‹ Le Mexique contemporain par le baron de BazancourtChapitre 92 sur 109 · LIVRE V, CTfAPITRE I 3ii · texte numérisé non relu

LIVRE V, CTfAPITRE I 3ii

élu. — La cause est plus sérieuse, plus élevée; elle est dans l'instinct même de la nation qui n'estpas tournée, quoiqu'on dise, vers la république, dans laquelle elle n'a trouvé que désordre, ruine et anarchie.

Si une constitutloii républicaine a couronné, en 1824, l'œuvre d'affranchissement du Mexique, il ne faut pas en conclure que le sentiment républicain avait armé le bras de la nation. — Le Mexique ne savait pas quelle forme de gouvernement le régirait dans l'avenir ; il voulait renverser une domination étrangère qui l'étouffait. Ce n'étsdt point au principe monarchique que s'adressait sa haine, c'était au des potismc étranger qui faisait peser sur lui un joug de fer, ou l'arbitraire et l'exclusion radicale de tout ce qui ne venait pas de la Péninsule, reléguait les indigènes dans la misère et dans une sorte de proscription morale, véritable annihilation plus humiliante et plus cruelle encore que l'asservissement lui-même.

N'avez-vous pas vu le peuple mexicain, après l'expulsion des Espagnols, proclamer dans la personne d'Iturbibe, la souveraineté impériale? Mais le créole Iturbibe avait combattu les Mexi-

cains pour le compte des Espagnols ; il avait été autrefois cruel, inexorable, sanguinaire pour les vaincus ses compatriotes, et son trône éphémère s'écroula bientôt sous le poids sanglant des souvenirs.

La constitution fédérative de 1824 fut, on Ta vu, une imitation de celle qui gouvernait les États-Unis. Mais ce système subitement apparu, qui succédait au plan d'Iguala, avait-il des racines sérieuses dans les entrailles du pays, dont les diverses provinces, dites de la Nouvelle Espagne, réunies sous un pouvoir unique dans les mains des vice-rois, ne s'étaient jamais gouvernées par elles-mêmes ? Il est permis d'en douter, et la république unitaire, qui se rapprochait plus de l'ancien état de choses auquel le pays était habitué, ne tarda pas à triompher. — Victime toutefois de cette fluctuation d'idées et d'ambitions rivales, elle suivit tantôt victorieuse, tantôt délaissée, les péripéties de bouleversements qui agitaient la nation mexicaine.

Au milieu de tous ces désordres, on ne pouvait méconnaître que le parti monarchique ou centralisateur, auquel se rattachait l'aristocratie et le clergé, comptait de nombreux parti-

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