‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 26 sur 109 · LIVRE II, CHAPITKE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITKE I

conte des Espagnols, est accouru à Vera Cruz : c'est le point le plus menacé. Il n'attend pas d'ordres, il appelle à son aide les défenseurs de la patrie, réunit autour de lui un millier d'hommes, et vole vers Tampico. Mais Barradas arrive lui aussi, au secours de cette ville, dans laquelle il n'a laissé qu'une faible garnison. Santa Anna menacé par des forces très-supérieures en nombre, échappe par la ruse à une défaite certaine, et parvient à repasser le fleuve.

Toutefois la situation des Espagnols devenait de jour en jour plus critique ; le général Barradas, désillusionné sur le concours qu'il espérait du pays lui-même, attend en vain les renforts qui lui ont été annoncés. — Les cruelles maladies attachées fatalement à ce climat, font déjà des ravages dans sa petite armée, qui commence à se démoraliser par une si longue et si stérile attente.

Les Mexicains ont réuni au contraire des forces considérables et un corps de troupes commandé parle général Téran, vient s'établir près de Tampico. Santa Anna de son côté a pris position à Las Rédras. — Menacé ainsi de tous côtéSi perdant espoir de recevoir les envois qui lui avaient été annoncés, le général espagnol.

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après quelques escarmouches sans importance, comprend qu'il ne peut résister et capitule. — Ce fut le 11 septembre 1829. L'armée espagnole mit bas les armes avec les honneurs de laguerrc et se réembarqua pour la Havane.

Stérile et honteuse tentative par sa faiblesse, qui démontra aux Espagnols qu'ils devaient re« noncer à jamais à la pensée de reconquérir cette contrée.

Ces événements qui avaient si profondément remué le pays, commencèrent la fortune de Santa Anna. On se rappela que le premier il avait couru au secours de la patrie, et les ovations populaires T accueillirent partout sm* son passage, le proclamant : Sauveur de ta patrie.

Mais si le crédit de Santa Anna allait croissant de jour en jour, le président Guerrero était abandonné par le parti même qui Tavait élevé au pouvoir. On lui reprochait de n'avoir pas pris des mesures énergiques immédiates

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contre lea tentatives des Espagnols. L'armée elle-mêuie murumra, et Fesprit révolutionnaire un instant calmé par les périls qui avaient menacé le Mexique releva la tête. En vain le président Guerrero chercha à s'opposer h l'in- ' surrection nouvelle : il s'était élevé par elle, il paissait par elle«

Comme pour relation de Pedrasa, la sienne e3t déclarée illégale.

Guerrero se retira dans le sud où il savait que sa fortune déchue conservait encore des partisans dévoués. T^ Le général Bustamente fut investi du pouvoir avec le titre de vice-président.

Mais la tranquillité qui semblait renaître au sein de la capitale était encore illusoire ; le gouvernement mexicain frappé dans ses finances par les désordres d'une mauvaise administration intérieure était sans cesse battu en brèche par les mécontentements et les ambitions diverses ; il portait en soi le germe indestructible de la guerre civile qui devait le bouleverser. Impuissant à conjurer le malaise qui résultait de toutes ces causes, il en faisait retomber Tim pitoyable responsabilité sur les chefs du pouvoir qu'il appelait tour à tour à jouer le rôle éphémère de président.

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Guerrero cependant ne devait pas tarder à reparaître sur la scène ; soutenu par un parti puissant qu'il s'était formé dans les provinces du sud , il vient les armes à la main redemander le pouvoir qui lui avait été violemment arraché.

Il est mis hors la loi et Bustamente envoie aussitôt une division contre lui. — Maisl' insurrection avait pris un véritable caractère de gravité, et bientôt elle s'étendit dans un certain nombre de provinces qui se déclarèrent contre Bustamente. Plusieurs combats furent livrés avec des chances diverses, mais la fortune se prononça contre Guerrero, après une rencontre dans laquelle le général Bravo mit ses troupes en déroute.

Ces bandes insurrectionnelles, levées à la hâte, sans discipline, sans ordre, ne pouvaient longtemps supporter des revers, et étaient toujours prêtes à abandonner celui que la fortune trahissait. Guerrero se réfugia à Acapulco, et la trahison, cette arme si commune aux Mexicains, délivra Bustamente de cet ennemi qui eût pu devenir un rival redoutable. — Un nommé Picalunga, capitaine d'un bâtiment de commerce sarde , offrit de le remettre aux mains des

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