IMPRIMERIE RAMBOZ ET SCHUCHARDT
J'ai réuni dans ce petit volume une série d'articles qui ont paru dans le Journal ih Gfnht» sous ]a forme de feuilletons pendant la guerre du Mexique.
Ces articles, rédigés au fur et à mesure des progrès de l'invasion forment par cela même un tout assez décousu. Comme ils devaient répondre à la situation de chaque jour, ils ont perdu l'intérêt d'actualité qu'ils offraient au moment de leur publication et il s'y trouve nécessairement (les prévisions qui n'ont pas toutes été réalisées* D'ailleurs, la hâte avec laquelle ils ont été composés et livrés à la publicité les a rendus fort défectueux sous tous les rapports.
Cependant, quelques amis ayant bien voulu y trouver de l'intérêt, j'en ai fait un petit volume, pour eux plus que pour le public.
Je dois ajouter que, si quelques-unes des de cet opuscule ont pu paraître hostile France, tel n'a point été l'esprit qui les a d mais j'ai pensé que, tous les journaux fr ayant traité la question mexicaine au point français et suivant les inspirations des r officielles, les articles qui suivent ne pou offrir un intérêt réel qu'à condition de pre au public l'autre face des choses et de réta vérité des faits lorsque ceux-ci avaient été sous un faux jour.
Monsieur le Rédacteur,
Au moment où l'on se livre m Europe à bien des comment taires sur l'expédition française au Mexique, quelques détails sur ce curieux pays ne seront peut-être pas sans iotérêt pour vos lecteurs.
La campagne que la France a entreprise n'est pas un« eampagne ordinaire. Indépendamment du fail que ce n'est pas chose facile que de mener à bien une guerre au delà de l'Océan, une foule de circonstances particulières «u Mexique suffisent à expliquer la lenteur des succès obtenu jusqu'ici par l'armée française.
Cette armée ne prévoyait probablement pas les difficultés qu'elle trouverait sur sa route, et l'expédition paraît avoir été décrétée et commencée avant qu'on eût réuni des i enseignements suffisants.
Peut-être aussi le préjugé auquel peu de personnes échappent en France, et qui consiste à croire que tout peuple n'aspire qu'à être englobé dans cette grande unité dont Paris est le centre ; peut-être, dis-je, ce préjugé a-t-il fait mépriser les obstacles matériels qu'on allait rencontrer, et
fait croire que l'armée française serait accueillie ai i bras ouverts par la majorité du pays.
La déception de Tannée expéditionnaire a dû êi lorsqu'elle s*est vu traiter en ennemie par une ] qu'on lui représentait prête à acclamer son arriv celle de libérateurs. Mais' la partie une fois engag pouvait Fabandonner par la seule raison que h étaient autres que ceux qu'on prévoyait.
La ville de Mexico, qui paraît être le but vers dirige l'expédition, est située à 7000 pieds d'altiti à^dire à la hauteur du Grand- St-Bernard ; elle s 90 lieues environ de la mer, mais les difficultés d doivent faire croire à ceux qui sont appelés à la que la distance est bien plus grande enccHre. . Il n'y a pour atteindre cette ville que deux voie blés pour une armée : ce sont celles qui relient 1 •avec le pert de Vera*Cruz, et encore ces deux n orment qu'une sur le dernier tiers du parcours tout le Mexique soit sillonné de nombreux sent armée ne saurait passer ailleurs que sur la route p les autres chemins n'étant praticables qu'à des mexicains, habiles dans l'art de faire escaladei mules les plus affreux couloirs. Pendant la s< pluies, la circulation est même dans beaucoup < complètement interrompue.
Les deux routes de Vera-Cruz à Mexico sont di chaussées qui avaient été fort bien établies par 1 gnols, mais qu'une longue incurie a laissé détéric
ilufieui's points, elles ne sont gjère reconnaissahles qu'aux >i-nières qu'y creusent tes chariots de roula^. Ces routes traversent, iorstju'oa se dirige de l'Est i il'Ouest, trois régions d'un caractère bien distinct : ce sont i-d'abord les terret chmtdei, plaine basse et sabionneuee de ' 4 S à 30 lieues de largeur, où règne une atmosphère brûlante et où sévit la lièvre jaune. On rencontre ensuite des pentes montagneuses rapides, qu'on ne franchit qu'après un parcours d'une vinglaine de lieues, et qui conduisent. des plaines basses du bord de la mer aux plaines ' élevées du plateau. Ces pentes forment la seconde région ou la seconde zone, tandis que le plateau, situé & 6500 ou 7000 jiji'ds d'altitude farme la troisième. Dans la preoiière de ces zones, il ne pleut guère qu'en été. et on y voit alors éclater un orage quolidien. Dans la seconde, H 1 'pleut en toute saison avec une singulière continuité; ea ' ëté, ce sont des orages quotidiens ; en hiver, une pluie fréquente et qu'on pourrait presque dire chronique, accompagnée d'un brouillard glacial; c'est seulement au printemps que la saison y est un peu sèche. Dans la troisième xone, c'esl-à-dire sur le plateau, qui porte aussi le nom de titres froidei. il ne pleul guère qu'en éti^ ; en hiver, il y gèle ta nuit, tandis que le soleil dessèche assez les plaines pendent la Journée pour les faire ressembler à une sorte de ' Sahara.
' La route de Mexico se bifurque déjà aux portes de Vera- ' Cruz, en sorte que l'ascension du plateau peut se faire par ' deux voies différentes, dont l'une, se dirigeant au tiud-
Ouest, passe par Orizaba, tandis que l'autre, celle du Nord ^ Ouest, suit la direotion de Jalapa et de Përote. C'est éf^ ^ le triangle formé par ces deux routes que s'élèvent deux fraudes montagnes, le Coffre de Péroteetle Pio d' rizaba, qui couronnent la Cordillère et bornent le plateii I l'Est. Après avoir atteint ce plateau, les deux routes question convergent de nouveau Tune vers l'autre et réunissent à Amozoe, à quelque distance de Puebla.
Au delà des plaines basses, qui appartiennent encore à li pkge de l'Océan, commence cette succession non in rompue de pentes rapides, de gorges, de parois de rochenJ 1 entremêlées de petites vallées, étagées e» gradins, aiiz< quelles on n'arrive qu'à travers des défil(^s étroits et Moduisent, après une longue ascension, dans les plein êavertes du plateau. Pour peu qu'on se rende compte de nature du terrain qu'avait à franchir l'armée française, n'aura pas de peine à se convaincre qu'une troupe dé minée aurait fiieilement pu lui barrer le chemin sans Imsser arriver aux portes de Puebla avant de lui offrir un« résistance sérieuse.
La route qui passe par Orisaba, c'est-à-dire celle qui m trouve le plus au Sud, rencontre déjà, à une vingtaine dfl lieues de Vera-Cruz, le petit col de Chiquehuite, où elk est taillée en corniche. Elle conduit ensuite dans la riche vallée de Cordova. C'est ici que les fièvres malignes de la côte disparaissent entièrement, mais non les fièvres Intermittentes qui régnent encore souvent avec une grande ntensité sur tout le versant de la Cordillère et jusque près
fu bord da plateau. Le gradin d'Orizaba fait suite à celui r6€ordovft; il est situé à plus de 1000 pieds au-dessns U premier. Entre ces deux étages de la Cordillère 8*étentf nt des parois de rochers qtie Ton gravit par une route en Mets, où une poignée d'hommes pourrait fîBire une résisânce efficace contre toute une armée. La ville d'Orizaba 5t elle-même située dans une vallée en forme de cul-de-sac, ominéede tons côtés par de hautes montagnes ne permetnnt d'y péâéirer de droite et de gauche que par des gorges fcroites faciles à barrer. Cette vallée n*a proprement d'issue u'à l'Est, sur la descente de Cordova, en sbrte qu*une rmée, enfermée à Orizaba, si elle venait à être entièrement oupée de la mer, se trouverait prise comme dans une aon-icière. Si donc le corps du général de Loreneez, qui s'e8^ m quelquefois dans cette position, n'a pas été enlevé >ar l'armée mexicaine pendant son long séjour dans la «allée d'Orizaba, il ne faut l'attribuer qu'à la complète ine|H* ûedeschefe mexicains. A Orizaba, on est à mi-côte dd' plateau, et on a encore devant soi la partie la plus at*dae :^e l'ascension.- La vallée se prolonge, il est vrai, & KOuest, dans la profonde gorge d'Aculcingo, mais cette '^rge se tomine elle-même par un cul-de-sac au pied de rochers i |)ic formant les bords du plateau. Aussi, à partir de ce point, la route est de nouveau taillée en corniche en divers endroits, sur un parcours de quelques lieues ; c'est le défilé connu sous le nom de Cumbrès. En obstruant simplement ia voie, ou mieux en la coupant et en faisant sauter la corniche dans les endroits les plus dangereux, quelques batafl-
Ions arrêteraient toutes les troupes qui pourraient se pré seoter pour franchir le passage. Il est vrai qu'un seotii passant par Haltrata conduit, un peu plus au Nord, sur H plateau de Chalchicomula ; mais cette voie, praticable peJ des tirailleurs seulement, est aussi très-facile i défendra La grande route, après avoir gravi les rochers qui temn' nent le cul-de-sac d'Aculcingo, redescend dans la haute de Puente-Colorado, couverte de forêts de ch très-propice aussi pour une défense militaire. Cette va est encore suivie de nouvelles éminences rocheuses d' accès difficile. Ajoutons qu'une armée étrangère, tenue dans ces défilés imprenables, manquerait de moyen de subsistance, car ces montagnes sont inhabitées et elle n'y trouverait nul abri contre les pluies continuel^ qui y régnent.
La route de Jalapa n'est pas beaucoup plus favorabk que celle d'Orizaba pour une armée envahissante. A parti des bords de la mer, elle y rencontre une suite non interrom pue de positions où des troupes un peu solides pourraien disputer chaque pouce de terrain. Déjà i Puente Nacio nal, à dix lieues de Vera-Cruz, la route est coupée pa une gorge où l'on peut obliger l'ennemi se dirigeant su la capitale à livrer bataille dans les conditions Ls moi avantageuses pour lui, et où il aurait de la peine forcer la position. A quelques lieues plus loin, à Plan d Rio, on trouve une autre gorge du même genre, et immé diatement après on rencontre le fameux défilé de Cei Gordo, où l'armée américaine fut longtemps arrêtée par la
roupes de Santa-Anna. D^ Jalapa jusqu'à la Funda de las ^igas, la route 8*élève sur un plan fortement incliné qui, uoique ne présentant pas des positions aussi formidables [ue celle des rochers d*AcuIcingo, offrirait cependant à un K)n général bien des facilités pour une défense efOcace.
Mais une fois qu*on a réussi à franchir toutes ces posiions, les obstacles naturels diminuent beaucoup; on se trouve sur le plateau et on ne rencontre que de vastes plaines sablonneuses ouvertes et praticables en tous sens. Là, une armée entière peut au besoin cheminer à travers champs et sans s'inquiéter s'il existe ou non des routes. Comment peut-on donc concevoir que les Mexicains, qui paraissent pourtant décidés à se défendre , aient laissé passer près de six mois pendant lesquels, à partir d'Orizaba, ils n'étaient point inquiétés j sans mettre ce temps à profit pour élever des retranchements sur le versant de la Cordillère, c'est-à-dire dans cette paitie du pays dont la nature a déjà fait une citadelle? Comment surtout expliquer le goût qu'ont les généraux mexicains de se battre en plaine à coups de canon aux portes de Puebla, tandis que, placés au milieu de leurs rochers, ils auraient presque pu arrêter l'ennemi à coups de pierres ? Je vais essayer de répondre à ces questions, que bien des personnes se posent sans doute en Europe.
Malgré la nature montagneuse d'une partie du pays qu'il habite, le Mexicain est loin d'être montagnard, et voici pourquoi. D'abord les montagnes du Mexique n'offrent pas les mêmes dangers, ni les mêmes difficultés d'esedade que
celles qui composent la chaîne de nos Alpes. Puis le pays est loin détre partout accidenté , comme la Suisse , par exemple. A côté des montagnes, s'étendent d'immenses plaines parfaitement plates. C'est dans ces plaines que l'homme a préféré fixer sa demeure ; c'est là qu'il a bâti ses villes et ses villages, abandonnant complètement les pentes sur lesquelles il est plus difficile de se mouvoir. Il en est résulté qu'il a pris l'habitude de vivre à cheval, de marcher peu et de ne pas se fatiguer à grimper sur les montagnes, qu'il ne franchit jamais qu'à l'aide d'une bonne monture. On peut dire que le Mexicain se trouve mal à l'aise lorsqu'il esta pied; aussi de tout temps il a préféré se battre en plaine ei achevai, négligeant ainsi de se servir des avantages stratégiques que lui- offre la configuration de son sol. Il ne corn* prend guère, en fait de position, que celles qui peuvent se défendre de loin au moyen de l'artillerie, et il ne paraît pas se douter qu'il est bien plus aisé de rendre une routé impraticable à l'ennemi ou de défendre un défilé à coups de carabine.
11 paraît cependant que les généraux mexicains ont eu l'intention de défendre les Gumbrès, ce défilé dont j*ai déjà parlé, et qui se trouve au delà d'Orizaba, car ils y avaient élevé quelques ouvrages en terre. Mais lorsqu'ils virent l'armée française gravir la Cordillère simultanément par les deux routes, ils perdirent courage, se crurent déjà tournés par Jalapa et Pérote, et abandonnèrent leurs retranchements sans coup férir.
Il est hors de doute que la véritable défense du Mexique devrait se faire sur le versant de la Cordillère. C'est là que
^vraientétre les forts et non pas au bord de la mer. On ^ut donc se demander pourquoi TEspagoe, alors qu'elle ossédait le Mexique, a mis tous ses soins à fortifier Tilot e Saint- Jean-d'UUoa et à créer là, en face de la Vera- Iruz, une forteresse qui ne peut empêcher le débarquement ur d'autres points de la côte. Etait-ce dans le but unique ^ défendre sa colonie contre Tétranger? C'est possible, car, lans le siècle passé, tous les stratégistes voulaient faire de A guerre une science précise, et s'imaginaient, comme les Kfexieains d'aujourd'hui, quoique par des raisons tout aureSf qu'on ne pouvait se battre qu'en plaine ou derrière des :*etranchements élevés de main d'homme.
On comprend aussi que l'Espagne ait attribué une l^rande valeur au fort d'Ulloa, à une époque où la naviga-* Uon à vapeur n'était pas connue, et où les dangers inhérents au golfe du Mexique rendaient un débarquement sur la plage plus difficile que de nos jours ; mais cette forteresse avait pour die une autre importance encore. C'était un» ;K)iot d'appui solide pour les soldats de ta métropole en cas l'insurrection, et il est à supposerque le fort d'Ulloa était lirigéeontre la Nouvelle-Espagne eileméme» au moins au^ ^nt que contre l'ennemi du dehoffs. Lorsque la révolution fàwxr l'indépendance eut triomphé partout au Mexique, le tortd'.Ulloa finit par être le seul point où les troupes espagnoles purent encore tenir. Pendant plusieurs années, de ce seul et dernier pied-è-terre dans son ancienne colonie, l'Esl>agne percevait encore les droits de douane sur tous les vaisseaux qui, pour trafiquer avec la Vera*Cruz, étaient
.^ coûtées à l*Espagne (i), soit par le siège prolongé que la nisen espagnole y avait soutenu contre les forces insurionnelles du Mexique. Aussi, lorsqu'on apprit à Paris la redoutable forteresse, s'était rendue après une courte >nnade, on n'y mit pas en doute que ce ne fût là un suc- <les plus glorieux pour la marine française.
le n'est donc pas i^ur la côte, mais bien sur le versant la Cordillère, dans ces défilés qui seuls donnent entrée pays et conduisent aux abords des grandes villes, qu'est 'éritable ligne de défense du Mexique.
y est là qu'on aurait pu élever des forteresses imprenas> qui ne le céderaient en rien pour la position à celles i la France possède sur ses frontières, telles que le Fort-
(1) L'Espagne eut pendant longtemps la manie d'élever j^rands frais des forteresses formidables sur les côtes de i colonies transatlantiques, sans songer qu'il aurait mieux lu se rattacher ces colonies par d autres liens que la linte» et les intéresser elles-mêmes à se défendre contre tranger. Les forteresses duMorro, entre autres, qui prônent l'entrée du port de la Havane, ont englouti des nmes incalculables. On raconte que le roi Charles III, 'es s'être un jour fait montrer un mémoire relatif au coût ces immenses constructions, s'approcha d'une fenêtre et iqua une lunette d'approche sur l'horizon : t C'est singulier, dit-il, je ne vois pas ces forteresses. • — c Mais, Sire, lui objecta le capitaine général qui se trouvait là, elles sont aux Indes, i — • Sans doute» répondit le roi, mais elles m'ont coûté tant d'argent que je pensais qu'on les avait faites assez hautes pour être vues de tous les points de la terre ! i
mMionre, et qui ne sauraieDt en rien arrein»
Idrieur. En m6me leiii|is elle négligeait ses ]j§;nesde dérense, qui auraient toujours suffi | le Mexique contre les invasions étrangères, e les guerres civiles, n'aurai«^nl pas été d'un cours |iour !e gouvernfment central contre le surreclionnelles clierchant à saper son poi enlevant les revenus de la douane de Vera-Cn Après avoir francbi le mauvais pas de la Cor niée française pourra manœuvrer avec facilité les plaines du plateau. Ces plaines sont ondule semées de cQnes volcaniques, mais qui ne beaucoup les mouvements d'une armée. Ce n't toutefois qu'il n'y ait pas sur le plateau certains i pables de causer des embarras momentanés auî le traversent. On y renconlre d'abord des nap d'une étendue assez vaste et d'une slructu teuse, qu'on peut presque les considérer coi ticables, même pour l'iofanlcrie. Ces nappes, q des malpait, forment des murailles au milieu d et elles s'étendent sous les formes les plus bizar tes nar les caorices de l'écoulement des laves.
olover si od o'a pas su les contourner d'avance, et con* ieaquellesle feu de rartillerie est complélement ineffi- ^ Mais las Mexicains ne sont pas tireurs» ils ne coursent pas la guerre de tirailleurs et ne savent pas profite ces avantages.
Jb autre obstacle non moins gênant qui se présente fré- ^mooentdans les plaines de l'Anabuac, ce sont des espè-* .île ravins que les eaux sauvages creusent avec une Inde rapidité dans le sol meuble de la plaine, autour des Mitagnefi d'où elles descendent. Pendant Tété, ces ravins ?vent chaque jour de lit à des torrents improvisés ; en fe^er ils sont à sec et forment des coupures de 50 à 100 ^s de largeur, avec une profondeur variable de âO à 50 fcds, et dont les parois tombent à pic. On rencontre sou- U une succession de ces coupures parallèles, qu'on est Lige de contourner par leurs sources en faisant de grands Unirs. La route de Pérote à Puebla, avant d'atteindre iâozoc, passe le petit col du Pinar, et là, non-seulement â longe des coulées de laves couvertes de torêts, mais ^ descend successivement dans plusieurs de ces ravins^ i, de tout temps, ont formé l'une des plus terribles emseades pour les brigands qui infestent les routes du liiqqe. Les cavaliers, arrivant par le fond des ravins i sont partout praticables pour des chevaux, débouchent isuite à angla droit sur la grande route, sans qu'il soit ossible de les apercevo r d'avance, et, par la brusquerie e 1» surprise» réduisent à Timpuissance les voyageurs les jus déterminés Ce col de Pinar et les ravins qui l'environ-
MQtpréseDtenlcertaiiiemeotbeaucoup defortespc» une armée défisosive. Enfin, à l'entrée de PoeU les collines de Guadalupe, contre lesquelles 1« tentative des Français a échoué. Â rheore qu' Mexicains semblent occupés à y élever de nouvdie mais cette position peut se tourner facilement p En obliquant à droite, par les plaines, on toml route de Tlaxcala, par laquelle on revient sui travers les plaines.
En fait de forteresses permanentes, il n*en e:
plus sur le plateau que sur les montagnes de s(
Les journaux ont, il est vrai, parlé de la prise de 1<
^ de Pérote, mais ce n'est là qu'un petit polygon
^ soutenu par quelques murailles, comme on en v
places d'exercice, et établi au milieu d'une plaini l'entrée delà ville. En d'autres termes, c'est une n importance. Il en existe une autre en avant de la v bla, et une à la porte sud-ouest de Mexico. C'est ûngulière que la passion qu'ont les Mexicains d*8 les meilleures positions et d'aller choisir pour c bataille les plaines les plus découvertes. Pendant de 1846, les Américains, dans leurs rapports, ces redoutes des very strong forteresses. C'est commun à toutes les armées que d'exagérer la citadelles qu'elles prennent et la bravoure de leuri
nni no nAiit niiA rAhfliiftfiPr Iaiit* nrnnrp vaIaiip A
^ ii*«st, à coup sûr, pas à battre des fortins pareils que ■le artillerie est destinée. Sans doute elle doit servir i t^kfuer la position dé Puebla.
L*arHiée qui a franchi les bords du plateau, n'a plus rien
sraindre, dans ces régions élevées, des fièvres de la ctte
la Cordillère. En hiver surtout, elle y trouve un climat
?ôD pourrait presque considérer comme assez rigoureux. m,iïs la nuit, il gèle souvent dans le district de Pérote ; ^îs, en revanche^ pendant la journée, les rayons du so- 1 développent dans ces plaines nues des chaleurs extraor- ::^aires, qui, jointes à la sécheresse absolue de l'atmos- 1ère, à la force de Tévaporation, à la quantité de poushre répandue dans Tair et à Tabsence d*eau sur de grands étendues de pays, ne peuvent manquer de faire beau- 5up souffrir le soldat. L'eau que Ton trouve dans les maes du plateau est le plus souvent saumâtrO; amère, char- '^e de sels divers et très-peu faite pour désaltérer. II hui jouter à ces inconvénieits la ténuité de Tair, qui, à la ^ngue, affaibKt le corps et le prédispose à diverses malaies, parmi lesquelles la dyssenterie est en général la prébière à se déclarer. Les travaux de la guerre deviennent rès-rudes pour le soldat qui est obligé de manœuvrer dans tes hautes régions et qui n'a pas été élevé dans une atmosilière aussi subtite. Quoique Tarmée n'ait pas à craindre kins les plaines du plateau ces maladies inflammatoires qu'en jendre la chaleur de la côte ou Thumidité de la Cordillère, ^lle est cependant encore exposée, comme on lésait, à bien les souffrances. Ajoutez à cela que les grandes variations de
(empëralure qui sesucuAdenI dans les vingl-qtisire hm àODueal frëquBmment des ophlhalmies aux troupes qut' obligées de bivouaqueren plein air. Ëarm, ce n'est pua lement le passage du Jour à la nuit qui fail éprouver, use chaleur sufFocanle, lantOt un Troid aaisisBauti a altitude de 6 ou 7000 pieds, la force du rajonnemeDttenW qn fait souvent constater dans la mëiue journée dea différoï w de température de 40 degrés C, entre l'ombre et le sol«l, h si la chaleur au soleil est pénible à supporter, l'ool agréable des maisons n'en devient que plus peroicieuH. Le plateau de l'Anshuac est la région par excellent nos céréales d'Europe etdu maïs, un des produits priM b paux du Mexique. C'est donc un pays bien approvisiot ^rèsla récolte et oit une armée en campagne peut è ce raomcot-là trouver d'abondantes ressources. Uais ! : Mexicains, ne faisant point de commerce d'exporlation, i i cultivent guère que ce qu'il leur faut pour vivre, en sur que les provisions ne sont pas considérables. Ajoutons cela qu'il n'existe pas de moulins, ni de foui-s, excepté du les grandes villes, atlendii que le Mexicain ne se noun ni de farine, ni de pain, ujais seulement de galettes i maïs {tortilla), que les femm^'S préparent en écrasant 1 grains de cette plante et en les imbibant d'eau. Mais ai préparation exige un temps si considérable, que la Ceuu de ménage est obligée d'y sacrifier une grande partie i la journée. Cette nourriture, qui peut suffire pour la famill n'esl donc d'aucune ressource pour une armée, d'aboril parce qu'on ne peut la faire préparai' en masse, ensuiu
trce que le soldat étranger ne peut s>n accommoder comme soldat mexicain , qui a été élevé dans les habitudes une extrême sobriété.
Ouant aux fourrages, ils sont fort peu abondants. Les evaux mexicains sont des animaux encore plus sobres le leurs maîtres Ils ne font guère qu'un repas par jour, ^ec une poignée de maïs et une petite botte de paille. Le ÎTi est chose inconnue dans ce pays. A la fin de Thiver, on 5t souvent réduit à nourrir les troupeaux avec le bois des ges de maïs, dont on fait des meules gigantesques au micu des plaines après la récolte du g^'ain. Un grand nomi*e de ces meules ont été incendiées par les Mexicains.
Tous ces détails, dont on n'apprécie pas de loin Tim- «rtance, augmentent infiniment les difficultés de la marlie d'une armée, et ils expliquent en partie la lenteur des iouvementsdu généralForey. L'armée américaine, en 1846, *a en général avancé que par petits détachements, plus tciles à approvisionner qu'une armée nombreuse comme armée française. Cette dernière est obligée de se dissémid'pour vivre, et occupe actuellement les principales vilïs du bord du plateau, Pérote, Chalchicomula, et même ^«huacan, qui est toutà fait en dehors de la route de Mexico, ^ développant ainsi sur un front de 30 lieues d'étendue.
L'absence de moulins, ou leur très-grande rareté, résulat naturel du mode d'alimentation propre aux Mexicains, îui ne se nourrissent pas de pain comme nous, et qui n'ont par conséquent aucun des engins nécessaires pour sa préparation , est certainement une des difficultés les plus
grandes et les plus imprévues qu'une armée étrangère puisse rencontrer. Elle explique en partie la pénurie dont l'armée française a par moment eu à souffrir pendant son long séjour à Orizaba. 11 semble hors de doute que, si l'armée est obligée de stationner longtemps sur le plateau, elle sera exposée au même inconvénient. Un corps d*armée peu considérable se voit sans cesse en danger d'être cerné au milieu de ces vastes solitudes du Mexique ; en mètm temps une armée nombreuse risque d*y mourir de faim.
Pendant la saison sèche, c'est-à-dire pendant l'hiver, il est bien des districts du plateau qu'on abandonne à cause du manque d'eau. Souvent on est obligé de faire une étape entière au milieu des sables nus delà plaine, sans trouver une goutte d'eau pourétancher sa soif. U est des villages d'où l'on envoie les chevaux tous les deux jours se désaltérer à plusieurs kilomètres de distance, dans des roar« saumfttres. Cependant il y a à tout cela des compensations qu'on ne trouve pas dans les autres régions du pays Ainsi, les nombreux villages, les petites villes dont certains districts du plateau sont parsemés, les grandes fermes enfin, ou hacienda^ permettent souvent de trouver un abri pour la nuit. Puis la sécheresse du climat, à cette période de Tannée, a aussi ses avantages. Le soldat n'est plus exposé à ces abondantes averses qui inondent sans cesse les vallées de II Cordillère et aux maladies qu'elles engendrent.
Tout ce qui précède explique pourquoi l'armée française est obligée d'emporter avec elle tous ses moyens de subsistance, dont la presque totalité a dû être tirée de France,
Etats-Unis ou de Cuba. On n*a pas de peine à corn- -"^odre qu'il fallait des milliers de mulets pour de semblaas transports, et comme le gouvernement mexicain avait -^ retirer vers Tintérieur toutes les bétes.de somme, ^ fallu que les Français fissent venir leurs mulets de "«nce, de Cuba ou des Etats-Unis. Un grand nombre de ^ animaux, qui furent achetés à New- York, avaient été c^uis dans le Tamaulipas (Mexique) par les spéculateurs ::Méricains et transportés à New- York pour être vendus à ïs prix impossibles aux fournisseurs français, qui se L^irgeaient de les renvoyer au Mexique.
11 ne suffisait pas de se procurer des mulets, il fallait s nourrir, chose non moins difficile dans des |)rovinces oquées et dénu es de tout ; il fallait les équiper, et bon ombre de ces animaux avaient déjà péri avant qu'on ait pu ?s utiliser.
Des difficultés aussi inattendues et aussi formidables devaient nécessairement retenir longtemps l'armée stationlaire. On manquait de tout à Orizaba; tout était à créer; encore ne parlons-nous pas ici de ces innombrables obstacles d'un ordre secondaire qui, dans un pays neuf, surgissent à chaque pas du domaine de l'imprévu.
Il est probable que les villes de Puebla et de Tlaxcala seront investies en même temps. La Puebla le sera par la colonne qui, après avoir suivi la route d'Orizaba, se trouve maintenant à Chalchicomula, San Augustin del Palmar et Tehuacan. Tlaxcala à son tour sera cernée par le corps qui a parcouru la route de Jalapa et Pérote, et qui, con-
loiirnanl au nnrd \e volcan dp la Malimhe i>ar Hum fwuiTa ensuite airiver ea ligae directe devant cetli l'uebla est une );raDde ville de plus de 65.000 an nlTrira à l'ai-mée lran(aise toulr <^p^ce de ress L'armée améiicaine y ùi un sf'juuf de 4 mois, ei, KÎngulière, elle tint celle grande ville avec 3000 h seulement, sans 'fue la )io)iulation, qui aurait pu faci écraser ce |)etil corps, se soit livrée contre lui à entreprise hostile. Tout alentour de Is Pu^bla, le de Cholula. Elueiociugu, Allixco, Amozoc, perme une nnnée de s'étendie pour vivre sans trop peseï ville mâjne de PudHb ei [«uvent offrir de ;|!rundes r
Ij Puebla communique paj' le sud-nuesl avec les territoires d'Oaxaca et de Cueinava (terres chaudi pnivinee de Mexico), C'est par là surtout que, lor Puebla sei'a prise, l'aintée envabis^ante tecevra d sources de toute e-spèee, soit en vivres, soit eu b somme.
J'tî dit <|u« les deux routes qui conduisent de la Vera^ Crut à Mexico se réunissent en une seule à Amozoc, un peu avant PueUi. En effet, il n'y a, à partir de là, qu'une route bien connue et fréquentée ; mais, à proprement parier, il en «xiste une autre que les voyageurs ne suivent pière, mais qui, après de longs détours, conduit aussi à la capitale*
Parlons d'abord de la route ordinaire. Elle se dirige en ligne directe sur la vallée de Mexico et traverse la chaîne des volcans qui entourent cette vallée par un col situé à 10,000 piedft au-desyBus de la mer et connu sous le nom de Rio-Frio. Ce col est souvent couvert de neige en hiver. Il présente à son sommet un petit plateau de nature volcanique, 6t les pentes bwées qui y conduisent ne sont ni rocailleuses ni très-rapidejs. Néanmoins ce passage serait facile à défendre si on y élevait quelques retranchements. Mais il existe deux défilés latéraux qui, sans être praticables pour l'artillerie, le sont pour l'infanterie et la cavalerie et qui permettent de tourner cette position. Ces défilés sont d'abord le petit col d'Acoculco, puis le sentier qui, traversant sur Nicolas de los Ranchos, franchit la
chaîne des montagnes en passant entre les deux gn volcans/ le Popocatepetl et l'Uztaccihuatl pour (lébouGl)tr|le i dans la vallée de Mexico par Amecameca. C*est ce sbdÉ % que choisit Fernand Cortez dans sa marche sur la ville ig{ N Montezuma.
L'autre route, conduisant de Puebla à la capitale, rc peu battue, comme je Tai dit, ne rencontre pas de élevés ; elle se détourne au nord pour suivre tes plaines i Teotihuacan^ ancienne ville sainte des Aztèques où H voit encore deux grandes pyramides dédiées au soleil la lune. Pour pénétrer dans la vallée de Mexico, 9/ route ne franchit que des collines insignifiantes ; elle pi entre les lacs de Texcooo et de San Christobal et ali^ Mexico par la porte du nord. Cette seconde voie^ ^ que faisant un grand détour au nord, est pe^ celie qui est la plus avantageuse pour la marche ^ tuée, parce qu'elle évite le grand col de Rio-Fi tient toujours dans la plaine. Mais elle mérite s préférence, parce qu'elle donne entrée dans la ca son côté le plus vulnérable et le plus difficile à En revanche, c'e^t aussi la moins bien tracée e' la moins praticable pour les voitures, surtout tie située entre Tlaxcala et Teotihuacan.
On a lieu de s'étonner que les Espagnol choisi cette voie plutôt que celle de Rio-Frir blir la route principale de Mexico, car le dé' obligé de faire au nord n'est pas assez cor que le col de Rio-Frio puisse lui être préfc
emment cette ligne , celle qui conduit à la capitale par t nord, que devra suivre le chemin de fer que, depuis mgtempSy on se propose d*établir entre Pérote et Mexico. Nous voici arrivés dans la vallée de Mexico. Cette vallée 'a point, comme celles de nos Alpes, une forme allongée, roitement enserrée entre des chaînes de montagnes plus j moins parallèles ; c'est une vaste plaine ouverte, presse aussi large que longue, entourée d'éminences de hau- !urs diverses. Au sud , elle est bornée par la grande chaîne de uemavaca, chaîne continue qui s*étend de Test à Touest, vec une hauteur moyenne de plus de 9000 pieds, soit 3000 lètres, s'appuyant à l'est au puissant pic du PopocatepetI, et «termififant à l'ouest aux trois cimes du volcan d'Axusco, [ui atteignent 1^,000 pieds, ou 4000 mètres d'élévation, il s'abaissant elle-même graduellement vers le Montend^ ^ Cruces. Getle dernière montagne borne la vallée au kid-ouest, et c'est sur ses flancs que le curé Hidalgo remlorta avec ses bandes sauvages la première bataille déclive dek guerre de l'indépendance. A l'orient, on aperçoit es grands volcans couverts de neiges étemelles, qui for* û^t, avec le plateau de Rio-Frio, une chaîne fort élevée, ^ue de Mexico, cette chaîne est d'un aspect sublime, qui "app^ les scènes les plus saisissantes de nos vallées des Upes. La grande pyramide blanche du PopocatepetI (ou la nontagne fumante) se colore régulièrement et resplendit aux *«yons du soleil couchant ; sa forme, toutefois, ne ressemble guère à celle de nos montagnes. L'itztaccihuatl, au contraire, présente une masse large et découpée, avec ses
trois ciiaeà neigeuses couverlesdegiBciersétPodus. Ui^ d'aneliigie que son vuisin avec nos colosses des Alpes, rappelle jusqu'ï ua certaio poinl la Blumlis-Âlp de l'Obd ^ land Beruois. Cette magnifique montjgne est aussi éini que le Mont-Blanc, et les indiens lui avaient donné Ui» Ijoélique de Femme biaoche, parce qu'ils avaient cru vrir dans les contours découpés de ses neiges l'image di femme itiorteenveloppéedanssoiiliDCPuI, connue i>D a vD voir la tîgure de Napoléon sur les crêtes du Mont-BliDe. Le reste du pourluur de la vallée de Mexico u'est bt que par des collines qui, parlant de k'exlrémilé de grandes cliaînes, vont s'abaissant de plus en plus ven nord, et qui, faciles à franchir, ne sauiuient opposer iiDi slscle sérieux à Iq marche des armées. Le milieu di plaine qui s'étend au cerilre de ce cercle de nmnl freun sol en général uni, mais parsemé toutefois de ques cOnes et de quelques rochers isolés ; en revancbSt bordsensontonduléset montagneux. Toute la surface traie est éminemment marécageuse. Pendant lu saison sii elleprésentedesprairieshumides; mais, à l'époque des plui elle se transforme en prés inondés dans lesquels od ne p marcher qu'avec peine en enfonçant dans la vase. Ces sont coup'5s de canaux assez nombreux, ils enlourentdesll d'une étendue considérable, qui ne sont en réalité eux-mia que de vastes plaines couvertes de plusieurs pieds d' dont l'approche est extrêmement difticile, parce que len bords n'ont rien de défini. Comme la vallée o'a|)as d'issu les lacs sent sans écoulement, et la saison des pluies I
enfler, en sorte que leur surface s*élève quelquefois de
pieds. Ils submergent alors une notable portion des ioes vaseuses qui les entourent. Les deux plus grands ces lacs» celui de Texcoco et celui de Chalco, sont sépa-
par un terrain ondulé couvert de collines et hérissé de its \olcans depuis longtemps éteints. Plusieurs petites es et de nombreux villages couvrent les îlots plus ou îns secs et les pentes de cette riante vallée, dont le mat ressemblée un printemps éternel, et dont la végéta- », analogue à celle de notre continent, rappelle les payiges européens, je voudrais presque dire ceux de la laisse, vu l'heureuse réunion des lacs et des glaciers qu*on lArasse d'un même coup d'œil. Mais, comme je l'ai lané à entendre, ces lacs ne sont que des lagunes ; leurs |BX sont jaunes et saumâtres, et, si le regard est réjoui par pTue générale de la vallée, les bords vaseux de ces granil nappes d'eau ne présentent aucun agrément. Cepen- ÎDt, c'est précisément dans l'endroit le plus marécageux
ees plaines, à l'ouest des lacs, que s'élève la capitale Mexique, ville splendidede plus de 150,000 habitants. i a peine ^ comprendre au premier abord les raisons qui I porté les Espagnols à fonder leurs églises et leurs palais r la vase instable de ces marécages, mais l'histoire nous une l'explication de ce fait.
Après la destruction de l'ancienne Tenochtitlan, les conérants du Mexique s'empressèrent d'élever la ville espa- Dle sur les ruines des palais aztèques. C'est sur l'emicemeotmémede la résidence du naguère puissant Mon-
tezuma, qu'ils voulurent construire la mt^li'opole de le vfille colonie ; ils voulurent effacer le souvenir à
ipilaleen accumulant sur ce point tout le l'architecture semi-mauresque, qued'habilea artisie d'Espagne on' transplantée avec succès dans le Nt Monde. Certes ils ont réussi. Tandis que les Any;lo-Am' n'aulsu construire, dans les pays colonisés par eux peu d'édilîces pa.tsBliles au point de vue de l'îirl, les Es ont créé de toutes pièces, à 100 lieues de la mer, plateau élevé, une ville de palais, plus belle peut-Ëtn époque qu'aucune de celles qi)e l'Europe avait mis dei à bfllir. Mais ceux qui avaient eu la première idée i cette moderne capitale, étaient loin d'avoir suffisammi leur détermination, et la conséquence en fjl quel'in du sol, 1b fréquence des tremblements de terre et périodique des eaux de la vallée n'ont cessé de mena (euvred'une complète destruction. A deux pieds audu pavé on rencontre déjà l'eau ; beaucoup d'édifice plus leur aplomb; presque tous sont lézardés, et, à ses reprises déjà, les rues ont été submergées. De les ruia d'Espagne donnèrent l'ordre de transporter à deux lieues de remplacenïe.nt qu'elle occupe, riants efiteaux de Tacubaya, mais h volour do la pi bâtie dans Mexico, valeur qu'on eslimait h plus d miUions,' et qu'il aurait fallu dundonner, s'opposa t à la réaliaatioa de c« sage projet.
Les premiers rois aztèques avaient établi leur viltt uue bien pauvre cité, au milieu des marécages les pli
rdables, dans le but de se pr^rver contre les incorsioBs leurs ennemis. On peut présumer aue la distribution s lacs, alors un peu différente de ce qu'elle est aujourlui, protégeait la ville d'une manière plus eCBcace que de s jours, quoique certainement on ne puisse attribuer une tière confiance à la géographie ancienne de cette vallée, ie qu'elle nous a été donnée par les auteurs de là con- Lête. On doit, faire bon marché, et des marées du lac de e^ico, et des chènampas, ou jardins flottants^ qui n'étaient lds doute que des îlots de boue enfermés dans des ayonnages; toutefois, il est incontestable que le niveau du p) a subi un changement, car, de nos jours, il serait im* ossible que les environs immédiats de la ville se transfor^lassent en lac sans que ses rues en fussent submergées, les Espagnols, peu prévoyat)tsr, eurent le grand tort de «mbler les canaux qui traversaient l'ancienne ville aztèque; ils y enfouirent une masse énorme de terre et de ma* Sriaux qu'il eût été plus sage de laisser en place pour y sseoir la nouvelle ville sur une base plus élevée. , On n'atteignait l'ancienne Tenochtitlan que par quatre baussées qui traversaient les eaux des lagunes et des ma- ^cages dont elle était complètement entourée. Quoique les laines des environs ne soient plus aussi entièrement inonées, c'est encore- de la même manière qu'on arrive I fexico, A droite et à gauche de ces chaussées on a creusé es canaux qui sont remplis d'une eau profonde, tandis que ans le reste de la plaine on n'enfonce dans le sol humide [ue jusqu'à la cheville du fkd. Ces chaussées sont : celle
de l'est, sur laquelle passe la route de Puebla ; — sud-ouesty qui conduit à Tacubaya, ville où !*on \ souvenir du grana saut d'Alvarado, Tun des
L chevaliers de la conquête, qui, d'un bond prodig
chit la coupure que les soldats de Montezunsa ave quée dans cette chaussée pour entraver la retraii méedeCortez; — la chaussée du nord, dite d lope, qui a une lieue de longueur, et sur laquelh route de Teolihuacan; — enfin, celle du sud o ir Antonio, qui atteint la chaîne de la Sierra de Cu(
r Tlalpan, à quelques lieues au sud de Mexico. C
chaussées donnent toutes accès à la ville de Mex [ vers les marais qui ont remplacé l'ancien lac ; t
\ est encore quelques autres chemins latéraux qi
r " sent à la partie occidentale de la ville, côté où s
; sont le plus praticables, attendu qu'une grande p
[ plaine qui s'étend dans cette direction est moins
^ geuse et contient même des terrains cultivés.
l Ces chaussées ne sont pas seulement diflSciles
i pour une armée, à cause des marais qui les en
/ qui empêchent de se déployer, mais elles sont en
i dues par des positions redoutables.
La chaussée d'Ayotla, ou celle de Vest, par arrive de Puebla et qui longe d*un côté le lac d se trouve avoir de l'autre côté le Penon del Marc linedelave qui domine toute la plaine. En 184.7, cains avaient couronné cette éminencede leurar battait à une grande distance la chaussée de Pu
i.rmée américaine ne crut-elle pas pouvoir forcer ce pas-r .^e, et elle préféra tourner la position en attaquant Mexico àr le sud. — Sur la chaussée de Tacubaya^ ou du sud' t€st, à une lieue de Mexico, s*élève un autre rocher, non oins redoutable parsa position et par la structure deses pais, qui les rend presque partout inaccessibles. C'est le roler de Chapultepec, surlequel l'empereur Montezuma avait n palais d'été et son harem .11 est maintenant couronné par ïîcole militaire. A.u-dessous s'étend un parc marécageux itouré d'une petite muraille et ombragé par des cyprèç gantesques dont les troncs n'ont pas moins de quarante eds de circonférence. 11 existe dans ce rocher des souterins qui forment d'excellentes casemates. Dans le siècle îrnier, le vice-roi B. de Galvez y éleva l'édifice qijien couenne le faîte, et, sous prétexte d'architecture, il l'entoura e fortifications dissimulées. Comme ces fortifications étaient fumées du côté de la ville, on lui prêta, à tort ou à raion, la pensée de proclamer l'indépendance de la Noue\le Espagne et d'en usurper la royauté. Les batteries .u rocher de Chapultepec enfilent la chaussée qui conduit .►.^Mexico, et battent la route de Tacubaya, par laquelle l'enieoQi est forcé d'arriver s'il attaque de ce côté. En 18^7, U corps américain chargé d'enlever ce point, perdit le quart de son effectif à la bataille de Molino del Rey, livrée âous le canon de Chapultepec, et cette forteresse n'aurait point été prise s'il avait été pourvu d'une manière convenable à sa défense. Enfin, pour achever ce qui concerne les ibords immédiats de la capitale, ajoutons que de c§ côté-là
I la ch^iusE^r (t<> Gh;i]nillepei-. ît Mrxicn poE'lc sur son nte et
) dans toiUfl sa longueur un grand aqueduc form^ de quelque
I tentâmes d'arches fori solidPs, qui, an raoypn d'obslacl»
I accumulas sur la roule, pourraient fournir des endroiit
L wnbuscades. A droite de celte chaussée, lorsqu'on msn'k
I TCrs Mexico, les plaines sont uiarfcageuses; i gaunhera
nnt des jardina coupés de murs.
La chaussée du Sud ou de San Anionio n'est défendor
! par aucune forteresse naturelle, mais tes marécaf;es, It'
I canaux et le danger que court une armée enfermée enli»
le lac de Xochimilco et les montagnes en rendent l'allaqiit
difficile.
EoSin la chautiée du tK/rd, dite de Guadalvpr, est contredit'la plus bible de toutes, au point de vue de 'a d^ fense; elle ne peut âtre avantageusement défendue qut ), quelques lieues de Menico, soit sur la digne qui géparr \t lacs de Texr^co et de San Cristobal, seit à une distana plus rapprochée, du haut des collinps de Guadelupe elii celles qui leur font suite. Cependant encore U une défena est fort possible, car la route passe entre le pied de i» collines et les rives marécageuseB du lac. L'ennemi devri commencer par emporter ces posilions si elles sont défendues; sans cela il courrait risque d'être pris en flanc el refoulé dans les lagunes.
Comme on le voit, la situalion de Mexico ne laisse pas que d'en faire une ville passablement forte ; de lous cfll^ on rencontre des positions qu'il faut occuper ou des :s peu commodes ï traverser.
Le général américain ScoU, dans la campagne de 1817, € croyant pas pouvoir, comme je Tai dit, forcer la chausée de Test, préféra contourner le lac de Chalco. H engaf» son armée entre cette grande nappe d'eau et la ligne es montagnes, et attaqua au sud-ouest par TIalpan et an-Àngel. C'était une entreprise fort téméraire, car les [exicains auraient pu, à ce moment, lui couper la retraite Jir Cbalco, et l'attaquer en même temps de front et sur 5s derrières.
Il est facile de se représenter ce qu'aurait été la posion de Scott f n cas de retraite forcf^e, s'il avait subi un chec sérieux devant Tabucaya(') par exemple, incapable e s'évader par aucun côté, puisqu'il avait à droite le lac et gauche une baute cbaîne de montagnes. On peut dire que ^jà alors il l'a écbappé belle, car il y avait justement à Texuco un corps mexicain qui aurait pu, en une seule marche, B transporter à Chalco et venir le lendemain prendre à dos armée américaine. Mais jamais ces combinaisons straténques, qu'on peut dire élémentaires, ne viennent à Tosprit les généraux mexicains; tout au moins nn peut se demander M c'est par ineptie ou mus par d'autres motifs qu'en cette occasion ils ne les ont pas mises à exécution.
Du reste, pendant cette marche aventureuse, accomplie
(4) La bataiile de Molino del Rey aurait pu devenir un JésaFtre si la cavalerie mexicaine, au lieu de rester immo- >ile toute la journée, avait chargé dans le flanc de l'armée imëricaine.
pour aborder la ville de Mexico, l'armée de ScoU » foia plulût qu'une meimcée d'une destruclion coœp cbcf mollis liai'di ou plus consdent de ce qu'il faisa hésité longtemps avant de se porter en avant daos reilles conditions. Mais peul-i?tre Scott savail-il le c fallait faire du général Sanla-Auna, et il calculait là' Quoi qu'il en soit, il a l'éussi, el il n'y a plus lieu mais de lui adresser le reprouhe d'avoir manqué i dence.
On ne peut nier toutefois que le terrain qu'il ava pour 86 porter sur la capitale fût peu favoj'alde à franctiir le grand pédrégal de San-Angel, c'es une de ces immenses coulées de lave, sur lesqii n'avance qu'avec une peine infinie et qui présent succession de creux, de bosses el d'Joi[ias£es qui en labyrinlbe ca|)uble de servir de tombeau à une Entre Tlalpan et San-Ange!, ScoU trouva le généra caiu Valencia uucupajit une forte position sur la de l'iaderns. En mëine temps Santa-Annn avait i mis à peu de distance dans le bourg de San Scott commit l'imprudence de pénélrer entre le corps mexicains et d'attaquer ensuite Valencia, t que, pendant l'attaque, d tournait !e dos à SariU Ce dernier n'était pas à plus de deux lieues de li de plus facile pour lui que de venir prendre l'armi ricaine entre deux feux. Mais il n'en fit rien; il resti bile, bien que son armée demandât avec instanc( conduite au combat. La bataille de Piaderna dura deu
9 pendant tout ce temps, Santa-Anna resta dans l'inacin. Le Gt'il par an sentiment de jalousie qui le portait à ^irer que Valf^ncia fut battu, ou bien cédait-il à des sitifs moins avouables encore? C'est ce que l'histoire n'a m pas encore expliqué (i).
^près la première journée de la bataille, Scott, n'ayant enlever de front la position de Piadema , l'avait ^tournée en opérant une marche de flanc dangereuse. i connaissant pas le terrain, il allait à tâtons et s'aperçut 1 1 à coup qu'après avoir dépassé la colline occupée par lencia, il se trouvait en face d'un cul-de-sac de monpies infranchissables. Rarement un général a vu son iQée dans une position plus critique. Le chemin devant était barré par un obstacle naturel, et, s'il revenait arrière, il risquait d'avoir affaire de droite et de uche à deux armées à la fois. Pour peu que Santa"*ina fût venu appuyer Valencia, tout le corps américain ait enveloppé et devait se rendre ou se faire massacrer squ'au dernier homme. Mais, comme je Tai dit, Santanna ne bougea pas. Les troupes de Valencia, décou- Igées par cette trahison manifeste, se débandèrent en parm pendant la nuit, et les Américains purent, sans être in-
(4) Après la conclusion de la paix, un officier mexicain ublia d'intéressantes révélations sur la longue trahison de anta-Anna. Mais celui-ci fit disparaître lédilion de l'écrit : réussit à acheter le silence de l'auteur en lui accordant D rapide avancement.
qiii^ég sur leurs derrières, prendre de i-evers h povt de Piadema et l'enlever après un combnl de couMe
Ces détails, indépendammeDl de bien d'autres fi pourrais citer, suffisent â faire comprendre les diU f que présentent pour une armée envahisaanle les aborà P Mexico. Les lacs et les marécages, qui baignent les de la ville à peu près de tous les tOtés, Isi formenl de II *" gps fossés de défense. Puis, sur une inlinilé de pointi,! ^ contre-forts de grandes chaînes de montagnes , les volcaniques et les coulées de lave sont autant de fort» nalurelles excŒsiveraent propices pour les déffenston pays.
En 1847, l'armée américaine a préféré attaquer II' de Mexico du cOté du sud. Nul doute que l'attaque pu nord ne soit plus facile ; les obstacles naturels sont ooup moins oontbreux de ce cOté-là. Mais il faut pow arriver faire de grands détours et s'avancer sur des assez mauvaises.
L'armée française aura à voir si elle préfire courir' chance de quelques assauts plus ou moins meurtrieri' atwrdant la capitale du Mexique directement par te g[id,i si elle aime mieux la contourner par le nord avec la col lude de marches plus longues et pénibles.
En tous cas, ce ne sont pas les balailles, les positii ou les retranchements plus ou moins bien défendus i) l'armée française a le plus à redouler. L'armée anglo-an ricaine, dans la campagne de IBIT, n'a pas été batli une seule fois , quoiqu'elle ail eu toujours alTaire i à
■ces bien supérieures, et, si le soldat français n'est pas ■is brave que le soldat américain, il est, à coup sûr, bien tis discipliné et bien mieux commandé. Mais, dans un ^s comme le Mexique, c*est avec la nature bien plus
*avec rhorame qu*il faut savoir lutter, et, dans ces cir- Dstances, une bonne troupe de ligne sera toujours plus a barrassée que les armées composées d'aventuriers bai^ (• Sous ce rapport, le zouave est bien inférieur au trap*^ Lir des Montagnes Rocheuses, habitué à la vie des déserts, la lutte contre les éléments, à une vigilance continuelle, bile à pourvoir à sa propre subsistance et à découvrir ndien caché sous le buisson.
Dans ces contrées sauvages, il importe avant tout quecha- De soldat soit une individualité et non pas seulement un nuiéro, et, au milieu de ces luttes-là, les Texiens et les hardis îonniers de Touest, dont se composait en grande partie Tarfeée du général Scott, se retrouvaient dans leur élément, ïieux que les soldats aguerris de la France, mieux que les QBciers mathématiciens sortis de Técole polytechnique de Qris, ils savaient comment on se fraie un passage à travers e forêts vierges, comment on répare des routes, comment 1 jette rapidement des ponts de circonstance suffisamment >Iides quoique peu conformes aux règles de Tart, comment Q se crée des abris momentanés contre les intempéries, i^mment enfin on évite le lazo des Mexicains et comment D flaire les embuscades.
Voilà ce qui faisait la supériorité de l'armée américaine le 1847 sur l'armée française de 1862. Voilà ce qui ex-
plique la courte duri^ Je la caropagaedn';
malgré loules les Tautes commises par les ofl caiiis, et quoique plusieurs corps aienl eu, nt menl à suivre la chaussée de Viira-Cruz, mai: les dësertfi du Texas et du Nouveuu-Mexique.
C'est ini, Monsieur le Rédacteur, que je cui le moment, terminer ces queic|ues considér Mexique el sur la campagne qne la France y a mais les récents prugri>s de cette campagne m tie nouvelles réllexions qui me permeUri>nt de ce sujet si vos lecteurs veulent bien s'en acuuu
Jusqu'iei, je n'ai parlé de ce pays qu'au poiut de vue de . stnicture topographique et de son climat. J'ai indicé les positions formidables dont peut profiter une armée ^^[ulière chargée de le défendre et les difficulté queprétKtent les loutes, les défilés et la configuration du terrain 1 général pour cdui qui tente d'y pénétrer, ainù que les Radies auxquelles il est exposé.
lime reste à parler d'autres obstacles à surmonter, d'aubes difficultés à vaincre et des soufi^rances d'une autre na-* ire que peut avoir à endurer une armée envahissante.
Les longs préparatifs auxquels le général Forey a employé tant de mois à Orizaba, paraissent enfin terminés, ^'armée française a pu (aire une trentaine de liettes en avant et se porter jusque sous les murs de Puebla.
J'ai déjà fait comprendre que, loin de pouvoir s approdonner aux alentours de ses cantonnements, l'armée s'est vue dans la nécessité de tirer ses vivres en grande partie Je France. La guérilla mexicaine a dès l'origine de la pierre si bien su établir le blocus et détruire tout ce qui, le prés ou de loin, pourrait servir à la subsistance de l'enlemi, que déjà à la Vera-Cruz, le prix de beaucoup d'ob-
jets de coDSommation s décuplé depns h la guerre. L'œur qui, il y a un an, se ; paie mainlenant trois francs.
A l'époque de l'anoée oii nous sommes duts ù la moisson est debout et louche h sa maturité d du plateau; hommes etchevausdevraieat y trouver d dante nourriture; mais l'inexorable guérilla a s compli son œuvre de destruction, que c'eil la é de l'aboodance que l'armée y rencontrera irte-pro Peul-eire même cette dis^ie ne se fera-l-eite fMa seDtirpour l'année; il est à craindre que ce naj (unine pour (eut le pays. 4
Quel trâle tsblean doivent offrir ces belles p4| l'Aoabuac! Partout la dévastation portée par la iiih| de l'habitant du sol, les propriétaires ruinés, les j abandonués i, eux-mCmes, les populations, cédsntl cessité ou à la terreur, quillaat leurs foyers, lan pajs désert, les villages sans habilauls et le pliisj consumés par l'incendie. •!
Il D'y a rien là de surprenant pour celui ^uiil couru ces régioos et qui a vu de prés la guerrel Ed effet , en dehors des villes et des bourgs >i trouve presque que des villages composés de h4 baaibous, aortes de cages en clayonnages, couverte! lait de eheume, destinées à servir d'abri pour l»i| l'homme qui, i la faveur du climat, passe sa vie ei air. En temps de paix, les bimeaux naissent ou disp sent avec la mfiane facilité, et le foyer domestique ai
mv ainsi dire pas pour les populations indiennes. Leur IHware, c'est un pays toiil eoUer, avec le droit de 66 EWtruire un réduit où bon leur semble ; ou bien c'est la Milté d'emprunter l'abri d un sembiable sans avoir jamais pjïindre d'essuyer un refus. La famine, la conscription, ^Snaladie, la sécheresse au la guerre, sont des raisons jPBeantes pour qu'ils ëmi^rent au loin sans arrière-pen- B ou sans regret, avec leur mobilier qui se charge tout (lier sur le dos d'un âne. La moindre alerte, souvent la Ks seule du voyageur étranger leur fait prendre la fuite ■os la direction de la montagne.
^'^Ç'est ainsi que l'armée étrangère voit le vide se faire Meur d'elle. Elle ne rencontre que les murailles des vas- ^liadendes et quelques pauvres troupeaux abandonnés Êfg les habitants, vaguant autour des petits marais arrosés Hne eau saumàtre et qui forment quelques oasie au vai-r Epi des plaines nues et desséchées de l'Ânaliuac. L Ces quelques faits suiïisent déjà à faire entrevdr ui puvel obstacle, le défaut d'approvisionoemânt, qu'un eu* bmi rencontre dans ce pays, mais il est impossible à qui B connaît pas le Mexique, de seG^urer ce queies chefs de Bnnée française ont dû déployer d'activité et d'énergie pur préparer tout ce qu'on peut appeler te »ine qua nm pis iuarche sur Puebla.
L Pendant le courant de l'hiver, plusieurs détachements Raient gravi la Cordillère el s'étaient établis sur les bords lu plateau. C'était, pensait-on, autant de fait; on avait
Ï^mes à nourrir ^ans les £^mes basses^ mais I4
de )a mardle in|
corps qui avait accompli une partie d fond qu'une avant-garde et non une armée capable i per un coup décisif. Pour porter le gros des AÉ avant, il fallait emporter tout avec soi, matériel, ma vivres, et cela pour deux ou trois mois, à moins qu pu expédier d'avance une certaine quantité d'appnj oements au moyen du va et vient de convois forteni cortés. Qu'on se représente, sil'on peut, les embarral casionne à une armée l'accompagnement obligadi mulets, des muletiers, des chariots, néceBsaireal) pareils transports, et qu'on juge de l'encombremeDt^ vait en résulter sur des routes toujours presque ^ cables et maintenant entièrement défoncées par le f des armées ou coupées en partie par la main de l'4 iUais ce n'est pas tout. Outre les convois immenses i lels qui portent sur leur dos le dîner quotidien de H et ce que le soldat français a surnommé dans la guef frique, la nourriture det clarineltet, il faut d'aulret ', de mulets pour porter la subsistance même des (U qui transportent celle des hommes. C'est ainsi qusl ficultés vont toujours croissant, suivant la progrès^ carré des distances et par une cascade de compli qui s'engendrent les unes les autres.
Quant à faire venir les approvisionnements au A mesure des besoins, cela semble chose impossible la campagne entamée, car le va et vient des convo gérait des escortes auxquelles il faudrait employer n laHe partie de l'armée. En Europe, on peut s'«[
KMHier an fur et à mesure, faire venir de loin ee dont o& a esohi, même en pays ennemi, où l'on combat des armées et on des nations, mais ce n'est pas praticable en pays espanol, où la nation tout mitière est insurgée, et où le pays si inondé de. bandes qui s'organisent d'elles-mêmes, et qui 'atteodeot pas pour agir les inspirations du gouvernement.
Il existe au Mexique deux moyens de transport : les convois 3 mules. et les chariots. En temps de paix^ le premier est pas beaucoup plus dispendieux que le second, parce je tout est organisé sur les routes pour faciliter la circuiioD des convds de bêtes de somme, qui de tout temps )t fonctionné sur la plus grande échelle. Mais en temps de aerre^ lies convois de mulets sont une calamité à cause de Micombrement qui doit en résulter, vu le grand nombre e bêtes qu'ils nécessitent^ puisqu'une bonne mule porte au lus quatre quintaux, tandis qu'elle en pourrait traîner dix.
De plus, il faut avec ces convois» non-seulement em^orer une. masse de fourrages, mais encore traîner apvès soi me véritable armée de muletiers pour conduire les mules, kmr les soigner, pour les charger et les décharger chaque Dur, rajuster sans cesse les charges qui se dérangent en noute, relever les animaux qui s'abattent, réparer les bâts >u les courroies qui se rompent. Les soldats ne sauraient !tre employés à ces fonctions, car le métier de muletier ist un = art que Ton n'apprend que par une longue praiique , et ce n'est pas le premier venu qui sait ajuster un oufd fardeau > sur un myx\si avec une simple corde,; de àçon à ce que l'animal puisse encore faire facilement sop
it
étape. Il faut, i deux hommes, prêt d'un quart d1 pour charger une beie de somme, el m mulet mal dâ est mis hors de service au bout de peu de jours. avoir vu clieminer ces caravanes composées i taines de mules \ioiiy se faire une idée de la vie de ^ rien que mènent les muletiers en route. On sans cesse galopant autour de leurs troupeaux, i gesDt les mules de la voix et du geste sans januiil maltraiter, mettant pied à terre à tout instant pour njul une charge, et rattrapant ensuite la colonne. SouvM déchargent tout un convoi poui* le tirer d'une fondriéiir recousent, au milieu de la plaine, un bât crevé, a mais arrêter la caravane. Ainsi toujours occupés do le plus pénible, ils restent dix heures en selle sans n ni boire, même une goutte d'eau. Il faut être rompnl métier pour y suffire.
Quant aux chariots, qui ont l'immense avantage se chaîner qu'une fois pour toutes, ils s'employaient» beaucoup sur la roule de Vera-Cruz. On ne les attelait | de nsoins de 16 mules, à cause du mauvais état des ri de communication; mais maintenant que les ponts senti tniits, les chemins défoncés ou obstrués, on ne saurait faire passer même avec un attelage plus considéraUli préalablement on ne répare pas les routes, et il fout p que les réparer pour chaque convoi, car à peine a-t-îl p se, que la guérilla vient les endommager de nouveau- 1 chariots ont de plus ce grand inconvénient, que pas les mules de charge, c'est qu'ils sont sujets jt sel
per eo route, et qu oo ne rencpntre aucun secoure pour les pppmettre en état. Néanmoins, comme les objels d'un grand foids nepeuvent se placer sur les mulets, il n*est pas pos* flible de se passer complètement de chariots.
Je ne pourrais donner de meilleur exemple des difficulf^ des transports, qu'en rappelant brièvement ce qui arriva naguère à la Compagnie des mines de Real del Jlonte, qui, la première, s'avisa d'importer au Mexique des pompes à vapeur.
Eu mai i825, trois navires déchargèrent sur la plage de pTera-Cruz, dans la baie de Mocambo, les engins destinés A être transportés à la mine, sous la conduite du lieutenant 4B(dquhoun, de l'artillerie royale anglaise. En même temps, éths chariots appropriés au transport des lourdes pièces des nftdiines, et de solides harnais d'artillerie avaient été ame- -n^ des arsenaux de Woollwich. Néanmoins tout cela resta «n route. Les harnais sautèrent, les chariots se brisèrent, et pendant nombre de mois on vit le bord des chemins jon- ^é des pièces des machines gisant abandonnées.
Mais la sagacité industrielle des Anglais finit par l'emporter sur les difficultés ; les routes furent réparées, de nouveaux chariots construits^ et Colquhoun entra à Real 4M Monte avec la partie la plus essentielle de ses pompes, un an après leur départ deVera-Cruz (1).
(i) La grande pompe de Real del Monte fonctionne sur un puits de 1200 pieds de profondeur. On comprend que le transport d'une machine d'aussi grande dimension, ne devait pas, de toute manière, être fiicile.
Ju&qii'à il y a peu d'années, les transpurlsdaiu .».|^ rieur du Mexique ne se faisaient qu'à dos de mulB.ft un Français, nommé Paure, autrefois simple oDvnir France, qui oi^anisa le roulage par chariots. Pfsi vingt ans, il mena la vie de sittiftle roulier et réa!i»i fortune de 200,000 piastres {un million de frand,} mort vint le surprendre au milieu de ses convois, k <}u'it eOI songé à se retirer pour jouir du fruit de m\ tivifé.
L'exemple donné par les ingénieurs anglais de Réiii Monte a élé suivi. Presque toutes les grandes minet i maintenant munies de pompes à vapeur, mais le trans; de ces machines n'est pas devenu plus facile. Lend qui se chargea i forlait, il y a quelques années, défaire river sur les lieux la grande pompe destinée à la mine FresniHo, réalisa une fortune dans celte seule entrepriM put se retirer des affaires. Ce fail donne la mesure il que coûtsEit les transports en grand dans ce paya, elt sont presque des transports de ce geni'e que le ^énéraln rey a diï exécuter, non pas avec le secours des roulin mexicains, mais, au contraire, au milieu de toutes les pff vations et de tous les obstacles qu'engendre l'état * guerre. Je dois ajouter, toutefois, que, comme comf tiou, l'époque de l'année pendant laquelle les opén militaires ont été reprises était très- favorable. Les mo mars et d'avril sont de tous les plus secs au Mexi^ C'est presque la seule saison pendant laquelle lesro' sont partout praticables; dans les terres chaudes pa'
,1 sur le ptateau, il ne pleut i cette époque. Le ? ersant '^plateau, si humide pendant Thi? er, se dégage à ce mo- '•I de aea brouiUaids, et jouit alors d'un beau soleil ; J^, dès le milieu de mai, la saison des pluies s'annonce «toutes lesparties du Meûque, et alors tout change bien M de bce.
Jkussiy Avant de lancer l'armée sur le grand plateau, fal- ÈkA accumuler des vivres pour longtemps, à défaut de ai on aurait vu, pendant la saison humide, Tarmée tourjaMe par la faim et paralysée par le manque des objets de HDière nécessité. Hais de ces vivres qui arrivaient en mse de France ou des Etats-Unis, une partie était dénée i Orizaba en attendant la suite des arrivages, et la Beolté était, non pas d'en faire venir pour les besoins de rmée, mais d'en faire venir assez vite en quantité vou- ^9 pour qu'après avoir pourvu aux besoins du moment, en restât une provision suffisante pour faire campagne. a effet, l'armée consommait à mesure une partie des vi* res en attendant le complément des arrivages^et les escorit indispensables aux convois en absorbaient aussi unequanté notable.Il yavaitdoncsanscessedanslesapprovisionnelentsqui se faisaièotun certain déchet. Arriver à Vera-Cruc "était comparativement rien. C'est i partir de là seulement ^ commençaient les véritables difficultés. Aux obstacles «rement matériels venaient s'ajouter le danger perpétuel ks rencontres de la guérilla. De là, nécessité d'une vigi- ^nce perpétuelle, et, malgré cette vigilance, des convois nlevés par ces bandes insaisissables, toujours présentes
quoique iovisibles, toujours infatigables et toujad tentent iaforméee; bandescumposéesd'IiDaiiiiet o i fond leur terrain, et ne faisant qu'un avec lat res, et pour lesquelles la vie d'aveulures, une fatigue ou ud ennui micessaire, n'est qu'ui habitude et presque un Jivertissemenl. Cette Im tout irrégulière qu'elle e^t, et peut-être à cause é sera toujours un fléau pour les armées ei déjà enlevé bien des convois et décimé bien des n tandis que, suivant les correspondances de Vera-Cr Français n'auraient pris qu'une centaine de guérïllei ont été expédiés à la Martinique.
Comment ne pas plaindre ces malbeureux balailloi les soldats passent leur vie àarpenlei'lesssbiefi brQli la Vei'B-Cruz pour aller chercher des convois, leu à trente lieues, et retourner en chereiier d'autren ce qu'ils ailieul se reposer A l'hâpita)? . 2
D'après tuut ce qui prëcÈde, od voit donc quejj une lois engagée à de grandes distances de la cMfj plus probable que l'on puisse subvenir au fur et k* à ses besoins par des convois échelonnés, car le i Forey ne peut se passer de tout son effectif pour a au cœur du pays. Les renforts récemment débarq été aussitôt acheminés vers l'intérieur, et il n'est Vera-Cruz que les Egyptiens. Ceux-ci, soit dit eu p semblent, aussi bien que les blancs, avoir à subir d'accbmatation, et ne répondent pas à ce qu'on en 8t{ Tandis que les uns vont peupler les hôpitaux où U
-oie a iùt d*affireiii nvageè^ d'autres priOMil le B6y effrayés dea ealaniMs qa'ib fencoilrtnl sur eetta e peu. hospilalièra.
fia ne savent pas, commd ka Ftançaiay prendre iew mal pati^nœ en «'égayant de lean. propres miiéres. Il b*y a^
effets que dea Français qui uiaà assex insouciants ur se venger de la fiètre jaune en composant des chan-* i^iettea iUiMtrées ayant pour refirain wumentomori, oo décorant le cimetière du tUm de Jlardiii d'oeeltauUattaii. a#« plan du général Forey sèsdile a? oir été de préparer ^niabav è Jalapa et sur tes bords du plateau des appro* onnements pour deux ou trois mois» de (Hroiler de
ressources pour marcher rapidement en avant, en emtant avec lui tout ce dont une armée a besoin, pois de pper un grand coup qui mette fin à la guerre. Dès lors, lu'ildoit redouter avant tout, ce sont les retards, car son Kiée ne pouvant espérer de vivre sur le pays, sa position irrait devenir critique, si ses approvisionnements avaient lemps de s'épuiser.
Le procédé le plus prompt serait de ne point s'arrêter ^ebla. Peut-être une marche hardie sur la capitale aujl pu réussir. C'eût été une de ces témérités qui passent hr sublimes lorsqu'on les mène à bien, alors même qu'el- F-s'écartent des régies qu'impose la prudence. Cepen- M l'expérience de la campagne du général Scott prouve Ito Mexique ces coups-là peuvent se tenter. Il est bien le, en effet, que les généraux mexicains sachent profiter ' leurs avantages et tombera propos sur un ennemi qui it par trop aventuré.
J8 Mais passer outre en laissant sur ses derr aussi importante, enlourde d'ouvrages aussi et défendue par une garnison de 15,000 moins, serait une eulreprise qui ne peut se co oD a la certitude de n'éprouver aucun échec d Quant à bloquer Puebla pour n'avoir rien à garnison pendant qu'il se porterail en avi Forey ne pouvait y songer. Il aurait fallu f cher un corps plus considérable que l'effeclif ne le lui aurait permis. Nul doute qu'il n'ait a{ en prenant le parti de s'emparer d abord de capitale du Mexique.
6 Mai 1863.
.Vokî fdonc l'armée française établie dans les plaines nues Mw les collines qui entourent la Puebla, cité que les |Daûcaiiii appellent la ville des anges^ mais qui, pour le liart d'heure, est aux mains de soldats peu célestes. ^ i^^L'armée de blocus se compose, à ce qu'il paraît, de 30 die hommes, qui vont être rejoints par 5 à6 mille récem- R)Bt d^arqués. A ces forces s'ajoutent 2,000 guérilleros iesdcains, sous les ordres de Marquez, naguère l'un des kg grtods br%ands du Mexiqu^i et aujourd'hui encore pees^ foleur pour piller ses amis quand le butin ennemi e répond pas suffisamment à ses désirs. 11 y a en outre une Eimpagnie de 150 Mexicains d'élite, qui sert chez les Fran- Bùs et qui a reçu le nom de Ugion d^ honneur î ,1^ villages sont rares et chétife dans les environs de 'uebla, mais grâce à la sérénité du ciel, à l'époque de année où nous sommes arrivés, les tentes sont ujn abri laffisaut pour la nuit. A quelques lieues à l'est, on peut ^er trois 4m quatre bataillons dans le bourg d'Amozoc, tfpiëoe de carrefour carré, entouré de maisons bâties en ierrts el ipeintes des couleurs les plus vives, qui imitent
l'azur du ciel ou l'aurore aux doigts de rose. An l'un des plus grands repaires de brigands du Me: les Français s'en apercevront aux exercices de vo la guérilla mexicaine ne manquera d'exécuter ai leurs avant-postes. Les cbarape de blé serviront de aux hommes et de pâturage aux chevaux. Quaal vres, il est h craindre que, à part les beefsteal par quelques bœufs éliques échappés aux razzii garnison de Puebla, les provisions envoyées de F fassent chaque jour le plus gros du dîner. On peu nier aussi que plus d'un régiment campé au milie plaines de poussière, n'aura pas toujours à discret nécessaire pour ramollir dans la marmite le légumi que qui est te nerf des jouruee^ de bataille, autai consolateur du garde national récalcitrant mis 1( pour S.! heures. '{
Mais l'eau n'est probablement pas seule à mM faut du bois pour faire la soupe el le bois ne se IrO! quelques lieues dans les montagnes. Pour s'en pro faut abattre de grands sapins, 'es scier, les Te transporter ce bois à dos de mules sous les yeux di rilla, qui avance ou recule avec l'ennemi el le suil comme son ombre. C'est dire qu'à moms d'un i main ou d'un assaut décisif livré d^ les premieri les opérations contre Puebla pourraient traîner en lo quoique la rupture du grand aqueduc par laquelle les) ont inauguré le siège , soit cert;<inenienl, dans c de sécheresse, une grande calamité pour les [>ue
fl
^ce coup de maio a été tenté et a échoué. Quoi qu'il en ïjf le retard survenu dans l'époque fixée pour l'attaque nble indiquer qu'il faut un siège en i^è^e pour s'em* ?«r des ouvrages de terre qui ont été élevés autour de la
Salivant les correspondances de Vera-Cruz, les opéram$ ont été retardées par des incidents fort sérieux. A son lîifée devant Puebla, le général Forey a adressé une Mlamation aux bourgeois de la ville, dans laquelle il Mnettait monts et merveilles de la domination française, m,ea particulier, le dégrèvement des contributions.de
^68 tmpOts sonty en effet, devenus excessifs par suite ït besoins dé la guerre, et c'est surtout ce qui mine le j^w de Juarez, ce qui lui crée les plus graves compli- Ufios €Xï entretenant un mécontentement qui alimente la Mre civile. En effet, celle-ci dure toujours, malgré la ifieoee de l'étranger ; à peine la révolution de Guadalajara deGuanajuato a-t-elle été écrasée par Doblado, que déjà Miichoacan et l'Etat de San Luis ont dû être mis en état ^siége.
.^Lôë principales contributions de guerre introduites par |irez consistent en un impôt de 1 ^/o sur tout capital àu-^ Risus de 1000 piastres, et un timbre de i ^/o sur toute 1^ d'obligations ou d'effets de commerce. Ces inesures laneières exceptionnelles ont fourni au Trésor de fortes inmes, et malgré les protestations qu'elles ontprovoléfis, les d^rets qui les concernent reçoivent une exé-
cuiioD rigoureuse. Un décret spécial enlève, en outre, « clergé une notable portion doses immenses riehessfs. S« les 93 églises de Puebla, 80 ont été fermées pour être v» dues. De plus, les couvents de nonnes ont été disM et leurs biens saisis, avec promesse, il est vrai, d*attrib«r à chaque nonne, sur les biens de la communauté, im somme de iOOO piastres (20,000 fr.), mais on sait ee qi valent les promesses faites en temps de guerre. L*alii des couvents touche naturellement de trop près am islM des familles influentes, pour n'avoir pas prodoit an eMÊH mécontentement, et c'est ce mécontentement que le géoM Forey croyait pouvoir exploiter contre les défenseurs dB k ville. Mais Teflet de sa proclamation fut médiocre» et h|t Déral Ortega, commandant de la place, y répondit par autre proclamation adressée à l'armée française, dans il cherchait à foire vibrer les sentiments de justice 6t passions chevaleresques des saldats étrangers, leur mettant, en outre, un bon accueil. Cette proclamatioa,!'' pandue à profusion dans le camp français, y produisit e etEst inattendu : on vit les soldats abandonner lea drapeaux par bandes de 20 et 30 à la fois. Cet évAi^ ment inouï paratt d'abord incroyable, mais il faut biei! eroire, puisqu'il est confirmé par les correspondanel de Mexico et de la Havane. Aux dernières dates, ï! avait à PoeUa plus de 600 déserteurs français, sans coop' ter les transfuges de Tampico, d'Orizaba et de Jalapa.
Des incidents aussi contraires à l'esprit qui anime, ei fÉrfral, le soldat français dénotent dans l'armée on gmi
■mécontentement. Les lettres de Mexico qui arrivent par la ^mfÀe du Pacifique affirment que, depuis des mois, la dili- Hence amène chaque jour six ou sept déserteurs qui sont presque exclusivement des zouaves et des chasseurs de ^ncennes. Un nombre au moins égal prendrait la route «i:Oaxaca et deGuanajuato. Il serait difficile de ne pas rapprocher ces faits des signes d'insubordination donnés par 9çi chasseurs à Orizaba, sous le général de Lorencez, et de ne pas penser que le mécontentement se perpétue dans ce corps, ^i Ces fâcheuses dispositions s'expliquent, du reste, jusqu'à ■Incertain point chez des soldats séparés de leurs foyers per rOçéan, ne comprenant ni la raison ni le but de la ppi^rre» soumis à toutes les privations, décimés par les pgllKUes et dont le moral n'est pas soutenu par le bruit ije^-^mhak; et par, )!enivrement de la victoire, placés comipe^ ils le sont en face d'un ennemi qui se retire toujours et IB\)fire jamais la bataille. Le soldat français ne se sent pas clans son élément au Mexique. Par nature il aime l'ofien- «Ive, .et là-bas il s'est toujours trouvé sur la défensive, n'ayant affaire qu'à des bandes qui le harcèlent sans se ^compromettre, et contre lesquelles il s'épuise en poursuites st^ériles, sians gloire et sans résultat. ■^ . Les déserteurs ont publié dans les journaux, à Mexico, iiD n\aQiii9ste par lequel ils remercient Les Mexicains des bons procédés dont on a usé à leur égard avant de les inferner» et ils cherchent à justifier leur conduite en disant qu'on les a trompés, etc Parmj les signatures, on lit les iUMS^ d'.unsergent-m(ûor et de bon nombre de sergents.
Nous n'insistons pas sur ces faits qui sans doul déjà Tieillis, puisque le Moniteur annonce que Téta taire et l'esprit de Tarmée sont excellents et que les lations sont fort bien disposées en faveur des Français
La ville de Puebla n'est nullement forte. Elle s*él milieu d'une plaine nue, mais à Test elle s'appuie con terrain onduleux que la route traverse en passant eut collines, contre lesquelles la furia francese se bris tilement dans la campagne de 186%. Il est à présom ces positions auront été solidement fortifiées par le ciers étrangers qui servent dans l'armée mexicaine, pi lièrement par des Américains. Mais les Mexicains dent-ils le matériel nécessaire pour armer une plae< vaste que Puebla et sa banlieue? ceci est plus que do et il est probable que tout l'armement des ouvra compose d'un ramassis de vieux canons usés de tout de tout calibre, qui ne seront d'aucun effet pour ré| au feu des armes meurtrières des Français.
Le télégraphe nous annonce, il est vrai, que ces • ges sont armés de 1 50 pièces rayées ; mais c'est là ces nouvelles monstres qui, pour être crues, dem une sanction ultérieure. L'armement du Mexique esl d'autant plus problématique que le gouvernement de hington (ce gouvernement si jaloux du respect dû ai cipe de la neutralité) avait mis l'embargo sur les 1 tures militaires achetées aux Etats-Unis pour le con Mexique, tandis qu'il laissait les fournisseurs françai provisionner de mules, de chariots et de vivres. Il e
que ces fournitures ont été rendues sur les représentations du ministre mexicain, mais il est facile de prévoir que, leur transport ayant été retardé, elles n'arriveront que comme moutarde après dîner. Elles se composaient de 80 mille fusils, ^000 pistolets» 600 épées, 2,000 sabres et de deux batteries de ctneiis rayés.
. Quand on réfléchit que la route de Vera-Cruz est 4ermée depuis quinze mois pour les Mexicains, on se deanande eomment ils auraient fait venir cette formidable artillerie qui est censée armer Puebla. Certes, ce n'est pas par les affreux sentiers qui mettent Tampico en communication iiveo Mexiooau moyen du fleuve de San Juan (Rio Panuco). Serait-ce pnr le PaciGque? mm encore n*y a4-il de pratimbiB pour les chariots que la route de San Blas, par Tépic et G«adahjara. Et qudie distance à parcourir (1) 1
Si Juaret a réussi, malgré tant d'obstacles, à armer con- ^rmablement le Mexique, lui qui n'a pas au delà de l'Océan des fabriques d'armes, ni des vaisseaux de guerre pour traoeporter les fusils, les canons et les boulets, ce fait est, à lui seul, presque un succès digne de la plus grande adroiratioii, et qui dénoterait chez cet homme de hautes capaeiftés.
Néinmoins, les collines de Guadeloupe pourraient, bien ^ue «mI armées, devenir un obstacle sérieux si elles étaient convenablement défendues. Aussi n'est-ce pas par
(1) De San Blasa Mexico il y a 280 lieues, qui équivalent à 400, vu l'état des routes.
se
l'esl que celle ville est le plus facile à alUtju^. avoir investi Ih place, il sera beaucoup plus facile ani Fn ÇM8 d'y pénétrer par les plaines qui s'àendent du eW nord ou de l'ouesl.
Dans ce but, il était pour eux de la plus haute imporH d'occuper la ville considérable de Cholula, à i lieuesirti de Puebia. Celte cité est flanquée, à l'entrée de la rai par une mnjestueuse pjTamidc en terre, de 200 gnedii hauleur, élevée par i-an^ de terrasses et immenirt large. Celte montagne artitloielie fut construite jl en face du Popocatepetl, par le géant Xelhua, quiAiln seul au déluge en s'enfermanlavec sa femme dans unU d'arbre évidé. Ce Noé mexicain avait l'intention d'A le monument jusqu'aux nues, afin qu'il fùl lui servir * fuge contre un déluge nouveau ; mais les peuplades qB renl employées à sa construction ne purent s'ente longtemps dans l'exécution des plans; à l'enteute qui' présidé su commencement de IVeuvre succéda bienlMi confusion telle de toutes les opinions, que l'entreprôe abandonnée.
Mais si cette pyramide n'a pas atteint son bot pril tif. elle est d'une utilité incontestable en temps de gwH car, de son sommet, on commande le pays tout à Vaài» ainsi que la ville de Cholula. Sa vaste plate-formepl loger UD bolailion, et il pouiTail presque camper orei mêe sur ses larges terrasses latérales, d'où l'on p battre la plaine k de grandes distances. Aussi un uii d'armée, même isolé sur les flancs de cette montig
■rlificieUe, m soiriemeiit sous loà canoo, serait-il dans mie rtrte positiOQ.
■'. U était étideni qu*il devah entier dans les plans dki général Forey d'occuper la ville de Cbolula et le biurg de San Martin, ear en s* interposant ainsi entre ■a Puebla et Mexico, > il coope la retraite à Tarmée de Pue> fcla, etrempêche de se rabattre sur Mexico pour grossir le ■ijombre des défenseurs de cette capitale. Prendre Puebla, enlever d'un même coup Tarmife d'Ortega et priver Mexica irie ce secours, était trop brillant pour être négligé, du molÉent où la fonce de Tannée française lui pertnettait de se ^i^éminer autant. L'occupation de Cbolula s'est efiEectuée m^è& un combat de courte durée, livré par le général de Mirandol.
n sera curieux de voir maintenant si l'armée de Mexico «aura venir au secours de la garnison de Puebla, et si, par mœ action bien combinée, les deux armées sauront prendre entre deux feux les corps français qui bloquent Puebla il l'ouest.
On a d'autant moins lieu de s'y attendre que l'armée de Hexico ne serait pas forte, et que les renforts sont lents à arriver. Au commencement d'avril, on attendait âsOOO hommes de Mazatlan, port de la Sinoloa, sur le Pacifique. Ce détachement, embarqué à Signatanejo pour Âcapulco, risque d'avoir été arrêté en route par les croiseurs français, et, en tous cas, il n'aura pu atteindre Mexico que quinze jours après l'ouverture du siège de Puebla. 2000 hommes étaient attendus de Guanajuato pour le commence-
ment d'avril, el 3000 de l'Etal d<i Vera-Cruz (de Tut
Papaiitla, etc.). Le 30 mars, 1200 liommes et Si a venant de Morelia (chef-lieu duMicboacan), avaientfl leur entrée à Mexico. Mais l'armée de Mexico ne semblljl élre organisée encorp, et les seules forces dont puimc^ poser Juarez paraissent Ëlre celles de Puebla (I),
(i) Suivant les dernières nouvelles, les généraux m caÎRS ont, en effet, tenté de débloquer Puebla, en pi une partie de l'arraëe entre deux Ceux. Comonfort ai du c6té de Me;iico, tandis qu'Orlega faisait une sortie ill la direction de cette ville ; mais les deux généraux n« pas a|}i avec assez d'ensemble, el la combinaison n'tfr réussi.
La PueUa a été eanonnée pendaat quelques jours sans 'voir beaucoup souffert et les assauts ont été repoussés ; aaais la reddition de la place est néanmoins imminente, «flisque le général Ortega, après s'être vu refuser qne eipitttlàtion honorable, à tenté de percer les lignes ennemies pour opérer sa retraite sur Mexico. Au premier abord, Q né comprend pas trop pourquoi ce général, puisqu'il ne 'oulait pas foire une défense sérieuse, s'est laissé enfermer i Puebla, ni dans quel but on a élevé tant de fortificaions, puisqu'on en a à peine fait usage. Mais il paraît que 'artillerie perfectionnée des Français a ruiné ces ouvrages, ^ un peu de réflexion porte à croire qde le général maxisain a eu la main forcée et qu'il a dû céder devant les knurmures des habitants effrayés du bombardement, car les bombes françaises atteignaient jusqu'au centre.de la villeCIJ.
Lorsqu'on 1846, l'armée américaine bombarda Yén- Cruz, on vit le siège de la ville se terminer par un dénoua-
''' (1) Ces observations, basées sur une dépêche fort exagérée, se trouvent être sans fondement. '
Mot UNit semblable. Les hdNtaiHs slnorfêrcik. tf I officiers subalternes, pour b plupart de peo de fortèrent b main ao commandant de h phee: cal général dot céder, mais, hooleiix de b lIAelé de major, Q s'empoisonna poor n'aToir pas à et à signer Ini-mdme b ca|Htolation.
La roptore de l'aquedoc qui alimente les ville de Poebia, a sans doute aussi betoeoup aiamf I attres des Pratçiis. Qoekpies semaÎDet philari^i commencement de h saison des pMea. ealle général Forey n'aurait été d'aucun effal ; arrivait au moment de la plus ih beaucoup souffrir de b privation d'eno^ qnoi^Éli à Puebla quelques citenies*
Du resie, de toute manière, ce dfaonpmert élml I] voir, car une ville de 70 mille èaaeB, ne guère être d^lendue lorsqu'elle est mvestie. Une fioia ta honne s'y déclare inévitablement et b sooffi^ devient un embarras qui paralyse k plus déterminée. La chute de Puebla, si elle ae est un événement majeur, qui, sans mettre m fin à la guerre, ouvre à l'armée française les portai Mexico, n paratt, en efidt, que c'est i Puebh que b vemement mexicain avait accumulé l'élite de ses facMl la plus grande partie de son matériel de guerre.
SupposoDS doDC maioteDaDt Puebla prise et l'i d'Oriega obligée de mettre bas les armes ou s'échi par le Sud. Restera Tattaque de Mexico.
jJW ckerehé à doBfier une idée de b pontioo de eette 4to^ 10 point de fue mililaire ei je n'ai pas bëaité à h «Hfier de passablement fiortsi Toutefois il faul bien s'enmin sur ce terme. Mexkp n*est point, par dle-même, Mfierteresae; c'est, su contraire, une: ville ouverte; ■dément, ses enviroos présentent pour la défense de i^nds avantages stratégiques. Hais le pourtour qui peut Pi déCandu est fort vaste H. exige, si on veut Toccuper mm minière efficace, une armée de 30,000 hommes, doute, eette armée, placée au centre, a tous les avansoF cdie qui se meut à la périphérie, et elle peut se avec avantage, contre un ennemi plus nombreux, miÊL {Milité qu'die a de rayonner en tout sens, en suivant lîgiie directe, tandis que rennoni est obligé de faire des mivements tournants. Cette théorie, reconnue vraie toutes m fais qu'il s'agit de défoodre une position forte par nawe ou fortifiée par l'art, trouve surtout son. application à Incice, ville qui n*est guère abordable de front, à cause , querennemi, arrivant par la route de TEst, trouve pas entre lui et la place. Hais, pour profiter des ppantages d'une position semblable, il faut une armée majpaeovriére et trés-mobile et des soldats sur lescpids on prisse compter; il faut des généraux versés dans IM de ^ tactique, prompts dans leurs combinaisons et plus iiompts encore dans l'exécution ; il but des chefs sadiant Ittsir l'occasion -au vd et ayant la volonté 4'agir avec éoer- |ie sur les points voulus, au jour opporti» et à l'heure ioiquéepar les droonstanœs. Or, ce qm Mm|ua avant tout
aux officiera mexicains, c'est la prMBptitoda. L'I da Mexique est en générai lent. En revaneha, il à lasser, patient au delà de tonte exprearion, nais 1 en tout renvoyer au lendemain, même dans les plus simples de la vie. C'est chez lui une aflMre de^ rament, inséparable de sa nature créole.
Quant à Texpérience, elle fait complétemeiit officiers meticaîns, et, en effet, où auraientHla^pii rir? Malgré la guerre civile permanente qui, éefmi on trois lustres désole le pays, et quoique lea soient toujours sur pied, ils n*ont jamais l'odcariM cequ*on appelle une campagne. Dans ce aii les luttes ne se terminent pas dans des batailles si une rencontre des belligérants aboutit fertni quelque chose de semblable» les combats ne as qu'entre de très-petites armées et ne ressèmbleol é nos batailles européennes.
Presque toujours la tâche des arnsées du geuvc se réduit à la poursuite de quelques bandes ii qu'on ne réussit pas à atteindre, qui ne tienneol que ment, et qui ne combattent guère les troupes r^léesi lassant leur patience jusqu'à toute extrémité. A cett6< suite sans grands dangers, sans intérêt parce q^'eHasans résultat, les généraux ne peuvent que se gftler iai Aussi, quoique quelques-uns soient doués de beaoi courage et d*un véritable talent, ils ne savent jamaîi ployer ces facultés à propos. Ils peuvent posséder notions de tactique, mais Texpérience ne leur a jamais
fum^ qu'oB. peut tester ea guirre et ee qu'il faut savoir
BleiBtedaD&.eeaeeiKlitMDe» ils deinriîeDt ee gacder de HAeei'offiMeiiire. Lorsqu'ils oui tenté d'attaquer peodi^t perne de 1)817, eela oe leur.a jaiaais- réussi. C'est; au Miwei, daos de^ positions défensives que l'année mm^ M a lotyoucs doonéie plus de fil. à retordre aux Amé^ ■âsd. Lorsque la troupe luexieaioe^ attend l'ennemit elle PNiv^nt beaucoup de sanj^oid, el elle a montré à di-^ Ms reprises une assuraiiGe surprenante qui a même jitoidiu ciN»< qui l'attaquaient. Gela tient sa&s douté, IMrtiettà cette confiance en sd-mème, propre au carte- M^pafool, laquelle parfois ne doute de rien^ L'ignorance ijanger y était aussi, poitf" J>eaucoup. Le soldat mexicain connaît encore ni la sioUde orgaësation des armées MsgèreSy ni ieur fornûdàble armement, ni surtout leur 0uUihie impétuosité. Presque toujours, jugeant des Him. étrangères par eux-mêmes, les ofiiders mexicains glJûin de comprendre ce dont sont capables ceux qu'ils, |i4«faQt eux. Us mettent en général une trop grande jjll&aDce dans b protection de leur artillerie, ne soupçonpas 4ue les soldats ennemis, puissent, 4e gnieté.de ; pousser une charge à fond malgré les ravages ^ue la Hle fait dans leurs rangs. .
débuts de l'arméemexicaine proviennent du reste beau- Iii^dIus du bit des officiersque du Adtde la troupe. Celle-ci^ imi^ieure partie composée: d'Indiens, ne manque pas d'ex- |iip»tee;qualités. Elto est sobre» patiente, infatigable dansi
klnirclMi» imalligeote, habile iie tirer d'eflMre i des diflScuItée qui oaissent delà nature du pays, su d'eDttMNMÛNBe et Mlae de fiuiatisM. M aiseUe est I rie^ mdhahmée, mdamitfeeteoeereplusimteeii pÊÊ dès officiars suballerpea, presque tous blancs c qiftn'eDiaiieunede ses qualités. Cette eogeace, don pMta sebomeatà promener des galoos derés sous cous des dames» est la plaie del^rarfe. Leia é enlever k treope par leur eiempie, les oiBders ii mtooi seuvsut que pandyaer son étaa. Dans la joi Meliae âeif Rey. le gàiéral Aliarez reste speetale bataiUeà latte de ses quatre miUe cavaliers, ein duugerY.sois pséteirte fiMiatt offkkn ne $*m m )Mit et j'ai vu SMÎ^némeees bâros de boudoir abi leurs soldais an moment du danger.
L'ettrAoM sécheresse de l'hiver et da mois ne laissant plus an laes de la vallée de Mexici étendue réduits^ ie^manâs élant en partie desséi partie praticaUes, fl ii*est pas probable que la puisse tenir longtemps. On ne peut soDger dans < son à arrêter l'ennemi par les inondatioQS. Cette n tt'exiatenit qu'en autoome, à la fin de4a saison d< ^ an moment dee hautes eaux. On peut donc 8e d si Mexico sera défidndue. Cela paraît probable si réussit à s'échapper avec les débris de son arméi personne ne saurait l'affirmer. Pour qui a un peu bizarres péripéties des guerres civiles du Hexi( prévisions sont faciles dans un certain sens. Quoiq
létu éùmm \» plus souvent si amène les plus singuliers liaodes, ks évéuemeots militaires de oe pays odI presque mjours le môme cachet. Ce sont d'abord de grandes dé* cwistpations qui paraissent devoir aboutir à quelque résul- I; sérieux, puis tout à coup un dénouement qui semble Eaber :des nues et un fioicê complet. J'en pourrais citer re multitude d'exemples empruntés à l'histoire des luttes destines les {dus récentes» comme^è celle de la guerre de tél. Cependant dans la guerre actuelle, ils semblent dé- Jés à faire une défense vigoureuse, et il est probable qu'ils
battent mieux qu'ils n'ont l'habitude de le faire dans (ara perres intestÎDes.
lie général Forey a perdu à Orizaba trois mois de la «ine saison, et il ne lui reste plus que quelques semaine Mir s'emparer de Mexico, car la saison des pluies s'ouvre IX environs du 15 nvû, et les routes deviennent alors im- ■aticnbles. Elles ne seront bientôt plus qu'ime succession de ndrières ; de distance en distance, on les trojuv^ coupées fer les lits de torrents dont le nuitin on ne soupçopme pas iteie Texistenee, et qui> le soir, ressemblent à dea rivières, i partir des premiers jours de juin, les cpnvois ne peuvent llusgHère circuler. En )S47, l'armée américaine^ qui, ibose bien digne de remarque, fit sa courte campagne de inq mois en pleine saison des [^ies, ftit obligée 4^ prjsndre les quartiers d'été à Puebla, et d'y séjourner plus de deux IMHS pour Ittsser passer l'époque pendant laquelle les pluies lessemblent à un vérit^ible déluge.
AfTès ateir pris PueUa» le générd Forey aura encore
in
rlsctariHi, ë
tout beto jeo, ei il ne sert phi d'eipédier mk lettre rtiiiMMl fi'ea h pir (|iMl(|ief ceatines de cafifiere.
Od peot en eisl ee denader eMore âhprwde lico MPt le (h de b guerre, ea ti doqs wrrwe k le pr elea ger dms dee promees piv recdées, oè ëtmijfhv eurth peine à pénétrer.
CeHe dernière aHerealîTe n'est pes compiétenMDt i iiMe« D^ les joomaox ont annoncé Hnteniion de Ji de se retirer à Morelia, capitale da Michoaean, pi située pins an Sud-Oaest, dans la direction du Ced était à prévoir, car Jaarez est an homme de la grande énergie» habile» poussant la persévérance j rentêtement» et il n'est pas probable qu'il abandonae partie tant qu'il ne se verra pas dans une situation àé» pérée. Chef du parti libéral du Mexique dès 1859, il atri versé ivec une rare énergie les crises les plus difficils
BndueHemant refoulé par les cléricaux et par tes éméês de MiranioD» il floH par aYoir tout perdu» sauf la ville de Vera-Craz. Il oe songea cependant nullement à céder, et, %Btoilré de ses fidèles Indiens d'Oaxaca, il tint bon, con- Mrfa son ndstère, continua à signer des décrets et à se poiér en pr&ident légal du Mexique» défendant k Consti- 'tatioB de 1857 contre les usurpateurs cléricaux. Les for- HMde son adversaire MiramoB finirent par se briser contre cette passive persévérance. Pour la première fois Mira- ^on, ce jeune guerrier à peine sorti de Tadolescence, et -qui semblait s'annoncer comme le Condé du Mexique, vit ^»ftiir son étoile sur les champs de bataille. Quelques mois 'après Juarez, triomphant de toutes les résistances, entrait à Mexico et y retrouvait son fauteuil présidentiel, si long- 'lemps, comme il le disait, aux mains des usurpateurs, ' comme un évéché in partihus infidelium. '
Mais la nation suivra-t-elle Juarez?.... Je ne sais.
Le Mexique est fatigué de cette guerre qui dure depuis seize mois; le commerçant aux abois, Tagriculteur ruiné, le clergé exaspéré, l'habitant des villes écrasé de contributions de guerre. On soupire après la paix à Mexico autant qu*à Paris, et on Tacceptera avec empressement «ans se montrer trop exigeant sur la couleur de la main qui l'offrira Le patriotisme est souvent subordonné à une question d'impôts, et Juarez ne pouvant continuer la guerre ^'en demandant au pays de nouveaux et d'immenses sacrifices, risque fort d'être abandonné.
Cependant, Juarez a des amis et beaucoup d'amis. Si
donc le général Forey veut Être sQr, en frsppaut i coup, d« œetlre lîn à Is guerre, qu'il s'empar personne rafime de Juarez. C'est là qu'esl probablt nœud de la situation. Mais Juarez est Indien, et n'est pas facile à investir, Eurtout pas le long d inabordables des lacs marécageux. Or, en pays en pays iusurgé, comment empScber la fuite d'ui qui, en changeant son costume, peut ressembler i Indiens de la vsll^ ?