HYGROMÉTRIE DES ALTITUDES
Mexico et Cuernavaca et sur le minéral de Pachuca.
De ce que nous venons de dire il résulte que les rez-de-chaussée de Mexico sont humides et que les étages supérieurs sont très-secs. On dirait, sous ce rapport, deux climats à de grandes distances. L'hygromètre en fait foi. L'instrument de Saussure s'abaisse fréquemment jusqu'à 40 degrés, à 10 mètres du sol ; tandis qu'il ne dépasse guère 55 ou 60 dégrés dans le rez-de-chaussée, et' nous parlons ici de ses migrations extrêmes. Ce qui revient à dire, d'après la table de correction de Gay-Lussac, que l'hygrométrie du niveau du sol et celle des étages des maisons sont dans la proportion approximative de 1/3 à 1/5 de saturation, en dehors de la saison des pluies.
Quand il pleut, le degré hygrométrique augmente pour quelques heures; mais il ne dépasse guère 72 degrés, ce qui, d'après la même table de correction, correspond à la demi-saturation.
Si maintenant, pour nous former une idée absolue de l'hygrométrie des altitudes, indépendamment des nombreuses surfaces d'eau qui avoisinent la capitale, nous la considérons dans la ville de Puebla, environnée partout d'un sol desséché, le résultat sera bien différent. Nous trouverons d'abord plus d'uniformité entre les rez-de-chaussée et les étages supérieurs des maisons. Les pluies y sont d'ailleurs moins fréquentes, moins durables; elles influent conséquemment d'une manière moins constante sur les variations hygrométriques; aussi la moyenne de
l'année y est-elle plus élevée vers la sécheresse, et la migration extrême de l'hygromètre plus prononcée dans le même sens. Il en est de même pour la plus grande partie du plateau. La quantité d'eau de saturation étant, du reste, en général, relative à la température, on peut dire que la sécheresse de l'air est surtout très-grande sur l'Anahuac, sous l'influence des rayons solaires.
Du reste, à Puebla comme à Mexico, et partout ailleurs sur les plateaux, il est étrange de voir la rapidité avec laquelle disparaît la saturation produite par les pluies. Aux mois de juillet et d'août, les matinées sont souvent très-sèches, tandis que les aprèsmidi saturent fortement l'atmosphère.
Quoi qu'il en soit, on peut affirmer en général que l'air des altitudes est très-sec, d'où il suit qu'il est fort avide de vapeur d'eau. Nous y comptons donc deux causes puissantes d'évaporation : la diminution de pression et la sécheresse de l'atmosphère.
Mais, ainsi que nous avons constaté que l'air, en se dilatant, absorbe du calorique, nous devons porter maintenant notre attention sur la chaleur latente de la vapeur d'eau. Or, sur ce point, l'expérimentation a parlé avec une précision sans réplique, et elle nous a appris que, pour faire passer à. l'état de vapeur un kilogramme d'eau déjà élevé à 100 degrés, il faut la même quantité de calorique qu'il en faudrait pour élever à 540 degrés ce même kilogramme d'eau, ou, ce qui est la même chose, pour élever d'un degré 540 kilogrammes de ce même liquide.