RESUME
Nous arrêterons ici cette énumération, un peu longue, bien qu'encore incomplète, des ouvrages d'utilité générale exécutés au Mexique. Elle suffit, d'ailleurs, à donner une idée de l'immense somme d'énergie qu'a déployée le Gouvernement mexicain pour concevoir, préparer et mener à bien de si grandes et si difficiles entreprises, alors que tant d'autres sujets, non moins dignes d'intérêt, appelaient sa sollicitude.
Aucune difficulté, aucun sacrifice ne l'ont arrêté dans son dessein de réaliser, dans les moindres délais, le vaste programme qu'il s'était imposé, tant il était convaincu de la nécessité de doter le pays des voies de communication indispensables à son développement économique.
Si, à l'heure actuelle, l'imjîortance des routes ne s'est pas considérablement accrue, du moins l'entretien en est-il assuré dans, des conditions convenables; les ports, en voie d'amélioration, sont régulièrement desservis; des chemins de ferles relient à la capitale et aux principaux centres. Trois lignes importantes rattachent Mexico aux réseaux nord-américains; une quatrième, actuellement en construction, reliera la capitale à la frontière du Guatemala. Déjà une première transversale met en communication les deux océans par l'isthme de Tehuantepec; à bref délai, deux autres, passant par Mexico, aboutiront à Manzanillo d'une part, à Acapulco de l'autre; les projets unissant au réseau général les ports de Mazatlân et de Topolobampo sont à l'étude ou en cours d'exécution. Toute la zone métallifère du plateau central est desservie par des voies ferrées; il en est de même des divers pays producteurs de maguey, de la côte du Golfe, pour les fruits tropicaux, le café, le tabac, la canne à sucre; des Etats de Campèche et de Yucatan, pour
le bois et les fibres, des pays d'élevage comme Michoacân, Mexico et les États du Nord.
La récompense de ces efforts ne s'est pas longtemps fait attendre.
Grâce aux facilités nouvelles données à l'activité des échanges, les relations entre les diverses parties de la République sont devenues plus intimes et plus cordiales; l'esprit particulariste des provinces, source de perpétuelle anarchie, s'est peu à peu atténué et a fait place à des sentiments plus élevés et plus nobles de solidarité nationale. L'action du pouvoir central, autrefois si précaire pour conserver l'ordre et rendre effectives les garanties individuelles, est aujourd'hui rapide et sûre; les provinces et les collectivités rurales, qui se désintéressaient du Gouvernement fédéral, voient, à chaque pas, son action infatigable en vue du bien public et le considèrent comme l'auxiliaire le plus efficace de leur amélioration, comme l'organe essentiel qui, dans l'ensemble du mécanisme politique et économi([uc du pays, assure le maintien de l'unité nationale.
De toutes parts, des villes nouvelles surgissent; les anciennes s'agrandissent et améliorent, par des travaux d'assainissement, leur installation parfois défectueuse; l'emploi de la vapeur et de l'électricité, l'introduction des procédés de construction et des perfectionnements les plus modernes en transforment tous les jours la physionomie.
Le commerce, l'industrie, l'agriculture même, bien que dans une moindre mesure, ont pris un merveilleux essor. Le travail, plus sollicité, est mieux rémunéré et procure plus de bien-être à la nation. Les transactions se multiplient, les échanges se développent de plus en plus; la diffusion rapide des produits agricoles sur tous les points du territoire rend maintenant illusoires les craintes de disette dont le Mexique eut si souvent à souffrir.
L'industrie minière, plus que toute autre, a trouvé dans l'amélioration des transports et l'abaissement de leur prix, coïncidant précisément avec le perfectionnement des procédés d'extraction et de traitement des minerais, un puissant élément de prospérité. A bon compte, les mines ont été dotées d'un outillage plus moderne.
De nouvelles régions ont été explorées et mises en valeur. La production s'est accrue dans des proportions telles que non seulement l'exportation a atteint des chiffres très élevés, mais que les nombreux établissements métallurgiques nés de l'admirable effort de la nation mexicaine, fonderies, usines, manufactures, ont été largement alimentés au fur et à mesure de leur création.
Ces brillants résultats, il n'est que juste de le reconnaître, sont dus principalement à l'ardente ténacité, à la persévérante énergie qu'ont déployée, pour doter leur pays d'instruments de transport et d'un outillage jîublic perfectionné, le président Porfîrio Diaz et ses collaborateurs immédiats, d'abord, le général Vicente Riva Palacio, le général Carlos Pacheco, le général Manuel Gonzalez Cosio, l'ingénieur Manuel Fernandez Leal, puis, en dernier lieu, M. José Yves Limantour, ministre des Finances, et le général Franscisco Z. Mena, ministre des Communications et Travaux publics.
L'œuvre colossale qu'ils ont accomplie, en un quart de siècle à peine, atteste en outre, aux yeux du monde civilisé, la vitalité puissante, l'exubérance des forces de la nation mexicaine, nouvelle venue dans la grande famille latine. C'est pour ses aînées, les nations de la vieille Europe, un exemple réconfortant de voir la sagesse avec laquelle elle a su profiter de la longue et féconde magistrature du général Porfirio Diaz pour réaliser ces améliorations matérielles, principal instrument de sa grandeur présente, gage assuré de son progrès dans l'avenir.