CLASSES
La seule lecture de ce tableau donne la mesure de l'activité
déployée par la direction générale des phares mexicains depuis sa création. On en aura une idée encore plus nette par la comparaison de l'état du service en 1891 et en 1901.
Phares en service 12 40
Balises et bouées » 24
Valeurs (en piastres) 184 515 824 664
Longueur des côtes éclairées (en milles marins). . . . 277 785
Superficie de mer éclairée (en milles carrés) 2 791 12 371
Budget d'établissement (en piastres) 20000 250000
Dépenses générales (en piastres) 42973 577 093
Ingénieurs 1 13
'I Gardes-phare 16 101
Trois vapeurs, le Donato Guerra, de 350 tonnes, le Melchor Ocampo, de 498 tonnes, et le Progreso, de 32 tonnes, étaient à cette époque affectés au service des phares de l'Atlantique. En 1902, deux autres ont été acquis, l'un pour les ports de Veracruz et Anton Lizardo, l'autre pour ceux du Pacifique; un troisième, de 1000 tonnes, a été commandé.
Ajoutons enfin, pour être complet, que l'année 1902 a été marquée par l'allumage de 4 phares et 6 lumières de port, et par le mouillage de 8 Louées lumineuses sur les côtes de l'Atlantique, la mise en service de deux phares et de deux lumières de port sur le Pacifique.
V O I K s DE T E H li K
En même temps que se développait le réseau ferré mexicain, le Gouvernement fédéral se préoccupait d'améliorer et de comj)léter les voies de terre. Ces voies, sur l'étendue desquelles des renseignements précis nous font défaut, sont administrées suivant leur classement, par la Fédération, les Etats ou les municipalités. Leur amélioration ouvrait un large champ à l'activité des pouvoirs publics ; mais elle fut entravée par les charges énormes assumées par le Trésor, du fait de la construction des chemins de fer et des travaux exécutés dans les ports maritimes.
D'ailleurs, la nature accidentée du sol, les ouvrages nombreux de défense ou de protection contre les eaux et les intempéries du climat entraînent, au Mexique, pour les routes solides et d'un usage facile, des frais d'établissement et d'entretien presque aussi considérables que ceux des voies ferrées. Aussi le programme fut-il limité, en dehors de l'entretien ou de la réfection des voies })articulièrement intéressantes, à la construction de routes charretières ou de chemins muletiers reliant les villes ou bourgades aux stations de chemin de fer.
En 1895, le Gouvernement fédéral se déchargea sur les Etats et les municipalités du soin d'assurer l'entretien des voies placées sous sa juridiction, lorsque ces voies sont utilisées par un railway. Il trouva, par ce moyen, des disponibilités financières qui lui permirent de mener à bien les travaux entrepris pour doter d'un réseau de routes des régions jusque-là déshéritées et dont les rapports au Congrès donnent, chaque année, la longue énumération.
TRAVAUX I>K DEFENSE CONTRE LES EAUX UE DESSÈCHEMENT ET d'aS S AI NISSE M E N T
Le système hydrographi(|ue du Mexique se prête mal, nous 1 avons déjà dit, aux besoins de la navigation. L'instabilité du régime des eaux et leur mode défectueux de répartition, plus encore que l'énormité de la dépense, y rendent pour ainsi dire impossible la création d'un réseau de voies navigables. Tout au plus, quelques fleuves ou rivières sont-ils utilisés sur une partie plus ou moins étendue de leur parcours.
Les inconvénients d'un tel état de choses, pour les transports à longue distance, ont été rendus moins sensibles par l'établissement des chemins de fer; mais l'état sanitaire de certaines régions, la sécurité même de quelques villes, en ont été gravement allectés.
A ce double titre, des travaux d'assainissement ou de défense contre les eaux s'imposaient. On peut même ajouter que le développement économique du pays s'y trouvait subordonné, tout au moins dans la capitale, dans les principaux ports et villes frontières, où les relations avec l'étranger sont particulièrement actives.
Pour faire face aux dépenses résultant de ces travaux, une loi récente a autorisé ces dernières localités à percevoir, sur les droits de douane, une taxe additionnelle variant de I à 2 pour 100.
Déjà Mexico a été pourvu d'un réseau complet d'égouts par les st)ins d'une compagnie française. Ce travail, achevé en 1902, avec une avance de six mois sur les délais prévus au marché d'entreprise, a été salué d'appréciations flatteuses par le public mexicain, qui constatait, pour la première fois, qu'un contrat se rapportant à de grands ouvrages d'utilité publique n'avait pas eu besoin d être prorogé.
La Compagnie Pearson and Son, fermière du chemin de fer de Tehuantepec, a déjà doté les nouvelles villes de Goatzacoalcos et de Salina Cruz, d'ouvrages de même nature.
A Veracruz, les travaux d'assainissement et d'adduction d'eau potable sont achevés. « Désormais, a dit un auteur, en parlant du nouveau port de Veracruz (1), la ville aura moins à redouter les épidémies de fièvre jaune, qui lui ont fait une réputation effroyable, surtout parmi nous, durant l'expédition du Mexique. Non loin du fort Saint-Jean-d'Ulua, se trouve une petite île sablonneuse appelée Sacrificios, où reposent quantité de nos marins et soldats. Ceux-ci, par une triste ironie, l'avaient surnommée « le Jardin d'acclimatation.
« Aujourd'hui, les survivants du corps expéditionnaire, lequel a débarqué et rembarqué par là, auraient peine à reconnaître Veracruz, tant les changements et agrandissements qu'elle a subis tiennent du prodige. Le mur crénelé avec bastions sur le front de mer, qui l'enserrait, a disparu. La brise marine pénètre librement dans les rues, et des quartiers nouveaux ont surgi. La vieille forteresse de Saint-Jean-d'Ulua, élevée sous le régime colonial, pour protéger la ville contre les corsaires anglais et les flibustiers de Saint-Domingue, a été elle-même modifiée; on y a installé l'école navale et un arsenal assez bien fourni pour la jeune marine militaire du pays. »
A Manzanillo, dont l'état sanitaire était gravement compromis par le voisinage des lagunes de Cuyutlân et de San Pedrito, des canaux ont été établis. Ils font communiquer ces lagunes avec la mer et facilitent le renouvellement des eaux et l'évacuation des matières organiques qui constituaient un véritable foyer d'infection.
A Ciudad Juârez, à Matamoros, des éperons protègent la ville contre les crues fréquentes du rio Grande.
Mais l'ouvrage le plus intéressant fut exécuté, au cours de ces dernières années, en vue de protéger la ville de Mexico contre les inondations dont elle eut tant à souffrir autrefois. Les documents
(1) Albert Hans, Revue de Géographie, 1903.
CHEMINS DE FER Eï TRAVAUX PIBLICS 49
officiels le désignent sous le nom de Desagile del Valle de Mexico. La ville de Mexico est située au fond d'une vallée, de forme sensiblement elliptique, enfermée au milieu de montagnes, parmi lesquelles se rencontrent les plus hauts sommets mexicains, le Popocatepetl (5400 mètres), l'Iztacihuatl (4780 mètres), l'Ajusco (4150 mètres).
Dans la saison pluvieuse, les eaux du versant intérieur se réunissent dans les dépressions de la vallée et forment, à des altitudes différentes, les lacs de Zumj)ango, Xaltocân, San Cristobal, Texcoco, Chalco et Xochimilco. A l'exception de celui de Texcoco, tous ces lacs dominent la ville de Mexico; voici d'ailleurs, d'après les mesures les plus récentes, les hauteurs de ces divers points audessus du niveau ordinaire du lac de Texcoco, pris comme plan de comparaison :
Mexico O^Sô
Zumpango G^O
Xaltocân 2"'90
San Cristobal 2'"90
Chalco a-^Ol
Xochimilco S'-Oi
L'antique Tenochtitlan , sur l'emplacement de laquelle fut édifiée la ville de Mexico, s'élevait jadis sur un îlot, au milieu même du lac de Texcoco. Le retrait des eaux laissa la ville à sec, et des digues furent construites, non seulement pour la protéger contre leur retour, mais encore pour la défendre contre les débordements des lacs supérieurs. L'archéologue peut encore aujourd'hui voir les traces de celle que Netzahualcoyotl avait établie, vers i450, entre Ixtapalapam et Atzacoalco.
Ces digues furent insuffisantes; à plusieurs reprises, en 1580, en 1607 notamment, la ville fut envahie par les eaux.- Sous la direction de l'ingénieur Enrico Martinez, un premier travail de protection fut entrepris. Pour donner une issue aux eaux du lac de Zumpango et du rio de Cuautitlân, son tributaire, on établit à travers la chaîne de montagnes qui ferme la vallée du nord, un canal de 25 kilomètres, aboutissant au rio de Tula. La partie centrale de ce canal, entre Huehuetoca et Nochistongo, formait une
50 LE MEXIQUE AU DEBUT DU XXf SIECLE
galerie souterraine de 6600 mètres. Onze mois suffirent pour effectuer les travaux; malheureusement, le souterrain, construit dans des conditions déplorables, se trouvait obstrué quand survint, en 1629, un terrible ouragan. Les eaux du Texcoco s'élevèrent brusquement à 8 mètres de hauteur, submergeant la ville pendant cinq années consécutives. Tous les travaux antérieurs étaient à reprendre; il fallait aussi protéger la ville contre les dangers résultant du voisinage du lac Texcoco.
Le plan d'Enrico Martinez fut conservé, mais au tunnel de Nochistongo, on voulut substituer une tranchée à ciel ouvert, d'une largeur de 4 mètres au plafond, d'une profondeur maxima de 60 mètres. La réalisation de cette œuvre colossale se fit attendre pendant un siècle et demi. On construisit, en même temps, de nouvelles digues protégeant la ville contre les eaux des lacs de Xaltocân, de San Cristobal et de Texcoco, au nord et au nord-est.
D'après les documents officiels, 7095146 piastres furent affectés, de 1607 à 1822, à l'exécution de ces travaux.
Postérieurement furent entrepris, au sud, des travaux de défense contre les crues des lacs de Chalco et de Xochimilco. La construction des digues de Tlalhuac, de Mexicaltzingo, des chaussées de Culhuacan, de Tlalpam, de la Piedad, la régularisation du cours des rios de Tacubaya, de la Piedad, du Churubusco, la création du canal Garay, déversant dans le lac de Texcoco, par la lagune de Santa Maria, le trop-plein du lac de Xochimilco, tels sont les principaux ouvrages effectués en vue d'assurer la sécurité de la ville.
C'est en 1856 seulement que fut lancé, par l'ingénieur Francisco de Garay, le projet aujourd'hui réalisé, projet qui devait non seulement mettre la ville de Mexico à l'abri des inondations, mais aussi contribuer à son assainissement en conduisant ses eaux vannes hors de la vallée. Tout récemment encore, et malgré la pureté de l'air qu'on y respire, l'insalubrité de Mexico était justement redoutée. Son sous-sol argileux, où les eaux d'infiltration séjoui*nent, corrompues par les résidus de la ville, constituait pour la santé publique un perpétuel danger. Grâce au Desagûe, inauguré après bien des vicissitudes le 17 mars 1900, ces inconvénients sont déjà considérablement atténués.
L'ouvrage comprend trois parties principales : le Grand-Canal, qui est relié au réseau dégoûts de Mexico et 'se dirige vers le nord, en longeant ou en traversant les lacs de Texcoco, de San Cristobal, Xaltocân et Zumpango; — un tunnel, creusé sous les contreforts du Gitlaltepetl et du G. Xalpan; — une tranchée qui, prenant les eaux à la sortie du tunnel, les conduit au torrent d'Acatlân, d'où elles gagnent le rio Tequisquiac, le rio de Tula, le Pânuco et le Golfe.
L'exécution des travaux, retardée par des difficultés de tous ordres, techniques, financières ou politiques, ne commença qu'en 1877, sous la direction de Francisco de Garay, auteur du projet primitif, profondément remanié d'ailleurs dans ses détails.
Le canal de Riva Palacio, entre Ghalco et Tepexpan, avec une ramification sur Temacachalco, fut construit dans le quartier est de Mexico.
Suspendus pendant quelques années, les terrassements ne furent repris avec quelque activité qu'à partir de 1886, époque à laquelle l'assemblée municipale de Mexico assuma, vis-à-vis du Gouvernement fédéral, la responsabilité de l'entreprise, en même temps que la plus grande partie des charges financières.
Le Grand-Canal, commencé en 1889 par les entrepreneurs Pearson and Son, mesure, de Mexico à l'entrée du tunnel, 47 kil.527; sa profondeur est de 5'°75 à l'origine et de 21"'28 sur les derniers kilomètres; sa largeur au plafond est de 5 mètres sur les 20 premiers kilomètres et de G^ôO sur le reste du parcours; les talus sont inclinés à 45 degrés et la pente de 0°'187 par kilomètre; entre les deux points extrêmes, la différence de niveau est de 9'°G3.
Ces dimensions correspondent à un débit de 5 mètres cubes à la seconde sur les 20 premiers kilomètres et de 17'"50 sur le reste du canal, quantité suffisante pour assurer la constance du niveau du lac de Texcoco avec lequel le canal a été mis en communication, et au dessèchement duquel on renonça, dès 1882, malgré les ressources qu'aurait pu produire la vente des terrains. On constata, en efl'ct, à cette époque, que la présence de ces eaux donnait une plus grande consistance aux terrains marécageux sur lesquels la ville est assise, et contribuait à conserver leur aplomb à ses principaux édifices.
Le tunnel se développe sur 100:îl"79. Sa section cuniligne est formée par la réunion de quatre arcs de cercle, ayant respecti-
ir 7«««*«
Tement, à la voûte, 4"185 de corde et 1"570 de tlèche, sur les côtés 2"36 de corde, et au radier 2"429 de corde et 0"ô'21 de
CBClfl3r« DE FEB ET TBATACX KTBUCS
fèdbe. La kartew totale ert de 4-9K. la plas gf»i coricaiwdUt à la eoide de Tafc de ^«Me.
Le reréteaMat de la partie wpfiifu. cat «a Iriyfr. de «H»
e piems artifirieHes, de cncut de ftMtlMd et de de 0-40 d-éiwMevMrlesciâléscCdeO-SOaanAcr. La peate, de O^HOOGO sv les praien 2l7r74, est de 0 IUTZ sv le» SOI aities «maais. p«s de WOI av 1 JOO bkIrs et de O-OOiSâ amr le reste da p«roan ea ■ ■■ ' De 4» aêtics ca 400 aMtre». des prises de joar oat été fidliin piiM fiigiliii lu tiaraax et aérer le faatf Lear paoCgadear wîe de 21 BMtics à 92. seloa U eoa^antioa da aoL
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A Fcatrée da taaaf l. aae édase a trocs de basalte adotaés de mit& ifdlplf i et pilastres, penaet de icteair. ea cas de hnoâ. les caax dvs le caaaL
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monde entier. La situation sanitaire de Mexico et de ses environs s'en est profondément ressentie, et l'on peut dire que, grâce à eux, depuis le 17 mars 1900, date à laquelle le Gouvernement fédéral les inaugurait solennellement, cette cité, que sa situation et la douceur de son climat avaient déjà rendue célèbre, promet de devenir l'une des stations les plus salubres du Mexique.
Il est enfin une dernière catégorie de travaux que jusqu'ici les préoccupations du Gouvernement ont fait ajourner, mais dont la réalisation s'impose pour donner à l'agriculture des moyens efficaces de développement. Il s'agit des travaux d'hydraulique agricole, d'irrigation et de canalisation des eaux. La répartition défectueuse des eaux constitue, en effet, l'un des principaux obstacles auxquels se heurte l'œuvre de conquête et de transformation progressive des terrains cultivables. Faute d'eau, des territoires immenses sont encore inexploités; le degré de fertilité de beaucoup d'autres est considérablement amoindri. La production agricole, malgré les progrès réalisés, subvient à peine aux besoins de la population. Or celle-ci s'accroît constamment, bien qu'avec lenteur. Cette situation méritait de retenir l'attention des pouvoirs publics. Dores et déjà, on a reconnu la possibilité d'en conjurer les effets par l'aménagement agricole des eaux.
Sur de nombreux points de la Confédération, des commissions techniques étudient le régime des eaux, prévoient les mesures à prendre, préparent les projets d'exécution.
Des travaux importants sont en cours dans la vallée de Mexico.
Incessamment sera entreprise la régularisation du cours supérieur du rio Nazas. Ce fleuve, dont le régime rappelle quelque peu celui du Nil égyptien, débouche dans la lagune de Mayran. Ses alluvions en ont lentement relevé le fond; au cours de la saison des pluies, il s'étend sur des territoires immenses qu'il fertilise et laisse à sec pendant la belle saison; or il a été constaté qu'une grande partie des eaux du bassin supérieur se perdait dans un sol essentiellement perméable; les travaux hydrauliques projetés permettraient de retenir ces eaux et d'augmenter encore l'étendue des surfaces irriguées ou inondées.
Des travaux non moins intéressants sont projetés dans l'État de Jalisco, pour l'utilisation des eaux du lac de Zapotlân. Un système d'irrigation serait établi, au moyen de tunnels, de canaux et de barrages, qui permettrait de fertiliser les vallées de Sayula, d'Usmajac et d'Amatitlân, contrées aujourd'hui à peu près improductives à cause de la sécheresse. Trois grands barrages seraient, en outre, construits dans la Sierra del Tigre, et les eaux, accumulées pondant la saison pluvieuse, serviraient à l'irrigation des vergers de Zapotlân, pendant la saison sèche.