LIVRE m, CHAPITRE II 1C
parti n'a pas d'écho dans la nation, qui veut combattre encore et se croit invulnérable au sein de sa capitale. — Malgré une vive opposition, Santa Anna est réélu président aux élections du 15 mai, et, reprenant tout à coup confiance, il veut croire encore à la victoire ; cette victoire il la lui faut à tout prix, pour pouvoir honorablement accepter les conditions de paix qui lui sont offertes. Il reconstitue de nouvelles forces. Le général Alvarez part avec un corps de cinq mille hommes pour intercepter l'arrivée des renforts que le général attend à Puebla.
Ces renforts sont indispensables au général en chef de l'armée américaine, dont l'effectif diminué ne se compose plus que de 6,000 hommes tout au plus. Il a appris le mouvement ordonné au général Alvarez, ainsi que l'activité que déploie Santa Anna pour couvrir la capitale avec des forces considérables ; .— il sait que les hautes autorités mexicaines ont appelé toutes les populations de la république à venir en aide à la patrie menacée, et que des proclamations énergiques inaugurent le système de la guerre à outrance.
Marcher sur Mexico dans de telles conditions,
c'eût été compromettre tous les avantages acquis de la position. — Mais, d'un autre côté, ce retard était très-fâcheux, car il permettait à Santa Anna de se reconstituer, et à ses troupes, démoralisées par la défaite du Cerro Gordo, de reprendre confiance et courage.
Déjà les guérillas se sont montrés entre Puebla et Vera Cruz et ont attaqué sans succès les convois destinés à l'armée américaine.
Enfin, les différents renforts, après avoir livré plusieurs combats sérieux aux guérillas qui battaient la campagne, arrivèrent à Puebla, où l'armée expéditionnaire se trouvait concentrée. •
La force totale du corps d'armée qui allait se diriger sur Mexico se trouva de 10,738 hommes, répartis en quatre divisions. — Une garnison de 1,400 hommes fut laissée à Puebla, avec un colonel comme gouverneur civil et militaire.