MALADIES PESTILENTIELLES
mosphère pure et sèche favorise le rayonnement nocturne vers les espaces planétaires, seront peu dangereux ou même complètement inoffensifs,
§ 4L Influence des altitudes sur les maladies pestilentielles.
Il n'est pas dénué d'intérêt d'examiner si les altitudes, qui sont un obstacle à l'absorption des effluves paludéennes, agissent de même sur les miasmes auxquels nos croyances attribuent le germe d'autres maladies pestilentielles.
Nous avons déjà vu que la fermentation morbide qui produit le typhus n'en est nullement amoindrie. 11 n'en est pas de même de la fièvre jaune. Tandis que nous voyons le principe qui engendre cette maladie étendre ses ravages au niveau des mers, bien loin de son foyer normal de production, il n'a jamais eu le pouvoir de franchir 850 mètres sur le versant de ces montagnes dont il désole les bases constamment infestées.
Les altitudes n'ont pas joui de cet heureux avantage contre le choléra-morbus. J'ai été témoin d'une de ses épidémies dévastatrices, en 1850, dans cette ville de Puebla où le ciel pur, la légèreté de l'air, la lumière éclatante, ne diminuèrent en rien les ravages de ce cruel fléau qui déjà avait désolé le nord du plateau, et qui s'achemina plus tard lentement vers le sud jusqu'aux rivages des deux Océans. Dans cette course terrible, ses prédilections ne se dévoilèrent sur aucun niveau, et depuis les cimes escar-
pées des Andes jusqu'aux lieux humides qui bordent la mer, invariable dans la direction de sa marche du nord au sud, il monta, descendit, remonta, descendit encore, sans s'arrêter aux barrières montagneuses qui s'offraient à son passage, et sans puiser nulle part des éléments de force ou de faiblesse.
Je fus encore témoin à Mexico, en 1854, d'une autre épidémie qui non-seulement ne fit nul cas de l'altitude, mais encore parut se rire des soins d'hygiène en montrant sa prédilection pour la classe aisée ou riche de la population. Là périt une artiste célèbre, partout regrettée et si digne de l'être. Madame Sontag, comtesse de Rossi, exhala ses dernières mélodies et son dernier soupir au milieu des calamités de cette époque tristement mémorable.
La petite vérole y a fait en tout temps de cruels ravages, et encore aujourd'hui, malgré les soins qu'on porte à propager le vaccin, cette maladie fait de nombreuses victimes.
Bien plus, on peut affirmer que, nulle part au monde peut-être, aucun pays ne donne un plus fort cachet aux constitutions médicales régnantes. D'où résulte que toutes les maladies y peuvent prendre et y prennent souvent un caractère épidémique. C'est un phénomène commun à toutes les saisons, mais qui paraît avoir sa prédilection spéciale pour les chaleurs du printemps. Loin donc que la grande densité de l'air doive être considérée dans d'autres