LIVRE V, CHAPITRE I 3i
sans. — Ces partisans avaient pour eux la logique des faits, la logique du passé ; n'avaient-, ils pas le droit de penser que le bonheur du pays, Tappaisement des discordes et la vraie condition de stabilité du pouvoir seraient dans la concentration de Tantorité suprême aux mains d'un souverain , bien plutôt que dans cette forme républicaine, pendant laquelle leur malheureuse patrie avait descendu successivement tous les degrés de l'anarchie et de la misère?
Qu'offre en effet aux esprits honnêtes et sérieux, le bilan de cette république? — Dilapidation de ses ressources, anéantissement de toutes les industries, violation de touslesdroi s, de tous les intérêts, de tous les engagements, exactions contre les propriétés privées, violences iniques contre les personnes, abaissement de la dignité nationale, diminution de territoire, c'est-à-dire séparation du Texas, du Nouveau Mexique, de la Californie, provinces importantes qui eussent puissamment contribué à sa richesse et à sa prospérité.
Peut-on sérieusement contester aux nations européennes, appelées au milieu de ce désastre par le soin de leurs propres intérêts si longtemps méconnus et pour la sécurité person-
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nelle de leurs nationaux, peut-on, disons-nous, leur contester le droit, non d'intervenir par la force pour modifier un semblable état de choses, mais d'éclairer la nation mexicaine sur ses propres intérêts, de raviver en elle le soin de sa dignité personnelle et de son honneur trop longtemps compromis, et d'en appeler ensuite à sa propre détermination librement exprimée.
Pour bien apprécier quelles étaient les intentions de la France, il n'est pas sans importance d'entrer dans quelques détails sur les instructions qui furent donnés par le gouvernement de l'Empereur au contre amiral Juriendela Gravière, investi du commandement en chef des forces militaires envoyées au Mexique.
Le but en est clairement expliqué :
« Contraindre le Mexique à exécuter des obligations déjà solennellement contractées et à nous donner des garanties de protection plus efficaces pour les personnes et les propriétés de nos nationaux. »
En instruisant le contre-amiral Jurien de la convention signée entre la France, l'Angleterre etTEspagne, le ministre français prévoyait le cas où l'occupation des ports du golfe du Mexique par les forces combinées européennes, amène-