‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 6 sur 109 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Soixante-deux vice-rois gouvernèrent successivement le Mexique, qui s'appela : la Nouvelle Espagne. La civilisation européenne apporta à ces contrées ses bienfaits, ses progrès matériels pour l'exploitation et Tagrandissement des richesses inépuisables qu'elles avaient dans leur sein, mais les Espagnols firent peser sur ce pays un joug de fer.

Les vice-rois étaient des souverains absolus dont l'autorité suprême n'avait de limite que leur volonté. Peu en profilèrent pour faire le bien, le plus grand nombre n'eut pour but que de tirer de grandes richesses personnelles de cette nouvelle colonie. Les entreprises des tribus indiennes voisines qui s'étaient maintenues

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dans un état presque complet de barbarie» inquiétèrent seules quelquefois les dominateurs dans leur paisible et riche conquête : mais ces événements partiels n'eurent aucune importance sur la marche des événements ; de tous côtés la fortune souriait aux Espagnols. — Une colonie fut portée aux îles Philippines, différents comptoirs se formèrent à Manille, et un commerce actif s'établit presque sur tous les points de ces vastes contrées.

Les grands mouvements politiques du monde européen arrivaient comme de faibles échos dans ces pays lointains, et les querelles sanglantes des nations entre elles passaient comme des soufEles frémissants, sur ce peuple courbé sous une domination despotique et livrée à l'inquisition la plus sévère.

Les hautes autorités de la nouvelle Espagne loin de s'occuper du bien-être moral des masses, regardèrent au contraire comme une mesure politique de les maintenir dans l'ignorance; c'était une garantie de sécurité pour le gouvernement qui sentait remuer dans la population asservie cette aspiration instinctive vers Tindépcndance. Il est facile de comprendre quelle irritation croissante de semblables cruautés entre-

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