‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 5 sur 109 · LIVRE I, CHAPITRIS Ul · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRIS Ul

Rien dans l'histoire des guerres européennes ne ressemble à l'expédition de ce hardi aventurier.

Certes il était conduit par la destinée, celui ^i soumettait ainsi aux lois de l'Espagne, avec quelques soldats, des tribus sauvages si redou-^ tables jusqu'alors à leurs ennemis. « Elles étaient d'un nombre si considérable (raconte B. Diaz, qui faisait partie de l'expédition) , que si chacun des Indiens eût jeté seulement une poi« gnée de terre, cela eût suffi pour ensevelir tous les Espagnols. »

Mais aussi quel courage indomptable déploie ce vaillant capitaine, surtout ce courage d'une Tolonté persistante que les obstacles, les dangers, l'impossibilité mètne ne pouvaient ébranler ni arrêter en chemin ! — Débarqué sur une terre étrangère, à près de deux mille lieues de son pays natal, entouré d'ennemis innombrables, dans Un pays inconnu, Corte» a résolu de marcher en avant. Ce ne sont point seulement les Indiens qu'il doit combattre, mais aussi les hésitations, les révoltes, les découragements de sa petite troupe, qui n'a pas au même degré que son chef rirrésistible énergie d'un cœur inaccessible au doute et à la crainte.

Déjà cet esprit élevé et profond a compris tout le parti qu'il peut tirer des États rivaux et indépendants qui avoisinent l'empire mexicain, auxiliaires que leur haine contre Montézuma amènera à lui -, mais il sait aussi combien la moindre hésitation peut anéantir tous ses projets; il veut étonner ses compagnons et les lier à jamais à lui par un de ces traits d'audace qui semblent au-dessus de la nature humaine. Il envoie deux de ses plus fidèles ipcendier ses vaisseaux, et lorsque les flammes montent vers le ciel en tourbillons épais : « — Si nous ne triomphons pas, s'écrie-t-il, nous mourrons ici ! »

Ainsi tout espoir de retraite était fermé ; le salut de tous était dans la conquête, là bas, vers ces horizons lointains, dans cette vaste plaine qu'entourent un réseau redoutable de hautes montagnes aux cimes couvertes de neiges éternelles. — C'est là que s'élève Mexico, la capitale où règne ce puissant monarque dont tous prononcent le nom avec respect et terreur ; c'est là le but qu'il faut désormais atteindre, là ce royaume où les hardis aventuriers trouveront des monceaux d'or.

Le sort en est jeté, la petite troupe n'a plus qu'un cœur et une volonté, le cœur et la volonté de son chei.

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Les républiques de Tlascala et de Gholula que Cortez trouve sur son passage essayent en vain de lui résister; entraînées bientôt par ses promesses habiles, poussées parleur haine implacable contre les Mexicains, elles s'allient à lui et lui donnent de nombreux guerriers qui marchent à sa suite.

Cependant Montézuma a tremblé sur son trône puissant à l'aspect des étrangers ; car une ancienne prédiction annonce que des hommes d'une autre nature venus de l'Orient s'empareront de tout le pays. Ces étrangers qui vomissent le feu sur leurs pas senties conquérants annoncés par la voix du destin. Montézuma ne se sent pas la force d'appeler ses guerriers au combat. Le sang humain fume et coule à flots sous les mains des sacrificateurs.

Mais rien n'arrête la marche de Cortez, ni les menaces des ambassadeurs, ni leurs présents de la part du monarque indien ; le chef espagnol

approche de Mexico. Le pays qu'il traverse est fertile et abondant ; de toutes parts s'élèvent des villes, coulent des rivières, apparaissent des champs cultivés. Des oiseaux d'un plumage éclatant, inconnus à l'Europe, voltigent de tous côtés; les arbres sont couverts de fleurs ou chargés de fruits.

Bientôt la vaste plaine de Tenochtitlan (1) se

(i) la lettre suivante de Fernand Cortoz, adressée à l'empereur Charles V, le âO octobre 1520 est le plus précieux document qui ait été conservé sur Tenochtitlan.

<i La province dans laquelle est située la résidence de ce grand seigneur Moctezuma (dit Cortès), est ci rculairement entourée de montagnes élevées et entrecoupée de précipices. La plaine contient près de soixante-dix lieues de circonférence, et dans cette plaine se trouvent deux lacs qui remplissent presque toute la vallée, car, à plus de cinquante lieues alentour, les habitants naviguent en canots. De ces deux grands lacs, Tun est d'eau douce et Tautre d'eau sa'lée. Ils sont séparés Tun de l'autre par une petite rangée de montagnes qui s'élèvent au milieu de la plaina Les eaux du lac se mêlent ensemble dans un détroit qui existe entre les collines et la haute Cordillère. Les villes et les villages nombreux construits sur les bords de ces lacs commercent entre eux par des canots, sans passer par la terre ferme. La grande ville de Temixtitan (Tenochtitlan) est fondée au milieu du lac salé, qui a ses marées comme la mer. Depuis cette ville jusqu'à la terre ferme. Il y a

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déroule à ses yeux éblouis avec cette splendeur de richesse et de fertilité dont le ciel a doué ces contrées bienbeureuses. De tous côtés, ce

deux Heoes, de qvelqae côté qa'on veaille y entrer \ quatre digue«y mèoent; elles sont faites de maio d'homme et ont la largeur de deux lances (vingt pieds environ). Temixtitan est grande comme Séville on Cordoue; les rues, Je ne parle que des principales, sont droites et larges. Mexico renferme plusieurs grandes places qui servent de marchés : un d'eux entouré de portiques, est plus grand que la ville de Salamanque. Soixante mille acheteurs ou vendeurs s'y trouvent réunis ; il y a des rues uniquement occupées par des herboristes, par des orfèvres, par des joailliers, par des charpentiers, par des peintres, etc. On remarque aux différentes entrées de la ville des barrières, près desquelles se tiennent plusieurs commis chargés de percevoir les droits imposés sur les marchandises et les objets de consommation. Le peuple y est mieux et plus élégamment habillé que dans les autres villes de l'empire, parce que le séjour du monarque et des grands seigneurs y a introduit des modes particulières et des habitudes plus recherchées. La noblesse surtout y déploie un grand faste: elle se fait porter en litière et suivre dans les rues par des esclaves. Les mœurs y ont beaucoup de rapports avec celles d'Espagne ; on y remarque à peu près le môme ordre et le même ensemble La police de cette grande capitale frappe d'étonnement ; elle semble merveilleuse chez une nation barbare séparée de tous les peuples policés et si loin de la connaissance du vrai Dieu. »

sont des cités florissantes ; au milieu d'elles, la capitale de l'empire dont les temples et les édi*» fiées se reflètent dans les eaux limpides des lacs dont ils semblent sortir. Ce spectacle surprend et ravit par sa grandeur ces hommes qui n'aspirent qu'aux trésors qui leur sont promis. — Les beautés de la nature donnent malgré soi à Tâme humaine de nobles étonnements, dont elle ne peut se défendre, quelque possédée qu'elle soit par les plus cupides instincts.

Cortez s'arrêta, joignit les mains et remercia Dieu.

A mesure qu'il approchait de la capitale, les caciques et les gouverneurs entourés de brillantes escortes venaient le saluer avec respect et lui apporter des présents ; mais au fond de tous les cœurs, comme dans celui du souverain, étaient l'amertume, la haine et l'espoir de la vengeance. Tous courbaient la tête devant la volonté du destin, mais s'indignaient qu'un si petit nombre de guerriers bravât ainsi la souveraine majesté d'un redoutable euipire.

La première entrevue de Montézuma et de Cortez est pleine de démonstrations amicales. Le monarque indien lui fait apporter de nombreux et riches présents. Mais toutes ces dé-

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monstratioDS et tous ces présents cachaient des projets perfides d'extermination (1). Gortez en

(i) Bernard Diaz, qui a écrit le récit de cette mémorable expédition, entre dans de grands détails sur Tarrivée de la petite troupe espagnole à Tenochtitlan.

« La litière sur laquelle était placé Moctézuma était couverte de feulllesd*oretsurmontée d'un magnifique dais chargé de plumes vertes et que quatre seigneurs portaient sur leurs épaules; un grand nombre de nobles raccompagnaient vêtus d'un long manteau d'é* toffe de coton et portant tous sur la tête de grosses touffes de plumes de diverses couleurs. — ils marchaient pieds nuSf deux à deux, des deux cotés de la litière de Moctézuma, tenant en signe de profond respect leur yeux baissés à terre; — Tempereur, recouvert de ses habits royaux, portait sur le front une couronne d'or, de riches brodequins et un manteau constellé de lames d*or et do pierreries.

« Lorsqu'il fut à très-petite distance de Gortez, sa litière s'arrêta et les seigneurs de sa maison étendirent leurs manteaux sur la terre pour que les pieds du grand empereur ne touchassent pas le sol;— les quatre grands feudataires de la couronne le prirent dans leurs braset le remirent au bras de son frère et de son neveu, qui le soutinrent respectueusement.

« Gortez était descendu de cheval, il alla au-devant de Moctézuma, et après lui avoir adressé quelques paroles, il lui passa au cou une chaîne d'or garnie de perles et de cristaux taillés, qu'il portait lui-môme. Peu après un des officiers du monarque indien ap* porta au général deux colliers composés de coquilles de colimaçons, à chacun desquels pendaient huit mor-

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fut prévenu. -*- Dans cette immense cité où il est pour ainsi dire emprisonné, lui, le vainqueur, avec une poignée de soldats, il n'est pas sans inquiétudes, car un mot de Montézuma» et la ville entière se lève contre lui. Si les Mexicains, com«^ prenant toutes les ressources de défense qu'offre la disposition seule du terrain, brisaient les ponts, coupaient les chaussées et barricadaient les rues, tout moyen de retraite serait intercepté, et les masses des Indiens amoncelées suffiraient pour écraser, même sans combat, leurs ennemis. Gortez apprécie toute la gravité de cette situation. Pour conjurer l'orage qui le menace, il s'assure de la personne de Montézuma ; le souverain restera désormais entre ses mains, comme otage de la bonne foi des Mexicains.

Déjà le parti contraire qui tend à l'anéantissement des Espagnols, est puissant; il est fomenté par Montézuma lui-même, qui aban-

ceaux d'or d'un demi-pied de long et bien travaillés. Moctézuma les lui passa au cou. Ce prince vint revoir dans la soirée le chef espagnol à la demeure où il avait été conduit et lui fit apporter de nouveaux présents d'or, de plumes et d'un grand nombre de pièces de coton qui furent apportés. »

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c!oiine ensuite les chefs au supplice que leur réservent les vainqueurs. Le fitible monarque pressé par Cortez, s'est reconnu vassal du roi de Castille, s' obligeant à lui payer une redevance annuelle, mais l'orage gronde toujours, menaçant à chaque instant d'éclater sur les conquérants et de les eilèevelirdans leur triomphe.

C'est alors qu'apparaissent à la Vera Crux les vaisseaux que commande ^Narvaez» chargé par le gouverneur de Cuba de se saisir de Cor-* tez, ainsi qu.e de ses principaux ofiicierst pour achever la conquête au nom et pour la gloire personnelle de Velasquez.

. A cette nouvelle Cortez laisse à Mexico cent cinquante hommes sous le commandement d'Alvarado, un de ses officiers les plus énergiques et vole au-devant de Narvaez, qui s'est emparé de Cempoallai sur le bord de la rivière des Canoas. L'aventurier espagnol est toujours l'homme des résolutions suprêmes, des coups d'audace qui arrachent insolemment la victoire à un ennemi confiant dans ses propres forces ; il fond à l'improviste sur les troupes de Narvaez, les défait complètement, s'empare de ses chevaux et de son artillerie, jette Narvaez dans les

fers et se fait reconnaître par ses troupes comme capitaine général.

Maïs de grands événements qui devaient avoir les résultats les plus funestes, s'étaient passés dans la capitale du Mexique.

Le jour delà grande fête du dieu de la guerre, Alvarado, poussé par la cupidité, à la vue de l'or et des pierreries dont s'est ornée la noblesse mexicaine pour cette solennité, fond avec ses soldats sur les paisibles Indiens, les massacre pour les dépouiller, et s'empare ainsi de leurs joyaux les plus précieux. — Cet acte de barbarie fut le signal de la révolte, et peu s'en fallut que les Espagnols ne fussent tous anéantis par la fureur des Mexicains qui ne connaissait plus de bornes. Le retour de Gortez ne put rétablir la tranquillité dans les esprits.

Les attaq ues continuent chaque jour. -~

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semble que la terre enfante des soldats poar combattre; l'exaspération du désespoir a rem* placé la terreur. Les Indiens viennent se faire tuer sur la bouche même des canons. -—La voix de Montézuma est méconnue par ses sujets^ qui ont juré l'anéantissement des Espagnols. En vain ce malheureux roi veut les exhorter à la conciliation ; — c'est sa faiblesse, sa superstitieuse pusillanimité qui sont causes de tant de maux ; une grêle de flèches et de pierres est dirigée contre lui. Grièvement blessé, i meurt quelques jours après.

La position des Espagnols dans Mexico n*est plus tenable en face de cette irritation croissante qu'excitait davantage encore le nouveau souve* rain, successeur de Montézuma. Les Mexicains, instruits dans l'art de la guerre par leurs vainqueurs, sont devenus très-redoutables; ils comprennent enfin ce que peut leur nombre sans cesse renaissant contre des'ennemis épuisés par tant de combats successifs. Ils barricadent les rues et détruisent les ponts pour empècherlaretraite que méditentles Espagnols. Cora en effet décidé qu'il profiterait des ombres de la nuit pour s'éloigner de la ville. Sa troupe, surprise par les Indiens, combat en désespé-

tù tf&XIQUS GOKTKMPCmAm

fée, mais un petit fiombPô de fatltassifiii 6t quelques cavaliers échappent âeuÎB au massa^ ère/ ~ Cett6 nuit fktala fut .appelée Nûekù tfiste.

Au lever du jour, le malheureux Cortea put ap* précier le coup terrible qui le frappait au milieu des enivrements de son triomphe, et des larmes timères s'échappèrent de ses yeux, en voyant autour de lui les tristes débris de sa petite armée couveris de sang et de blessures.

. Bientôt il se trouve de nouveau à Otomba en face d'ennemis innombrables, qui veulent lui barrer le passage. Il fait une trouée sanglante au milieu d'eux et arrive enfin à Tlascala, sa fidèle alliée. Là, lechef espagnol aussi intrépide dans sa résolution que le premier jour de son débarquement sur les côtes du Mexique, reconstitue ses moyens d'attaque et forme une armée redoutable à F aide de ses puissants alliés, dont la victoire passagère des Mexicains a encore augmenté la haine.

Pendant ce temps, la capitale de l'empire s'entoure -de défenses. Les Mexicains sont résolus à périr plutôt que de voir une seconde fois le sol de cette ville qu'ils ont fondée foulé par leurs ennemis.

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Gnitlahoâtziti est morte Un neveu de M<!nité* zumai Gaateinotsii)« l'a remplacé sur le trône; il excitb et prépare ses aomtNrew guerriers au combat.

Le Si mai iô21| l'attaque commence ; les Espagnols combattent avec une grande valeur, mais tes Indiens résistent avec ténacité* *^ Quant un peuple superstitieux est décidé à mourir, la victoire est difficile \ il faut la ramasser dans des flots de sang.

Depuis plus d'un mois dure cette résistance héroïque et désespérée ; mais peu à peu les assaillants qui ont pour eux la tactique et l'organisa-* tion militaires, gagnent du terrain etresserrent de plus en plus les Mexicains. — Le sol jonché de cadavres empoisonne l'air de miasmes pestilentiels. L'heure de la prise de Mexico a sonné, et les Espagnols pénètrent dans Tintérieur de la ville, qui offre le plus affreux spectacle de dé-

solation. — Les vivants ne sont plus que des spectres aiFamés mêlés aux morts; Tempereur tombe au pouvoir de Gortez. — Alors de tous côtés la résistance cesse, et les armes tombent des mains mourantes des assiégés.

Mais l'avidité des vainqueurs fut trompée, car la ville renfermait peu de trésors: cent vingt mille onces d'or furent à peine ramassées au milieu des débris. — La fureur des soldats ne connaît plus de bornes, ils demandent à grands cris que l'infortuné empereur Guatemotzin soit mis à la torture pour déclarer où il avait caché ses trésors. Cortez veut en vain résister. On ne craint pas de l'accuser hautement d'avoir partagé avec l'empereur les dépouilles des vaincus. — Guatemotzin attachéà un arbre, est pendu par les pieds sur des charbons ardents, ainsi qu'un de ses principaux officiers. — Mais devant cette horrible torture, le courage et le mutisme du monarque indien ne se démentent pas, et son regard calme et fier brave ses bourreaux. Seulement, en entendant les cris de douleur que proférait son compagnon de supplice, il détourne faiblement la tête de son côté et lui dit :

c( — Et moi, suis-je donc sur des roses? »

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C'en était fait de l'empire du Mexique.

Après la prise de la capitale, quelques provinces seules tentèrent encore une faible rédstance, mais la cruauté des châtiments qu'imposaient les vûnqueurs pour terrifier leurs ennemis, établit sur toute l'étendue de l'Empire leur domination absolue.

Cortez, en agissant ainsi, obéissait à une nécessité politique : il voulait étouffer dans le sang le germe de toute tentative de révolte et prévenir le retour des désastres qui avaient accablé son armée. — Il ne faut pas juger avec nos idées européennes ce qui se passait il y a trois siècles, au milieu de peuples barbares qui égorgeaient sans pitié, sur les autels de leurs dieux, les prisonniers tombés entre leurs mains.

Sur des soupçons plus ou moins fondés, l'empereur Guatemotzin et les caciques prisonniers avec lui furent impitoyablement mis à mort.

De semblables captifs embarrassaient le vainqueur. — C'était un drapeau qu'il fallait briser, un dernier souvenir du passé qu'il fallait anéantir. — La mort s'en chargea.

Le grand empire du Mexique était définitivement rangé sous la domination espagnole, mer

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veilleuse conquête qui n'empêcha pas Pernafid Gortez d'être abreuvé d'amertumes et de dégoût. L'envie ne tarda pas à amener Tingrati-tude,on oublia les services du conquérant pour écouter les accusations de ses ennemis, qui le i^présentaient comme un sujet impatient du joug de la fidélité. — Après avoir été capitaine, général et gouverneur de la nouvelle Espagne, Fernand Cortex, tombé dans la disgrâce, rnoii** riit oublié et méconnu dans un village aux environs de Séville,

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