‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 27 sur 109 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

agents du gouvernement pour une somme d'argent qui lui fut accordée. Guerrero fut en effet livré, et le souvenir des services réels qu'il avait rendus aux plus mauvais jours de la guerre de rindépendance , n'empêcha pas une condamnation à mort. — 11 fut jugé en secret dans un petit village appelé Cuiiapa et passé par les armes.

Le général Guerrero, que son ambition avait perdu méritait un autre sort, et la traljison qui le tuait souleva tous les cœurs d'une juste indignation; mais sa mort mit (in à Tinsurrection.

Le pouvoir de Bustamente se consolidaii, et les populations semblaient retrouver un calme dont elles avaient tant besoin. — Ce calme ne devait pas être de longue durée : plusieurs actes arbitraii'es excitèrent le mécontentement contre le ministère et contre le congrèslui-même, qu'on accusait de servilité. Un pronunciamentofut ré-

digé, detnandant le reuvoi des ministres, f/était le premier mot d'une insurrection ; et Ton vit reparaître à la tête du mouvement le général Santa Anna qui attendait, Timpatienoe dans le cœur, le moment de réaliser ses rôves ambitieux. ^^ Il ne pouvait être, en effet, éloigné longtemps du pouvoir, celui que les populations acclamaient, et dont le nom était déjà si grandement populaire.

Santa Anna arriva à Vera Cruz ; soutenu par toute la garnison, il envoie à Mexico un manifeste qui demande le renvoi des ministres. Le congrès s'y refuse et autorise le président à réduire au silence les nouveaux ennemis qui élèvent la voix.

C'est encore la guerre civile. — Vera Cruz a été mise en bon état de défense, et de tous côtés accourt cette masse éhontée de mécontents de toutes les classes, qui sont toujours prêts à renverser celui qui est au pouvoir, au profit d'un prétendant quel qu'il soit. — San ta Anna organisa l'insurrection avec cette activité fébrile qu'il déployait toujours dans de semblables circonstances.

Pendant ce temps, le général Calderon part de Mexico pour mettre le siège devant Vera

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Cruz et réduire les insurgés, Santa Anna confiant dans ses forces, aiguillonné, surtout par sa fatale ambition, court au-devant du vieux gé* néral, qu'il rencontre près d'une petite bourgade appelée : Tolomé, et lui livre bataille. — (laideron avait choisi une position favorable, et la victoire ne resta pas longtemps indécise. Le désordre se mit bientôt dans les troupes insur^ ifctionnelles, et Santa Anna, abandonné des siens, rentra seul et fugitif à la Vera Cruz.

Mais il était de ces hommes dont les revers, loin d'abattre l'énergie, doublent au contraire la puissance de volonté» Pendant que le vainqueur commet la faute de ne point se porter en avant, et s'arrête devant Santa Fe (1), Santa Anna a déjà rallié son armée dispersée et réorganisé ses moyens de défense; il est de nouveau prêt à combattre encore, lors- (}u'on le croit écrasé. — Quand Calderon se présente devant Bergara, qui n'est qu'à une lieue de Vera Cruz, il trouve cette ville préparée à soutenir un siège. Bientôt les

(1) Santa Fé^ ville du nouveau Mexique, près du Rio del Norte, sur un fiffluent de ce fleuve. Z(,SO0 habitants. Bâtie sur un plateau de 2,3û0 mètres de hauteuh

maladies, ces terribles auxiliaires, vinrent jeter le découragement dans Tarmée du gouvernement, et le général, la voyant décimée par la mort, môme avant la bataille, fut contraint de lever le siège. Santa Anna s'élança aussitôt à sa poursuite et marcha sur Mexico.

L'insurrection se répandait et beaucoup de provinces, s'étaient déjà rangées sous les drapeaux révolutionnaires; les états de Tamaulipas et de Tampico s'étaient déclarés pour lui.

Jamais homme ne sut mieux que Santa Anna exploiter au profit de son ambition les chances favorables qui s'offraient à lui et forcer la fortune par sa ténacité. Le général Teran, qui faisait le siège de Tampico où s'était renfermé le général Moctezuma, un des partisans de Santa Anna, apprend la marche des révoltés, et quittant subitement Tampico, vole au secours de l'armée de Calderon, qui rallie à grand peine ses troupes entre Jalapa et Vera Cruz. — Une suspension d'armes est convenue ; le but hautement déclaré du parti révolté est maintenant le renversement de Bustamente et le rappel de l'ancien prési'entPedraza, retiré auxÉtats-Unis. Santa Anna était trop habile pour jeter son ambition personnelle au travers de cette unanimité

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des provinces insurgées. Des commissaires sont aussitôt envoyés par son ordre auprès de Pedraza pour le rappeler au nom de la nation, Bustamente cherche encore à retenu- dans ses mains le pouvoir qui Tabandonne et marche en personne contre Moctezuma qu il bat, puis vient s'établir à San Luis de Potosi (1) . MaisTarmîstice a été rompu; Santa Anna de son côté a battu le général Facio qui a succédé au général Calderon et s'avance à marches forcées sur Mexico. Son approche remplit la capitale de terreur, car l'armée qu'il commande, composée d'éléments indisciplinés, ne fera pas quartier à la ville et la livrera au pillage. Heureusement Bustamente arrive à temps et Santa Anna est contraint de se replier surPuebla(2), où l'attend

(i) San Luis de Potosi, chef lieu de Tétat du Nord à 300 kil. N. N. O. de Mexico près de la source de la Tampico ZiOjOOO habitants. Edifices remarquables : église de Saint-Pierre, église du couvent des Carmes, l'hôtel des monnaies, l'aqueduc. Commerce important de bestiaux, de suif et de cuir. Mines aux environs.

(2) Puebla de los Angeles, chef lieu de l'état de Puebla à 122 kil. E.S.E de Mexico, 70,000 habitants Edifices remarquables : la cathédrale, le palais épiscopal le ci-devant collège des Jésuites, les couvents de Saint- Augustin et de Saint-Dominique, la maison de retraite spirituelle. Commerce de faïences, poterie rouge, tissus pour écharpes et châles. — Dans les

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le général Pedraza,qui vient d'arriver d'Ame* rique.

Pedraza prend le commandement en chef.

C'est alors que s'ouvrirent de nouvelles négociations ; car dans les deux camps on était également las de ces luttes sans issues. -^ Il faut aux crises révolutionnaires de certains temp» de repos, pendant lesquels elles puisent de nouvelles forces dans un sommeil apparent.

Un arrangement conciliateur fut enfin conôlu et les partis momentanément apaisés, maift non satisfaits, s'ajournèrent tacitement à uû nouveau pronunciamento.

Il fut stipulé que tous les actes législatift depuis le 1" septembre 1828 seraient confîr-mes, et que le général Pedraza serait reconnu comme président jusqu'au moment des nouvelles élections (avril 1833). — A la suite de Cette convention, les trois généraux Pedraza , Santa Anna et Bustamente firent ensemble leur entrée dans la capitale.

Ces élections devaient réaliser les rêves de Santa Anna, dont la popularité croissait chaque jour ; — il fut élu président.

environs , exploitations d'albâtre divisé en grandes ^ames pour vitres.

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