‹ Le Mexique et l'expédition franc̜aiseChapitre 3 sur 5 · IT V · texte numérisé non relu

IT V

Arrêtons-nous un instant dans ces considérations^ sur it narre du Menque, pour nous attieber aux nouvelles les \tm récentes qui peuvent servir à donner une idée générale »ia suite des événements.

' Pendant que le général Forey préparait à Orizaba sa Murehe sur Mexico, un détachement fut envoyé pour occih BT le port de mer de Tampico. Cette expédition collaté^ aie n'eut aucun succès et se fit à pure perte. Le corps qui ttnlut chercher è pénétrer de là dans Tintérieur, par les ikeca sentiers'de la Huasteca, s'embourba dans les foêls, perdit du monde et rentra fort démoralisé à Tampico, Mssé par le général Garza. Il se retira ensuite, pour opéf«r son rembarquonent, à la barre du fleuve, en avant du* |Qel se trouvaient les chaloupes canonnières, et y détruisit Hutes les propriétés de cet endroit. Mais il fut suivi par un détachement mexicain, accompagné de deux canons rayés, •il moyen desquels on ouvrit le feu sur le vapeur français la Lênc$9 qui se trouvait encore dans la rivière. Celui*ci, lians sa précipitation à gagner la mer, s'échoua sur ia karre, et les Mexicains ^ntinuèrent à le canenner, malgré

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le feu des bâtiments français. Le lendemain, tous lesdMi pour le remettre à flot ayant été vains, les Français l'abii- fis donnèrent et rincendièrent.

Le calme qui régnait au otoment du rembarquemeot I perdre aux Français encore trms transports à voiles, fi restèrent entre les mains des Mexicains, savoir deux mvires américains chargés de matériel de guerre fraoçiii» et le navire français France et Bretagne^ chargé •cbartN».

Celte expédition a doue été, en réatité» p)iis tfui«bli< Français qu!aux habitants de Tampico. Aprèti le départ premiers, ceux-ci se sont consolés de roce«palioB raire de leur ville par ces prises et par le sao de la; dont ils, ont réussi à tirer beanooup d'objets dac et dont ils espèrent repék^her les canoos rayés.

RatoumoDs maintenant à la route de Vera^-Gitis. ■

Dans les premiers joura de mars, 4e général Faray ses adieux à la ville d'Orizaba, il a remercié les bal de leur gracieux accueil, qu*il se piiiîi à croire ayn que ; à cette occasion, le président du Conseil municipal a débité un de ces saints emphatiques, à plusieurs péri que seul TEspagnol peut articuler sans rire.

Depuis longtemps on attendait avec anxiété à Puebli nouvdle de ce départ. Les alertes étaient continueUea àà cette ville ; tous les deux ou trois jours, on annonçait 1 marche de Tennemi ; mais chaque fois qu'une colonne s'avii çait de quelques lieues, on la voyait quelques jours aprl rentrer dans ses cantonnements. Enfin, le i^ mars, tav'

•"•l^armëe française s*ébFanla{1). Voici, d'uprôs les bulletins nexîoains, emmeni 8*e8t effectuée sa marche sur PuebU : f Le 2 mars, las premières colonnes de Tarmée française étaient à Acatsinfço, sur k route d*Orizaba, et à Nopaliican, sur la route de Jalapa. Dès le 15 février, le général Forej avait annoncé, dans deux proclamations, l'euyerture proehakie des opérations actives, et, le S mars, - Teraiée prenait, en effet, ses dispositions pour se porter décidément sur Puebla. Le mouvement, néanmoins, a éié plus lent qu'on ne s'y attendait. On était généralement d'opinion que le général Forey voulait attaquer Puebla du 15 <aQ 16 mars, afin de célébrer par une victoire l'anniversaire de la naissance du prince impérial ; tel avait été, du moins, le rapport de plusieurs déserteurs, rapport que semblaient confirmm* les premiers mouvements de l'armée française«

-' Le 4 mars, ses eampements s'étendaient sur toute la 'ligne, deTepeaca à Acajete; le 5, les colonnes venues par ^la route d'Orizaba arrivaient à Vhaeiendaie San Bartolo et poussaient jusqu'à San Nicolas ; là, elles restèrent dans l'inaction jusqu'au 8, attendant les forces qui venaient par la route de Jalapa, dont une partie avait successivement occupé etdésoccupé Huamantla. Le 8 mars, les deux colonnes 'S'avancèrent, en même temps, de San Bartolo et d'Acajete

(1) Pour l'intelligence des détails qui vont suivre, je renvoie à ma Carte du Mexique; voyez aussi le plan des enviliona de PueUa (d-joint.

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pour 86 porter sur Amozoc, où ellas arrivinot le jour. Amozoc Mi à quatre lieues de PueUt. Lai postes, composés de deux bataillons légers, vrec de lerie, et d'un corps de cavalerie, s'étaUîrenk à las village qui se trouve à une demi-lieue d'Amomc eti lieues et demie de Puebla ; le 9, un corps d'isbalerii deux à trois mille hommes prit la Cordiltèrev à d*Amozoc, pendant que de rinfioterie et de Ift occupaient Thacienda de la Viga» à la droite du lage ; quelques escarmouches eurent lieu entre ki postes français et mexicains.

Le 10, les Français restèrent dans les mdaiee quelques coups de fusil furent échangés entre euxdl avant-postes mexicains, entre las Animas et Chacbapa.

Le 1 1, quelques forces réactionnaires mexicaîaeii liaires des Français, avaient dépassé Chachapa (troii de Puebla) ; mais la cavalerie conititutionDellet qâ d'abord battu en retraite à leur approche, reçut des de la place et les repoussa jusqu'aux grand'garte* l'armée française.

Le 12, les Français se sont occupés de nomnaer lei torités municipales d'Amozoc.

Le 13, dans l'après-midi, une force assez de l'armée française fit une reconnaissance jusqu'à chapa et retourna dans ses anciens cantonnements, troupes, des chariots et de l'artillerie arrivaient fi ment à Amozoc. Pendant que les premières lignes s*aj chaient de Puebla, le reste de l'armée suivait par dei

* dernier convoi était parti d'Orizaba avec M. de Saligny, *-on, et était arrivé le i2 à San Agustin del Palmar; les ° et 12, des forces françaises avaient passé successive- At à Acultzingo, Molino, Puente Colorado et la Canada htapan. Les malades de Tannée avaient été placés dans "âibrique de Cocolapan, près d'Orizaba, et cette dernière ■e n*avait pour garnison que de quatre à six cents homfr*. On avait établi, dans le couvent de San José de Graa à Orizaba, de grands dépôts de vivres qui devaient être «entés par les convois venant de Vera-Cruz, et d'où de- ^Bt partir d'autres convois pour subvenir aux besoins de ■Tnée qui se portait sur Puebla.

EL.e iiy l'armée française ne dépassa pas ses positions ; acbapa était toujours au pouvoir des forces constitution- Ics mexicaines. Les gardes nationales de Huauchinango, Tetela, de Tepeaca et de Tecali, villages de l'Etat de ©bla, vinrent renforcer la garnison de la place. Le même jour, 14, à une heure fort avancée de la soirée, g^énéral Forey arriva à Amozoc.

Le 16 au matin, les Français levèrent leur camp de las lîmas et s'avancèrent sur la place avec des forces de ois armes. A neuf heures moins le quart, ils étaient à Tha- '•nda de los Alamos (une lieue de Puebla) ; à neuf heures, *i coup de canon tiré du fort de Guadalupe annonçait Tap- Wtion des Français devant la place. Ces derniers établi- «Btleur campement à l'est et au nord-est de Puebla, aux stagnes d'Amalucan, de las Navajas, aux haciendas de te Alamo' et du Manzanillo, et sur la route mfime d'A-

OMnuc, i uoe deuii-lieiie des portes de Puebb, hfli portée de etnoD ; leur ligne s'élendiit deYint les foi Guadalupe et de Loreto. Le général Foreyeft resté à loe ei n*a dû arriver au camp que le 17.

Le même jour, 16, toutes les forces firaoçaises et tionnaires qui étaient restées en arrière, sur la route • lapa, se sont mises en marche pour Amozoc ; il ne aucune garnison sur cette ligne.

Le 17, les forces françaises exécutèrent des o ments de reconnaissance vers la montagne Tepomch laquelle on crut les voir monter de rartillerie ; le formé dans Thacienda du Manzanillo fut levé et les qui s'y trouvaient se portèrent plus au nord, à la Rei clon. A la nuit, on aperçut, de la place, les feux fim San Gerooimo, dans la direction du nord-ouest.

Le 18, les troupes françaises firent des moun dans plusieurs directions ; à six heures du matin, une d'infaoterie passa, à Test, sur les collines qui sont( les forts de Zaragosa et Ingenieros, occupa rhacien Batan, et vint se placer devant le village de Totimehi au sud ; la montagne du Tepozucbil fut occupée | rinfaoterie et de la cavalerie ; la force qui était pass nuit, à San Geronimo, se dirigea vers l'ouest, sur la de Mexico, se présenta bientôt, en nombre considé devant le fort Democrata, et s'empara, dans la soirée résistance, de la montagne San Juan, en occupan même temps, la garita de Mexico ; elle coupa ainsi la munlcation entre Puebla et la capitale, par la route pi

e, et empêcha la transmission des dépêches télégraphi- ^; d'autres forces nombreuses furent observées dans la tee direction. Un vaste camp, à cheval sur la grande ite, s'^ndait de la montagne Tepozucbil à celle d'Ama- Ban ; tous les trains paraissaient avoir été placés derrière Ite dernière. Le corps d'armée qui était campé à Thanda du Maiizanillo, et qui s'était porté sur la ResuràcioD, vint se placer entre cette dernière et San Aparicio, Jdéfila lentement devant les eerros de Guadalupe et de ^ireto, qu'il sembla vouloir tourner.

/Ces mouvements divers enveloppaient presque entièreipt la place. On les a appris, à Mexico, par des dépêches iégraphiques du général Gonzalez Ortega ; mais la com- ■oicatîon ayant été coupée, au Puente de Mexico, dans

journée du 18, depuis ce moment on n'a été que is-ineomplétement informé par des dépêches transmises . I Rio-Prieto (quatre lieues de Puebla), ou d'autres points I là route de Mexico, sur des observations faites à dis- Dce.

Oo sait déjà que l'armée du centre, dont le général tmonfort est commandant en chef, s'était postée à San artio Texmelucan, c'est-à-dire à dix lieues environ de tuebla, sur la route de Mexico, et avait fortifié le Puente ^ Texmelucan, qui se trouve plus près de la capitale, iette armée, que nous avions laissée forte de 5000 homles le 2 mars, s'est augmentée depuis des brigades Trias, hta et PueUita, et pouvait compter, ces jours derniers, boo hommes environ.

En appreuaDt l'arrivée des Français sous les mur. Puebla, Comonfort s'est rapproché de cette dernière p avec une grande partie de ses forces, en laissant legé Rosas à Rio-Prieto et le général Trias à San Martin. postes avancés de Tarmée du centre étaient assez vc de ceux de Tarmée française pour qu'une fusillade prc continuelle eût lieu entre eux. »

Les fils du télégraphe ayant été rompus le 18, o plus reçu à Mexico de dépêches directes de Puebli général Ortega écrivait à Comonfort que rennemi t« la place par le sud et par le nord, et que« suivant les des prisonniers, il allait s'emparer de Cholula, 1 9 il s'attendait à être attaqué le lendemain, c La( ajoute-t-il, est en très-bon état, et l'ennemi sera rep vigoureusement de quelque côté qu'il attaque, car la sence des Français a augmenté la valeur et renthoos de nos soldats. » Le 21 mars, un combat de tirai s'engagea vers le village de Cuautlancingo ; le génén monfort y courut, et les Français se retirèrent. C'esi cette escarmouche que fut tué le premier soldat me du corps de Comonfort. C'était un carabinier de I Léon, c La mort est glorieuse, écrit Comonfort au m de la guerre, pour celui qui a eu le sort d'être, d corps d'armée, le premier à répandre son sang pour dre l'honneur et l'indépendance de sa patrie. »

Pendant que ceci se passait à Cuautlancingo, le dent Juarez célébrait sa fête, et jamais il n'ava des témoignages de sympathie aussi nombreux que c

. Il se trouvait assis à un banquet, portant des toasts à ■rmée, lorsqu*arriva la dépêche de Comonfort qui annon-

it ce premier engagement et la mort du soldat de Nuevo- 9on. Une souscription, spontanément ouverte entre les avives en faveur de la famille de cette première victime, Nuisit séance tenante une somme de 316 piastres (1600 I Dcs), et cette somme fut remiseà la veuve du soldat qui, M* un singulier hasard, se trouvait précisément à Mexico ec deux petits enfants. On aime à mentionner des faits de ble nature, qui dénotent chez leurs auteurs un vrai paotisme.

Xe 2 1 mars, Ortega écrit que l'ennemi semble vouloir le nper par des marches et contremarches, afin de faire >ir6 à des forces supérieures à celles qu'il possède. Il ime que Tenneroi, craignant de subir un échec devant les 'Cs, ne veut pas encore engager Faction, pour ne pas être lige de suivre à un siège, s'il venait à être repoussé, lis qu'il veut seulement s'inteipposer entre Puebla et ^>Lico, afin de bloquer la place. Il annonce toutefois qu'il t bien approvisionné et que la population manifeste un exilent esprit et la plus grande confiance.

Le 22, la ville de Cholula est occupée par une colonne d 3000 hommes, composée de Français et de c traîtres * Mexicains au service des Français).

Pendant que les Français étendaient tout à l'entour de ^uebla leur ligne de circonvallation, il régnait dans la ville m ordre et un calme parfaits, et tout annonçait la détermimim des Mexicains de se bien défendre. Les rapports du

général Ortega respirent une confiance étonnante, lire, il semble qu'il ne doutait nullement du suce défense.

La ville de Puebla, ainsi que les centres de pc dans un rayon de huit lieues, ont été mis en état c La garde nationale des localités voisines a été codc Puebla et réunie à celle de la ville. Ordre a été tous les jeunes gens de seize à vingt ans de se I les places publiques pour prêter les services qui I ront indiqués. Il a été prescrit à toutes les person par leur sexe et leur âge ne peuvent contribuer i fense de la place, d'en sortir dans les quarante-huit Ortega a également engagé les consuls étrangen sortir leurs nationaux et à faire transporter en lia reté les objets dont ils sont les dépositaires. Il a éf fait délivrer des passeports aux Français résidant ! et leur a donné des escortes pour se rendre à Mex soixantaine d'entre m\ sont arrivés ainsi dans c^ mais une douzaine se sont esquivés, dit-on, et se s dus dans les lignes françaises.

L'armée de Puebla «n'est pas aussi nombre celle des assaillants. Elle est estimée à 18 mille ] tandis que les Français auraient 30 mille hommes i nous. Hais sur ces 18 mille Mexicains, il y a tou 12 mille hommes de troupes réglées; le reste es massis composé des éléments les plus divers, et i struclion rudimentaire ne peut pas inspirer grai fiance.

Le 21 mai 1864.

Tous les journaux étant maintenant remplis des détails ablatifs à la prise d'une partie des fortifications et de la 111e de Puebla» nous croyons bien faire de donner un plan e cette ville et de ses environs, dans un rayon d*une izaine de lieues. Ce croquis pourra ainsi servir pour Tin- ^lligence des mouvements de Parmée française jusque sous M murs de Puebla, tels qu'ils sont relatés dans le rapport bu général Forey (1).

Quelques cotes ajoutées en nombres ronds, et qui sont indiquées en pieds mexicains» aideront à comprendre la structure du terrain (2).

Au nord-est s'élève la grande montagne nommée Malin che ou Matlalcueye, et qui a plus de 14,000 pieds d'alti-

(1) Voir le Moniteur du 15 mai.

(2) Le pied mexicain équivaut à peu de chose près à B6 centièmes de pied de roi.

tude ; mais nous n^avons pu l'indiquer, parce qu'elle to»bftrait précisément sur le carré où Ton a représenté le pla de la ville.

A Touest on voit le pied de Popocatepetl et de Tlztafr cihuatl, pics encore plus élevés (atteignant plus de 19,006 et 17,000 pieds mexicains), et qui séparent la plaine dQ Puebia de la vallée de Mexico. Le reste se compose di plaines parsemées d'éminences qui ne s'élèvent pas à m hauteur considérable au-dessus du niveau général, quoiqu'elles soient encore d'une grande altitude absolue. Le lecteur, en effet, ne doit pas oublier que la plaine de PueUi fait partie du plateau de TAnabuac, et que, par eooà' quent, son niveau n'est pas au-dessous de 7 à 8000 piei Oiexicains.

Les cours d'eau qui serpentent dans ces plaines ne Mt que des ruisseaux, partout guéables dans cette saison, ov par places profondément encaissés, ce qui en rend surpbsieurs points le passage difficile. Ces ruisseaux coulent toi vers le sud, et, comme la plupart des cours d'eau du Mexique, ils portent plusieurs noms : le Rio de los Molinos, qui descend des neiges du Popocatepetl, est aosi nommé Rio Nejapa, et plus bas il prend le nom de Riodi Matamores. Le Rio Atoyac, qui coule à une lieue à rooest de Puebia, est aussi désigné sous le nom de Rio Poblano; il reçoit, non loin de Puebia, le Rio Zahuapan, qui passei Tlaxcala.

C'est le long de ces rivières seulement que l'on aperçoit quelque verdure. On rencontre aussi sur leurs rivés quel-

les-uns de ces beaux cyprès du Mexique, si remarquables

ir leurs dimensioDs colossales, et dont nous avons parlé

I décrivant la vallée de Mexico. Le plus grand de ces ar-

res se voit non loin de Puebla, dans le bourg d*Âtlixco.

a cent douze pieds de circonférence, et le vide intérieur

et tronc sert de salle de bal aux habitants de la ville.

Ajoutons que la plupart des localités marquées sur le B^D ne sont que des hameaux ou des fermes (rancho, ha- 0nda).

4La ville de Puebla s*élève au milieu de la plaine, et son binage immédiat se compose de surfaces unies. Mais à Bdque distance de ses barrières (garitas) (1), surgissent >s mamelons isolés qui, grâce à leur proximité, sont ft-venus le pivot des opérations. Ces éminences sont les iivantes :

i^ Loreto et Guadalupe, situées à Test, défendent les ^crds de la ville par la route de Véra-Cruz. La première une hauteur de 60 vares, la seconde de 120 vares (2) ; Iles sont situées à 1500 mètres de la ville. Ces collines ni été mises en état de défense, et comptent au nombre ^ quinze points fortifiés qui défendaient la place. 1 2» La colline d'Araalucan a une élévation de 200 vares ; |Re est située à 6000 vares plus à Test que Guadalupe.

(1) Voyez, sur le plan de la ville, les garita de Mexico, ■prita de Tepoxuchil, garita de San Pablo, etc.

5 (2) La vare mexicaine = 3 pieds mexicains == presque 34 centimètres.

C'est de ce manidoD qu^éUieot parties, le 5 mai 18SÎ,hi colonnes du général de Lorencez pour tenter 1* Guadalupe.

30 Tepozuchil, situé au sud-est, est élevé de 167 Il domine Touvrage Ingenieros, qui occupe la pbiat arrière de cette émiuence ; mais il en est éloigné de vares au moins. Pas plus donc que le mont Amalocaa i menace les ouvrages mexicains d'une manière quoique les dominant de loin.

Â^ Le cerro de San Juan, situé à l'ouest, sur h de Mexico, est élevé de 80 vares. Celui-ci domine h «i( et sa distance des fortifications est de S500 vares an phL C'est le point qu'a choisi le général Forey comme basai ses opérations contre Puebla.

Les généraux mexicains avaient vivement dAalli h question de savoir s'il convenait de comprendre ce maaMhi dans l'enceinte des fortifications. Il eût fallu pour ok donner à cette enceinte le double de Texteosion qu*de 1 aujourd'hui ; 00 y a renoncé pour ce motif, et Ton ifâ borné à élever dans la plaine et aux portes de la ville h ouvrages dits de St-Xavier et de Democrata, pour en # fendre les abords de ce côté (1).

La ville de Puebla est une grande el belle cité, b^ fégulièrement en carrés, avec de larges rues qui se coupai à angles droits comme dans toutes les villes du Mexique.

(1) Le fort St-Xavier est désigné sur le plan sous le nos A*lturbide; il porte le numéro 6.

d'il gnai itiiwii ^Hs k AàkÊSt et k rffl^, Lk «jiKsts

fltractioK idipnBBeséB seÎDèBf sMe. Là fiih^jriie sur^ loot, sitoée sor b gjjudi iiixe, «t n cImM mvt^ d'ar^ chitectBrecId'MWifyiliM. D sérail ioJMafrt WfWtàM» qu'elle f&t SMxagée m bmmt m brèdiedaiis k pràe d^ b "vîlfe. Ma» les FrMçm, aae fob le si^ coniieiicé^ denif^ ils respecter Netre-UMif de PoeUa?

Il existe eo «dre à Puebla one grande hiblitdlhèqtt^ compesée surtoiit d'ooTnges lodens, en ptrtie fcMTl nufw, et d'on grand nombre de préàeux manoscnU,

Le lectear est maintentnt bien renseigné sur PueKk H sa position.

Les Français, après s'être avancés jusqu'à Amalucan, ont toomé la place par le sud et par le nord, en passant à Hanzanilla et San-Germino; ils se sont emparés du Pont de Mexico, où TÂtoyac n'est pas guéable , et se sont ainsi trouvés en face de Tavant-garde de Comonfort, qui les observait du mamelon d*Uraoga. lis ont ensuite occupé la colline de San4uan, que le général Forey a choisie pour son quartier général.

Le premier coup d'œil jeté sur notre carte révèle 1 capitale qu'ont faite les généraux mexicains de n'a^ solidement fortifié San- Juan, pour en faire un fort d puisque la distance était trop grande pour relier cet nence à la ville par une ligne d'ouvrages.

L'abandon de ce point, qui est, après Guadal seule hauteur voisine de la ville, a livré aux assailli excellente position qui leur a fourni une base soli entamer les opérations contre les ouvrages de la Dans ces conditions, les fortins qui défendaient de la ville devaient inévitablement tomb t après u de quelques jours. Des ouvrages de ce genre soi faits pour servir de point d'appui dans des opérât tives que pour permettre une résistance passive, peuvent être efficacement défendus que par des sorti comment les Mexicains peuvent-ils s'attendre à n victorieusement les assaillants par des sorties apr laissé prendre à ceux-ci une position aussi fort colline deSan-Juan? Pour quiconque a vu les plain et ouvertes de la banlieue dePuebla, il était bien f prévoir que les Français n'attaqueraient pas les col Guadalupe quand, par le côté opposé, ils ne devai contrer que des ouvrages bas et un terrain facile, tout temps les Mexicains ont mis trop de conQan leurs canons et dans leurs retranchements, parce qi leurs luttes intestines, leurs troupes n'ont pas Thab! monter à l'assaut.

Il est toujours téméraire de protendre juger de

SMDents, mais dans ce cas particulier les détails précis ^-Amnent le journal du général Forey aussi bien que les fierts mexicains, autorisent cette appréciation. Il semble général actif, placé comme Test Ortega à la tête armée assez nombreuse, ayant eu le temps de prépara défense et occupant une place assez fortifiée pour ^ 4 i*sbri des coups de main, aurait dû trouver l'occasion ■vre une sortie redoutable contre l'ennemi. En effet, Doëe française a tourné la place de fort près, et cela par l^des détachées. Du haut de ses collines, Ortega voyait ce qui se passait, et le voyait fort bien, puisqu'il en t compte très-exactement à Mexico. Il annpnçait en ulier que les campements des Français sur chaque ne dépassaient pas 5000 hommes. Il pouvait donc le moment opportun et tomber, avec 8 ou 10 mille es, sur le flanc d'une de ces colonnes en marche it que Tarmée française était disséminée du nord au et cela sans avoir à craindre de se mettre sur les bras de l'armée ennemie, attendu que celle-ci, pour évil'artillerie de la place, avait été obligée de se dissémi- H sur un cercle de six lieues d'étendue, et qu'il faut du jile beaucoup de temps pour tourner la Puebla à travers (^champs et les ravins. Il y avait donc peu de chances fjtne brigade surprise isolément fût secourue assez à |^>s pour faire courir aux Mexicains de grands dangers. I habile général aurait su probablement trouver l'instant l'occasion de maltraiter quelques détachements isolés de ttoemi pendant que celui-ci se divisait pour tourner la ville.

âaos doute il y avait, à agir ainsi, un certain risitoe, général Forey avait même, en prévision d'une sortie, paré un détachement pour tomber sur les derrières colonne mexicaine; mais ce plan mdme pouvait se dé, et une armée qui se bat presque à portée de ses mxi a une retraite assurée sous le canon de ses forts, t\ mais dans un p^ril imminent. D'ailleurs en guerre i rien qui n*ait ses dangers, et Tinconvénient de la i d'un revers n'étaii-il pas amplement balancé par l'ia avantage qu'un succès quelconque aurait eu pour lei gés, soit par son effet moral sur les deux armées, retardant .et compliquant les opérations du siège? Il i que le général Ortega aurait dû se sentir d'autant phH à profiter du moment opportun pour tenter une sorti dans ses lettres il estimait les forces ennemies à oo inférieur à la réalité.

Bref, pour un chef hardi, il y avait quelque cl tenter. Encore, lorsque le gros des forces français passé à l'ouest de Puebla, le général Ortega écrivait, que le campement d'Amalucan n'était plus que très-i mais il n'entra pas dans ses plans de Tattaquer.

Âpres avoir donné le temps à l'armée assaillante de blir et de se fortifier dans sa ligne de blocus, il étai tard pour songer à essayer d'une surprise, et les as: ne conservaient plus que les chnnces médiocres d'un sistance héroïque.

Comme on le voit par l'inspection du plan, la défeo Puebla se fait sous le couvert de douze ou treize ouvr

it d'abord les fortifications de deux collines contignës, entre elles par une lunette nommée le Cinq Mai, en CMnëmoration du combat de 1852; ensuite, neuf ou dix ^sigeade plaine, entourant un très-vaste espace. Toute la k« des retranchements a un développement de plus de deux mes et demie. Un semblable système de fortifications ne iftvait être efficacement défendu que par rofiensive, et

prenant dès le premier jour une attitude purement Eensive, la place ne pouvait manquer de succomber petit pÊtàt^ suivant les règles infaillibles de la marche régulière ÉB siège. Sa prise ne devenait plus, malgré la défense kflw opiniâtre, qu'une question de temps.

HjO peu de détails que Ton possède sur le siège de Puebla ■it des plus émouvants. C*est un nouveau siège de Sara- Imo. Les bombes et les obus éclatant au milieu d'une Rfe de 70,000 ftmes, les maisons qu'on fait sauter ou qu'on bt, leurs défenseurs passés par centaines au fil de la baïon- Itte, uae population désespérée qui se fait ensevelir sous les rines des édifices, les églises encombrées de blessés et de Mranto, de femmes et d'enfants exposés aux éclats des tadbes, les beaux monuments dévastés ou détruits, tel est

tableau de l'état actuel de la ville... — Et tout cela, en h de compte, dans quel but?

Est-ce pour apporter au Mexique la liberté et la civilisa- ID? La nation a tout l'air de répondre, quoiqu'on affirme

contraire : Timeo Danaot et dona ferentes !

Oa ne peut manquer d'être navré à la lecture de ces itails. Mais la fumée de la t gloire i étouffera bien vite tant

de tristes souvenirs. Ce mot magique, quMlmiffitdepi cer pour donner le vertige à la France, ne lui kissen p«l loisir de réfléchir à tant de souffrances, au dé&espoir tant de familles et au jugement que notre siècle porte ces triomphes qui s'achètent au prix des plus tristes tations.

La Pueblaa, en même temps, le tort et le malheur (fl trop éloignée pour que les cris de désespoir de tants arrivent jusqu'en France.

N'entendra-t-on pas quelque part retentir uo cri d*i miration pour Théroïsme de cette cité, pour ces dont le dévouement va jusqu'à braver toutes les d*un siège, pour l'élan de cette population qui contre l'invasion en se faisant ensevelir sous ses mi

Le général Forey a l'air de regarder tout cela d*uai assez sec et réserve son admiration pour l'^ntraio dei soldats. Il accomplit sa tâche militaire avec le calme chirurgien met à couper la jambe d'un patient. Sans on ne saurait le rendre responsable de tous ces mail et nous nous plaisons à croire qu'il a fait de son pour diminuer le plus possible les horreurs inséparabkii la prise d'assaut d'une place. Cependant le fait de der le quartier du centre de la ville n'indique pas grands ménagements, et d'ailleurs quand quarante hommes se battent au centre d'une ville popi que peut-on ménager ? — Les Mexicains, de leur ont eu grand tort de choisir Puebla pour centre de la sistance. Us avaient de bien meilleures positions à déf

*e, des positions infiniment plus fortes, où ils n'auraient is eu à tenir des lignes de deux à trois lieues de dëveppement, des positions où Tarmée seule aurait eu à bra- 5r les boulets et les bombes. Puebla n'aurait dû être choisie l€ comme un boulevard de seconde ou de troisième ligne, jquel on n'aurait eu recours que si les points plus Dvan- Ss avaient été forcés. Vouloir arrêter l'invasion à Puebla brait été plus excus^able s'il s'était fait en avant d'elle une Mstance sérieuse. — Mais enfin , chacun se défend à sa banière, et une population rachète toutes les fautes en se lisant ensevelir sous les ruines de ses villes (1).

En lisant le journal du général Forey, on a la preuve fÊd les nouvelles arrivées par Cadix, sur lesquelles on a Wea pendant plusieurs jours, étaient fort exagérées A We occasion, on ne peut manquer de se souvenir de cer- ■ine dépêche tartare qui parlait de la prise de Sébastapol et du paletot de Ments^hikoff.

■^. Oo ne trouve mentionné dans le rapport du général

w(l) -Suivant le Moniteur, Pufbla est la ville qui, après ipràico, a le plus souffert du régime actuel. À en juger par Bi défense, on ne sait trop que penser de ses antipathies entre Juarez. H faut bien remarquer qu'on ne saurait in- ^ngiier le far^atisme religieux comme étant le mobile de sa >Wense, puisque le clergé est favorable à l'invasion et l'en- «»mi juré de Juarez. L'article du Motiiteur doit peut-être Ign'ner que le clergé de Puebla est relui qui a eu le plus t aoaffrir du régime actuel par la confiscation de ses biens e mainmorte ; mais il faut bien distinguer entre le clergé t la nation. Les intérêts de l'un ne se confondent pas touiurs avec ceux de l'autre.

Forey, ni la députation des dames de Pudrit, m ta naaDde de capitulation d*Ortega avant le début des tiens sérieuses, ni cette sortie où rarmée mexicaioa laissé 5000 hommes sur le carreau !

On y lit, au contraire, les détails d'une défense opioihnij suprême degré, mais inexpérimentée. Il faut praidn ville maison par maison, en faisant sauter des pans de Certaines rues sont barricadées, mais il est pea que les barricades mexicaines soient faites à k avec les pavés des rues, et élevées jusqu'au des maisons. Au Mexique, on n'a pas encore poussé i loin l'art des barricades.

De plus, il fout remarquer que, la Puebla étant échiquier, avec des rues très-larges qui se coupent à droit, suivant un plan régulier, chaque extrémité de aboutir à la campagne, en sorte qu'il y a à la ville fois plus d'entrées que de rues. La largeur de ces fait qu'elles sont bien plus difficiles à barricader qoi! rues, souvent tortueuses et très-étroites, des vieilles de l'Europe. Grftce à ce mode de construction, les d'une rue peuvent toujours se tourner par les autres comme il est facile de s'en rendre compte à l'aide du On ne peut donc fermer un côté de la ville par ce qu'en barricadant simultanément toutes les rues qui rent parallèlement dans un sens, et encore, avec ce tème, si une seule barricade est forcée, toutes les se trouvent par cela même tournées. Quant à barri( toutes le$ rues, c*est une impossibilité, puisaue toute

mlakioB intérieure de la ville serait ainsi interrompoe. sÉei^marqae explique pourquoi (sur le plan du moins) il

a de barricadées que les rues qui aboutissent au centre la ville, et qui font de ce centre une sorte de réduit. Rajouterai que la rectitude des rues contribue aussi à bdre la résistance difiBcile, parce que les boulets lancés de Ltérieur, ou d'un point quelconque de ces rues, peuvent Ddier dans toute leur longueur, intercepter les commu- •liofis et atteindre les barricades de très-loin. NéanoMHns, quelles que soient les difficultés de la r<^sisloe et rachamaoïent des Mexicains, il saute aux yeux e la défense de Puebla est plus ou moins inexpérimentée, âsque, suivant le rapport du général Forey, les Français auraient perdu en tout qu'une cinquantaine de morts et ou 500 blessés, malgré tant d'assauts livrés et tant de Mbats corps à corps. C^es, il iaut que les Mexicains Paient que de bien mauvaises armes, et qu'ils soient bien Pv exercés dans l'art de s'en servir.

Aux dernières dates, le général Ortega, après la prise B la cathédrale, a demandé un armistice pour faire sortir B la place les femmes, les enfants et les vieillards, mais t général Forey Ta refusé, alléguant que cette faculté avait ïë accordée à la ville avant l'ouverture du siège, et qu'on 'en avait pas fait usage. On ne sait trop quel jugement EMTter sur ce refus.

Enfin, 1 armée d'Ortega serait refoulée hors du quartier a h ville qui s'étend en arrière de Saint-Xavier ; mais les pogrès du siège sont Ueii lents, la résistance toujours oui-

Difttre, et les assaillants seraient inquiétés sur leurs i rières par les forces de Comonfort, qui se meuvent d» plaine. Toutefois celles-ci ne paraissent pas assez biei ganisées pour se mesurer en rase campagne avec l'n française, de manière à débloquer la place.

Je donnerai, pour terminer, l'extrait de quelques k des chefs mexicains, écrites de Tintérieur de la Pu Quoique ces documents soient déjà anciens, on les lin pendant avec intérêt, comme rendant compte des ini| sions que les premiers épisodes du siège prodaisireal les défenseurs de la ville, et des dispositions qui anin ces derniers.

Le 2i mars, Ortega écrit à son collègue Gomonfori manœuvre sur la route de Mexipo :

« L'ennemi s*est enfin décidé à attaquer PueUa, pas en chargeant à la baïonnette, pas même en marcbi colonne serrée, comme on le disait, mais en nous f les honneurs d'un siège formel, et en mettant en pn toutes les règles que l'art prescrit.

« Il y a trois jours que la canonnade a commem part et d'autre, quoique avec peu d'activité. Hier le été plus vif, surtout de notre côté, dans le but d'emp l'ennemi de placer ses baUeries. Vers le soir, Tei commença à lancer dos bombes, depuis la porte de Mi sur les forts d'Ilurbide et de Morelos, appelés ausa Xavier et le Parral. Nos mortiers répondirent en k des bombes à leur tour, et amenèrent ce résultat que nemi ne put rien faire pendant toute la journée La c nade a continué pendant la nuit, mais faiblement.

«< GBÉHarMmitiiwë.ée fflrt vt d'autmiiMv^itîl»! '^ .1''MiH^' fc H iHÉ tiU4 ;:âa nmiHMëe anfn^^idn nln^^'fUlW^ 'imm»^

eiHté jqee^ao bomiMs «nnés (io rlA»^ '•|ii«minn»( hm Éwriia^llmd-flKpiiRmoD tu fnrt^Oltvif ^ ..»mwK»< » » »j àfc> ?féau.>îeiiqi}e4eo0ioBel Àf»9i, lain «^roimuMM •« 'fi

BiiaBnbeMoaiip pkis BonStri ^r mots :-Htir/'Mt^iiHcHl»;<i|lci^SBièsB ipefiÉioBs qu'il Ji <M;iiofté^.ifNtiit?tNt-:'imtv^'^^ r- fs-fpiy os y i awit «mwwnliM^fiK» i>«s.-)fiMmKM}f<Htr -

s ïiiinDX tnité tes poMR tmmé^ -^t '4fis '.«TftiAlWK iff^i i t g mfa ieat #e T6mh*p nattfff: ii«if! 'fMs Hii fin^i^h ^r ¥n ^ ftMB du dit km. HffT, imr iwttNwi Hm'fnMlfii^iifo l^r-

(i) Carabines.

(S) '1« tû( qof r^rraép de Thwhk i^^uiffHr Wi^ \f^ ^

he du Nord située è d(M) lieim; de wi^i^, ^H ilmvt te !rilDireeitBi désert que les ifiinuraini» d^ Im1iiw(s ^rn»i^ «OToiRpeiit piresque toute tMimmiintnftion mn h 'UvAfo-- ^lifiDTésàheifiieMttB fOWhwwiWwipfip =fflPW(wiHM1^-

zouaves ont succombé, et trois d^eotre eux jetéreot bn flisils qui ont été ramassés par nos soldats. L'en agit avec une prudence extrême et comaie on agit on a affaire à une armée disciplinée.

c L'ennemi a occupé aujourd'hui quelques quartier St-Matias, mais on l'en a fait déguerpir en les maisons. Vous pouvez déclarer au gouvemeiDeit préme que, si nous perdons cette ville par suite des situdes de la guerre, l'ennemi n'aura conquis qu'ua ceau de ruines, parce que la garnison est déddée i dre jusqu'à la dernière extrémité les forts qui se dans les faubourgs. Dites-lui encore de ne pas regarte paroles comme une rodomontade, mais que c'est 1* sion vraie des sentiments de l'armée. Les généraux doza et Paz m'ont été très-i^les.

c Touchant le moral et la confiance, nous sooiiMi mieux. Les maisons de commerce sont ouvertes» oull^ feu soutenu des deux côtés.

• Un sergent mexicain a été foit prisonnier ; j'ai oi qu'il fût marqué au visage comme traître, et qu' fût mis en liberté ; la nation a besoin de connaître et ses mauvais enfants (1). >

rement à l'influence ou au moins à l'autorité du ment central. Puis donc qu'elle a envoyé son contî ^ l'armée, il faut que le mouvement national soit univeml Mexique, car, quant à parler de pression du gouve de Juarez dans le Duran^o, il ne saurait en être qu (i) Ce procédé est imité de l'armf^e américaine del'

Lb î6 mars, Ortega écrit ce qui suit de la première teft'* ive sur St-Xavier qui échoua, la brèche n^étaot pas enre assez praticable :

c Cher camarade, « Veuillez transmettre par le télégraphe au citoyen miitre de la guerre le rapport suivant :

m La vaiHanle armée que j'ai Thonneur de commander Hûi de faire éprouver à reunemi un échec considérable, s bombes et le feu très^ctif de son artillerie avaient délit une partie du fort St-Xavier, et, entre huit et neuf ures du soir, il a détaché aujourd'hui plusieurs colonnes ittaque et il a assailli le dit fort. Nos braves ont repoussé détruit ces colonnes en moins d'une heure de temps, et mr obtenir ce résultat, je n'ai nullement eu besoin d'aâr recours à une seule des sept fortes brigades d'infanteh qui forment ma réserve.

c Je vous donnerai demain quelques détails sur cet imvrtant fait d'armes. Je me bornerai aujourd'hui à vous Ite que l'assaut a été soutenu par les braves bataillons f^ et 6^ de Goanajuato sous les ordres de leurs 'dignes BMs, soutenus par le flanc droit et en dehors des murs ar le bataillon des carabiniers et par le flanc gauche et les

srsants de Morellos (1) par les 3«, 4« et 5« bataillons de

IHOfi de i847. Les Irlandais, qui, poussés par le clergé, ratent passé aux Mexicains, furent faits prisonniers dans iffitire de Churubusco, et les fi^énéraux américains les *eDt marquer au fer chaud à la figure.

(1) Ouvrage n"" 5 de Tenoeinte de la ville.

Zacatecasy commandés par le brave ciUyen Miguel Aon.]

c La ligne attaquée était commandée par les fiil généraux Florencio Antilion et son second Francisco drid, et celle qui lui porta secours par le non moins br général Âlatorre.

• Le chef qui commandait le fort attaqué est le digne i brave B. Simith (i) que je chargeai de sa défense peu dl stanls avant Tatfaque et quand je pus la prévoir ; IV rie a mérité de droit, pendant le bombardement et le d'hier et de toute la nuit, une mention honorable trésciale.

c Comme j*avais prévu l'attaque dès six heures du j'ai ordonné que quatre batteries de la réserve génM] trois autres de Zacatecas, et enfin une de Vera-Cnu sent placées convenablement pour qu'elles fussent en sure, par une petite marche lors de l'attaque, de se en dehors et d'envelopper les deux flancs de l'ei Cet ordre fut si bien exécuté par les généraux Paz et Gir-j cia, qu'à peine le feu de nos fusils eut commencé qi l'ennemi se trouvait déjà enveloppé par le feu de nos dnons, soutenus encore par les forts commandés par le |^| néral Ghilardi et le colonel Auza.

P.'S. — t L'ennemi a beaucoup fait souffrir aujourdlHi| les familles innocentes d'ici, avec les bombes qu'il alancéeil au centre de la ville.

(iX Probablement un officier américain.

I J'oubliais de vous dire que nous aurons éprouvé, quant bous, pendant la nuit d'aujourd'hui, la perte insignifiante î 60 hommes tués ou blessés. — Jésus G. Ortega. »

Le commandant du fort Zaragoza, M. Londaiz y Àrietta, livait:

• Si, par un malheur que nous croyons presque imposïle^ la fortune inconstante trahissait la bonne cause et le urage des Mexicains, la victoire coûterait bien cher aux ançais, et le général Forey pourrait à son tour répéter I paroles que le roi Pyrrhus disait à son confident après bataille de Bénévent : • Encore une victoire comme celleci, et nous sommes perdus. »

€^ lettres contiennent quelques phrases déclamatoires, lis ceci est du génie de la langue espagnole ; elles n*en Doiicent pas moins une grande résolution de soutenir viureusement la défense, et Tévénement ne Ta pas démentie.

Nous avons parlé de ce qui s*est fait au non Vera-Cruz el sur la route de Mexico. Il nous reste un coup d'œil sur les aulres parties du Mexique ( vent aussi de théâtre à la guerre.

La côte qui s'étend au sud de Vera-Cruz est p la partie la plus favorisée du pays. De grands fieu vigables donnent ici entrée au continent par de nom artères qui forment d'inappréciables voies de comr tion dans ce pays couvert d'immenses forêts. Déjè douzaine de lieues de Vera-Cruz on rencontre le hydraulique très-ramifié qui s'embouche dans 1 mexicain à Alvarado ; plus au sud c'est le fleuve d zacoalco, puis ceux du Tabasco ; enfin l'Uzumazii les rives fortunées duquel la tradition indienne ] berceau de l'humanité. Plus à l'ouest encore la vastt de Terininos Cbt l'une des baies les plus fréquent les navires du commerce, car ceux-ci ne trouvant p les porls du Mexique un retour suffisant en marcha sont obligés d'y faire échelle pour compléter leur ca; en chargeant du bois de campêche.

Tous ces districts sont fort peu peuplés. Un climat lus meurtrier encore que celui de la Yera-Cruz en étoiles Européens et mine la sanlé même des indigènes. ces belles contrées sont-elles devenues Tapanage "esque exclusif de la grande végétation tropicale. Des fo- Us composées d'arbres gigantesques, aux essences infmieot variées en ont envahi le sol et Tont couvert d'une kibre impénétrable.

Ces immenses solitudes, au travers desquelles les rayons ■ soleil, pas plus que le souffle du vent, ne réussissent à keindre la surface du sol, sont seulement traversées par lelques sentiers assez larges pour le passage d*un cava- V. Ces petits chemins ne sont presque praticables que penmt quatre mois de Tannée, et ils sont partout cou[iés par i innombrables rameaux du réseau hydraulique, dont la bpart ont une grande largeur. Plusieurs fois par jour le geur est obligé de les traverser en se mettant à l'eau de faire usage des canots en traînant sa monture à la orque. Aussi les habitants préfèrent-ils, malgré la perte J temps qui en résulte, se servir de la voie des rivières, grftce à leurs nombreuses anastomoses, établissent communications entre les points les plus éloignés. Mais manière de voyager, quoique fort commode, est tours très-lente, soit à cause de la peine qu'on a à reter le courant, soit à cause des innombrables sinuoque décrivent les méandres des fleuves.

la difficulté des routes et la commodité dos rivières lit que les villages sont établis sur les bords de ces der-

oières, en sorte que Ton peut atteindre par eau profil toutes les localités.

Les faveurs que le ciel rt^pand d*une main Ubânlei les rives de ces fleuves les rendent propres à la cultures toutes les denrées coloniales. C'est dans ces plaines que les peuples antiques cultivaient Tindigo qu'ils utiliser dans leurs arts, et le coton dont ils fabriqi leurs vêtements et même des cuirasses de guerre à amortir les coups des armes; c*est là aussi que pros le cacaoyer dont le fruit écrasé avec la vanille founûsnitl tchocolall, car c'est à la table de Montezuma que i'I a emprunté cet aliment délicieux.

Sur ces rives enchanteresses s'agitaient naguère deii tiens populeuses qui y élevèrent des villes splendidei, mées de monuments étonnants par leur grandeur etj Tart qu'on y découvre. Aujourd'hui toutes ces cités I tueuses ont disparu; leurs ruines seules subsistent cachent sous le manteau de forêts impénétrables et d^ tes. Les cultures n'ont plus qu'un chétif dévelopi et la rare population s'occupe en grande partie de l'exi tation des bois, en utilisant le véhicule naturel des pour les charrier à la mer. Dans ces profondes forêtSi ombragent le cours majestueux des fleuves de la côte ridionale du golfe, on trouve en immense abondance I bois les plus variés. Ceux que l'on exploite sont prii lement : l'acajou de diverses sortes et de diverses m le cédral, fort recherché pour la construction des vaisseai le chijotl, bois siliceux, inaltérable dans l'eau, le boisji

fc le bois de campéche si utile pour la fabrication des vins BBordeaux. Il y croit encore une infinité d'autres essences Imirables que le commerce européen n*a pas encore appris coonattre.

De tous ces districts , c'est le Tabasco qui est le plus ^risé par le nombre et la puissance de ses eaux. Cette entrée est un pays-bas dans toute retendue du terme, car I peut dire que son sol est uniquement formé par les alvions des grands fleuves qui descendent du Guatemala

de la Cordillère mexicaine. Chaque année, au moment ' la crue des eaux, le pays est submergé, et il se trans- !*me alors en une sorte de lac. CVst h ce moment que la pvlafion entre en activit<^; Vs voies hydrauliques sont rtont ouvertes ; ]e« immenses arbres abattus pendant la îson sècbe le long des rivières et des la^^unes sont sourëa par les eaux montantes, et on leur fraie un passage Bqn'au bnrd des fleuves qtii s'en emparent pour les conlîre à If'urs embouchures où les navires du commerce les tendent. Toute la population est alors sur pied, et, f tenant quelques semaines, elle vit littéralement sur Téiément i^ide. On voit sans cesse de grands convois de bois desikidre ces fleuves imposants qui ont plus de deux mille Mtres de largeur. Ces convois sont composés de radeaux Hachés les uns aux autres, escortés de grands canots qui MM JQsqu'à 30 pieds de longueur sur cinq de largeur quoi- |i'ils soient taillés dans un seul tmnc d arbre. En in(^me ^arnps les rizières et les autres cultures qui exigent une labniernon partielle sont livrées aux eaux et d innombra-

blés canots se détachent des villages et parcourent k dans toutes les directions pour trafiquer dans l'iol Les plaines inondées et transformées en lacs devieoMOt vigables, et, à ce moment, on peut arriver partout ei par les lagunes et les moindres ramificatioos du ré» Hkfli» draulique. Toutes les embarcations qui, en s'a' au courant, ont accompagné le^ bois en flottaisoa, m sont descendus vers la mer chargés d'objets d'ei remontent ensuite chargés de marchandises d'i Ils se dispersent dans les innombrables embrai des fleuves et pénètrent ainsi jusqu'au centre de I de Tehuantepec, jusqu'à quarante lieues de la mer et répandent sur une étendue transversale plus grande En y comprenant le réseau d'Âlvarado, le Goatzacoalei les autres fleuves qui se déversent dans l'anse du golfe du Mexique, les voies hydrauliques desserfBOI territoire deux ou trois fois plus vaste que la Suisse.

On comprend quelle immense facilité donneraieit cours d'eau pour le percement de l'isthme. Il est i de noter aussi que, dans le reste du trajet à travers bande de terre, lequel ne pourrait se faire que pardei naux artificiels , on serait puissamment secondé par bondance des eaux qui, sous un climat extrémemeat mide, découlent de tous les chaînons de la Cordillère.

Les fleuves dont nous venons de parler admettent des bâtiments de guerre, et, en 1847, une flottille de fi*' peurs américains a remonté ceux du Tabasco.

Les vapeurs français ont donc trouvé là une voie toril

ioa

^rée pour pénétrer jusqu'au cœur de ce pays, sans Hr à entreprendre aucune expédition aventureuse à trars les fordts tropicales, où les armées ne peuvent manier de s*embourber.

Il était d'autant plu9 dans Tintérêt des Français de s'emirar des fleuves, que le bruit courait que le gouvernent mexicain attendait par celte voie des envois considéfeklesd*armes et de munitions de guerre. Ce bruit nVtait ■I dénué de fondement ; mais l'opposition que le gou- Éneroent de Washington avait mis à la sortie de res ap- P^visionnements en avait empdclié l' transport au Mexique. NéanmoinSy le chef de la marine française a jugé convertie de fermer ces artères. Il s*est d'abord emparé d'Àl* Irado, petit fort qui n*a pas d'importance par lui-même, --dont la t>arre n'admet que des goélettes, mais néanmoins rt important par sa situation, comme commandant le seul lenal par lequel un lac et tout un réseau hydraulique corn - «oiquent avec la mer. Ensuite les vapeurs se sont engagés ins le fleuve deiioatzacoalco. Le 8 févri<>r, au moment I les habitants de Minaiilan célébraient la fôte de la Conilution,avis leur fut donné que quatre bâtiments de guerre ançais remontaient le fluve. On déposa les archives au Dnsulat américain, on jeta à l'eau un vieux canon en fer, lies Mexicains se disposèrent à quitter la ville. Bientôt, neffety apparurent la Tourmente et la Tempête, qui Bouillérent au milieu du fleuve. Comme la garde nationale e trouvait à ce moment au Miradero, les Français n'euent aucune peine à s'emparer de Ici ville^ et o^uissitdl un^ «irtie de la population éqiigra,

lOi

Le 9, deux officiers et quelques soldats vinrent i terra 4 voulurent s'adresser aux autorités, mais ces dernières l'é* taient retirées à Cosoieacac; iU déclarèrent alors que \m but était de protégor le commerce de toutes les natifli^ et qu'ils allaient procéder à l'installation de nontelleiMÉi-l rites locales. Les Mexicains n'assistén^nt pas à la r^ni convoquée. La frégate la Normandie et un autre Util étaient restés à la btrre du (loatzacoalco. Le il . la Tnh mente et la Tempête reconnurent le fleuve, Hinatitlan, envoyèrent reconnaître l'embouchure de 1' napan, le Tacoteno et d'autres points encore. Le SO, hl deux vapeurs étaient au bas de la rivière, qu'ils tté^. nuaientà bloquer. Là s'arrêtent les nouvelles qui nous parvenues. ^

La Grenade, en station à la lagune de Terminos (1), N*' tacha un canot monté de 30 hommes pour s'emparer fe village de la Palizada dans le Tabasco, qui avait ré|Miii|L son acte d^adhésion à l'intervention française, et qu'on vait être sftns di^fense. De là la petite troupe voulut tnT jusqu'à Jonuta. mais elle iut repoussée parla nationale de ce village Quelques milices, arrivées» de Ti* basco, dégagèrent à leur tour la Palizada. Sur ces esM» faites, la Normandie et un autre bâtiment (le Ikrimfi ont quitté la barro du Goatzacoalco, et se sont dirigés IV Tabasco, où leur présence avait été signalée vers les p*

(1 ) Lagune située sur la côte, entre le Tabasco et le Tocatan.

iers jours de mars, sans qulls se fussent encore livrés à Kune bostiMté. Il paraît que l'amiral Jurien de la GraYière iiià la tête de rexpëdition faite à Tabasco, car on écrit de B»-Gruz qu'avant de retourner en France, Tamiral avait Boigné son intention d'aller châtier les habitants de cet ht à cause de l'expédition qu'ils avaient envoyée contre bourg delà Palizada.

Toutes les cdtes du Mexique sont surveillées par des .wes français, mais elles sont trop vastes pour que la DGUS soit effectif. La Palhu bloque le littoral d^rt du KÎfique. Les dispositions des Mexicains semblent être I mêmes : on refuse les vivres aux navires français l'on se retirée leur approche. En général, les commannts des vaisseaux demandent à acheter des vivres , lis» comme on les leur refuse» on les oblige de prendre vive force ce qu'ils offrent de payer.

L'utilité d'un pareil blocus est bien contestable, à l'exption de celui qui ferme les ports de la Vera-Cruz, de Tam- ^ et ceux du Tabasco, qui communiquent seuls avec »ico. D'ailleurs, l'action étrangère, qui pourrait s'exer- ? sur les villes des provinces éloignées, n'est d'aucune luence sur le centre du Mexique. On ne doit pas perdre vue que le pays est une confédération, en sorte que . le uvernement central ne ressent que très-indirectement la questration d'une localité dans quelque Etat éloigné, cela, à d'autant plus forte raison que les distances sont imenses. Le long du Pacifique, le blocus ne peut qu'irrir les Mexicains, sans influencer les événements du théâtre

principal de la guerre, et puisque la France veut absobment être aimée du Mexique, elle n*a aucun intérêt à bin inutilement du mal à ses habitants. Nous n'avons jamaisH au juste quelle avait été la cause qui a nécessité le ba» bardement d*Âcapulco : mais on ne peut que déplorer M procédés, qui semblent être de parti pris dans h cai* duite de cette guerre.

Il y a sans doute à cela des nécessités impérieuses. Nénmoins, il est certain que les Français ne se sont pas fih tout montrés jusqu'à présent suffisamment jaloux de s' rer par de bons procédés la sympathie des mexicaines (1).

(1) Voyez à ce sujet les correspondances adressées Véra*Cruz à la Gazette d'Augthourg (avril et mai IM

20 juin 1863.

' Je disais, dans un précédent article, que les événements Bl de rimprévu au Mexique. La reddition de Puebla en ■i un exemple bien frappant. Qui se serait attendu à voir elle belle défense terminée par une pareille capitulation ? «ize mille hommes se rendant à discrétion avec leurs géénux, c'est là un de ces événements que Ton compte dans 18 annales de la guerre.

La prise de Puebla était, sans doute» un événement »révu ; cependant, dans les derniers temps, on la mettait uresque en question. Les munitions semblaient manquer hiDs le camp français ; aucune faiblesse ne se trahissait du tM de la garnison, et la saison des pluies, qui s'avançait à lirands pas, allait devenir pour elle un puissant auxiliaire. Iléanmoins sa chute restait imminente. Ce n'est pas dans ce féi qu'était l'imprévu, mais bien dans celui d'un dénouement IfDssi désastreux pour le Mexique. Les vivres allaient mander. On devait s y attendre dans une aussi grande ville. lia tentative faite par Comonfort pour ravitailler la place ivait échoué» et la garnison a été saisie de découragement. Le rapport du général Forey prouve que la ville était beau-

■ Jj

Coup mieux barricadée qu'on aurait pu le penser, et sans la famine qui allait se déclarer» sa belle de près de deux muisaurûtpu se prolonger bien li encore.

Ortega ne devait pas espérer, comme jadis à Gênes, d*être débloqué s'il pouvait traîner la capi en longueur pendant quarante-huit heures. Son iDié dehors avait été repoussé avec perte, et le général avait compris que son collègue Comonfurt n'étut pM taille à se mesurer avec le général Bazaine. Il ne donc pas, comme Masséna, extorquer à l'ennemi des ditions honorables en menaçant de prolonger h se, puisqu'une semblable prolongation ne Uûssait voir aucun incident capable de changer la to choses.

Mais il pouvait, comme Masséna, menacer de se jour, si on lui refusait sa sortie avec armes et bagages, ne Ta pas tenté, c'est que sans doute il avait acquis la viction que ses soldats ne réussiraient pas à faire une dans Tarmée française. Néanmoins une sortie, même heureuse, eût mieux couronné une si vaillante défense, la dissolution pure et simple de la garnison de D'ailleurs les chances de la guerre sont capricieuses, et sait si, en s'aidant d'une feinte bien exécutée avec ses mauvaises troupes, Ortega n'eût pas réussi à s'échappf par le sud, par le nord, ou même par la route d'Orizabii et à sauver les débris de son armée à travers la CordillêfC d'Oaxaca ou de la Sierra Madré?

De circonstance qui a toujours contribué aux succès de oléon 1% c'est que dans aucune situation il n*a cessé ompter sur son étoile.

«ins les champs de Marengo, il renvoyait de minute en tite le moment de donner Tordre fatal de la retraite, . 86 promenait silencieux entre les rangs de ses soldats invoquant la fortune.

Et Desaix apparut !

Quand ses maréchaux lui exprimaient l'embarras que iT causait le sentiment de leur responsabilité, il leur rendait : c Ayez confiance dans votre étoile ! » Jiudaeegfortunajuvaty dit 4e proverbe; mais pour trouver Ibrtune, il faut la tenter, etOrtega n'a pas été audacieux. 4}uel tâtonnant spectacle que celui d'un siège difficile mené lionne fin en terre étrangère, si loin des côtes, contre m place défendue par seize mille soldats, et en face d'une née de douze à quinze mille hommes manœuvrant libreknt dans la plaine !

Si l'on oublie un instant que cette scène se passe au sxique, elle devient inexplicable. Le mot de l'ënigme, us l'avons dit : Le soldat mexicain est bon, mais il n'est s bien commandé. Il tient derrière le moellon, parce qu'ici nque homme est posté et sait ce qu'il a à faire, et que le >e des officiers se réduit à peu de chose. Mais, en rase Espagne, dès qu'il faut manœuvrer devant l'ennemi, l'exrience manque aux chefs, et les soldats n'ont plus aucune Qfiance ni en eux-mêmes, ni dans leurs officiers.

C'est chose singulière que ces qualité paarives qàtCnin les natioQS espagnoles, semblent éteindre toute dans le caractère. Il est évident que le tempérament est deveDu ce qu'il est par des siècles d'immobilité de II fPlifi sée, durant lesquels le fanatisme catholique, aidéderioqMiib tiooy a retenu 1 Espagne dans un état compléteaient naire, sans que le développement intellectuel ni Y tion politique aient pu progresser d*un pas. La force sive de la nation s'est ainsi renforcée de plus es tandis que Tinstinct de l'initiative a succombé. Il eit ressant d'approfondir l'antinomie du génie militaire des férentes nations : on y trouve le cachet que les allMm plusieurs siècles oot imprimé au caractère des peuples dis que les nations les plus civilisées aiment à braverb en rase campagoe, en conservant une retraite d'autres préfèrent combattre derrière des murs et se acculer, sans aucune chance de salut en cas de revers, les unes, c'est l'élan qui forme le trait le plus saillant; les autres, c'est la résignation. Il y a dans la force de sistance de l'Espagnol quelque reste du Maure et do. sulman.

11 saute aux yeux que, pendant toute la durée du de Puebla, les Français ont fait peu de cas du danger pouvait leur faire courir l'offensive des Mexicains, puisqv n'ont pas craint de s'interposer entre la place et Tarméeè Comonfort, et de se trouver, pour ainsi dire, toujours ODtrt deux feux. En ceci, le général Forey ne s'était pas trompé,

ien ne saurait mieuk mettre en évidence la faute qu'ont unise les Mexicains de ne fortifier ni la colline de San a, ni le teocalli de Cholula. Cela leur eût été facile, car Juan possédait déjà une église solide, et le monument Cholula est moins encore une pyramide qu'un immense rage à terrasses, que de loin on prendrait pour une forsse. Il suffirait àe bien peu de chose pour en faire une te citadelle. Si ce plan avait élé exécuté, les Français 9e seraient pas emparé sans coup férir de Cholula ; il6 ureient pas pu attaquer Saint-Xavier en ikce de San m ; ils auraient été obligés d'ouvrir la tranchée sur un Ire point) probablement au sud ; leur base d'opération rait été reléguée dans la plaine ou fort loin, à Tepo2uil ; leurs mouvements auraient été bien plus gênés tout tour de Puebla, et leur ligne de blocus, en devenant lucoup plus étendue, aurait été d'autant moins herméoe. Il eût fallu, pour prendre Cholula, un siège qui aut exigé une grande dépense de munitions, occasionné une iode perte de temps, disséminé et ralenti les opérations, Tait naître toutes les chances que pouvait amener la sai- I des pluies. D'ailleurs, rien n'empêchait de distraire niques mille hommes de la garnison de Puebla et de 'mée de Comonfort pour occuper San Juan et Cholula, sque cette masse de troupes accumulées à Puebla, sans lir servi à exécuter aucune sortie efQcace, n'a fait qu'auge nter la fatnine, et que les corps de Comonfort n'ont pas issi à secourir la place et n'ont servi à rien en rase cam-

;ne.

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