‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 42 sur 109 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

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Nous voici à un point de cette histoire étrange de la république mexicaine qui emprunte un intérêt tout particulier à la question présente et aux événements qui se sont produits et vont se produire au Mexique.

Les opérations militaires dirigées sur le territoire mexicain parla petite armée américaine, en 1847, ne peuvent être indifférentes à connaître et à apprécier, aujourd'hui que la France

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envoie ses soldats combattre là où combattirent les Américains.

En suivant ce corps expéditionnaire, on trouvera de grands points de connexité avec la route que suivront, selon toute probabilité, nos colonnes, si la continuation des hostilités les contraint à marcher sur Mexico pour s'emparer de cette capitale de la république.

Cette pensée a porté le Ministère delà Guerre de France à faire rechercher soigneusement et à traduire les documents américains relatifs à cette campagne, afin d'avoir, avec une entière exactitude, le tracé militaire de l'expédition. On a bien voulu nous donner communication de ce travail important, dû au chef d'escadron d'état-major M. Jouve. C'est ce travail qui a servi de base et de guide au récit que nous entreprenons aujourd'hui.

Il est important de résumer les faits qui précédèrent et amenèrent l'expédition américaine contre Mexico par la voie de Vera Cruz, lorsque les hostilités avaient commencé au contraire sur un autre point.

Le parlement de l'Union, en votant l'annexion du Texas aux États-Unis, n'ignorait pas que de ce vote, approuvé la même année par les répré-

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sentants du Texas, ressortirait la guerre avec le Mexique. Aussi les flottes de de l'océan Pacifique et du golfe du Mexique reçurent Tordre de se tenir prêtes à agir au premier signal, et le général Taylor vint camper avec un petit corps expéditionnaire de 4,000 hommes au nord du Rio Grande.

Après quelques négociations qui échouèrent, ce général reçut, le 12 janvier 1846, l'ordre de se porter en avant sur le Rio Grande ; — la flottille américaine l'appuyait en longeant la côte jusqu'à Matamores (1).

Les Mexicains s'étaient déjà fortifiés sur la rive droite du Rio Grande ; les Américains se fortifièrent sur la rive gauche et à la pointe Isabelle.

Le 24 avril, un premier engagement eut lieu.

Le plan de campagne des Américains était une combinaison d'attaques simultanées sur les frontières du nord, de l'est et de Touest du Mexique. Tous les ports mexicains furent bloqués. Un corps de 18,000 volontaires se for- Ci) Matamores^ ville de TÉtat de Tamaulipas, située sur la rive droite du Rio Grande, près de sou embouchure.

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mait aux États-Unis, et le général Scott était chargé de son organisation.

Pendant ce temps, la position du général Taylor était assez inquiétante sur le Rio Grande. Entouré par des forces supérieures que commandait le général mexicain Arista, il craint de voir ses communications coupées avec la pointe Isabelle, où il a établi le dépôt de ses approvisionnements et de ses munitions. Il dérobe sa marche à Tennemi, et court, avec le gros de ses troupes, renforcer cette position, laissant dans son camp une garnison peu nombreuse.

Instruit de son absence, le général Arista attaque les retranchements américains. Le commandant major Brown fait bonne contenance ; il résiste et combat énergiquement avec le petit nombre d'hommes qu'il a à sa disposition ; mais il est tué, et les municions touchent à leur fin. Il était temps que du secours arrivât : les assiégés étaient complètement investis et bora-

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bardés sans relâche. — Le général Taylor revient en toute hâte avec 2,300 liommcs ; les Mexicains se portent à sa rencontre et l'attendent à Palo Alto, dans une bonne position ; mais ils en sont bientôt délogés, malgré la supériorité de leur nombre, et après avoir eu A50 hommes hors de combat (150 tués, 300 blessés).

Le général Taylor poursuit activement sa route et le lendemain, 9 juillet, il se trouva de nouveau en face de l'ennemi à Resaca de la Palma. L'ennemi est plein de confiance dans Fexcellence de sa position, un combat sérieux s'engage de nouveau, et les Mexicains, mis en complète déroute, perdent cinq cents hommes environ et laissent un grand nombre de prisonniers aux mains des Américains. Le général Arista repasse le Rio Grande et se relire précipitamment sur la route de Monterey.

Le 18, le gros des forces américaines atteignait sur la rive gauche du fleuve au-dessous de Matamores et venait s'installer dans les positions abandonnées par les Mexicains.

Mais pendant que le général Arista s'occupe à reorganiser son armée démoralisée, la nouvelle de ces deux revers successifs arrivée à

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Mexico, y produit une terreur indicible ; les esprits s'agitent et les passions toujours prêtes à se soulever ne vont pas tarder à joindre aux graves difficultés de la situation extérieure les difficultés nouvelles d'un soulèvement intérieur. Le président Parades, pour conjurerrorage se prépare aussitôt à marcher lui-même contre les Américains à la tête d'un corps de troupes considérable; le général Arevallo a reçu l'ordre d'aller remplacer dans son commandement, le général Arista. Le président à remis ses pouvoirs entre les mains du général Bravo, viceprésident de la république ; mais les troubles augmentent, le ministère se retire, et Parades diffère son départ pour faire face à l'orage. Ce nouveau chef de la république ne devait pas conserver le pouvoir : il avait rencontré son principal appui dans l'armée, et les défaites du Rio Grande avaient ruiné cet appui. L'orgueil mexicain se vengeait sur lui de ses mécomptes. — Accusé d'avoir mené la guerre avec faiblesse et inhabilité, il voit plusieurs provinces demander son renversement et le retour de Santa Anna au pouvoir. Le mouvement de ces provinces déjà insurgées décide le prononciamento de la capitale. Santa Anna est rappelé de la Havane

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OÙ il s'était réfugié et débarque le 15 août à la Vera Cruz.

A ce moment la position était très-critique.

De tous côtés, la fortune se prononçait contre les armes mexicaines et les généraux auxquels étaient confiés les postes les plus importants les abandonnaient presque tous sans combattre. — Deux événements désastreux vinrent encore aggraver cette triste situation.

L'expédition en Californie, avait les plus rapides et les plus heureux résultats, Monterey et San Francisco se livraient sans opposition aux armes américaines, et le général mexicain Castro, qui commandait à Pueblo de Los Angelos, capitale de la province, en apprenant la reddition de Monterey et de San Francisco, s'enfuyait à Sonora sans oser combattre. Le territoire de la Californie était aussi annexé aux États de l'Union. — La conquête du Nouveau Mexique ne rencontrait pas plus de difficultés. Le général Keamy, commandant le corps d'armée de l'ouest, après une marche pénible le long de l'Arkansas et à travers les montagnes Rocheuses, entrait sans coup férir à Santa Fé et déclarait officiellement le Nouveau Mexique annexé aux États-Unis d'Amérique.

De son côté, le général Tay lor mettait le siège devant Monterey, capitale de la province duNouveau Léon, ville considérable, située au pied de la Sierra Madré sur la rive gauche de TArroyo de San Juan. — Après plusieurs attaques vigoureuses des assiégeants, cette ville capitula. Les vainqueurs et les vaincus furent mécontents. Si d*un côté, les Mexicains ne pardonnèrent pas au général Ampudia d'avoir mal défendu Monterey (1), de l'autre le gouvernement américain blâmait le général Taylor d'avoir accordé des conditions de capitulation avantageuses à une armée qui devait forcément devenir prisonnière de guerre.

Nous n'entreprenons pas de suivre les opérations militaires des Américans sur toutes l'étendue des possessions mexicaines, nous nous arrêtons seulement devant les plus importantes

(1) Monterey, capitale de Tétat du Nouveau Léon 15,000 habitanta

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pour arriver à l'expédition dirigée directement de Vera Cruz à Mexico.

Les ministres américains ne s'opposèrent pas au débarquement de Santa Anna, espérant que le nouveau président, en face des faits accomplis, serait favorable à la paix.

Usas le général Santa Anna n'était pas maître de la position : le mouvement populaire qui le ramenait au pouvoir lui imposait ses conditions. L'armée humiliée par tant de défaites, attendait et voulait une revanche. — S'il ne se déclarait pas partisan de la guerre, il perdait tout son pouvoir et toute son influence : d'ailleurs le général mexicain avait, lui aussi, à faire oublier la fatale journée de San Jacinto. — Les propositions de paix envoyées par le gouvernement des États-Unis, furent donc écartées, et des deux côtés on se prépara à continuer la guerre avec plus d'acharnement.

Dix mille hommes de renfort sont envoyés directement d'Amérique au général Taylor, et quatorze régiments de volontaires, sous les ordres du général Worth, sont prêts à paraître sur le théâtre de la guerre. — Santa Anna a pris le titre décommandant en chef de l'armée libéra-

trice; il a augmenté ses forces combattantes, et San Luis de Potosî, indiqué comme rendez-» vous général, est encombré de troupes. Leshostïliiés vont prendre une nouvelle voie, mais tout" s'annonce en faveur de T Amérique, malgré rac-" tivité que déploie Santa Anna et les mouvements de troupes qu'il concentre sur les points les plus importants. — L'armée des États-Unis avait l'avantage moral que donnent trois vic-^ toires successives, dont le souvenir devait sin-» gulièrement affaiblir la confiance des Mexl*cains. — Santa Anna entrait donc en campagne avec les chances les plus défavorables.

Le général Taylor s'est prononcé ouvertement contre un mouvement sur San Luis de Potosî, dont la possession peut être coûteuse ; la ligne la plus courte et la plus avantageuse de toutes pour atteindre Mexico est par Vera Cruz. C'est de ce côté que désormais les troupes américaines vont être appelées à agir. Le général Winfield Scott a reçu la mission de tout préparer pour l'attaque de Vera Cruz et de San Juan d'UUoa, dont la prise ouvre la route de Mexico.

Neuf régiments de volontaires sont levés pour concourir aux nouvelles opérations militaires, et le congrès américain autorise la formation

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