‹ Le Mexique et l'Amérique tropicaleChapitre 56 sur 66 · AFFECTIONS DES CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES CENTRES NERVEUX

pays comme une cause qui puisse favoriser les constitutions épidémiques, la tendance de ces états morbides à se généraliser sur les altitudes aux époques où les chaleurs rendent l'air plus rare prouverait, au contraire, que l'atmosphère lourde du niveau des mers est moins favorable au développement des maladies pestilentielles.

Art. VII. — Affections des centres nerveux.

Pour observer l'état nerveux à Mexico et à Puebla, il faut oublier le point de vue sous lequel on se place quand on fait la même étude au niveau de la mer. Dans les grandes villes d'Europe où les passions bouillonnent, excitent, exaltent au plus haut degré, on comprend combien le moral de l'homme ainsi altéré doit agir pour modifier l'innervation et l'asservir. Sur les hauteurs de l'Anahuac, au contraire, le calme, la quiétude d'esprit, l'indifférence habituelle ou l'oubli facile à l'égard de tout ce qui peut émouvoir, impressionner l'âme vivement ; tous ces éléments réunis nous permettent de considérer l'état nerveux comme produit climatérique, isolé de ces nombreuses influences que le moral exerce ailleurs pour le tenir sous son empire.

Nous ne pensons pas qu'il y ait un pays au monde, qui ouvre un champ plus vaste et mieux fourni aux études pathologiques sur le système nerveux. Accidents cérébraux graves ou fugaces, depuis le vertige le plus simple jusqu'à l'apoplexie foudroyante; vagues douleurs spinales sans conséquonce, ou ra-

mollissements médullaires; vapeurs hystériformes, ou attaques épileptiques indomptables; tout cela se croise, se heurte sous les yeux du praticien,affectant mille formes, se nuançant de couleurs infinies et se combinant sans cesse pour entrelacer le fond de la clinique d'un tissu de déceptions et d'amertumes.

Nous avons déjà dit, à propos de l'anémie des altitudes, ce qu'il fallait penser de l'influence des hauteurs sur le vertige et les accidents du tube digestif. Nous dirons maintenant que l'hémorrhagie cérébrale est très-fréquente sur l'Anahuac. Avant d'en être prévenu par la pratique, on ne peut manquer d'être frappé du nombre de paralytiques qu'on y voit de toutes parts. Ce n'est pas sans étonnement que vous remarquez leur constitution faible, leur visage généralement pâle, et malgré vous la curiosité vous demande pourquoi cette maladie qui, au niveau de la mer, sévit sur les tempéraments sanguins et les gens robustes, recrute ici ses victimes parmi les hommes que leur faiblesse constitutionnelle devrait en préserver. La raison est facile à donner. L'anémie habituelle prive le cerveau de son excitation normale. L'organe affaibli pour l'accomplissement de ses fonctions physiologiques, se trouve, à fortiori, hors d'état de réagir contre les engorgements veineux que des circonstances exceptionnelles dans la température ou dans le régime auront momentanément produits. La circulation ainsi ralentie presse les parois des vaisseaux et les rompt, voilà l'hémorrhagie cérébrale des altitudes. Combien nous avons

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