‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 88 sur 109 · LIVRE V, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE

les autres veulent que le congrès s'érige en convention nationale et s'empare de tous les pouvoirs. Déjà l'on proclame ouvertement l'impuissance de cette constitution de 1857, qui devait sauver le pays et ramener le calme et la paix dans son seio.

M. de Saligny écrivait à notre ministre des affaires étrangères : « Dans la situation telle qu'elle se présente et en prévision des événements qui peuvent se produire il me parait absolument nécessaire que nous ayons sur les côtes du Mexique une force matérielle suffisante pour pourvoir, quoi qu'il arrive, à la protection de nos intérêts menacés. »

Déjà en effet, tout semblait annoncer que le gouvernement n'avait d'autre but que de gagner du temps et d'éluder, sous toutes sortes de prétextes, l'exécution de ses engagements. Diverses créances qui de valent être payées dans le commencement du mois de juin, ne l'avaient pas été, et le bruit se répandait que le payement des conventions étrangères allait èire complète ment suspendu. — Interpellé àce sujet par M. de Saligny, le ministre des relations extérieures à Mexico déclara que ces bruits étaient complètement faux, et que les ordres les plus précis.

aa contraire, avaient été donnés pour que le payement de la convention française ne fût duspendu sous aucun prétexte (1).

Pendant ce temps, les réquisitions, les emprunts forcés, les exactions de toutes sortes n'indiquaient que trop la voie dans laquelle voulait marcher le gouvernement de Juarez et démentaient une semblable assertion. Bientôt cette attitude hostile se dessinait encore plus netiehiect. Le payement des diverses sommes dues par suite des fonds volés par le général DegollaJo à LagunaSeca, soit celui des &0,000 piastres de la convention Penaud saisie au mont-depiété, fut nettement refusé, malgré les engagements d'honneur contractés vis-à-vis le représentant de la France et en présence de tout le corps diplomatique, par M. Gusman et par Juarez lui-même (2).

Ceci se passait dans les premiers jours du mois de juillet 1861, et, levant enfin le masque, le congrès en séance secrète, vota, le 4 7 du même mois, une loi dont le premier article prononçait, pendant deux ans, la suspension du paye-

(1) Dépêche de M. Dubois de Saligny. Mexico, 12 Juin 1861.

(2) Dépècbe de M. de Saiigoy. 5 juiilet, 1861.

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