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du sud, emmenant à sa suite des hordes sauvages d'Indiens toujours disposés au massacre et au pîDage ; de nouveaux chefs se détachèrent aussi du gouvernement de Mexico, mais pour leur propre compte, et étendirent ainsi le cercle de l'insurrection. — Une grande fermentation régnait dans l'état de San Luis de Potosi ; des bandes réunies sûr la rive américaine du Rio del Norte menaçaient sérieusement la ville de Matamoras, et Antonio Haro y Tamarez ancien ministre de Santa Anna, se prononçait ouvertement contre lui.
Il était évident que le pouvoir tendait à s'échapper des mains du dictateur, celui-ci convoqua le conseil d'État en séance extraordinaire pour avoir son avis sur l'état du pays. Le conseil d'État déclara que le pays était très-agité, mais n'apporta aucun remède à la situation. — Le clergé mexicain, menacé dans son influence par l'envoi d'un légat apostolique au Mexique chargé d'opérer une réforme sérieuse, favorisait en secret le mouvement révolutionnaire.
A tous ces éléments de désordre intérieurs, venait se joindre encore une complication nouvelle avec les États-Unis qui convoitaient sans cesse une augmentation de territoire au détri-
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ment de cette malheureuse république mexicaine, que l'anarchie livrait à sa merci. Cette fois, c'était l'achat du Yucatan qu'un agent secret venait négocier à Mexico, laissant à entendre au pouvoir, que l'Amérique pourrait bien être amenée à sympathiser avec les insurgés, si l'on ne donnait pas satisfaction à ses intérêts. — « La vente du Yucatan, ajoutait cet agent, apporterait au contraire une nouvelle force au gouvernement en augmentant ses ressources fmancières. » Santa Anna repoussa ces propositions, mais enlacé de toutes parts par le mouvement révolutionnaire dont le flot grossissant menaçait d'envahir bientôt la capitale, il ne voulut pas attendre l'heure de sa chute. — Sans doute il se rappelait le décret qui l'avait mis hors la loi, et abandonnant la république à son triste sort, il quitta Mexico le 9 août, pour aller, disait-il, réduire les révoltés de Puebla, mais en réalité pour se rendre à Vera Cruz, qu'i^ atteignit non sans périls, et où il s'embarqu^^ pour la Havane, le 14 du même mois.
Etait-ce de la part du dictateur faiblesse o^ impuissance? — On a souvent et avec raison rc^' proche à Santa Anna d'avoir fui sans cesse a. ^ moment des grands périls politiques, se préoc^
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cupant plutôt du soin de sa sûreté personnelle que des intérêts de son pays qui lui étaient confiés. Peut être n'était-ce que la connaissance approfondie des germes de discorde et de révolte que nulle main, quelque puissante qu'elle fût, ne pouvait être assez forte pour déraciner. Il savait combien était ancré au cœur de la nation cet instinct révolutionnaire qui engloutissait sans pitié celui qui osait lui résister en face. — Habile politique il ne cherchait pas à conjurer l'orage, il fuyait systématiquement devant lui et dédaignait d'user ses forces dans des luttes sans issues où tous ses rivaux s'étaient perdus.
Le départ de Santa Anna, seule digue qui retint encore le débordement des passions au sein de la capitale fut le signal des plus grands désordres.
Désormais le Mexique allait suivre inévitablement et sans trêve cette voie fatale dans laquelle il était si cruellement engagé et descendre ainsi tous les degrés de la misère et de la désorganisation sociale.
La garnison de Mexico se prononça dans le sens de l'insurrection dont Alvarez était le chef. — Mais la junte nommait le général Martin
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Carrera, président provisoire. Cet acte n'était pas de nature à calmer les provinces et les divers chefs du mouvement ; Alvarez, Comonfort, San lago, Vidaurri, Haro y Tamariz refusèrent de reconnaître ce choix fait en dehors d'eux. — Bientôt ils se réunissaient dans un accord momentané, et une nouvelle junte réunie à Cuernavaca donnait la présidence à Alvarez. Le nouveau gouvernement était loin de posséder les conditions de calme et de pacification nécessaires ; au contraire, il portait en soi les éléments de la discorde. — Les rivalités, les ambitions, les mécontentements étaient les hôtes forcés du pouvoir. — Le 17 octobre 1855, un décret convoquait une assemblée constituante pour le lu février 1856.
Mais Alvarez, avec ses allures sauvages et indépendantes, n'était pas homme à supporter patiemment ces luttes sourdes et détournées; il lui fallait l'air, l'espace et sa fougueuse liberté d'action, il se démit de la présidence et la remit entre les mains de Comonfort. Les désordres n'en prirent que plus d'intensité et des prononciamentos éclatèrent aussitôt dans les États de Guanaxuato, d'Oazaca, de Guadalaxarra. A Puebla, Haro y Tamariz se mettait à la tête de
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rinsnrrection et appelait son armée : « L'armée restauratrice de Tordre et de la liberté.» Dans le nord, Vidaurri décrétait la réunioniîes États de Cohaluila et de Nuevo Léon, dont il se proclamait le gouverneur.
C'est sous la pression de ces événements menaçants que le 18 février, le congrès constituant se réunissait dans la capitale. Le radicalisme qui avait triomphé par la révolution fit prévaloir ses idées nouvelles et augmenta par son intolérance les embarras d'une situation de plus en plus diflBcile. — Il vota tout d'abord une nouvelle constitution basée sur les principes démocratiques. C'était une désorganisation complète du système gouvernemental qui ne pouvait manquer d'amener de nouveaux éléments de luttes; mais depuis longtemps ceux que des votes éphémères appelaient à la tête du pouvoir savaient que cette puissance qu'ils ambitionnaient était minée par la tempête révolutionnaire. — Comonfort avait donc, sans hésiter, accepté l'héritage d'Alvarez et l'orage qui s'amoncelait au-dessus de sa tête ne le découragea pas. — Vers la fin de février, il partait de Mexico et se dirigeait vers Puebla, siège principal des révoltés ; il livrait sans succès un
assaut à la ville, mais de secrètes machinations firent plus en sa faveur que ses armes impuissantes. La désertion se mit dans les rangs des insurgés et plusieurs chefs importants vinrent se réunir aux troupes de Comonfort ; les autres isolés par cette trahison, n'échappèrent à une mort certaine que par la fuite. — Ils n'avaient pas le droit de murmurer, c'était la stratégie habituelle de toutes les insurrections.
Dans les provinces de Tintérieur la confusion était à son comble, et de tous côtés de nouveaux révoltés tenaient la campagne et pressuraient impitoyablement les populations. — A peinerinsurrection disparaissait-elle d'un point, qu'elle se montrait plus menaçante sur un autre.
L'importante ville de Puebla, se soulevait encore à la voix d'un nouveau chef, le général Orihuela ; mais moins heureux que ses collègues en insurrection, ce général était pris et fusillé.