LIVRE 11, CHAPITRE
L'épo({tts fixée pour la nomination du prési«> dent qui devait succéder à Guadalupe Victoria, était arrivée. Ce fut le général Pedraza, ancien fflimatre de la guerre, qui l'emporta. Les Yorkinos peu satisfaits de cette nomination et à leur tête Guerrero, qui aspirait à la présidence, résolurent de renverser le nouvel élu de la nation ; le général Santa Anna commandant à Vera Cruz fut choisi pour jeter le premier cri de révolte. — Santa Anna était bien l'homme qu'il leur fallait, énergique, entreprenant, résolu, ne reculant devant aucun moyen pour satisfaire ses projets ambitieux et se créer dans la nation une grande influence.
Le général Santa Anna prit aussitôt parti pour les opposants qui allaient bientôt devenir des factieux. Rappelé de son commandement de Vera Cruz (1), il refusa d'obéir, s'empara à
(I) La Yera Cruz chef lieu dô TÉtat de ce nom sur te golfe du Mexique, à 20S kilomètres E. de Mexico. 1I.5Ù0 habitants, siège d'un riche commerce avec raurope. LéS rochers de madrépores ddnt elle est construite ont été tirés du fond de la mer. La seule eau potable est recueillie dans des citernes; le climat est chaud et malsain, des sables arides entourent la «lie; au nord et au sud s'étendent des marais mal desséchés. Vera Cruz fut fondée à la fin du dix-septième
la tête de quelques troupes de Perote (1) , et déclara que la nomination du président Pedraza n'était pas l'expression libre du vœu national.
Santa Anna fut mis hors la loi. — Battu par les troupes envoyées contre lui, il se retira dans les environs d'Oaxaca (2).
La tranquillité sembla un instant renatti'e dans la capitale, tranquillité trompeuse qui
siècle par le vice- roi, comte de Monterey, à quelque distance de la ville bâtie par FernandGortez eu 1518. La fièvre jaune y règne depuis le commencement de juin jusqu'à la fin de novembre.
(1) Perote, Bourg de TÉtat de Vera Gruz, 10,000 habitants. Ville forte, école militaire. Sa forteresse est regardée comme une des clefs du Mexique. Située près du Coffre de Perote, montagne porphyritique de /i,l94 mètres de hauteur représentant un sarcophage antique surmonté d'une pyramide à une de ses extrémités.
(2) Oaxdca^ capitale de TEtatde ce nom (riluaxyacac des Mexicains), à 320 kilomètres de Mexico, sur la gauche du Rio Verde, dans une magnifique vallée, 25,000 habitants. Siège d'un évêche. Édifices remarquables : le séminaire, le palais épiscopal, Thôtel de ville, la cathédrale, Oaxaca fut fondée par I^uoo del Mercado, un des compagnons de Fernand Cortez. La vallé d'Oaxaca fut donué par Gharles*Quiut aux descendants de Cortez, sous le titre de marquisat del Valle. Récolte abondante de cochenille, riches mines d'or et d'argent aux environs.
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n'était qu'à la surface; au fond l'orage grondait toujours et préparait les tempêtes qui devaient bientôt éclater. L'opposition, ou pour mieux dire, la révolte dont le chef caché était le général Guerrero, comprit qu'il lui fallait chercher son soutien dans les passions populaires, triste et funeste appui que les chefs de parti trouvent toujours prêt à leur venir en aide. — L'expulsion des Espagnols résidant au Mexique et la violation de leurs droits aussi sacrés que ceux des indigènes, furent le prétexte inique qui souleva les populations et remua dans les cœurs le fiel amer des souvenirs. — Le mot proscription fut le mot des révoltés, et bientôt le gouvernement, qui ne sut pas les combattre avec vigueur vit, comme toujours, se ranger autour d'eux des noms considérables appartenant à l'armée : Lobato, Zovala et le marquis de la Cadena. A eux se joignirent l'écume de la nation, masses sans nom que tout désordre traîne inévitablement à sa suite. La guerre civile commença dans la capitale et envahit les provinces, dont les unes prenaient parti pour l'insurrection, les autres pour le maintien du pouvoir menacé.
Dans Mexico on se battit avec un acharne-
ment qui rappela les luttes ^t^glan tes dès Mexl- <:aîns contre leurs doiiiinateurs. — Le tongrèà pmtesta contre de telles violences, mais lé bruit de la bataille étouffait sa voix impuissante;
— Guerreroest Arrivé avec des renforts Importants ; les rebelles ont établi une junte provl* soire, et Santa Anna a soulevé TÉtat d'Oaxaca ;
— Tanarchie est à son comble, triste pt^onofetic de désordre que l'avenir devait fatalement réa-* liser.
Devant cette formidable opposition, le président Pedraza se démet de ses fonctions et se retire dans le Guadalaxara. — Guerrero est nommé président et la vice-présidence est don* née au général Anastasio Bustamente. La force et le pouvoir étaient restés à la révolte quis'empai'a alors de tous les emplois et de toutes fonctionâ publiques en déclarant illégale l'élection du président Pedraza. — Le décret qui mettait hors la loi le généml Santa Aftna est rapporté, et les