LIVRE IV, CHAPITRE III
Miramon et aux personnages importants qui, assumant avec lui la responsabilité des faits qui s'étaient passés, devaient être, selon lui, jugés par les tribunaux de la République. Les médiateurs durent donc se retirer sans avoir obtenu de capitulation ; ils emportèrent seulement la promesse que Carvajal et Cueillar seraient confinés à Tarrière-garde avec leurs bandes de guérillas, qui n'auraient pas manqué de se livrer, dès leur entrée dans la capitale, aux plus déplorables excès.
Il fut décidé d'un commun accord que les ministres résidant à Mexico armeraient leurs nationaux jusqu'au jour ou un gouvernement réel serait établi dans la capitale. »
Le 24, à midi, MM. de Saiigny et Pacheco étaient de retour à Mexico. — En apprenant le résultat de leur mission, Miramon déclara que, pour ne pas compromettre plus longtemps par sa personnalité la sûreté de la ville, il se retirerait aussitôt la nuit venue. La capitale fut remise au général Berriozabal, qui fut prié par Tayuntamiento en personne de prendre en main le gouvernement de la ville et d'assurer le maintien de Tordre public.
282 MEXIOUE GONT£|fPOBAIN
Pendant ce temps, le général Miramon se préparait à quitter Mexico ; il avait réuni autour de lui quinze cents hommes, mais à peipe eut-il atteint la campagne que les derniers soldats qui l'accompagnaient se débandèrent en accla*mant la constitution fédérale. — Miramon gagna seul la côte avec quelques rares amis» et caché à tous les regards, abandonné par ses plus chauds partisans, il attendit un moment afvorable pour s'embarquer.
A trois heures du matin les premières troupes fédérales arrivaient, et dans la journée. Ortega, le général en chef de l'armée dite constitutionnelle, fit son entrée dans la ville de Mexico.
Ainsi se termina la lutte entre le parti conservateur et le parti démocratique ; -^ ce derrnier triomphait. L'avocat Juarez en était le chef ; pour la première fois, un homme n'appartenant pas à l'armée était placé à la tête du gouvernement mexicain.
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Si, par un miracle étrange, le sol mexicaip rejetait tout le sang dont il a été abreuvé depuis près de quarante années de discordes clvir Les, les populations épouvantées reculeraient devant ce flot sanglant.
II nous reste maintenant à rappeler les faits jui se sont passés depuis le jour où Juarez jouverna la république mexicaine comme chef provisoire du pouvoir exécutif, afin d'apprécier lans leur ensemble les événements qui ont imené la France, l'Espagne et l'Angleterre à mvoyer au Mexique leurs vaisseaux et leurs ioldats. De cette étude découleront naturellenent les causes qui ont rompu l'accord entre es trois puissances alliées.
Il est facile de comprendre le triste état dans equel, en 1860, se trouvait le Mexique, son sang, les ressources, ses finances, sa prospérité, sa bi en lui-même s'étaient épuisés et perdus dans :es luttes interminables dont nous avons essayé le retracer le récit, et qui depuis 1824, bouleversèrent sans relâche ce malheureux pays. — jG parti qui venait de triompher et dont le chef, tous l'avons dit, était Juarez, n'offrait pas plus le garanties que ces gouvernements éphémères enversés aussitôt qu'acclaoaés par les factions
diverses. — Que recherchait le peuple mexicain ] au milieu de ces désordres perpétuels ? il ne le 1 savait pas lui-même ; il vivait dans la guerre | civile et s'usait dans l'anarchie. Quant aux étrangers contre lesquels ce pays ne cachait point sa répulsion instinctive et ses sentiments * haineux, pressurés par des impôts arbitraires, menacés dans leurs intérêts les plus sacrés et . même dans leurs existences, ils ne trouvaient auprès des ministres accrédités par les différentes puissances européennes qu'une protec- ' tion impuissante, et c'étaient ces impôts extorqués par la violence qui servaient à entretenir et à ranimer le fatal fléau des guerres civiles.
La France, TEspagne et TAngleterre assistaient ainsi depuis bien des années à cette violation de tous les droits envers leurs nationaux. — En vain leurs représentants opposaient à cet état de choses les réclamations les plus énergiques, elles restaient sans effet; leur présence à Mexico ne servait qu'à enregistrer de nouvL'aiix griefs, auxquels venaient se joindre des dettes grossissant chaque année par l'inexécution des conventions violées ouvertement avec une audace, dowl ç.<i\x\.-la. seuls peuvent se