d'octroyer des franchises, des exemptions d'impôts directs et de certains droits de douane aux créateurs d'industries nouvelles, qui s'installeraient, conformément aux prescriptions de l'Administration, en s'engageant à mettre dans leur entreprise un capital de 200000 francs au moins.
Il a été fait mention, à propos de l'agriculture, des industries alimentaires qui sont, en général, de petites industries, telles que distilleries de spiritueux travaillant pour la plupart le niaguey, fabriques de sucre et de chocolat, brasseries, manufactures de tabac, et, dans un autre chapitre, des industries minières. Un maître d'une autorité incontestable en matière d'industrie et de travaux publics, le commissaire général de l'Exposition universelle de 1900, M. Alfred Picard, membre de l'Institut, complète ces renseignements par un exposé détaillé et précis.
D'accord avec plusieurs de ses collaborateurs, il signale tout d'abord la « houille blanche » comme étant destinée à transformer plusieurs industries auxquelles la houille noire fait défaut. Grâce aux chutes d'eau, l'usage de l'électricité pour foyer de lumière et pour source de force s'est rapidement développé.
L'industrie cotonnière, qui était florissante et même artistique avant la conquête, est encore aujourd'hui la première industrie textile. Elle est pratiquée surtout dans le District fédéral et les États de Veracruz, de Puebla, de Mexico, de Tlaxcala, de Jalisco, etc. Le sol mexicain ne lui fournit encore qu'une partie de sa matière première; elle importe l'autre partie des Etats-Unis: 1^1 millions 1/2 de kilogrammes en 1902. En l'.)00-1902, l.')5 manufactures de coton, armées de 1 150 608 broches de filature (325 026 d'ancien type, 825 582 de type moderne) et de 35 947 métiers à tisser (11772 métiers à bras, 24175 métiers mécaniques), occupant environ 50000 j)ersonnes, ont em])loyé 27 millions 1/2 de kilogrammes de matières et fabriqué 1879000 kilogrammes de fil et 10 millions 1/2 de pièces d'étoffe (1). Le progrès est rapide; ])lusieurs établissements ont ])ns un développement considérable (2).
Les industries de la laine et de la soie suivent, mais de loin, l'industrie cotonnière. La statistic[ue a enregistré, en 1902, un total de 478 établissements de fdature et tissage en tout genre.
On peut citer, en outre, parmi les fabrications les plus intéressantes, celles des cordages, des tapis et du papier confectionnés avec la fibre du maguey ou du henequen ; l'exploitation du bois et les industries qui en dérivent ; celle de la poterie, pour laquelle les anciens Mexicains étaient renommés; celle du savon, enfin celle des cuirs et peaux qui fournit certains articles d'un luxe artistique. Quelques grandes fabriques de chaussures se sont montées à l'imitation des États-Unis. Néanmoins, d'une manière générale,
(1) Le nombre des fabriques était en 1901-1902 de 155. dont 124 en activité [Anuario estad. de la Hep. mexicana, 1902).
(2) Exemple : la fabrique d'Orizaba a vendu en 1903 pour 8 millions de piastres.
CONCLUSION GÉNÉRAI. I'. :!fi7
on peut dire que les manufactures et grandes fabriques sont peu nombreuses et que la petite industrie est encore tout à fait prédominante (1).
Le tarif des douanes a été plusieurs fois remanié ; il est à la fois fiscal et très protectionniste.
La comparaison du commerce extérieur à diverses époques ne donne pas nécessairement une mesure précise de la production d'un Ltat et du progrès de cette production; cependant, elle fournit un indice utile à consulter.
Or, en 1873, on évaluait l'importation à peine à 19 millions de
(I) Voir Bulletin ofthe deparlment of Lahov, Washinglou, January. 1902. Les brevets tl'invenlion fournissent un indice du développement de l'aclivitc industrielle. 11 en a été délivré 63 en 1890, 154 en 1895, 278 en 1900, 488 en 1902 [Anuario estadistico de la Hepdblica mexicana, 1902).
Kn 1902, la Direction générale de la statistique » fait une enquête sur les établissements industriels du Mexique. C'est, dit le Dincteur, M. Antouio Pefialiel, un premier travail préparatoire et un essai. La publication faite en décembre 190S [Estadistica indu.itrial formada por la Direccion gênerai de Estadistica a. cargo del />■' Antonio Penafiel, 1002), nous est parvenue postérieurement au tirage du premier volume du Mexique au début du XX' siècle. Dans tous les pays, une statistique de l'industrie est difficile à dresser; il n'est pas étonnant que le Directeur de la statistique mexicaine considère son travail comme un simple essai d'approximation (l'État de Chihuahua n'a pas envoyé sa statistique au ministère). Néanmoins il est intéressant d'eu enregistrer ici les principaux résultats.
Le nombre total des établissements recensés a été de 6 234. Les principaux groupes sont : eau-de-vie, 1 361 ; sucre, 2 082 ; cigares, 242 ; filature et tissage du coton et de la laine, 324; filature et tissage d'autres fibres, 154 (y compris 2 établissements pour la soie); briqueterie, briques et tuiles, 287; savon, 287.
La force motrice employée dans les 6 234 établissements était de 120 989 chevaux répartis ainsi : vapeur, 66 008; force hydraulique, 32147; électricité, 17 828; air comprimé, 2. L'Etat de Jalisco occupe le premier rang avec 26 946 chevaux (dont 9668 de force hydraulique), Nuevo Leôn (15 850) et Veracruz (15 066), le second; puis Sinaloa (8 247), Puebla (7 515, dont 5 291 de force hydraulique), Coahuila (5 075).
Le nombre des ouvriers recensés a été de 117 992, dont 100 717 hommes et 17 275 femmes. Le nombre dépasse 5 000 dans les Étals suivants : Veracruz, 13 025; District fédéral, 12 077; Nuevo Leôn, 10 327; Jalisco, 9 382; Puebla, 8 326; Oaxaca,6187; Mexico, 5 835; Michoacan, 5 812.
Le salaire des hommes variait de 12 teutavos (minimum dans Tlaxcala et Guerrcro) à 3 piastres (maximum au Yucata'n, unique exception, les autres maxima ne dépassant pas 2 piastres). Le salaire des femmes variait de 6 ceutavos (minimum dans Guanajuato) à 1 piastre 50 centavos (maximum dans Coahuila et Yucata'n).
La valeur déclarée de la production (renseignement qui dans aucune statistique ne saurait prétendre à être adéquat à la valeur réelle) est au total de 144 488 941 piastres. Dans les premiers rangs se placent le Nuevo Léon avec 18 093 140 piastres, le District fédéral avec 15 692 420 piastres, Mexico avec 15 069 062 piastres, Veracruz avec 14 297 959 piastres. Durango avec 13 426 430 piastres, Puebla avec 10 370 829 piastres, etc. — .V. PicAitD et E. Levasseuh.
piastres (1) et l'exportation à 27 millions, total 'iG millions. En 1902, l'importation a été de 72 millions 1/3 (piastres d'or) (2), l'exportation de 177 millions (piastres d'argent); le total en or équivaudrait environ à 150 millions de piastres. Les machines et matériaux de construction, puis les tissus de coton, de laine, de lin et de soie, les vins, surtout ceux d'Espagne, les liqueurs et les épiceries, figurent dans les premiers rangs à l'importation. Plus de la moitié de l'exportation consiste en métaux (principalement en argent), plus du tiers en produits agricoles, animaux et végétaux, notamment en henequen, café et fruits frais.
C'est avec les Etats-Unis que le Mexique entretient le plus de relations commerciales; en 1902, près des deux tiers des importations venaient de la République nord-américaine, et les trois quarts des exportations lui étaient destinés (3).
Il existe entre Mazatlan et San Francisco un service mexicain de bateaux à vapeur. Le pavillon du Mexique, qui naguère était presque exclusivement occupé au cabotage, commence à se montrer dans la navigation au long cours sur les deux océans.
Le mouvement total de la navigation dans les ports, en 1902, a été de 15 052 navires (de 7 326 à l'entrée et de 7 526 à la sortie), jaugeant ensemble 10 millions de tonneaux (4).
(1) D'après M. Malias Romicro (p. 156) : 20 millions en 1872-1873 el23 millions ea 1873- 1874; l'exportation n'est enregistrée régulièrement que depuis 1877. En 1895-1896, l'importation a été de 42 millions de piastres consistant surtout eu cotonnades, en fer à ouvrer, en fer et acier, en vins et liqueurs, etc.; l'exportation a été de 105 millions dont 65 en métaux, 8 en calé, 7 en henequen, etc.
(2) Pendant l'année 1902, l'importation s'est élevée à 72 318 469 piastres, dont 42 millions de provenance des États-Unis, 8.6 de l'Angleterre et de ses colonies, 4.2 de l'Allemagne, 6.5 de la France, etc. ; l'exportation s'est élevée à 177 108 082 piastres, dont 134.8 pour les États-Unis, 20.5 pour l'Angleterre et ses colonies, 6.4 pour l'Allemagne, 5.5 pour la Belgique, 5.3 pour Cuba, 2.5 pour la France, etc. Voir Importacion y exportacidn de la Réptiblica mexicana, ano de lUOi, formadas por la Direcciôn gênerai de Estadistica a cargo del B' Antonio Penafiel.
(3) Voir pour le détail du commerce extérieur de 1826 à 1896, Geographical and statistical notes on Mexico, par M. Matias Romero (p. 154 et suiv.) et depuis 1896, VAnuario estadîstico de la Hep. mexicana. Au lendemain de l'émancipation, en 1826, l'importation était de 15 millions 1/2 de piastres, consistant en tissus de coton, de lin, en vins et liqueurs, etc.; l'exportation était de 7 millions 1/2, en métaux précieux, cochenille, etc.
(4) Sur les 15 052 bâtiments il y en avait 9 034 à vapeur et 6 018 à voiles; 9 840 sous pavillon mexicain jaugeant 218 200 tonneaux et 5 212 sous pavillon étranger jaugeant 7 831000 tonneaux; 10 938 chargés et 4114 sur lest.
RELATIONS EXTKHIEUHES
Depuis la proclamation do l'indépendance, le Mexicpie, devenu un Ktnf autonome, a noué, outre ses relations économicpies, des relations diplomatiques avec les autres puissances. Il l'a fait d'abord assez péniblement, parce que les dissensions intérieures n'inspiraient pas confiance aux Gouvernements étrangers.
L'liistori(|ue des relations diplomatiques et consulaires de l'État mexicain a été magistralement exposé par M. d'Estournelles de Constant, ministre plénipotentiaire, député de la Sarthe et membre de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, dont la compétence est bien connue.
Dans .son étude, l'auteur nous a montré la nation mexicaine entrant successivement, après la proclamation de son indépendance, en rapport avec les principaux Etats civilisés; puis, lors de l'intervention française, le Gouvernement du j)résident .Juarez ne conservant de relations qu'avec les Etats-Unis, tandis que le Gouvernement de l'empereur Maximilien, mis à l'index j)ar ces derniers, était reconnu par les puissances européennes; enfin, après la cluile de l'Empire, le Mexique renouant, dès 1869, avec la Prusse et l'Italie, et successivement avec l'Espagne, le Portugal, la Belgique, l'Angleterre, la France, la Suède et la Norvège, et avec l'Autriclie-Hongrie elle-même (l).
M. d'Estournelles de Constant nous a raconté l'entière réconciliation du Mexique avec l'Espagne, sa mère patrie, avec les Etats-
(I) Ce dernier événement date seulement de 1901, année où l'empereur Fr.iueois- Joseph voulut oublier la mort de son frère, tendit la main au président Porlirio Uiaz et où les tristesses du passé se trouvèrent déliuitivemeut ed'acées.
Unis et avec la France dont il a voulu oublier les agressions. Il a également montré la République mexicaine établissant des relations amicales avec tous les Etats hispano-américains, depuis le Paraguay jusqu'à Cuba, devenue libre, et réunissant dans sa capitale, en 1901-1902, le Congrès pan-américain. Il nous a riij)])olé aussi les traités d'amitié et de commerce conclus avec leJa|)on, en 189;}, et avec la Chine, en 1899, ainsi que l'établissement d'une ambassade à Washington : ce qui permet au représentant mexicain de marcher de pair avec les ambassadeurs des grandes puissances de l'Europe.
En 1904, les deux faits nouveaux, la reconnaissance delà République de Panama et l'établissement d'une légation |)ermanente à Pékin ont encore étendu le cercle des relations diplomatiques du Gouvernement.
En somme, à l'extérieur, le Mexique a conquis un rang très honorable dans le concert des nations. Constatons-le; ce pays est dès maintenant en situation de participer à la politique générale du monde. On a dit avec raison que son alliance serait désirable si une guerre survenait dans la zone intertropicale (1); en effet, quoique Etat secondaire, le Mexique, qui possède à présent force et crédit, a donné de sa valeur des preuves qui rendent son amitié précieuse.
(1) Albert Ha.ns : La guerre du Mexique selon les Mexicains.
CONCLUSION GÉNl'RAI.I'
sn
UN MOT suit L AVENIH
l.es faits sont îles éloges plus probants que les mots. Les rétlacteurs du Mexique au début du XX^ siècle ont exposé ces faits : nous venons de les résumer.
Il est incontestable que, depuis trente ans, le Mexique est entré dans une ère nouvelle, ère d'indépendance nationale qu'il ignorait pendant la période coloniale, et, en même temps, ère de paix intérieure (piTI ne connaissait plus depuis rémanci|)ation. Sous cette d(>id)le iniluence, grâce à un Gouvernement énergique et vigilant, fpn' a su empèclier tout soulèvement révolutionnaire et qui a eu le privilège de jouir d'une longue durée, propice à une restauration polilitpie, civile et économique, des progrès considérables, quelques-uns surprenants, ont été accomplis.
Les discordes civiles ayant cessé, la génération présente a grandi dans un milieu social plus sain, sur un sol politique ra(fernii ; son esprit est certainement meilleur que n'a été celui des générations précédentes. Elle a tourné davantage son activité vers les œuvres qui fortifient les nations, et, par suite d'une pratique plus régulière du travail et de la sécurité qu'a maintenant le travailleur de ne pas être spolié, la richesse a augmenté.
L'état des mœurs ])olitiques du peuple, qui se sont assagies peu à peu, autorise à penser que l'avenir de la nation et son rôle dans le monde dépendront, pendant plus d'une génération encore, de la valeur des hommes qui seront appelés à la gouverner. II importe de |)réparer de tels hommes par la pratique des affaires dans b's giandes fonctions publiques.
A l'intérieur, l'administration a été solidement organisée dans ses parties essentielles et son action se (ait sentir avec efficacité sur toute l'étendue du lerritoire. La nation a développé ses l'orccs productives et mis en œuvre, j)lus largement que par le passé, les richesses naturelles du sol. La valeur de la propriété s'est accrue dans des proportions considérables, jusqu'à décupler dans certaines villes. La grande industrie se constitue.
A l'extérieur, le Mexique, par son commerce et sa tlij)lomatie, a conquis un rang très honorable dans le concert des Etats civilisés.
Nous avons montré dans l'Introduction générale ce qu'avait été le passé du Mexique; dans notre conclusion nous venons de résumer la situation présente.
Que promet l'avenir à la République mexicaine? H serait téméraire de prétendre tirer à trop longue distance rhoroscoj)c du monde. Celui qui l'oserait |)Ourrait avoir, il est vrai, la satisfaction de penser que ni lui ni ses contemporains ne seront là, dans un siècle, pour contrôler la véracité de ses prédictions; mais il n'inspirerait guère confiance à des contemporains <\m réfléchissent. En ellet, quand on reporte sa pensée en arrière, on se demande quelgénie eût été assez perspicace pour entrevoir, en 1800, le tableau de l'équilibre démographique, ))olitique et économique des nations civilisées au commencement du xx' siècle.
Mais, sans avoir l'ambition de |)orter nos regards trop loin dans ce siècle, nous sommes en droit, en ])résence des faits accomplis, d'affirmer que le Mexique y entre sous des aus|)i<es très favorables, et que les progrès déjà réalisés sont, tout d'abord pour la génération présente, le gage de j)rogrès nouveaux.
La population s'accroît; pourquoi, si le peu])le mexicain a la sagesse de maintenir un Gouvernement fort et libéral qui assure la paix sociale, cesserait-elle de s'accroître? L'espace ne lui manque pas ; la vitalité non plus.
L'instruction se fortifie et se répand; il n'y a aucune raison pour qu'elle ne continue pas à se pro])ager.
Les salaires augmenteront vraisemblablement, soit par la
CONCLUSION GKNÉKAMÎ 373
hausse nominale ilu taux tant que l'argent servira d'étalon, soit par l'accroissement de la puissance commerciale de la monnaie, si le Mcxirpie adopte un jour l'étalon d'or. D'autre part, l'élévation des salaires créera des besoins dans la classe ouvrière. Si cette élévation devient peu à peu générale et constante, le supplément qui en résultera ne sera vraisemblablement pas dissipé en dépenses futiles, comme il le serait peut-être aujourd'hui à la suite d'un accroissement subit; le niveau moyen de l'existence, le « standard of lif'e » des Anglais, montera dans le ])euple au jirofit de la démocratie, et aussi au |)rorit de l'agriculture et de l'industrie, qui trouveront plus lie consommateurs.
La demande de bras augmentera à mesure que l'activité agricole, minière et manufacturière progressera; car il y a une étroite solidarité entic les diverses formes de l'économie sociale; la sève qui monte nourrit toutes les branches quand le tronc est sain et vigoureux.
L'agriculture a, en perspective, non seulement l'élargissement t\\i marché national, mais le placement sur les marchés étrangers de [ïroduits qui sont propres à son sol ou |)our lesquels elle peut entrer en concurrence avec les autres pays de la zone intertropicale.
Les nïines, auxquelles les chemins de fer ouvrent désormais de grands débouchés, et vers lesquelles les capitaux afflueront d'autant plus que ces débouchés seront mieux assurés, n'ont pas une moins encourageante perspective.
L'industrie et les chemins de fer tirent, aujourd'hui, de; l'étranger, à un ])rix excessif, la plus grande partie de leur charbon de terre. L'utilisation des innombrables chutes d'eau ])our l'électricité, qui a commencé depuis plusieurs années, se diversifiera et augmentera à coup sûr. Il y a là une force incalculable qui permettra peutêtre de substituer la locomotive électrique à la locomotive à vapeur, et qui, en tout cas, légitime res|)érance d'un prochain développement de l'industrie manufacturière. Ni la matière première, ni la force motrice ne manqueront.
l^es capitaux, si la sécurité continue à les attirer, et les hommes, si l'instruction les l'orme, — les hommes dont la capacité et l'énergie économique sont, de toutes les causes.de richesse et de civilisation, la plus efficiente — ne feront |ias davantage défaut, et une production plus abondante et plus variée approvisionnera le marché mexicain, en le reliant plus fortement par l'échange aux autres nations.
Ce seront autant de causes d'accroissement de richesse pour le Mexique, en même temps (pie ce sera un bien pour la civilisation et pour le commerce du monde. La prospérité d'une nation ne doit |)as porter ombrage aux autres nations. Au contraire, en considérant les phénomènes au point de vue particulier du commerce extérieur, — lequel n'est qu'un des aspects du vaste et complexe problème du progrès matériel, intellectuel et moral de l'humanité, — on constate que les échanges sont plus actifs avec les peuples qui s'enrichissent qu'avec ceux qui restent pauvres. Tous les Etats ne conservent pas nécessairement et indéfiniment le même rang; mais tous peuvent prendre leur part dans le |)rogrès général, et chacun tend, et doit tendre, à faire sa part la meilleure possible, sans pour cela amoindrir celle des autres.
Dans vingt ou trente ans, la Grande Réjmblique nord-américaine et le Canada auront à coup sûr considérablement accru leur population et leurs forces productrices. Le Mexique aura fait de même. Le monde y gagnera, et riiistoire enseignera, en toute justice, f[ue cette ère de prospérité date de la présidence du général Porfirio Diaz.
E. Levasskuk.
TABLE l)i:S MATIÈRES
DU TOMK DEUXIKMK
l'agfs
CiiKMiNs 1)1! Fkii f.t TrtAVAUX i>uni,ics C. Kranlz" 1
PosTKS KT Télécraphks (M. l^agrave' 50
MoNNAiiîs, Chanck f.t Banques A. de Finillcl 85
FiNANCKS p. Leroy-Beaulieii 115