CHAPITRE I
Le Mexique était libre enfin; — qu'allait-il faire de celte liberté?
Ses sentiments de haine commencèrent par l'aveugler, -et le décret qui bannissait des emplois publics tous les hommes de la Péninsule créait de grands embarras à cette république naissante, en ne lui laissant comme compensation que la triste satisfaction d'anéantir jus* qu'aux ttaCes de cette domination haïe dont la
nation venait de secouer le joug. Des difficultés sans nombre devaient surgir à chaque pas créées inévitablement par la brusque transition d'un régime despotique à cette liberté de la démocratie si difficile à régler. Les principaux articles de cette constitution respiraient la suspicion la plus évidente contre ceux-là même qui seraient les élus de la volonté nationale.
Les mécontents, sombres et silencieux, n'avaient pas déposé les armes et se tenaient prêts à les reprendre au premier acte équivoque. — Le Mexique rendu à lui-même après tant d'années de servitude ne respirait pas librement dans son indépendance ; la nation semblait se craindre elle-même, tout étonnée de ne plus entendre retentir à ses oreilles les cris de révolte et l'appel aux armes. — Sa tranquillité était pleine de fièvre ; aussi elle ne dura pas longtemps et la nation mexicaine, délivrée des combats qu'elle livrait à ses dominateurs, tourna contre elle-même ses propres colères et usa toutes ses forces et toute sa prospérité dans les luttes stériles et fatales des guerres intestines.
U n'est pas sans intérêt de suivre la série des mouvements révolutionnaires qui vont successivement éclater, afiu de donner une idée exacte
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de ces commotions incessantes qui depuis lors jusqu'à nos jours ébranlèrent le sol mexicain. Si les faits et les dates n'étaient pas sous nos yeux, palpables, évidents, on croirait cette histoire enfantée par un esprit malade, sans cesse tourmenté par des fantômes imaginaires et des rêves impossibles.
Nous n'entrerons pas dans le détail puéril de toutes ces agitations, il nous suffira de les constater, nous arrêtant seulement aux événements importants.
La capitulation du fort de Saint-Jean d'Uloa, le dernier refuge des dernières troupes espagnoles vint compléter, au mois de novembre 1825 le triomphe de l'indépendance mexicaine. — L'Angleterre avait reconnu la confédération mexicaine et la France y avait envoyé un agent confidentiel. — La situation de la république était donc florissante.
Sans parler de quelques troubles au Texas, qui déjà à cette époque tendait à se séparer du Mexique, troubles rapidement étouffés (1) , nous
(i) Le seul fait curieux de cette insurrection éphémère fut le traité signé le 21 décembre entre les révoltés et les tribus indiennes avoisinantes, pour défendre leur indépendance contre le Mexique.
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TOyons un complot ourdi en 1827 &ti sein même dé la capitale. Son chef, le lenoine Ai^nad, voulait replacer le Mexique sous Tautorité da roi d'Espagne. Les généraux Arana, Negrette et Echavarri furent arrêtés comme impliqués dans ce complot dont les ramifications étaient fort étendues/surtout dans le clergé. — ^Le moine' Afenas fut fusillé le 2 juin.
Mais le danger réel n'était pas dans les cons^ pirations qui chercheraient à renveraer la nouvelle forme républicaine que la nation s'était choisie, il était tout entier dans les ambitions déçues et mécontentes et dans la lutte des hommes qui aspiraient au pouvoir. — Déjà deux partis distincts se sont formés ouvertement dans Tin tel leur de la capitale pour légaliser et centraliser, pour ainsi dire, l'opposition contre le pouvoir : ces deux partis déjà puissants dans la nation se nommaient : les Escoceses et les Yorkinos.