‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 72 sur 109 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'année 1856 s'écoula ainsi. — L'année 1857 continua l'œuvre de désordre, véritable robe de Nessus, attachée aux flancs mutilés de ce pauvre pays.

La révolte éclatait à San Luis de Potosi et à Tampico. — Elle éclatait aussi à Guadalajara, à Toluca et à Colima ; des bandes insurrectionnelles, devenues plus audacieuses chaque jour par l'impunité qu'elles rencontraient, parcouraient la vallée de Mexico, et se montraient même sous les murs de la capitale, jetant l'épouvante au sein de la population.

C'est avec tous ces éléments de destruction que, dans l'année 1857, la nouvelle constitution, votée par le congrès général, allait essayer

ses premières armes. — Gomonfort, qui n'occupait la présidence que provisoirement, était réélu à une grande majorité, et l'un des membres les plus avancés du parti radical était appelé à remplir les fonctions de vice-président : c était Tavocat Benito Juarez, Indien d'origine et de sang, qui depuis longtemps rêvait le bouleversement des principes conservateurs appuyés sur le clergé et l'aristocratie, au profit de la démocratie. — A peine cette constituticHi voulut-elle fonctionner, qu'elle montra tous ses vices et mit à nu ses impossibilités d'oi^anisation ; — elle devint le signal général de Tanarchie. — Dès les premières réunions du Douveaa congrès, les discussions les plus irritantes jetèrent le tumulte et la tempête dans cette assemblée, qui déjà cessait de s'entendre. Cette discussion ne tarda pas à porter ses fruits; des pronunciamentos opposés à Tordre de choses existant se succédèrent dans les provinces.

A Queretaro, c'était le colonel Mejia, — à Cuernavaca, c'étaient Vicario et Moreno qui triomphaient. Le congrès comprit toutes les menaces redoutables que renfermaient ces nouveaux soulèvements, et se déclara en perma-

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