‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 52 sur 109 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

La seconde phase de Texpédition si heureuse du général Scott va commencer. Elle est intéressante à suivre en détail dans sa marche et dans ses combats ; car la route que suivit le général Scott est sans doute celle que suivront nos colonnes pour se rendre à Mexico.

Le général Scott a quitté Puebla de sa personne^ le 8 août. — Le même jour, il se réunissait à la division Twiggs, qui formait la tète de colonne. Par suite de Tordre de marche adopté, les différents corps^échelonnés gardent entre eux une distance de cinq heures de marche, qui leur permet de se secourir au besoin, et aussi d'éviter l'encombrement dans les chemins difficiles et inconnus que le corps expéditionnaire doit parcourir.

A partir de Puebla, la route qui conduit à Mexico serpente à travers un pays d'une grande fertilité,que couvrent des jardins magnifiques,de riches haciendas et des plantations de palmiers

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et d'aloès, jusqu'au point où Ton atteint la Terre Froide [Tierra Pria) , qui forme le dernier et le plus élevé des trois plateaux naturels du Mexique. Ce n'est déjà plus la même végétation, et celle que l'on rencontre rappelle les climats tempérés de l'Amérique du Nord.

Le corps expéditionnaire laissant au sud Cholula, arrive, après trois jours de marche, à la passe du Rio Frio, qui, selon les géographes, est située à dix mille pieds au-dessus du niveau de la men

De tous côtés s'élèvent majestueusement les crêtes des montagnes, dont quelques-unes, couvertes de neiges éternelles, se perdent dans les nuages*

Lorsque l'on quitte le Rio Frio, la route descend rapidement, et presque aussitôt apparaît la magnifique vallée de Mexico, avec son splendide panorama. — C4ette vallée, au milieu de laquelle s'étendent plusieurs lacs aux eaux bleuâtres, est enveloppée, pour ainsi dire, par une ceinture de montagnes granitiques, audessus desquelles se dressent les pics élevés des Cordillères, spectacle majestueux, plein de grandeur qui frappe et éblouit.

Pendant tout le trajet que venait de parcourir

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la petite armée uiexicaine« elle n'avait rencontré pour lui disputer le passage ou retarder sa marche,] que quelques groupes de guérillas que l'on apercevait au loin au milieu des rochers, msàs qui n'osaient tenter aucune sA^ taque.

Au milieu de la vallée, c'est Me^i^ico, la plus importante cité du continent américains (1).

La ville actuelle, dont la construction remonte à Fernand Cortez, qui l'éleva sur les débris de l'ancienne Tenochlitan des Aztèques, est à six milles du lac de Tezenco, et à six milles, extrémité nord-ouest, du lac Jochimilco. — Six grandes routes y conduirent sur différents points.

La grande route de Vera Cruz, que suivait le général Scott, longe la rive sud du lac Tezenco et entre dans la ville par le côté est. La route d' Acapulco y pénètre par la chaussée de San Antonio ; celle de Toluca, au sud-ouest, par

(1) Il y a dans la vallée cinq lacs principaux t le lac Salé, le lac Tezenco, et le lac San Ghristoval, qui du côté du nord, est séparé du premier par une langue do terre ; le lac Zumpango au nord-ouest du lac San Cristoval ; vers le sud, le lac de Jochimilco, et, au sud-est de celui-là, le lac Ghalco.

la chaussée de Tacubaya ; celle de San Cosme, à l'ouest, par lachausséedu même nom ; — deux autres routes donnent accès du côté du nord.

Enfin, outre ces cinq voies principales, il existe plusieurs chemins en chaussée conduisant à différentes villes des environs.

Disons maintenant quels étaient les préparatifs de défense exécutés par les Mexicains pour couvrir leur capitale. Ces dispositions, étaient multipliées sur les différents points où Tennemi pouvait se présenter.

Voici ce que nous trouvons dans les documents recueillis au dépôt de la guerre :

(( Mexico, depuis le commencement du mois d'août, avait été mis en état de défense. Les principales avenues, au sud et à l'est, par lesquelles on supposait que les Américains tenteraient de pénétrer dans la ville, étaient fortement gardées. Une ligne immense de retranchements s'étendait en demi-cercle du bord du lac Te-

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